J’étais parti de Paris avec quatre heures de retard à cause d’un réacteur mal réglé et mal réglable puisqu’on a fini par changer d’avion…après une de ces merveilleuses nuits à regarder films nazes sur films crétins scotché à la microtélé encastrée dans le dossier du voisin d’en face, j’avais commencé à m’inquiéter de ce changement d’avion qu’il allait falloir arracher en moins d’une demi-heure, ce qui paraissait assez irréalisable. Mais les hôtesses bien gentilles m’avaient dit que ceux qui avaient des correspondances pourraient sortir avant tout le monde et que le personnel au sol les attendait déjà pour les aiguiller dans l’immense aéroport de Johannesburg. C’est marrant, on y croit toujours et pourtant on sait que ça ne le fait jamais. À peine l’avion posé, quelques Sud Africaines obèses et suantes bloquaient les allées en essayant d’extirper des coffres à bagages des sacs aussi épais qu’elles et il n’était pas question d’essayer d’expliquer qu’on a quelques minutes pour aller choper une correspondance quelque part, je ne sais où, mais loin…Dans un aéroport géant, tout est toujours terriblement loin. Au sol, évidemment, y’avait personne pour expliquer quoique ce soit, mais comme tout était démesurément vide, on a fini, avec un confrère de galère aéroportuaire, à trouver une direction.grosses suddafs... Ensuite, une traversée expresse de la zone de transit nous a amené au comptoir d’embarquement où il y avait juste encore quelques secondes de disponibles pour nous autoriser le saut ultime vers effondrement dans les fauteuils de South African airway, PNC aux portes, armement des toboggans, vérification des portes opposées; il ne nous restait qu’une bonne demie heures à tirer. Je pensais ramener des cigarillos à mon hôte de Maputo, puis du bitong, la viande séchée d’antilope qui te permet te tenir des jours dans la brousse, et même un adaptateur pour recharger mon matos n’importe où. On en trouve de ces choses dans ces aéroports quand on a du temps à y perdre. Moi je n’ ai ramené que quelques litres de sueur de mon escale, mais si je garde le même t’shirt pendant tout le voyage, toujours je pourrai me souvenir de mon escale en Afrique du Sud.