On ne fait rien, on reste là à attendre que la situation se débloque ; ça peut arriver d’un coup. Les opérations militaires algériennes sont souvent des sortes d’intimidations rapides et c’est finalement plutôt une bonne chose de passer juste après, mais aussi parfois, ça traîne en longueur, on ne peut pas savoir. Tout est donc affaire de patience. Un moment viendra subitement où on nous dira que c’est bon, qu’il y a un convoi et qu’on peut y aller, ou alors, on va nous dire que tout est bloqué…En attendant, on peut bouquiner sous le ventilo ou aller faire un tour mais pas trop ; l’hiver s’achève ici, la chaleur monte et rien que de traverser la route en plein cagnard de mi-journée, ça peut parfois ressembler à une épreuve pour super héros indestructible… ce qu’hélas, aucun de nous n’est ; sauf peut être Yan Devil, mais on vérifiera ça quand enfin on pourra chevaucher à nouveau nos montures.vacance à zinderDonc on ne fait rien. Il fait très chaud et , sous le ventilo, vautrés sur des matelas, on attend des nouvelles. Il s’en passe des trucs pendant ces vautrages. En début d’après midi, on apprend que côté algérien, toute circulation est interdites en zone frontière. C’est con, nous on avait pensé faire équipe avec un des multiples contrebandiers mais c’est un peu eux la cible des opérations algériennes. Il y’a les gros trafiquants et les petits fraudeurs, comme vu de loin ils se ressemblent assez, il paraît que tout le monde se fait tirer dessus. Il faut donc commencer à envisager une sorte de repli stratégique, chercher les possibilités de retour par avion et laisser une fois de plus la moto en quarantaine. par où on passe?Quand Yan Devil commence à se dire qu’il va changer de route en redescendant vers le sud pour se taper toute la boucle par la Mauritanie, on apprend qu’il vient d’y avoir un coup d’état à Niamey, la capitale. Damnation, tout repli par route devient impossible, décidément ce n’est vraiment pas un voyage comme les autres !