Pour le denier jour à Zinder, nous avons fini de bricoler nos mobs, puis on a fait les pleins d’essence. Pour la mienne, paranoïa du démarreur oblige, je me suis tapé deux voyages à la pompe avec la petite Yam rouge pour remplir mon bidon à coups de jerrycans , je ne pousserai sur ce foutu bouton de démarrage qu’au moment de partir vraiment. Ensuite Benoît et son pote Touareg nous ont amenés aux championnats de lutte nigérienne, c’est très populaire ici, bien plus que les jeux olympiques d’hiver qui n’intéressent que les motards suisses. Dans une arène, deux mecs très costauds en jupettes de paille colorée se tiennent par les épaules, joue contre joue comme des amoureux, il y en a un qui doit faire tomber l’autre, c’est finalement un peu chiant. Mais il y a partout des muzicos avec des gros tambours et des espèces de coiffes bretonnes, des keufs suréquipés pour la sicuriti et puis des sultans nigérians en boubous dans une loge d’honneur.lutte nigérienne Après chaque joute, les combattants vont saluer les sultans et nous, on finit par se casser pour aller visiter une fabrique artisanale de gâteaux avant d’aller boire le thé devant un match de foot chez le pote Touareg. Pour faire plaisir à Benoît, il met une chaîne de courses de moto. Avec nous, il y a trois filles des ONGs trop contentes de braver les consignes pour se balader un peu ailleurs qu’entre le bureau et la piaule en bagnole de service. On dirait qu’elles ont quatorze ans et que c’est la première sortie en cachette des parents ! Comme la moto et le foot ça casse un peu l’ambiance, on décide tous de rentrer s’occuper de nos affaires…nous, on doit faire nos sacs et un peu ranger les piaules…enfin tout faire comme si enfin, on allait reprendre la route, direction plein nord sur Agadez !