mercredi 30 décembre 2009, 20:07
Envol à la con...
Par Ptiluc - Lien permanent
C’est bizarre de prendre son départ un lendemain de noce ! Eh oui, il se fait que cette année, la principale raison de mon départ tardif c’est que je devais marier ma fille, alors que ce gros rougeaud de père Noël, lui, dès le vingt-cinq au matin, il pouvait rentrer chez lui …Bien entendu ce genre d’événement nuptial n’a pas grand chose à voir avec l’univers aventureux des voyages à moto. Pourquoi, subitement, la génération qui me suit semble replonger dans ces choses qui me semblaient appartenir à des temps révolus, sacrée question j’dois dire…Mais le plus insolite encore, c’est de se retrouver à devoir conjuguer les préparatifs d’une virée africaine avec ceux d’une authentique union matrimoniale…Certes, les deux sont en quelque sorte des déclinaisons différentes du voyage, il faut bien le reconnaître et donc il fallait fêter dignement la chose à grands renforts d’euphorisants divers et se coucher avec les poules eut été, bien sûr, d’un incorrection totale.
C’est donc la tête bien dans le cul que je me suis fait amener par un pote tout aussi vaseux que moi. Bien entendu, quelques minutes à peine après le départ, je me suis aperçu que j’avais oublié une partie de mes papiers, ça commençait bien cette histoire. Heureusement, un lendemain de bringue, on peut toujours trouver vautré dans les canapés quelques rescapés qui finalement pourront avoir un peu de disponibilité pour une petite mission de secours…une deuxième bagnole a donc pris la route de l’aéroport . Quand elle nous y a rejoint, nous étions en train d’affronter, comme presque à chaque départ, la rude négociation pour faire admettre que ma boîte de vitesses n’est pas une bombe atomique, mais cette fois-ci, rien n’y a fait , aucun argument, aucune larme ; c’est que les consignes ne cessent de se durcir et ce qui était négociable un temps l’est beaucoup moins quelques mois plus tard. L’extrême rigueur de la fliquette en service et son mépris évident pour les motards en perdition m’ont acculé à la capitulation. Et quand j’ai vu mon pote repartir avec la moitié de mon paquetage, un légère vague de dépit a commencé à me submerger et puis la nostalgie, déjà, de cette époque où quarante kilos de pièces convoyée par tout un groupe ami m’avait précédés en Angola ou celle encore plus inouïe où j’avais ramené en soute du Mozambique jusqu’à l’aéroport de Montpellier, ma bécane complète avec sa batterie et un peu d’essence dans le réservoir pour carrément pouvoir redémarrer dès la sortie de caisse ! Tout ça c’est très très loin , trois ans ou sept,une éternité, le temps de voir basculer toute une façon de voyager, le temps de se dire que, un jour, je finirai par rester au lit…pas parce que les routes sont pourries et les militaires un peu barges aux fins fonds de l’Afrique, mais peut être surtout parce que les fliquettes en costume d’hôtesses de l’air, juste à côté de chez moi, elles présagent des temps obscurs où tout ce qui s’écartera un peu de la norme sera irrémédiablement puni !
On peut toujours se dire que, si j’avais pu négocier avec succès, j’aurais peut être été coincé au changement d’aéroport, sûrement même , j’aime bien me rassurer sur tout ce qui aurait pu être pire…et puis finalement dans cet avion presque vide, avec plein de place pour pouvoir m’étaler, en direction de la moiteur Centrafricaine, je ne suis pas le plus à plaindre …
5 commentaires
M... quand je pense au temps que t'as passé sur cette fichue boîte à fignoler le boulot ! Pas glop pas glop ! Mais c'est clair que le voyage n'est plus ce qu'il était mon bon m'sieur et que ça n'ira pas en s'arrangeant.
Il y a quelques années, en allant en Inde peu après le tsunami dévastateur, on emenerai pour nous trois T-shirts et deux shorts. Et 30 kilos chacun de matériel pour l'école qu'on aidait à construire et de médicaments pour les camps de réfugiés au sud, soigneusement répartis et pesés entre bagages cabine et soute etc. On avait contacté Air France, mais eu aucune nouvelle, donc on s'est limité aux poids autorisés.
A l'embarquement, on dépassait de deux ou trois kilos malgré nos efforts... on avait oublié de prendre en compte le poids à vide des bagages. Pas eu moyen de négocier QUOI QUE CE SOIT, ils nous ont fait abandoner sur place quelques bobines de fils électrique, un filtre de pompe à eau...
Le comble ? Le comptoir voisin embarquait les touristes japonais en première. Ils avaient droit à pas moins de 90 kilos de bagages chacun !!!
Solidarité, cohérence, logique ? Rien qu'entre moi et la personne avec qui je voyageais, 60 kilos d'écart. Et nous jette pour 3 kilos de matos humanitaire ? Ou on nous demande un supplément, pour ça ? Super Air France, bravo.
Courage cher "Tongue Rider"... et patience.
Et l'avion montait, descendait, montait, descendait, montait, descendait, montait, descendait, arf...
Elle est pas facile, la vie. Et en plus, les zélés font du zèle ! Comme tu dis, les bureaucrates prennent le pas sur l'homme. Parce qu'on ne me fera pas croire qu'ils peuvent être de la même lignée. Le marchandage ne se fait que par formulaires ouebesques !!!
Y a pas à dire, ce voyage de départ, c'est une aventure à elle seule tous les ans.
Bon, c'est parti, la machine à rêves est en marche.
@+
Merci pour ce blog qui nous fait nous évader de la grisaille hexagonale... dire qu'il y a 10 ans j'avais emmené une porte d'Ami 6 aux States et ma femme m'avait suivi avec une boite de 2 CV, et le sourire des agents d'enregistrements qui s'étaient mis en 4 pour l'aider à la porter, et ne lui avaient pas fait payer la surtaxe (ma porte avait même voyagé en cabine)... bon, Ousama n'avait pas encore sévi
Moins rescapé que d'autres dance-bitches j'étais moi, en ce matin fumeux...
J'te f'rai dire...