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Le Touquet en amateur

Le premier enduro du Touquet d'un poireau ! Par Benoit Lacoste

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dimanche 7 février 2010

Cyril boucle 4 tours pour son premier enduro du Touquet

Toujours régulier, Cyril boucle son dernier tour en 58 minutes pour franchir la ligne d'arrivée vers 16h21. Il a effectué plus de 3 passages par la zone des stands (en fait il s'est arrêté à chaque tour, soit quatre fois) et sera donc officiellement classé.

Les premières impressions de Cyril.

CYRIL_ARRIVEE.JPG

« 4 tours ! Mon objectif était de tenter de faire les 3 tours réglementaires. Je suis super content mais bien fatigué ... Bizarrement, c'est en descendant de la moto que les douleurs me sont vraiment tombé dessus.
J'ai un regret: ne pas avoir attaqué plus fort au premier tour quand que le circuit était praticable. J'aurais peut-être pu faire un tour supplémentaire ...

Le départ m'a bien calmé, les furieux se sautaient dessus dans tous les sens. Puis à l'attaque la ligne droite. Et là je n'était vraiment pas à l'aise, la moto saucissonne en permanence et je n'ose pas franchir le cap. Il faudrait que je me mette en appui sur les cuisses et je sens bien que mes muscles ne supporteraient pas le traitement. Du coup, je n'ai guère dépassé le 80 km/h dans la ligne droite.

Sur le retour, le sable est très profond et ce n'est vraiment pas facile d'arriver à tirer des trajectoires. En fait, il faut oser accélérer le rythme et ça devient plus facile. Le problème est que ça sollicite quand même plus les bras ... et rapidement je reviens sur un tempo moins allegro. Du coup je me met à zigzaguer et plus la fatigue s'installe, plus je zigzague. Je prends ma première pelle au pied d'une bosse. Je m'ensable allègrement et il me faudra une dizaine de minutes pour me sortir du siège.

Plus le terrain se dégrade plus ça devient la foire d'empoigne. Un pilote m'arrache les fixations de ma botte, un autre me roule sur la jambe volontairement pour ne pas perdre de temps. C'est du grand n'importe quoi. Je ne me sens pas vraiment en sécurité sur la piste. Le problème ne vient pas des tops pilotes qui arrivent à bien gérer. Ils m'ont passé plusieurs fois mais toujours proprement. Ce sont les pilotes intermédiaires qui sont dangereux : ils ont du niveau pour aller vite mais pas assez pour passer avec une bonne marge de sécurité, et en plus pris par le stress de la course, certains pètent un peu les plombs !

Du coup ,je me concentre sur mon pilotage et finalement je m'en sors pas mal dans les virages, je passe pas mal de monde dans les virages serrés, alors que c'est ce que je craignais le plus. Bêtement, ce sont les lignes droites qui m'ont posé le plus de problèmes !

Avec le soutien du public, présent au ras de la piste, ça change de la vitesse, je finis le 4e tour et je passe la ligne d'arrivée. C'est un grand moment, la fin d'une épreuve qui vous pousse au bout de vous même

Actualisé: Nous apprenons que Yves Deudon a été déclassé pour bruit excessif après l'arrivée et c'est donc Michael Pichon qui est déclaré vainqueur de cet Enduropale. Cela vient un peu gâcher la fête mais "dura lex sed lex", nous comprenons les organisateurs qui se doivent d'être inflexibles sur ces sujets d'environnement s'ils veulent assurer la pérennité de leur épreuve.

Victoire d'Yves Deudon sur Kawasaki KXF 450 puis déclassé pour bruit excessif (actualisé)

Cyril a bouclé son 3e tour après 2h23, il ne lui reste désormais "plus qu'à" rallier l'arrivée moins d'une heure après celle du premier, vers 16h. Ce qui lui laisse près d'une heure et demie pour boucler son 4e tour. En observant ses passages successifs, j'ai pu voir qu'il est de plus en plus fluide malgré la fatigue. Apparemment la courbe d'apprentissage est encore plus rapide en course qu'à l'entrainement. Sauf ennui mécanique, nous devrions bientôt le voir passer la ligne...course_ambiance.JPG

En tête de la course, Moussé, confiant, contrôlait sa position quand il s'est arrêté quelques secondes pour régler sa garde d'embrayage. A peine reparti, il s'est retrouvé au ralenti, moteur hurlant : embrayage mort. C'est donc Yves Deudon qui reprend la tête avec une très courte avance sur Michael Pichon. Un Pichon clairement plus rapide mais moins régulier que les habitués de Loon Plage ! A 35 ans et après de nombreuses participations, Yves Deudon remporte son premier Enduro du Touquet... pardon Enduropale. Bravo a lui !

2e tour bouclé pour Cyril

Je viens de voir passer Cyril pour la 2e fois après 1h 28 de course. Ce salaud apprend vraiment vite... que c'en est presque immoral ! En tout cas, il est plus que jamais dans les temps pour boucler son premier Touquet.course_arrivee.JPG

En tête de la course, Jean Claude Moussé est solidement installé en tête et contrôle ses poursuivants. Pichon est toujours second malgré une chute au 3e tour. Les écarts restent faibles et une surprise est toujours possible.

C'est parti.... gaaaaz !

Alors que la lutte fait rage en tête entre Michael Pichon, Jean-Claude Moussé et Yves Dedon, Cyril semble en mesure de finir classé pour sa première participation au Touquet.

On reviendra sur conditions du départ ce matin. Mais Cyril était à l'heure au parc fermé pour prendre sa moto et se joindre a l'énorme cortège de 1000 motos, du casino à la ligne de départ sur la plage. Toute cette attente génère une grande excitation chez les concurrents, à tel point que certains y laissent leur embrayage avant même le départ. Rien de tout ça pour notre Cyril qui conserve bien sûr son flegme légendaire en queue de peloton.

parc_ferme.JPG

sortie_parc2.JPG

Le départ est donné à 13h et, comme on pouvait s'y attendre, Michael Pichon, sur Honda 450 CRF, fait le holeshot devant un groupe d'une douzaine de furieux qui font immédiatement le trou sur la gigantesque meute. Sur le terrain refait a neuf avant le départ, Pichon peut mettre a profit ses talents de champion du monde de Motocross et boucler le premier tour largement en tête. Mais dès le deuxième tour les vieux renards des sables comme Jean-Claude Moussé (Yamaha YZF 450) et Yves Deudon (5Kawasaki KXF 450) reviennent sur lui au fil des ornières qui se creusent et des attardés à la dérive qu'i faut dépasser.

Des le 2e tour, Moussé, favori logique de cette course, a repris la tête devant Pichon et Deudon. Bon, ces gars-là, on sait qu'ils vont vite, mais que devient notre Cyril ? Posté en face de la ligne d'arrivée, près des écrans de la salle de presse, je scrute le flot continu des concurrents pour trouver notre homme.
0-touquet-cyril-dimanche-2.jpg Au bout de 29 minutes, je vois passer Patrick, notre ami et collègue d'entraînement sur sa KTM, qui se débrouille pas mal... même si on est loin des 14 minutes au tour de Pichon ! Au bout de 39 minutes, je vois une moto bleue avec un phare apparaitre sous le portique d'arrivée. C'est bien le 938, Cyril boucle son premier tour du Touquet sur un rythme qui lui permet largement de faire les 3 tours nécessaires pour être classé. Premier pari gagné !

samedi 6 février 2010

On attaque les choses sérieuses...

En route pour le Touquet ! Nous quittons Paris vers 9h30 sous une pluie battante… sans doute pour tester nos nerfs. Mais gardons confiance, la météo annonce du beau temps sur le Nord demain, et c’est bien connu, ils ne se trompent jamais.
Sur l’autoroute A16, beaucoup de camionnettes bardées de stickers, de camping-car et bien sûr de motos. Et plus on monte vers le Nord plus le temps s’éclaircit et, contrairement au scénario de certains films, le soleil commence à poindre au passage du panneau « Pas-de-Calais ».

aire_arrivee.JPG

Au Touquet, on passe d’abord au PC course chercher nos pass « presse » alors que Cyril cherche José Leloir, le responsable course Yamaha France, qui lui a promis une roue arrière de 19’’ avec un pneu « sable ».

Nous le retrouvons sur la ligne de départ de la course de quads qui regroupe 465 machines cette année !! Le départ est assez spectaculaire, je reconnais snober un peu ces engins qui ont 2 roues de trop, mais c’est vrai que sur ce type de terrain, ils marchent très forts. Les concurrents partent par vagues successives pour éviter les accrochages mais, malgré cela, un sérieux se produit sur la plage et laisse 5 concurrents au tapis. L’un d’entre eux est même évacué en hélico sur Boulogne-sur-Mer. Quelques heures plus tard, un journaliste de « La Voix du Nord », le quotidien régional du coin, appellera le PC Course pour demander si c’est vrai « qu’il y a un mort » !! Décidément les médias généralistes ne changent pas dans leur traitement des sports mécaniques….

Nous récupérons la fameuse roue arrière qui est aussitôt montée sur la 450 WRF et, pas de doute, elle est bien différente de l’autre : 110mm de large au lieu de 140 et des crampons bien plus profonds… ça devrait accrocher nettement plus.

Il est déjà 14h, nous avons le temps de déjeuner avant de passer les vérifications techniques vu que le contrôle est ouvert jusque 19h. A peine installé dans une brasserie de la plage, nous reconnaissons Jacques Bolle, le président de la FFM, à la table d’à côté. L’Enduropale est clairement une course qui compte et qui attire du beau monde.

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Toujours à table, nous rencontrons les Deparis père et fils, nos moniteurs de la semaine dernière, qui n’ont pas l’air mécontent. Et pour cause, le jeune Simon a fini 5e scratch et premier 125 de la course Junior ! Et encore, il loupe le podium à cause d’un dernier ravitaillement juste avant l’arrivée. On ne s’était pas trompé, ce garçon est déjà une « pointure » sur le sable, et l’année prochaine il passe en Senior. Quant à son père, il n’en revient pas de notre « cool attitude » alors que nous n’avons pas encore passé le contrôle technique. C’est qu’il arriverait presque à nous inquiéter !

controle_tech.JPG

Le contrôle est finalement passé sans problème, c’est quand même beaucoup plus simple que sur les circuits de vitesse. Il ne nous reste plus qu’à reconnaître les différents parcs de ravitaillement et d’assistance pour préparer notre logistique pour la course (enfin, c’est un bien grand mot).

Voila, il ne reste plus au pilote qu’à se reposer et se concentrer sur la course. Mais pour ça on peut faire confiance à Cyril, il sait faire… et en toute décontraction.

Côté spectateurs, les motards affluent au Centre ville. Et les concours de burns et de rupteurs se succèdent. Décidément, certaines traditions ne changent pas

A demain

vendredi 5 février 2010

Enfin, l'apprentissage commence... et l'espoir renaît

Deuxième partie du récit de l'entraînement de Cyril, qui pose pour la première fois ses roues dans le sable : après le Tourist Trophy, le Moto Tour ou encore les 21 km et 72 virages du Nürburgring, il teste le Touquet... mais c'est pas gagné !
La terre et la boue avec une bécane de cross ou d'enduro, il connaît, mais le sable « c'est une autre limonade », comme il dit ! La technique est particulière, il ne l'a pas. Mais dimanche dernier, il a pu profiter d'une petite leçon particulière du gérant de la piste de Loon Plage, lieu de l'entraînement. Et aussi des conseils du fils de ce dernier, Marc. Pas un un novice : il espère terminer dans les 100 premiers cette année. De précieux conseils, donc. Il a encore pu profiter de la gentillesse d'autres engagés. Et ça commence à rentrer un peu. Cyril nous raconte. cyril-touquet-1.jpg

Deux séances d’entrainement annulées à cause du gel et la troisième fortement perturbée par la pluie, ce n'est pas la préparation dont je rêvais à tel point que je me demande même si j'arriverai a boucler le premier tour de course. A force de gamberger, on se décide pour un ultime roulage à Loon Plage dimanche dernier... le dernier week-end avant la course. Comme on dit, mieux vaut tard que jamais !

Rendez-vous est pris avec Pascal, le gérant de la piste, et son fils qui accepte de nous consacrer une après-midi de cours de pilotage et de réglage de la moto. Car cette fois, je dispose de la Yamaha 450 WRF que j'utiliserai en course.

Mais tout se mérite et il faut commencer par se réveiller à 5h00 le dimanche matin. Dur.. mais, en route vers Dunkerque, nous découvrons un ciel dégagé. Cette fois la chance est avec nous et nous arrivons dans un paddock noir de monde, tout le monde fourbit ses armes pour dimanche prochain. touquet-cyril-15.jpg

J'entre en piste vers 10h30 et la piste est déjà bien dégradée. Premiers tours tranquilles pour prendre la mesure de cette « grosse » 450 WR-F. Le moteur 4-coups est bien plus docile et facile à emmener pour le poireau que le cylindre à trous de la 250 YZ. On adopte la bonne position de gaz et le moteur avale tout sans sourciller. Avec le deux-temps c’est constamment soit à fond, soit à l’arrêt. Je me surprends à trouver cette 450 limite sous-motorisée alors que c'est un vrai monstre a maîtriser dans les chemins creux et les pierriers ! C'est dire ce que le sable « bouffe » comme puissance …

touquet-cyril-6.jpgDonc côté moteur c’est tout bon, surtout avec le bouton magique du démarreur qui m'évite bien des suées après chaque chute. Mais côté partie cycle le tableau est moins rose : bien sûr la 450 WR-F n'est pas un tréteau, mais comparé à la 250 YZ elle semble être une enclume !

Nous sommes garés dans le paddock à côté de la famille Deparis dont le fils Simon, 15 ans, m'a mis un coup de vieux. C'est qu' il possède un sacré coup de guidon, le môme ! Enfin, j'apprends qu'il vise le podium du Touquet Jeune, ça rassure.
Le père réalise vite que nous sommes un peu « à la rue » et nous conseille quelques réglages de base. Il nous propose même de se retrouver sur le bord de la piste pour travailler les rudiments du pilotage dans le sable. Sympa, l'esprit motard n'est pas mort !

Première leçon : faire un virage à 180° dans une grande étendue de sable profond pour sentir la connexion entre gaz, position sur la moto et feeling de la roue AV. La technique, c'est de mettre un gros filet de gaz avant de tourner, pencher la moto, et ouvrir en grand pour sortir en force. Plus facile a dire qu'à faire : j’ai enterré plusieurs fois ma roue avant dans le sable mais, petit à petit le feeling s’installe et c'est plutôt sympa. Simon, mon moniteur du moment, passe beaucoup plus fort, la jambe sortie, la moto pratiquement à l’horizontale. Ça bouge mais il contrôle avec une grande fluidité. C’est beau, mais je suis encore très loin de tout ça, même si j’ai fait de gros progrès en 20 minutes. touquet-cyril-7.jpg

On travaille ensuite un virage court avec un appui vertical à l'extérieur. Je n’ai jamais fait ça … mais finalement c’est plus simple que ça en a l’air. Il faut arriver avec de la vitesse, attendre que l’avant se cale contre l’appui et accélérer un bon coup. On sent alors la roue arrière se caler contre l’appui et c’est elle qui guide la moto et plus l’avant. La difficulté est alors de garder l’avant à peu près en ligne avec la trajectoire imposée par l’arrière.

''C’est très différent de ce que j'ai pu connaître sur une moto de vitesse : on ne ressent pas du tout les appuis de la même manière et il faut prendre confiance pour oser passer aussi fort sur un terrain aussi meuble que du sable. Cela procure de grosses sensations quand on y arrive. Au bout d’une heure de ce traitement, il est temps de s’arrêter pour la pause déjeuner à la célèbre « baraque à frites » de Loon.''

L'après midi, on retrouve comme convenu Marc, le fils du gérant de la piste. Cette année, il participe à son premier Touquet en catégorie senior sur le circuit complet et il espère une place autour des 100 premiers. On commence par travailler une ligne droite. Après une dizaine de passage je commence à comprendre le mode d’emploi : '' Premièrement, le regard porté au loin.''
Deuxièmement, le choix de la trajectoire pour éviter les plus grosses vagues (d’où l’importance du regard).
Troisièmement bien serrer la moto au niveau des chevilles et la laisser libre à hauteur des genoux pour la laisser vivre.
''Quatrièmement... mettre du gaz ! Et il en faut beaucoup pour que la roue avant soit toujours allégée au maximum, mais sans pour autant partir dans des wheeling incontrôlables.
Cinquièmement, être à 100 % de concentration pour maîtriser les ruades !''

Bref, largement de quoi s'occuper les bras, les jambes et le cerveau. Mais fort de ces conseils, je fais rapidement des progrès dans le contrôle de la moto. Mais je bute sur un problème de motricité : la puissance reste dans la roue arrière et ne passe pas au sol. Du coup, je ne soulage pas l’avant dans les descentes derrière les bosses. Si je mets plus de gaz, l’avant ne s’allège pas plus et en prime l’arrière part en sucette aux sommets des bosses !

touquet-cyril-2.jpgMarc confirme l’analyse. Un de ses amis m’a vu passer en désordre et propose de s’occuper de mes suspensions : 1 tour de tournevis et je découvre une autre moto ! Elle tape beaucoup moins et gagne en motricité. Je peut gagner un cran en vitesse de passage mais ensuite, le même problème de motricité réapparait. D'après mes conseillers d'un jour, il faudrait un pneu sable pour pouvoir passer le couple généreux d'un mono 450. Mais, problème, il semble que ça ne se trouve pas en 18, la taille de roue standard en enduro qui équipe ma 450 WRF. Ça ne se fait qu'en 19 pour le motocross. Enquête en cours …

On choisit ensuite un virage sur le circuit pour essayer plusieurs trajectoires, et bien sentir les différentes manières de l’aborder. Autant sur un circuit de vitesse, on peaufine sa trajectoire pratiquement au centimètre, autant sur le sable il y a une infinité de trajectoires possibles et il faut une sacrée expérience pour choisir la meilleure.

Enfin, je réussis un beau passage qui restera mon meilleur souvenir de la journée. C'est passé et touquet-cyril-4.jpgc'était beau. En un instant, tout s’ordonne dans le bon sens : la trajectoire, la poignée de gaz, le déclenchement du virage... et ça passe vite, propre et sans effort. Le genre de moment qui fait oublier tous les désagréments de la journée et qui me permet de comprendre le plaisir du pilotage sur ce type de terrain. Au lieu d'éviter ou subir les bosses et les ornières, on joue avec elles pour trouver des appuis et des trajectoire. Il faut beaucoup plus de lecture du terrain et d’instinct que sur un circuit de vitesse où on optimise petit à petit en changeant un paramètre à chaque tour.

Mais le pilotage dans le sable est aussi exigeant physiquement. Je ne suis pas vraiment un athlète et la fatigue commence à réclamer son dû … il est bientot temps d’arrêter. Je conclus la journée avec une série de 3 tours d’affilée. Selon mon estimation cela correspond à peu près à un tour du circuit du Touquet sans compter la ligne droite de la plage. '' Voilà une journée qui s'est avérée bien plus riche d'enseignements qu'espéré. Les progrès sont évidents : je suis plus rapide, plus détendu et je fatigue beaucoup moins. Dans un coin de mon cerveau, l’espoir renaît d’atteindre cet objectif un peu fou, presque le Graal pour un poireau comme moi : finir les trois tours complets pour mon premier Touquet !''

Dimanche prochain, vous pourrez suivre ma course sur place ou même par Internet, je serai le dossard 938 et mon copain Patrick sera le 998. touquet-cyril-5.jpg

mercredi 3 février 2010

Premier contact avec le sable

L'enduro du Touquet, désormais appelé Enduropale : voilà notre nouveau challenge pour vous faire découvrir les différentes formes de compétition moto. Comme toujours, on ne se contente pas de regarder faire ceux qui savent, on s'y colle nous mêmes… ou plutôt Cyril s'y colle pour voir l'effet que ça fait a un motard lambda.

0Entrainement-loon-plage-2010_01.jpg

En matière de surface de roulage, Cyril a déjà testé toutes les sortes de bitume possible, le billard du Paul Ricard, les bosses de l'île de Man ou encore les routes défoncées du fin fond de la France, ça ne lui a pas suffi et il a aussi tâté de la terre du Pike's Peak, des cailloux de la Rand'Auvergne et même du sel sur Lac salé de Bonneville.
Pourtant, il reste encore le sable, et on n'avait jamais testé le sable... Ça a l'air bien mou et bien piégeux, ça devrait être intéressant comme expérience ! Comme le Paris-Dakar n'est pas vraiment compatible avec nos emplois du temps professionnels (il faut bien travailler de temps en temps), et aussi avec nos comptes en banque, on s'est rabattu sur l'enduro du Touquet.

À peine rentré du MotoTour, Cyril ne pensait plus qu'à faire le poireau dans le sable. D'ailleurs, c'est peut-être parce qu'on l'a un peu vexé au Moto Tour, en lui faisant remarquer qu'il n'était peut-être plus vraiment un poireau vu ces antécédents sur piste ou au Tourist Trophy (est-on encore un poireau quand on a fait le Tourist Trophy ?)…
touquet-cyril-14.jpg Au moins, le sable, c'est sûr qu'il n'y a jamais mis les pneus. C'est d'ailleurs pour ça qu'il a fallu commencer par trouver une moto. Dans sa grande bonté, Yamaha France a bien voulu nous prêter une 450 WRF pour la course.
Mais pour les entrainements, ils n' en avaient pas encore de dispo et on doit se contenter d'une Yamaha YZ 250 : une machine de cross 2-temps au lieu d'une enduro 4-temps, et en plus sans démarreur électrique. C'est pas vraiment la même limonade. Mais bon, on ne va pas râler non plus!

Ensuite il faut trouver un terrain pour s'entraîner : la plupart des terrains de cross ne proposent que de la terre et de toute façon, à cette période de l'année ils sont fermés. En se renseignant un peu, on entend parler de Loon Plage, un terrain situé près de Dunkerque, au bord de la mer du Nord. Apparemment c'est LE site d'entrainement pour faire Le Touquet : ce n'est que du sable et c'est ouvert tout l'hiver.
Sauf que cet hiver, vous avez remarqué qu'il fait vraiment froid et le terrain est resté gelé plusieurs semaines, donc impraticable. Finalement ce n'est que le 17 Janvier que nous prenons la route vers Dunkerque pour un premier contact avec le sable.

Plus on remonte vers le Nord, plus il fait froid, il y a du vent, du brouillard et de la pluie. Pas de doute on est bien dans l'ambiance «chti». Quant à Loon Plage, c'est une portion de sable coincée entre le port de Dunkerque, une centrale nucléaire et une raffinerie de pétrole. Au moins, les écolos de tous poils ne viendront pas nous casser les pieds !
L'entrée est marquée par un vague préfabriqué où on nous demande 10 euros pour la journée complète. Au moins ça change des tarifs des circuits de vitesse !
Dans ce décor plutôt lugubre et avec ce temps glacial, nous avons la surprise de découvrir un parking bondé : plus d'une centaine de voitures et de camionnettes immatriculées en France mais aussi en Belgique, en Hollande ou en Angleterre. Bienvenue chez les fous, on est bien a La Mecque du pilotage sur le sable !

Devant cette passion et cet enthousiasme, on oublie le froid et la pluie et on se rappelle qu'on est venu pour rouler. Je laisse la parole a Cyril :

01Entrainement-loon-plage-2010_09.jpg«Je suis venu avec un ami, Patrick, qui a une très petite expérience du sable suite à une participation au Touquet avortée au bout d’un tour pour cause de serrage moteur. C'est peu mais c'est plus que moi qui découvre cette surface... et on me prédit l’enfer sur le plan physique. Je m’équipe en lorgnant d’un œil le circuit pour voir comment passent les autres gars. Ça n’a pas l’air tout simple

Il y en a bien quelques-uns qui maîtrisent le sujet, qui contrôlent leur moto et volent de bosses en bosses dans de grandes gerbes de sable. Pour les autres, la moto part dans tous les sens et leur trajectoire est moins précise pour ne pas dire aléatoire. On voit qu’ils subissent le terrain et c’est bizarre, je sens que je vais faire partie de cette deuxième catégorie …

Après le traditionnel ¼ d’heure à kicker comme un malheureux (je hais les kicks !), le 2-temps craque enfin. En attendant que le moteur monte en température, je sens l’appréhension monter dans le creux de l’estomac. La piste est libre, je m’engage sur le circuit et c’est parti ! touquet-cyril-9.jpg Instantanément l’avant semble aspiré par le sable, comme si un géant s’amusait à tirer la roue vers le bas tout en lui balançant de grands coups de pied à droite et à gauche. En fait, le sable mou freine énormément la moto et la roue avant tombe en permanence dans les traces qui s’entrecroisent. Je sens la moto m’échapper en permanence vers la droite ou la gauche, quoi que je fasse. Il est temps d’appliquer les conseils : tout en arrière, les fesses au dessus du garde-boue arrière, je mets du gaz. Et ça va beaucoup mieux : l’avant s’allège et suit enfin le cap donné par le guidon… mais ça ne dure pas longtemps !

Car quand on tourne la poignée sur une 250 YZ, ça va vite, ça va même très vite et vu le profil du terrain, ça tourne rapidement au rodéo ! Les épaules et les jambes ne peuvent vite plus encaisser et le cheval devient fou, rue dans tous les sens: Je coupe les gaz avant de perdre totalement le contrôle. Mais c’est encore pire, l’avant plonge sous le sable et je me retrouve à l’équerre par rapport à la piste. Je parviens à contrôler la situation mais je comprends que la journée va être longue !

touquet-cyril-13.jpgJe zigzague péniblement alternant coups de gaz et pertes de contrôle de l’avant. La moto continue à faire un peu ce qu’elle veut quand, soudain, au milieu d'un virage, elle décide de tirer droit au lieu de tourner. Je penche vers l’intérieur pour tenter de la faire tourner, mais j’en fait trop et elle commence à tomber. Je me souviens alors de l’autre conseil : dans les virages il faut garder de la vitesse et mettre du gaz pour tourner. Au dernier recours, je remets un coup de gaz et, comme par magie, la moto tourne et se redresse ! Je sors du virage sur mes roues dans une grande gerbe de sable.
Enfin un petit moment de fierté … y’a plus qu’à faire pareil à tous les virages !

Au virage suivant, un gars est par terre en train de redresser sa moto, j’arrive non seulement à l’éviter mais aussi à tourner correctement, la classe ! Le gars s'est relevé et me repasse à toute allure… pour s’en remettre une aussi sec, juste devant moi, dans le virage suivant. Chaud, le gars ! Je parviens à nouveau à l'éviter mais cette fois je me retrouve moteur calé avec la moto en travers du virage. Situation plutôt inconfortable… surtout que la moto, coincée dans le sable, est difficile à remettre en ligne. Il me faut 3 bonnes minutes pour réussir à repartir.

Je passe trois autres virages sans encombre et je commence à prendre un peu d’assurance. Mais maintenant mes mains sont gelées par le froid et ça devient pénible. Et ça ne loupe pas, au virage suivant je prends ma première pelle (à sable !). En me relevant, je constate qu’un pilote a réussi à coincer sa roue avant entre ma roue arrière et mon garde-boue. Je l’aide à se dégager et il se barre sans même un regard. Drôle d’ambiance sur le terrain, ils sont chauds les gars ! Pas de quoi se prendre la tête mais ça donne une idée de ce que ça sera en course. Je repars mais rapidement je ne sens plus mes doigts et je n’arrive plus à tenir le guidon.

Il est temps de sortir et d'aller se réchauffer a l'inévitable baraque à frites. C'est surement pas diététique pour ma préparation physique, mais on s'en fout, ça réchauffe!touquet-cyril-3.jpg

Le reste de la journée va se dérouler sur le même modèle : zig-zag, roue avant qui se dérobe et chute tous les deux tours en moyenne (plutôt raisonnable finalement !). Avec le passage incessant des motos, le circuit se dégrade de plus en plus. Les trous se creusent mais j’arrive à maintenir un petit rythme sans trop me fatiguer... je réussis même à doubler un pilote à la régulière ! Visiblement, ce n'était pas un cador, mais ça reste une petite victoire pour un poireau.

Une chose est claire : le sable ce n’est pas pour les timides et les freluquets ! Il faut du physique ET de la technique pour pouvoir mettre du gaz. Le plus dur, c’est de conserver une concentration de tous les instants. Sur circuit, on peut se détendre dans les lignes droites mais ici, impossible de se relâcher une seule seconde.

00ntrainement-loon-plage-2010_13.jpgVers 15h, la pluie s’intensifie et tout devient plus dur, l’avant s’échappe encore plus dans les ornières et glisse comme sur de la boue. Mon masque s’embue, et avec mes lunettes je ne vois plus rien. Ça suffit pour aujourd’hui, le sable, j’en ai plein les bottes, au propre comme au figuré. Patrick est à peu près dans le même état. Au retour, on a beau être motard, on apprécie le confort et la chaleur de la voiture. Les motos auront besoin d’un bon coup de Kärcher et nous d’une douche chaude.

Premier bilan : le pilotage dans le sable est bien l’enfer annoncé. Il faut en garder sous le pied pour gérer physiquement, mais c’est nerveusement épuisant. Au Touquet, chaque tour fait environ 17 km, il faudra que je m’arrête à chacun d'entre eux pour reposer les muscles et relâcher la tension nerveuse. Pour ce que j'ai pu en faire, la Yamaha YZ 250 m'a agréablement surpris : elle est légère et «motrice bien». Une fois chaude, le démarrage au kick n'est pas trop pénible. Le sable absorbe tellement la puissance que le moteur 2-temps ne m'a pas paru trop brutal.»touquet-cyril-10.jpg

Benoît Lacoste

mardi 2 février 2010

Le premier Touquet de Cyril

Après avoir effectué le Moto Tour 2009 au guidon de sa Kawa ER6, retrouvez les aventures de Cyril qui se lance pour la première fois le défi de participer, et de finir, la course de l'Enduropale du Touquet qui se déroulera le week-0Touquet.jpgend du 6 et 7 février 2010. Cyril prendra le départ au guidon d'une Yamaha WR 450 d'enduro.