Hier, je parlais de mon travail à un auditoire attentif composé de quelques expats, quelques artistes locaux et le Sultan de Zinder, petit monsieur réservé en boubou blanc et grosses lunettes. Vers le milieu de ce passionnant exposé, j’ai vu débarquer deux tronches qui ne m’étaient pas inconnues ; je le connaissais ce couple. Mais oui, évidemment, l’année dernière on squattait la même guest house chez MSF à Kampala ! Jean-Pierre, c’était lui qui avec Dominique du garage MSF, me cherchait sur la carte une route pas trop dangereuse pour rejoindre Bangui par l’ancien Zaïre. Et maintenant, le voilà ici avec celle à qui, il y a quelques mois à peine, il faisait une cour effrénée ; comme quoi, avec de la persévérance…Quand ils se sont faits muter ici tous les deux, il rêvaient de dunes et de balades dans l’Aïr, les montagnes autour d’Agadez, mais là, ils n’ont même pas le droit de se balader en ville après vingt heures. Les consignes de sécurité sont devenues très strictes et dans les ONGs on flippe à mort de se faire kidnapper du personnel. Quand on se balade avec Benoît, qui traîne dans le coin depuis des années, on a pas l’impression de risquer quoi que ce soit. À force de ne psychoser que sur les pannes, on en oublierait complètement qu’une bonne partie du Tchad et du nord du Niger sont vivement déconseillés aux touristes en balade ! Il y a du boulot pour les ONGs dans le coin et parfois, ce n’est peut-être pas la meilleure solution pour bosser sereinement que de laisser s’installer une psychose sécuritaire .distribution de riz Au Niger, on s’occupe des problèmes de malnutrition issus de la famine de 2005, et comme la dernière sécheresse promet une pénurie du même calibre dans quelques mois, les z'umanitaires vont avoir du boulot pour un bon bout de temps encore. Le PAM, programme alimentaire mondial, doit déjà être en train de faire des stocks dont j’espère, une petite partie arrivera vraiment à ceux qui en auront besoin, je devrais peut-être leur demander s’ils n’ont pas des pièces pour les motards sinistrés.