dans la benne Tout semblait simple, on était sorti du sable, il n’y avait plus qu’à pousser pour redémarrer et filer vers Zinder faire une pause de quelques jours. Pourquoi la moto n’a t’elle jamais voulu démarrer, même tractée par une bagnole ? Quel est donc ce glougloutement bizarre qu’elle fait plutôt que simplement vrombir, comme d’habitude, comme on lui demande ? Quand elle a callé dans les dunes en perdant son carburateur, rien n’avait l’air plus anormal que les multiples fois où un carbu a décroché ; alors qu’est ce qu’y se passe encore, là !?paré au décollage Impossible de diagnostiquer quoi que ce soit ; sans démarreur ni kick, impossible même de vérifier s’il y a une étincelle aux bougies, la vérification élémentaire avant toute investigation mécanique. On a donc cherché une fois de plus un moyen de locomotion et trouvé un qui voulait bien m’emmener cent cinquante bornes plus loin, là où il était plus simple de trouver des transports qui font la ligne régulière et donc sont moins portés sur les prix prohibitifs que ceux qu’on croise entre les dunes. Je me suis donc retrouvé avec deux jeunes nigériens assez rigolos qui écoutaient la zique à donf en slalomant, tout aussi à donf entre les innombrables trous sablonneux. Le goudron lépreux de la longue ligne droite qui traverse l’interminable plaine Sahélienne a dû être coulé avant l’indépendance et l’imperturbable Yan Devil en a parfois chié sur sa petite moto. Il m’ a retrouvé à la gare des bus de Diffa en train de surveiller désabusé un tas de mecs excités en train d’ écrabouiller ma pauvre poubelle en essayant de l’encastrer dans le coffre d’un gros « bus express » sensé démarrer à l’aube…mais l’aube africaine est bien souvent un concept d’une souplesse infinie…demain sera un autre jour et ce voyage semble s’obstiner à changer de formule.......... petit paysage Zinder est la deuxième ville du Niger m’a t’on dit, mais c’est bien qu’on me l’ait dit sinon j’aurais pas fait gaffe. Le bus qui m’y a amené a décollé à six heures du mat. À cette heure-là ça caille vraiment, ça permet de discuter météo avec les passagers. Il n’y a pas grand chose à faire quand on voyage en bus ; je me laisse emporter par la torpeur, un certain ennui, une vague lassitude ; la route est toujours une interminable ligne droite au revêtement parfois emporté par le temps qui file à travers un désert parsemé de petits arbres racornis... On arrive à la gare routière de Zinder vers treize heures ;la moto dans le bus je me réactive un peu pour surveiller le décoffrage de ma bécane et puis rassembler les bagages éparpillés dans les différents coffres latéraux et le casque et les gourdes et les sangles.. putain qu’est ce que c’est dur de se rappeler tous ce trucs qu’on a rangé un peu au hasard dans les soutes…et puis faire l’inventaire de tout ce qui a pété pendant le transport ; des sangles, un cligno, un rétroviseur…Il a fallu aussi appeler Jean François qui a débarqué assez vite avec le pickup du centre culturel…un pickup gratos ; incroyable, j’avais oublié que ça pouvait exister ce genre de truc !