Le neuf février, Black Forall m’avait envoyé ce petit commentaire clair, net et précis comme une lame de machette. L’Afrique me merde…Et s’il avait vu juste ce bon vieux Black Forall ? S’il avait décelé que la fascination du début faisait peut-être lentement place à une certaine lassitude. Le côté chaotique et poussiéreux m’a toujours subjugué, mais je ne faisais que traverser comme un oiseau migrateur. Quand on passe plus de temps arrêté qu’en mouvement et que les rares mouvements en sont réduits aux transports en commun, on se rend compte que l’immersion dans l’Afrique quotidienne, c’est bien différent de ce qu’on effleure quand on voyage sur une moto qui file comme le vent et vole au dessus de la réalité brute . Et si j’étais en train de découvrir que je préférais le pilotage aux réalités du continent ? Après toutes ces années je serais en train de devenir aussi obtus qu’un pilote de rallye ? Il va falloir que je me repose un peu . Ce foutu Black Forall a déposé en moi le germe sournois de la culpabilité du blanc et si je veux continuer ce voyage dont l’issue est sans cesse repoussée, je dois méditer quelques mois durant sa subtile petite phrase lapidaire… papooo