Cela fait quelques jours que j’ai quitté la longue et ennuyeuse Panaméricaine Chilienne pour rouler sur la mythique « ruta 40 » en Argentine qui descend jusqu’en terre de feu. Ce matin, alors que je quitte la ville de San Juan de Bariloche, une autre route tout aussi mémorable me fait de l’œil : la carretera Austral. Pour l’atteindre, il me faudra passer un petit col et rentrer à nouveau au Chili pour suivre cette piste qui sillonne entre océan pacifique et cordillère des Andes.Le programme est alléchant !

Glacier Perito Moreno

Avec 10°C et un ciel de fin d’été, la journée s’annonce sous les meilleurs hospices mais très vite le vent se lève et avec lui les premiers nuages commencent à apparaitre. Vers 12h, il est temps d’enfiler ma combinaison de pluie et de regarder effrayé la chute du mercure. Le macadam défile tout de même bon train sur la route goudronné mais en un éclair la moto perd l’adhérence et flotte dangereusement dans l’air : à la recherche de grip. Une fois repris le contrôle de ma machine, je songe à de l’aquaplanning et m’insurge contre ma vitesse certainement trop élevée pour les conditions climatiques. Il n’en est rien ! Quelques mètres plus tard, à une allure d’escargot la moto me refait le coup et j’en perds totalement le contrôle. J’évite la chute de peu mais me rend compte que le goudron utilisé par endroit pour réparer la route est aussi glissant que de la glace. A éviter de toute urgence !



Limite Pluie Neige

Après tant d’émotions, une pause s’impose et je déguste un « Submarino » (lait chaud dans lequel on plonge une barre de chocolat) dans une station service. Mais une autre source d’inquiétude vient perturber ma quiétude, la limite pluie-neige n’est pas loin et je crains que la montée du col en soit rendue difficile, impossible. Je me renseigne auprès des clients de la station :ça passe ! Il faut que je face vite mais la piste qui mène au Chili est encore praticable !

Sur la Piste..

Le temps que le moteur soit chaud et me voilà reparti à l’assaut de la frontière Chilienne. La piste est d’abord excellente et recouverte d’une fine couche de gravier : la moto fait merveille ! Le Traction Control gère à merveille les nouveaux pneus à crampons et je prends un plaisir fou à laisser le gros bicylindre souffler toute sa puissance, que c’est bon ! Plus loin, la boue fait son apparition et le rythme diminue, debout sur la moto, je saute sur les cales pieds pour faire passer la moto où je le souhaite, un régal !

La pluie a laissé place à la neige qui ne tient pas encore sur le sol. Les formalités de douanes vîtes compulsées je perds de l’altitude rapidement pour passer la nuit dans un endroit où je ne risque pas d’être bloqué. Le Chili regorge pour mon grand bonheur d’ « hospedaje » qui pour 7-8€ la nuit m’offrent un lit avec une chaude couette et un poile à bois où faire sécher mes affaires : le luxe :-)

Les jours suivants la Carretera Austral prendra tour à tour des allures de chemins où d’autoroutes de terre ventés et pluvieux mais toujours aussi impressionnants et magnifiques..

Du pur bonheur..