Quand on voyage en bécane, on part de chez soi et on y revient après quelques semaines, quelques mois ou quelques années…Quand on choisit le voyage en chapitres, qu’on laisse sa moto et qu’on la récupère pour l’étape suivante, on est obligé à chaque fois de se confronter à l’univers du tourisme de masse, au monde des aéroports et à chaque fois, le décalage est énorme. Entre une douane de brousse et une douane d’aérogare, déjà, il y a un fossé gigantesque. Souvent d’ailleurs, les douaniers d’aéroport n’aiment pas trop les visas accordés par leurs collègues de brousses, ils se demandent pourquoi on est rentré par un trou perdu dans la forêt et qu’on rentre comme tout le monde par le vol Air France hebdomadaire.gamin&cien Il faut dire que cette fois-ci, mon visa de brousse ne ressemble pas à grand chose, même s’il m’a coûté super plus cher qu’un modèle normal polychrome et autocollant, comme on en a dans les consulats de capitales. Aux contrôles routiers, déjà, on me cherchait des embrouilles, mais alors là, ça se complique. Heureusement que je suis arrivé avec le chauffeur de Muriel et sa plaque diplo ; pour les trois premiers contrôles, ça m’a sauvé la vie. Pour arriver à l’aéroport on a dû prendre des chemins détournés parce qu’il y avait des émeutes et des coups de feu au centre ville, ce chauffeur là, il a pas arrêté de me la sauver la vie ! Mais après l’enregistrement, je n’étais plus accompagné et ça contrôlait toujours sec…ils m’ont emmené dans un bureau à part pour encore essayer de me taper de la thune pour d’obscures raisons de visa pas valable, alors mon gars, t’es bon pour en repayer un autre, un vrai, plus encore une amende pour séjour illégal…Heureusement qu’il y en a un qui m’avait vu avec Jean Parfait, le chauffeur providentiel qui porte très bien son nom, ça a fait retomber l’amende de cinquante dollars à juste une bière…comme ça, ça va, c’est un tarif raisonnable. On a un peu perdu de temps mais comme à l’enregistrement il y avait des problèmes d’électronique et que l’avion avait des emmerdes avec un tobbogan en panne, j’avais un peu de marge pour les contretemps administratifs. Après quelques heures de recroquevillage l’avion s’est posé tout au bout de Roissy. Avec le retard au départ, les trajets en bus à l’arrivée, les couloirs interminables les contrôles pour la sécurité, la sûreté et le sarkozysme triomphant, les godasses suspectes, les ordinateurs suspects et les ceintures pareil, avec tout ça, je ne risquais pas de la choper ma correspondance courte. Alors, j’ai passé une matinée à réapprendre la fraîcheur matinale et le port des chaussettes en écoutant les Français qui râlent et qui parlent de la météo.