Dans la vie d’un motard voyageur, il y a des journées de ride, biensur ! Des journées découvertes et rencontres..et puis il y a les journées paperasse ! Ce matin je suis à Lomé au Togo. Ma mission aujourd’hui sera de décrocher le précieux visa qui me permettra de traverser le Nigéria.

Visiter le Nigeria n’est pas vraiment un rêve d’enfant ni un défis que je me suis lancé, non ! Il est à l’heure actuelle impossible de contourner ce pays par le Niger et le Tchad plus au nord à cause de la pression croissante de l’AKMI ( Al’Kaïda Maghreb Islamique).

Passeport, photos d’identité, pas mal d’argent en liquide en poche, je parts la fleur au fusil à l’ambassade du Nigéria. Tiens un allemand à moto est déjà sur place, il s’est déjà frotté aux directives de l’administration. Il nous manque la photocopie du carnet de passage en douane de la moto ( son passeport en quelques sortes) le rendez-vous est pris pour le lendemain.

l'attente..

Le lendemain ? C’est Madame l’Ambassadeur en personne qui nous reçoit.. La liste des documents à fournir s’allonge mais mon allemand Franck est très fort, après une bonne heure de tractation, il nous faudra « juste » trouver une lettre d’invitation d’un résident au Nigeria.

J’enfourche alors ma Super T et me voilà à tourner dans Lomé en quête de voitures immatriculées au Nigeria. Je croise un petit 4x4 qui vient de Lagos et me mets à sa poursuite. Sans avoir fait aucun signe, celui-ci se gare. Je me mets à sa hauteur et le conducteur me demande : Vous me suivez ? (un sixième sens chez cet homme là !). Je lui explique mes soucis et une heure après j’ai ma lettre d’invitation et la photocopie de son passeport. Il est alors trop tard et nous attendrons le jour d’après pour exhorter l’ambassadeur de nous fournir les visas. Même avec la lettre, cela ne semble pas gagné mais après une heure de palabres et d’argumentation, on nous demande de laisser nos passeports et l’argent (72€) : revenez demain à 14h.

Fiers de notre succès, nous décapsulons quelques bières dans une paillote du bord de mer.. Les soucis sont derrières nous, nous savourons notre victoire.

13h30, la moto chargée attend sagement dans la cours de l’ambassade du Nigeria, je guette Franck qui arrive. J’ai récupéré nos demandes, notre argent et les passeports sans le précieux tampon. Allez voir l’ambassade du Nigeria au Bénin à Cotonou ! Impossible de parler à qui que ce soit, un geste de la main en signe de « dégagez » ponctuera notre relation. Nous avons perdu 4 jours.

Il est vendredi, nous avons donc 2 jours pour effectuer les 200 km qui nous séparent de Cotonou. La route est ensablée mais le passage de la frontière Togo Bénin est vite fait. En cours de route nous nous arrêtons visiter le point de non retour à Ouidah (lieu d’où partaient les esclaves lors de la traite des noirs) puis nous arrivons dimanche en début d’après midi à Cotonou.

non retour

Le lundi, nous nous dirigeons à l’Ambassade à nous demandant à quelle sauce nous seront mangés.. La liste des documents devient impressionnante, il nous faut maintenant contracter une assurance pour le Nigeria, photocopier d’autres pièces, nous y passerons la journée.. Mardi, le responsable des visas nous reçoit, observe scrupuleusement nos documents, téléphone à la personne qui m’avait fait la lettre d’invitation, la pression monte jusqu’au moment ou nous payons le visa. Ceux-ci seront prêts demain à la première heure. Nous filons en espérant que la mésaventure du Togo ne se reproduira pas.

A l’heure de récupérer nos passeports, notre joie est gâchée par la moto de Franck qui refuse de démarrer. L’essence en Afrique est sale, les carburateurs nettoyés et les bougies changées, elle repartira ! A partir de maintenant le carburant dans nos réservoirs sera mélangé avec un additif pour nettoyer les impuretés.

Yes !!

C’est moi qui aie donc la joie de découvrir les tampons qui nous autorisent à traverser le Nigeria durant 10 jours. Le voyage continue..

on reprend la route