Il y a un coup d’état à la capitale et une opération militaire dans le sud algérien. Nous, à Agadez, on est juste au milieu mais pas vraiment à côté. Il paraît qu’il y a le couvre-feu mais on s’en fout, on se couche tôt. Il paraît qu’on ne peut pas sortir de la ville mais on s’en fout, on ne sait pas vraiment où aller, on habite chez Balal et on ne fait rien; on serait otage, on s'en rendrait même pas compte, mais comme les otages n'ont pas accès à leur blog, on sait qu'on est juste en attente. Ici ça parle politique partout, il y a ceux qui sont très contents qu’on balance le président et ceux que pas vraiment ; chacun vitupère sur l’avenir du pays mais en même temps, tout le monde se fend la gueule, parce que quand même, ici, les gens ils sont plutôt cools.bala président Nous, on s’organise. Balal qui devait nous emmener en Algérie va essayer de nous trouver un vol de retour dans trois jours et si ça ne marche pas je peux toujours me replier sur le Burkina Faso, mille cinq cent bornes vers le Sud, mais pour ça il faut pouvoir passer par Niamey prendre un visa de plus et les histoires de coup d’état ne sont pas encore vraiment réglées… Stephen va opter aussi pour le repli aérien, quant à Yan Devil qui n’a pas du tout envie de rentrer en France tout de suite, il se tâte encore. Il peut attendre qu’il soit possible de remonter quand les Algériens auront fini le « nettoyage », ,ou faire le tour complet par la Mauritanie ou rester chez Balal , trouver du boulot chez MSF et épouser une jeune vierge Peul.