Ptiluc on ze road (2005-2006)

Et si on se tirait dans le désert ?

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Bon, on essaye de commencer, quoi, merde !

Alors, voilà, je vais essayer de me lancer dans un truc de dingue...
Quoi, un voyage lointain ??
Mais non, ça je connais déjà...
Je vais me faire un BLOG !!

ptain

Et puis on essaye de persévérer...

Je suis sensé partir très loin avec ma moto dans très peu de temps... mais avant il faut que je m'initie aux nouvelles technologies...
pas le carburateur ou le joint de culasse  mais ces foutues nouvellles technologies !

L'expérience continue à tâtons...

Faut que je m'exerce avec application... Bloguer c'est comme rouler dans le sable, il faut un minimum de préparation sinon c'est la gamelle assurée. Comme rouler dans la sable c'est pour dans deux semaines, je vais me concentrer sur le bloging.
Dèjà, je ne connais pas la réalité de la gamelle en blog mais elle existe certainement puisque les facéties de la vie m'ont appris qu'il y avait des gamelles d' E mail, alors pourquoi pas de blog...
Quand on fait un blog, je suis allé vérifier par çi par là,  on parle surtout de soi et là, je dois dire que je ne me sens pas très novateur, mais ce n'est qu'un début.
L'année dernière, Lewis Trondheim avait fait un bouquin où il parlait du désoeuvrement qui peut frapper tout dessinateur à un moment précis de son parcours...dedans, il m'avait dessiné comme un vieux singe qui se penchait sur le problème bien persuadé que ça ne lui tomberait jamais sur le coin de la gueule...
Mais depuis quelques mois, je me sens un peu atteint par la même maladie...je me suis toujours soigné en partant loin sur mon vieux cheval de fer mais cette fois-çi, bizarrement, je me demandais si c'était encore la bonne solution.
En attendant, le vieux singe a gribouillé quelques rats sur le réservoir de la bécane, ça occupe; le garage devient une transition entre la table à dessin et les grands espaces...C'est ça les tâtons...

tête de singe ...

a__la_trondheim

ça bricole

moto1 mto2mto3

il faut toujours discuter...

Dans le temps quand on voulait traverser l'Algérie, on prenait la route peinard et on roulait jusqu'à la fin du bitume.
Arrivé à la dernière ville avant la piste, on trainait quelques jours et on finissait toujours par rencontrer quelqu'un qui connaissait mieux la piste . Qu'il soit du pays ou d'ailleurs, piéton ou non, un convoi aléatoire se formait  et puis on y allait.
Maintenant le monde a changé et l'Algérie a traversé bien des troubles, alors si on veut y rentrer, il faut prendre un guide agréé dès la douane et se le garder dans sa bagnole jusqu'à la sortie du territoire. Si on est à moto et qu'on a envie de s'arrêter parfois pour saluer quelques amis du bord de la piste, on doit toujours se garder le guide, qui suit avec sa bagnole et carbure au forfait journalier. Bon, au moins, on est certain de ne jamais s'égarer et on peut charger les bagages de la moto dans la caisse vide!
Grâce  à un copain de là-bas, je suis conseillé par Samir du consulat de Montpellier. C'est lui qui m'a donné des contacts de guides qui me permettront déjà de ne pas voyager avec les services encombrants d'un agence de voyage.
C'est Galiou qui va m'accompagner mais comme il est nigérien, jusqu'à Djanet, je serai obligé d'avoir un deuxième guide garanti à cent pour cent algérien...C'est vraiment très compliqué...tous les jours à la même heure, j'appelle Galiou sur son portab' et on discute un peu le prix, les dates, le parcours et puis encore un peu le prix...je crois qu'on va y arriver !

  faut_qu_on_discute

Il est pas beau le réservoir??

Bon, okay, ça fait un peu potache, mais bon...

reservmoto1

Que dit-on quand il ne se passe rien ??

Finalement, quand il ne se passe rien, on peut appeler ça un blog BD...on prend le p'tit déj, on tourne en rond, on va chercher le pain , faire pisser le chien, le soir on se couche et on cherche un sommeil improbable...
Les prémices d’un voyage c’est un peu la même chose dans le genre tournage en rond...sauf qu’en plus on attend des papiers ou quelques pièces motos qui n’arrivent pas . Puis quand y’a enfin le truc attendu qui débarque en petit paquet dans la boîte aux lettres on découvre que y’a eu erreur mais que c’est trop tard pour changer l’bidule ; ça peut comme ça devenir une promesse de galères futures. C’est bien connu, les galères pimentent toujours les voyages.
Par exemple, là, je sais déjà que j'ai enfin obtenu un  visa pour le Mali  après une dizaine de jours d'attente alors que finalement le guide me fera passer par le Niger parce que la piste de Gao est fermée et bien sûr, je n'ai  plus du tout le temps de prendre un visa nigérien.  Puis  je sais aussi que je vais partir avec un démarreur électrique en phase terminale parce que le nouveau que j'ai reçu après trois mois d'attente, c'est pas le bon modèle...
Sinon, il restait quand même de la place sur le bâteau pour Tunis ...

de_rabeur_e_legtrique

prévoyance...

Il est toujours conseillé de se faire une visite chez le dentiste avant de partir loin...en plus, là, j'ai deux canyons de molaire à colmater, pas question de partir comme ça....règle élémentaire, quoi, merde!
Ben c'est pas d'bol, mon dentiste a pris sa retraite la semaine dernière et c'est pas très simple de s'en trouver un qui ait une place avant le départ !

dentisterie1

l'atelier de François...

C'est un endroit assez incroyable, l'atelier de François...il y a au moins cent milles bécanes démontées empilées partout, le pauvre badaud inconscient qui se risquerait dans ce labyrinthe inextricable de pièces détachées sans un guide officiel , comme Galiou pour le Ténéré, risquerait bien de ne jamais revoir le jour...et pourtant François sait exactement où se trouve chaque écrou...il existe des chamans puissants au pays de la mécanique.
On vient de loin pour consulter son savoir et moi ce soir, j’avais besoin de sa grande sagesse pour  remettre en condition quelques filetages  exténués par des années de pistes poussiéreuses.
François fabrique aussi quelques tentatives audacieuses de réservoirs à l’autonomie augmentée ... Je sais que Margerin, en bon citadin,  a toujours trouvé ridicule  mon obsession de l’autonomie, mais le jour où des envies de Sahara viendront titiller les pneus de son vieux flat je sais très bien qu’il viendra me demander l’adresse de François...

l_atelier_de_franc_ois...< franc_ois_et_lucien

les tétines noires

Comme je vais normalement beaucoup rouler dans le sable, je me suis monté pour la première fois des vrais pneus genre
tous-terrains, des trucs avec des tétines énormes pour accrocher dans le sable et la boue.

brolom_brolom2

C'est assez bizarre sur les routes en bitume, ça fait un bruit à la con, puis la direction a l'air toute ramolo, puis je te raconte pas  l'effet grosse surprise garantie quand t'essayes de freiner un peu brutalement, avec cette roue avant qui ne repose que sur un petit cube en caoutchouc !
J'ai intéret à rouler cool pendant le premier millier de kilomètres sinon quand je vais arriver sur la vraie piste mes beaux boudins de cross ils seront devenus lisses comme des slicks, genre peau de bébé, et j'aurai pas l'air con au pied des dunes !

freinage_en_te_tines1 pouces

coloriages...

Au début, flambant neuve, ma moto était rouge pour sa première virée dans le désert, il y a treize ans déjà.... Après son gonflement de réservoir, elle est devenue d’un espèce de marron doré qui lui a tenu quelques virées...c’était des temps lointains où ma gonzesse acceptait encore de se ruiner l’arrière-train pendant des heures ... Puis d’un coup de Ripolin à l’arrache, elle a viré au beige et bleu pour sa grande traversée africaine. Mais là,je me suis dit que j’allais reverdir tout ça...à 123000 bornes, ça ne peut que lui redonner un peu de vigueur pour affronter une quatrième fois le désert. Avec, en plus, des petits pochoirs de rats, elle va sûrement galoper dans la dune la vieille bête !
Bon, d’accord, tout ça n’est pas vraiment très intéressant, mais c’est à dire qu’il fallait que je fasse des essais avec l’appareil numérique pour voir ce que ça donnait à l’écran en fonction du choix de format, alors comme dans les « commentaires » y’en a un qui voulait voir la moto avant le départ, j’ai bricolé vite fait ce petit chapitre sans intérêt...

la_gamme_couleur1

étape chez Yebah...

Hier c’était la veille du départ…un jour comme les autres ,où juste on range un peu mieux ses affaires, avant de fermer son sac .
Puis on se fait une sorte de  petit pot de départ avec sa gonzesse puis un copain  qui est toujours partant pour un petit pot de départ, ou d’arrivée aussi d’ailleurs, ou même d’anniversaire ou de rien du tout…on a pissé dans le jardin en regardant la pleine lune ,on s’est promis de prendre soin de nos vies et de celles de celles sans lesquelles on n’existerait pas et puis on est allé chacun s’effondrer .

Une première étape, ça doit toujours se faire chez un pote.
Comme ça, on est pas vraiment parti mais pourtant si !
On a ses bagages chargés sur la bécane, elle est là garée devant son  garage ; demain je pourrai partir sans me demander ce que je risque d’avoir oublié, c’est peinard .
En même temps, on peut causer en territoire connu, on est toujours un peu chez soi ; normal, les potes ça dit toujours « fais comme chez toi » , alors j’y suis !
On m’a fait boire une soupe chaude parce que le soir à moto, en novembre, on se refroidit très vite ; Après le pote à commencé à blablater, il est très fort en blabla .   
Demain, le deuxième étape va mener de Ventabren au port de La Joliette…un bon vingt bornes à se taper en deux heures,  faut y aller progressivement…

etape_chez_yebah

une p'tite traversée

C’est ça la magie de l’informatique et de mon nouvel asservissement à la technologie du blog : à l’heure où j’aurais dû me retrouver dans ma cabine sur mon bateau pour Tunis, me voilà échoué un peu bourré dans un rade sur le port de Marseille à me bouffer un couscous pourri en regardant passer le temps !

Donc voilà, ce matin je suis arrivé à l’entrée du port, y’avait un mistral à décorner un chopper, et j’ai appris que le bateau avait au moins six heures de retard….

Bon, c’est toujours comme ça les débuts de voyages, on est tout de suite confronté à des petits incidents qui te propulse immédiatement dans une réalité différente ; celle de l’ailleurs, de l’imprévu, du nomadisme chaloupé.

J’ai donc été me balader dans Marseille ; J’avais comme consigne de revenir avant deux heures pour le contrôle des douanes . au retour la porte du port était fermée…Super, un petit coup d’adrénaline avant le désert. Il a fallu un peu enquêter pour trouver un accès au port par une autre entrée. A moto, c’est plus simple, on peut remonter les files en sens interdit ou passer par les petits portails pour piétons.

Je me retrouve donc, après une demi heure dans la queue des bagnoles que je remonte discrètement jusqu’au début. Il y a là un motard belge plutôt bon garçon quoique que pas très cérébral quand même. Il roupille auprès de sa BM flambant neuve, il est descendu en une étape nocturne, accroché à ses 170 chevaux, alors il est un peu fatigué… Je me gare à côté, ça le réveille…on cause bécane. Causer bécane n’a jamais changé la face du monde mais ça permet de flinguer un peu de tout ce temps à perdre sur le port de La Joliette...Mon nouveau pote s’est acheté un magnum de J&B à la camionnette duty free…il arrête pas de m’en filer des coups, je commence à perdre un peu le contact avec la réalité de cet après midi pour rien…Je finis par l’abandonner, ressentant comme un besoin urgent de mettre de la nourriture dans mon petit corps imbibé. J’abandonne donc ma moto à la vigilance belge pour quitter le port par une porte dérobée …c’est comme ça que je finis devant un couscous avec mon ordi et ma tête embrumée…Il est bientôt quatre heures…je vais peut être retourner sur le port voir si le temps a passé un petit peu là-bas aussi.

Suivront deux heures interminables d’attente finale avec mistral et nuit tombée puis le Carthage est enfin arrivé. Il a largué sa cargaison ensuite comme d’habitude, les bécanes se sont glissées en prem’s pour venir s’ancrer tout près de la porte de sortie, place judicieuse s’il en est puisqu’elle permet à l’arrivée d’économiser un temps et des poumons précieux. Je suis peinard tout seul dans ma cabine, je regarde au loin les lumières de Marseille qui s’éloigne .

Je devrais peut être essayer de retrouver le belge qui doit encore avoir de cet excellent somnifère à quarante degrés.

Le lendemain, le bateau est arrivé au port de La Goulette  avec juste six heures de retard…Denis m’attendait à la sortie pour m’emmener directo manger un poisson dans un petit resto puis il m’a déposé dans la maison d’une copine peintre…une maison rien que pour moi à peine posé le pied sur le sol africain ! Souvent on râle contre le temps qui passe et qui laisse s’accumuler sur nos tronches un tas de creux, de cernes et de rides ,un tas de circonvolutions charnelles qui nous marquent la tronche chaque année un peu plus. Mais les années qui s’accumulent nous permettent aussi de retrouver à Tunis un pote rencontré au Gabon quelques années plus tôt…et sans dec, ça,j’te jure, ça vaut toutes les cernes du monde !

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caillante_portuairele_bateaumes_pompes

 

pas de gribouillis

Les cybercafés du désert sont équipés de vieilles bécanes au gazogène...plus moyen  d'y rentrer les dessins et les photos soigneusement stockés sur mon portab tout neuf...seul persiste l'accès aux mots et c'est peut être l'essentiel...
Donc à quatre cent bornes de Tunis et cent cinquante de la frontière algérienne je continue à descendre...à plus tard...

&nbsp; J’ai quitté beaucoup trop vite ceux qui

  J’ai quitté beaucoup trop vite ceux qui m’avaient si bien accueilli dès mon arrivée, mais j’ai rencard à la douane six cent bornes plus bas, alors me voilà parti. J’ai tracé inexorablement à travers les plateaux montagneux un peu tristus avec les labours d’hiver déjà terminés. Un mec s’est arrêté près de moi à l’occasion d’une petite pause ; il m’a offert une bière et on a causé de Sarkozy. Il y a cinq ans, on me parlait de Zidane et de la coupe du monde, maintenant c’est Sarko et la fin du monde…Les temps changent mais ce nouveau sujet, bien que plutôt sordide est plus inspirant que le ballon rond. On a trinqué aux lendemains meilleurs que nous ne verrions jamais et chacun a repris sa direction. Je suis arrivé à Gafsa avec la nuit…Quatre cents bornes en une aprème, à ce rythme-là je serai à Ouaga dans une semaine…Heureusement, la suite du parcours risque d’être légèrement plus compliquée . A Tozeur, je fais rien que m’arrêter parce qu’il y a un cybercafé où on peut brancher les ports USB…je vais continuer pour m’éloigner un peu de cette magnifique Oasis devenue haut lieu du tourisme de masse…Les hôtels ont poussé partout plus moches les un que les autres avec leurs dizaines de quads garés devant …Il paraît que ça a foutu par terre toute la fragile économie de l’Oasis qui se meurt de ne plus avoir assez de flotte ; c’est que ça en consomme de l’eau un touriste au bord d’une piscine en plein désert !

&nbsp; J’ai quitté beaucoup trop vite ceux qui

  J’ai quitté beaucoup trop vite ceux qui m’avaient si bien accueilli dès mon arrivée, mais j’ai rencard à la douane six cent bornes plus bas, alors me voilà parti. J’ai tracé inexorablement à travers les plateaux montagneux un peu tristus avec les labours d’hiver déjà terminés. Un mec s’est arrêté près de moi à l’occasion d’une petite pause ; il m’a offert une bière et on a causé de Sarkozy. Il y a cinq ans, on me parlait de Zidane et de la coupe du monde, maintenant c’est Sarko et la fin du monde…Les temps changent mais ce nouveau sujet, bien que plutôt sordide est plus inspirant que le ballon rond. On a trinqué aux lendemains meilleurs que nous ne verrions jamais et chacun a repris sa direction. Je suis arrivé à Gafsa avec la nuit…Quatre cents bornes en une aprème, à ce rythme-là je serai à Ouaga dans une semaine…Heureusement, la suite du parcours risque d’être légèrement plus compliquée . A Tozeur, je fais rien que m’arrêter parce qu’il y a un cybercafé où on peut brancher les ports USB…je vais continuer pour m’éloigner un peu de cette magnifique Oasis devenue haut lieu du tourisme de masse…Les hôtels ont poussé partout plus moches les un que les autres avec leurs dizaines de quads garés devant …Il paraît que ça a foutu par terre toute la fragile économie de l’Oasis qui se meurt de ne plus avoir assez de flotte ; c’est que ça en consomme de l’eau un touriste au bord d’une piscine en plein désert !

El Oued le 22 novembre

Non, vraiment, le blog c'est fait pour la DSL et les ordis super modernes...j'ai pas l'air con avec mon matos qui tue mais je tiens néanmoins à assurer une sorte de service minimum pour ceux qui suivent pas à pas...Plus d'un jour pour sortir du village douanier, c'est une sorte de reccord et en plus rien de ce que je pensais  pouvoir faire ne semble autorisé par la police qui surveille bien étroitement tout déplacement de touriste égaré...je  ne sais pas trop comment je vais retrouver Ghaliou, mon guide rencardé depuis Montpellier pour aller vers un secteur dont on m'interdit formellement l'accès... J'arrive à avancer quand même un peu mais je ne sais pas vraiment vers où...Dès que je peux, je balance des photos et des commentaires plus détaillés sur les passionnantes journées dans les postes de douane!

Ouargla, un peu plus loin...

Nefta c’est l’oasis suivante. Elle a l’avantage d’être plus proche de la frontière et moins envahie de touristes. A l’entrée, il y a l’hôtel conseillé par mon bouquin fermé et en ruines depuis plus de dix ans ; C’est con les vieux guides, déjà que les récents se démodent très vite alors, un de quatre vingt sept, évidemment, ça ne peut être que d’une fiabilité un peu branlante ! Ici, il n’y a pas cette enfilade d’Holidays Inns et de Palm Beachs avec vue sur le Chott el Jerid, la grande plaine qui a du être un lac du temps de la guerre du feu.

Il y a bien deux gigantesques hôtels modernes qu’on croirait presque abandonnés ; dans les halls d’entrée on y croise le même genre de bedonnants spécimens rougeauds en shorts kakis que dans les lodges kenyans…j’le sens pas , je me rabats sur la vieille ville.

Le choix y est très limité : à part chez Habib, y’a rien d’autre ! La literie est suffisamment peu engageante pour me faire sortir le duvet mais au moins, ici, y’a pas de cafards comme hier à Gafsa. On a rangé la bécane dans le bistrot d’en face qui ouvre demain à six heures, ça tombe bien, il faut que je décolle tôt pour affronter les douanes algériennes.

 

Tu parles d’un affrontement…arrivé dès l’aube a la frontière, je découvre que mon guide n’est pas là et que je ne peux faire aucune formalité sans sa présence.

Maintenant en Algérie, il sont tellement tatillons avec les règlements de circulation que même aller pisser, on a pas le droit de le faire sans guide …ça commence pas terrible.

Je finis par apprendre par, sans doute, un autre guide que je ne reverrai pas, que mon mien à moi a eu un contretemps et qu’il n’arrivera qu’en fin de journée . Entre bosser à mes scénarios, faire quelques caricatures et même bouffer le couscous avec le chef de brigade, je tue le temps comme je peux. J’ai même rempli des fiches de police pour un pépé qui ne savait pas lire, j’aurais pu aussi louer des stylos mais mon guide a fini par arriver et m’expliquer un tas de choses que j’ignorais encore totalement. D’abord, le parcours que je voulais faire est devenu interdit à la circulation , c’est con parce que c’est sur ce trajet-là que mon guide nigérien doit me récupérer et je ne sais pas comment le joindre.

Deux seuls trajets sont autorisés ; celui que j’ai emprunté il y a cinq ans et que je n’ai pas trop envie de refaire avec un guide imposé dont je ne suis pas sûr d’arriver à me faire un pote et celui par le Mali, qui me tentait bien au début mais on m’avait dit à Montpellier qu’il était interdit et c’est même pour ça que j’ai pris un guide nigérien !

Ce guide nigérien n’a de plus aucune raison d’aller au Mali et en plus je l’ai déjà payé pour me balader au Niger, mon guide algérien a signé à la police un engagement officiel pour m’emmener par un parcours précis qui n’a pas l’air très réalisable et là je commence à en avoir un peu plein le cul de ne pas trop pouvoir prévoir sur quel parcours je vais aller cramer mes pneus , mais n’est-ce pas ça, après tout qu’on appelle l’aventure ?

Deux jours plus tard me voilà   cinq cents bornes plus au sud, le principal , c'est de progresser un peu chaque jour et dece point de vue-là, finalement la mobilité revient mais pas trop de nouvelles précises de Ghaliou...

Ouargla...toujours pas d'images, mais ,putain, ça avance quand même !!

 

 

salut tout le monde

Mer voilà à Gao, à côté de Tombouctou, sur le fleuve Niger, j'essaye tout de suite de vous balancer mes chroniques et peut être même les dessins, j'ai quelques heures à perdre ici, je devrais y arriver!

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