Les Médecins sans Frontières du coin m’ont proposé de venir passer le réveillon avec eux. Comme ils ont un groupe électrogène de compète, ils ont récupéré leurs collègues des autres ONG’s moins bien équipées en matos. Il y avait une bonne sono et un peu les mêmes disques qu’à la noce, chez moi, trois jours plus tôt…il y a un bout de temps que je me dis qu’il faudrait que je jette les vieilles compils à la poubelle mais ici, elles m’avaient carrément précédées. Tout le monde était un peu bourré au whisky-bière. J'ai pas fait trop tard, je me sentais vaguement en rade. J’avais comme l’impression d’être trois jours plus tôt et d'avoir chopé l’Alzheimer parce que je ne reconnaissais plus personne…j’en ai assez vite déduit qu’il était temps d’aller roupiller. À la récup de bagages de l’aéroport, j’avais croisé un fan de BD de la Croix Rouge qui m’avait expliqué qu’il y avait la création de nouveaux camps de réfugiés vers la frontière avec le Cameroun et les deux Congo…le soir du réveillon, j’ai pu en apprendre un peu plus. En fait, dans les zones abandonnées du Nord Ouest de l’ancien Congo des belges , les gens du coin se sont dit qu’y avait pas de raison qu’ils n’aillent pas au baston comme ceux du Nord Est qui n’arrêtent jamais. Mais eux, ils n’ont pas de minerais rares à plus savoir qu’en foutre d’autre qu’acheter des Kalachnikovs alors ils ont prétexté une histoire à la con de zone de pêche camps au Congosur l’Oubangui, le petit fleuve qui passe juste en bas de la maison et voilà, c’est parti…On se demande quel est cette malédiction qui s’abat si souvent sur l’Afrique Centrale, comme si on faisait semblant d’oublier qu’abandonné à lui-même l’humain redevient toujours et toujours juste une sale bête…