Bon ok, si vous enlevez les secteurs chronométrés, les camions d’assistance, les kinés le soir mais que vous gardez les pistes tour à tour sablonneuses et rocheuses, vous n’êtes pas loin de vivre mon Dakar à moi ! Avec une bonne T qui me promène depuis maintenant plus de 2 ans chargée comme une mule. Pour 2014, la célèbre course va poser ses crampons en Bolivie, Chili et Argentine ! Justement le programme que je viens de boucler..

Cimetière des trains

Et croyez moi, même en temps que motard touriste, cette aventure est loin d’être une promenade de santé ! Arrivé en Bolivie par le Brésil, je me heurte aux premières gouttes d’eau de la saison des pluies. Beaucoup de ponts en bois sont effondrés et il me faut travailler des heures pour concevoir un passage pour la moto (heureusement du bois pour les refaire est entreposé non loin) ! Quand je retrouve la piste, c’est des orages incroyables qui transforment chaque côté de celle-ci en torrents. La circulation n’est pas énorme et la piste glissante ne se transforme pas en bourbier : ouf ! Qu’à cela ne tienne en première, les pieds par terre, j’avance à une allure d’escargot.

Pont Bolivie

En prenant de l’altitude, je me dis que les choses ne peuvent que s’arranger : ce n’est que le calme avant la tempête ! J’emprunte les 50 km de la route de la mort sous un soleil radieux, et croyez moi, sur ce genre de piste, le précipice qui borde la piste ne donne pas vraiment envie d’aller y faire un tour, c’est du vertigineux et je pleins les 4 roues qui doivent l’emprunter ! Les accidents ont été tellement nombreux que les automobilistes sont priés de rouler à gauche afin que les conducteurs qui longent le vide puissent voir où ils ont leurs roues par rapport au vide !

Route de la Mort

Les conditions exécrables ne tardent pas à me rattraper, vent en tempête et grêle viennent perturber mon avancé et c’est à partir du Salar d’Uyuni que je n’aurai un climat radieux. Concentré à 110%, je peux attaquer cette piste de 500 km qui relie Uyuni (Bolivie) à San Pedro d’Atacma (chili). Du sable, des rochers, le tout à près de 5000md’altitude ! Le combat fut rude et intense ! La T elle, a fait son petit bonhomme de chemin, tranquillement, sans jamais faillir, les conditions l’ont grevées de quelques chevaux, mais il y en a tellement que ça ne m’a pas dérangé ! Pour avoir croisé des 650 (même injectées !) en sens inverse, chargées, à cette altitude et dans le sable, je dois dire que la différence est énorme ! Plus (assez) de puissance, impossible de démarrer sans emballer le moteur, un double calvaire pour ces allemands !

Salar Uyuni

Trois jours de lutte me seront nécessaires, je finis épuisé, le sable profond et l’altitude auront eu raison de mon souffle mais heureux de rentrer au Chili !! Je pense à tous ces pilotes qui vont passer dans ces superbes paysages, quel plaisir vont-ils éprouver devant temps de beauté ? Quel plaisir vont-ils avoir de piloter des motos aussi légères et nerveuses dans de telles conditions.

Volcan Bolivie

Je vous envie !