Le Moto Tour 2009 vécu de l'intérieur

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Le blog de Benoit et Cyril

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Après l'édition 2009 du Moto Tour belge, Cyril Guillemin, collaborateur de Moto Magazine, testeur "choc", reprend le guidon ce week-end à l'occasion du Moto Tour 2009. Cyril, suivi par Benoit Lacoste, se propose de vous raconter son Moto Tour,

vendredi 16 octobre 2009

MotoTour 2009 : bilan mécanique et financier

La préparation

Penchons nous d'abord sur le cas de cette brave Kawasaki ER-6 pour constater … qu’il n’y a rien à signaler !

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En 2800 kilomètres menés grand train, pour ne pas dire à toc, sur des routes exigeantes, avec une machine strictement d'origine,nous n’avons rien fait d'autre que de mettre de l’essence et de graisser la chaîne. La seule intervention mécanique fut un changement de plaquettes de freins avants à mi-parcours, mais elles avaient déjà une saison de coupe Kawa dans les mâchoires! Aucun incident mécanique, excepté une perte momentanée du frein arrière dans la base chrono de 10 km de l'étape marathon. Plus exactement une descente de col boueuse et glissante à souhait parcourue au rythme d'une spéciale chronométrée: j'y ai usé et abusé du frein arrière, ce qui a provoqué l'ébullition du liquide de frein. Probablement car je ne l'avais pas purgé depuis un moment, n'étant généralement pas un adepte du frein arrière. Tout est rentré dans l’ordre 5 kilomètres plus loin. A l’usage, la position est naturelle, la moto se manie du bout des doigts. En fait le seul point gênant à l’usage est la boîte de vitesse, assez rugueuse au rétrogradage qui est fortement sollicité en montagne. Si j’avais pu avoir une assistance ravitaillement sur le parcours tous les jours, j’aurais probablement raccourci la démultiplication finale d’une dent au pignon au détriment de la consommation, mais au bénéfice des relances. J’étais souvent un peu trop haut dans les tours en 2 et trop bas en 3, et en sortie d’épingle un peu plus de relance ne m’aurait pas fait de mal …

Pour les pneus, c'était Metzeler, partenaire de l'épreuve, pour tout le monde. Le seul choix était à faire entre le Racetec (racing homologué) ou le Sportec M3 (sport route). J'ai choisi le Sportec M3 pour ne pas devoir changer de pneu en cours d'épreuve et ils ont tenu le choc, mais tout juste. Le pneu avant est au témoin d’usure sur les côtés et comme neuf sur la bande centrale. Le pneu arrière est usé plus uniformément au centre comme sur les côtés, L’usage intensif du frein arrière pour inscrire la moto en courbe y est probablement pour quelque chose ... Je m’attendais à une meilleure endurance pour un pneu « sport route » monté sur un modeste roadster de 70 chevaux. J'ai géré l’usure dans les derniers 750 km en limitant strictement l’usage du frein arrière. Ce qui m'a valu une fatigue accrue de l’avant-bras droit dans les descentes de col négociées avec le seul frein avant.

La préparation spécifique Rallye se résume essentiellement au Tripy, un GPS/lecteur de road-book électronique de fabrication belge. Il est unanimement adopté par les concurrents et on comprend vite pourquoi: il permet vraiment de se libérer des soucis de navigation. Avec un road-book papier classique, il faut en permanence calculer les distances, et si on rate un embranchement, ça devient vite la galère. Justement pour calculer vitesses et distances, j'avais un compteur de vélo qui a très bien marché. Je craignais un peu la fiabilité: l’aimant tient avec du fil de fer sur le disque de frein et le capteur, directement fixé sur le fourreau de suspension, supporte tous les chocs. Et bien, malgré la pluie, la poussière, la boue et les bosses, il a parfaitement tenu le choc. J’ai noté que tous les spécialistes du rallye ont, en plus, un chrono de secours sur la moto. Et certains ont même un trip kilométrique, pour avoir toujours l’écart exact par rapport au temps idéal. L’éclairage mérite un chapitre à lui tout seul. Malgré trois (!) phares supplémentaires dont un longue portée au Xénon, ce n’était pas suffisant. J’ai probablement pris des pénalités sur une liaison de nuit à cause de cet éclairage imparfait. En fait, il faut carrément une grosse « gamelle » avec une ampoule de 100 watt pour assurer l’affaire. C’est ce que font tous les vieux briscards. La moto était protégée par de classiques protections de carter en carbone et deux tampons de protection... qui heureusement n'ont pas servi.

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Enfin, l’indicateur de rapport engagé se montre rapidement indispensable tant on le regarde fréquemment. Je ne regrette pas le temps passé pour arriver à le brancher correctement. Dommage que ce ne soit pas monté en série sur les motos... alors que certaines Suzuki des années 80 en avaient déjà un !

Pour les bagages, une sacoche de selle est indispensable pour mettre tout le bazar : combinaison pluie, outils, kit anticrevaison, eau et sandwich du midi. Ma sacoche de réservoir était un peu trop encombrante et m’a posé pas mal de problèmes d'accrochage... finalement résolus avec un tendeur autour de la colonne de direction et deux autres fixé de chaque côté du réservoir. Pas vraiment Racing, question look, mais ça marche. En fait une simple pochette pour le carnet de route serait mieux adaptée.

Cyril Guillemin

Il est temps de parler aussi gros sous

Inscription : 1100 € Essence moto + consommables (filtre, plaquettes, 1 train de pneu, huile, …) : 480 € Préparation (phares, plaques, compteur vélo, dérouleur road-book manuel, petites pièces, …) : 360 € (faite maison) Location Tripy : 270 € Location camping car : 650 € (+ 2000 € de caution) Essence camping car : 350 € Péages : 100 € (avec un passage par le tunnel du Mont Blanc pour l’étape Thonon – Le Cannet) Repas (+ boissons …) : 270 € Soit un budget total de 3580 € hors achat de la moto.

Je pense que c'est un budget minimum pour faire le MotoTour dans des conditions décentes. Bien sur ce n'est pas donné, mais ce n'est pas choquant par rapport à la durée et la longueur de l'épreuve. C'est le genre de course exceptionnelle que l'on fait une fois dans l'année. Pour moins cher, on peut participer à des rallyes de Championnat de France. Ce n'est certainement pas moins intéressant en pilotage, mais ça ne dure qu'un weekend et ça n'a pas la dimension d'une épopée comme le MotoTour.

Par contre, le concurrent qui investit (au minimum) un tel budget est en droit d'attendre une organisation de course irréprochable... et là, comme nous l'avons signalé tout au long de la semaine, on est loin du compte! Passons encore sur les défaillances techniques: absence de fléchage dans les villes-étape, sanitaires inadéquats, briefing non signalé... on dira que c'est le folklore. Mais l'amateurisme de la gestion sportive de l'épreuve est inacceptable car il atteint sa crédibilité et met parfois les concurrents en danger: liaisons en zone urbaine, moyennes à tenir changeantes, road-book imprécis et, cerise sur le gâteau, les classements fluctuants, les abandons imaginaires! On a l'impression qu'il n'y a aucune capitalisation de l'expérience d'une année sur l'autre. La bonne volonté des organisateurs n'est pas en cause non plus, chaque personne rencontrée tente de faire « au mieux » pour maintenir à flot un vaisseau qui prend l'eau de toute part faute d'organisation et de coordination.

Pour les années à venir, en même temps qu'une mise à niveau de l'organisation, nous souhaiterions un renouvellement du parcours avec de nouvelles étapes. Entendons nous bien, le parcours actuel est magnifique mais cela renouvellerait l'intérêt sportif pour les concurrents permettrait de toucher un nouveau public. On pourrait imaginer un passage à l'étranger, par exemple sur le Circuit de Barcelone, et une arrivée à Perpignan avec de beaux parcours dans les Pyrénées. Ca fait du bien de rêver

Benoît Lacoste

Voir aussi pour le Moto tour

mardi 13 octobre 2009

Toulon: Le Mont Faron en bouquet final

La montée du Mont Faron, c’est un peu le « Tourmalet » du MotoTour : sa conclusion incontournable depuis la renaissance de l’épreuve en 2003. En temps normal, c’est une route touristique à sens unique offrant à son sommet une vue imprenable sur Toulon. Pour la course on emprunte cette route à contresens jusqu’au sommet, ce qui interdit toute reconnaissance. L’expérience va parler !

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C’est très étroit et le bitume est limé par le passage des voitures. Toute la première partie composée d’enfilades de virages est favorable à l’agilité des monocylindres, mais la suite est une succession de 10 épingles où la puissance des sportives peut s’exprimer. Surtout que le soleil est particulièrement généreux ce dimanche: il y aura du grip !



En attendant mon tour dans la zone de départ, je fais le bilan sportif de mon parcours : Je suis, pour l’instant, 37ème scratch avec 3’45’’ de pénalités (les pénalités sont attribuées en fonction des retards de pointage dans les liaisons ou les « bases chrono »). Je fulmine car il y a 2 minutes qui me restent en travers : lors du briefing de l’étape Marathon du jeudi, la direction de course a annoncé une heure supplémentaire de délai pour la liaison entre la base chrono et l’assistance. J’ai donc pris mon temps après la première base chrono, dans la liaison qui nous amenait à l’assistance du midi. Arrivé à l’assistance, je pose mon casque l’esprit tranquille … pour apprendre que l’heure supplémentaire concernait la liaison de l’après midi entre la deuxième base chrono et l’assistance du soir. Je me précipite pour pointer en catastrophe…mais je suis déjà en retard de 8 minutes, soit 2 minutes de pénalité au classement. Apparemment, je serais le seul à avoir mal compris. Peut être, mais cette heure supplémentaire n’était pas indiquée, même à la main, sur le carton de pointage. Encore une fois, la gestion sportive de cette course n’est pas à la hauteur de l’événement… et du prix de l’engagement.

11-MtFaron-M-Granier.jpg Marc Granié, le flic le plus rapide de France

Autre exemple: Marc Granié est classé « abandon » dans le classement officiel de la deuxième base chrono de l’étape Marathon. Nul ne sait ni comment, ni pourquoi puisqu’il a roulé parfaitement normalement ! Mieux, il est même classé à la fin de cette étape et convoqué normalement au départ le lendemain. Ce n’est que le surlendemain qu’il découvre qu’il est dans la série des concurrents « hors classement » au départ du Castellet. Après négociation, il sera réintégré en deuxième série Expert … mais en fond de grille alors qu’il aurait dû être en deuxième ligne, juste à côté de moi. Résultat, il s’est mis par terre en course en voulant doubler un pilote plus lent et perd plus de 40 secondes… Mon cas n’est donc pas unique, mais ça ne me console pas, au contraire ça aurait tendance à m’énerver. Le classement fluctue au gré des erreurs de l’organisateur, et, même si je ne suis pas un « top pilote » et n’ai aucune prétention de résultat, je reste un compétiteur : Se faire piéger ainsi laisse un goût amer et gâche un peu le plaisir. C’était mon coup de gueule du jour ! Pour autant, j’ai quand même un œil sur le classement : devant moi, il y a un gars à peine à 5 secondes, c’est peut-être jouable… manque de bol, le gars en question, c’est Patrick Curtat, un des pilotes les plus rapides de France. Aucun espoir ! Derrière moi le suivant est à plus de 40 secondes, une avance suffisante pour partir l’esprit libre. Sans enjeu sportif, je n’ai plus qu’à me faire plaisir. Surtout que c’est la seule spéciale que j’ai reconnu… lors de ma précédente participation en 2004 !

L’ambiance du départ est impressionnante. D’un côté un grand vide et la ville de Toulon en contrebas, de l’autre une immense muraille de rochers, avec une maigre route accrochée entre les deux. Suis-je intimidé où est ce l’absence d’enjeu ? En tout cas, je pars trop tranquillement dans les premières enfilades.

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Je me reprends et je négocie bien la première épingle à droite qui donne sur la partie plus rapide. Mais la montée est très raide et pour la première fois sur route, je ressens clairement le manque que puissance de la Kawa ER-6. En 2004, mon Aprilia RSV1000 relançait beaucoup plus fort : j’avais décollé des 2 roues sur plusieurs mètres sur une bosse. Au même endroit, cette année, je soulage à peine les roues alors que j’ai mieux négocié le virage qui précède.

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On attaque ensuite le morceau d’anthologie : 10 épingles successives. Comme je le disais hier, j’ai progressé sur ce point. En 2004, je sortais toujours bien trop large. Cette année je casse davantage le virage, ce qui permet de redresser la moto plus tôt et de sortir au milieu de la route, là où le bitume n’est pas usé par les voitures. C’est mieux, mais je n’arrive toujours pas à garder assez de vitesse. La moto ne prend pratiquement pas d’angle et je ne sens tout simplement pas l’avant travailler quand elle va aussi doucement, avec l’impression qu’elle va s’échapper sans prévenir… Il y a 12 épingles sur la spéciale et j’estime laisser au moins une seconde par épingle … Et bizarrement, je perds environ 12 secondes sur les concurrents qui sont en général au même niveau que moi … Décidément, je n’ai pas encore tout compris aux épingles !

Cette fois, c’est fini et je suis officiellement 35ème du classement général. Devant moi, personne n’est tombé et que je n’ai battu personne et pourtant je gagne deux places. Patrick Curtat n’a pas pris le départ en raison d’un problème de pression d’huile sur sa KTM et apparemment c’est Morgan David, qui n’est pas classé, sans que je sache pourquoi…

La moto doit rester une heure en parc fermé, c’est l’occasion d’aller piquer une tête dans la Méditerranée. Pour un banlieusard, ce n’est pas tout les jours qu’on a l’occasion de se baigner à la mi-octobre dans une eau encore chaude et sous le soleil… et pour une fois c’est bien mérité ! J’avais aussi promis de boire une canette de Dark Dog si je finissais : il ne me reste plus qu’à m’executer !

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Le MotoTour 2009 restera un grand cru : un parcours routier exceptionnel, une météo difficile pour corser l’affaire, un choix de spéciales et de circuits très intéressant. Dommage qu’encore une fois, la gestion sportive et l’organisation logistique (les sanitaires mériteraient un chapitre à eux seuls…) soient toujours aussi approximatives. Ca progresse mais il y a encore du boulot pour que cette épreuve devienne un « classique » et prenne un essor international comme les 24h du Mans ou le Bol d’Or. Enfin, je n’oublie pas de remercier mes deux assistants : mon père, concentré sur la mécanique et les photos, et Benoît, en charge de ce blog et (bien plus important) de la cuisine. Eux aussi, ils ont très peu dormi, beaucoup roulé (en camping car, c’est moins drôle), avec sans doute encore plus de stress que moi ! Pour ma part, j’ai pris en une semaine plus que ma dose annuelle de virages, en compagnie de pilotes de très grande qualité, et dans un excellent état d’esprit. A leur contact, j’ai fortement amélioré ma maîtrise des conditions difficiles : la pluie, les gravillons, la boue, les bosses … les épingles (enfin presque). Rien de tel que la compétition pour progresser, il faudrait que le MotoTour commence demain, je suis bien chaud maintenant !

Cyril Guillemin



Un final en beauté

Les conditions étaient idéales pour cette dernière étape et le public répondait enfin présent. La tradition du MotoTour est bien ancrée à Toulon depuis maintenant 7 ans et il y avait énormément de monde sur les pentes du Mont-Faron. Sans doute porté par cette ambiance, les pilotes ne s’économisaient pas même si l’enjeu sportif était limité. En effet, seul Alex Busquets pouvait espérer revenir sur Denis Bouan. Mais au vu des résultats des spéciales précédentes, Denis Bouan a refait un retard de 1’45’’ sur sa seule vitesse pure, on voyait mal comment le sympathique catalan pouvait revenir sur Monsieur MotoTour sans une erreur de celui-ci.

11-MtFaron-Arrivee_D-Bouan.jpg Le triomphe de Denis Bouan



Denis Bouan fait le scratch de la spéciale et remporte son 4e MotoTour (sur 7 éditions). La machine à changé, de la Buell XB12S à la Honda CBR 1000RR, mais le résultat reste le même. Preuve que cette épreuve éclectique est avant tout une affaire de pilotes. Et c’est aussi une affaire de préparation, Denis Bouan est certainement le plus professionnel sur ce plan : reconnaissances intensives, machine, assistance, il ne laisse rien au hasard. Et cela paie ! A l’inverse Fred Fiorentino a payé cher des reconnaissances trop réduites, Fred Lejeune a souffert d’une machine non testée et Jehan d’Orgeix, impérial sur circuit, n’a pas résisté à l’impitoyable étape marathon.

Alex Busquets, très bien préparé lui aussi, à bien négocié le passage de la BMW à la Suzuki GSXR 600. Il lui a juste manqué un poil de vitesse et il finit 2e.

Sur la troisième marche du podium, c’est Manoel Delaval qui peut nourrir le plus de regrets. Pour la première fois, il avait reconnu tout le parcours en détail et soigné sa préparation sur circuit. Il prend 45 secondes de pénalité sur une erreur de navigation pour échouer à moins de 20 secondes de Denis Bouan. Il aurait pu accepté de perdre sur circuit, mais perdre sur le routier, c’est dur à avaler pour un rallyman de sa trempe. Courage Manoel, ton tour viendra !

11-MtFaron-Arrivee_No100.jpg Cédric Parmentier: 4e sur MV Agusta Brutale

Il faut souligner le parcours exceptionnel de Cedric Parmentier qui accroche la 4e place avec des moyens réduits sur une superbe MV Agusta Brutale 1198. Enfin on note l’émergence de jeunes pilotes qui n’ont pas froid aux yeux, en particulier sous la pluie : Wilfried Tallone et Maxime Mettra ont impressionné, on devrait reparler d’eux.

11-MtFaron-Tallone.jpg Wilfried Tallone

Je n’oublie pas la superbe performance des Voxan qui restent décidément des machines d’exception. En particulier, la victoire en promotion d’un « vieux » roadster de 2000 montre que les machines françaises ne craignent personne sur la route.

Encore une mention spéciale à Gilles Salvador qui nous a fait une nouvelle démonstration de glisse sur cette montée.

11-MtFaron-G-Salvador_No126.jpg Gilles Salvador dans ses oeuvres

Ce serait trop long de tous les citer mais tout les pilotes méritent l’admiration pour être aller jusqu’au bout de ce MotoTour. En particulier, les pilotes de Spigaou dont on ne donnait pas cher au départ de Val de Reuil et qui sont bien là.

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Voilà, c’est fini. On peut envoyer le générique de fin

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Benoit Lacoste

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dimanche 11 octobre 2009

7e étape: Toulon - Toulon


Le Castellet comme Schwantz... enfin, presque !

Le soleil, la mer, un départ à 9h45 et seulement 130 km au programme, c’est vraiment la Dolce Vita. Avec un met de choix au menu : « the » circuit du Castellet. Haut lieu des sports mécaniques pendant ma jeunesse : j’ai encore en tête les images de Kevin Schwantz sortant en dérive de la courbe de Signes à 200 km/h.
Aujourd’hui, je ne me préoccupe pas trop du classement, je me pose une seule vraie question, existentielle : avec ma petite Kawette et ses 70 chevaux, vais-je oser entrer dans Signes à fond ??

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Et bien oui, et c’est magique ! J’arrive en 6e à un peu plus de 200 km/h compteur (mon compteur vélo, mieux calibré, enregistrera 187,5 km/h), je coupe à peine une seconde le temps de mettre la moto sur l’angle, et je remets pleine charge immédiatement. On entre dans le virage, le genou posé au sol très tôt, sans même voir la sortie. C’est un peu impressionnant la première fois, mais on s’y fait après quelques tours. J’ai même réussi à passer à cet endroit deux gars qui m’avaient déposé dans la ligne droite au premier tour.
Je finis 42e, pas si mal sur un circuit aussi rapide.

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Après une assistance de 15 minutes à la sortie du circuit, c’est parti pour une courte liaison passant par le col de l’Espigoulier, un endroit rêvé pour une spéciale de rallye. Vu les traces de freinage à tous les virages, je ne suis visiblement pas le seul à avoir cette idée ! Dès le début de la montée, je suis coincé derrière une voiture qui manifestement a décidé de « faire la course ». Je parviens à la dépasser... pour m’arrêter aussitôt à un contrôle de passage surprise. Le temps de faire tamponner mon carton prouvant que je suis bien passé par l’itinéraire prévu, je repars derrière la voiture. On se croirait en Formule 1 ! Je la repasse pour la larguer définitivement. Ça égaye les liaisons …

La spéciale de Sainte-Zacharie est encore un morceau de bravoure : une route rapide et bosselée entre une falaise et un précipice, il est plutôt conseillé de ne pas se sortir ! Autant dire qu’il est impossible de faire un temps correct sans reconnaissance.
Je fais ce que je peux. C'est même pas mal dans la seule épingle du parcours, j’aurai au moins appris quelque chose sur ce MotoTour ! Je prends encore une grosse pilule par rapport aux premiers, pourtant je finis à une honorable 51e place. Je ne dois pas être le seul à être resté prudent.

La dernière liaison est encore totalement incompréhensible. Nous avons eu 10 minutes de rab’ sur la liaison précédente sans raison claire, et nous devons maintenant respecter strictement la moyenne de 60 km/h alors qu’il faut traverser toute la ville de Toulon, à 16h et un samedi ! Encore une fois, on place les concurrents dans une situation qui les pousse à des modes de conduite dangereux.

J’ai bien senti l’affaire sur ce coup-là et j’ai roulé fort dès le début de la liaison pour arriver dans les derniers 20 km de zone urbaine (sur 67 en tout, soit près d’un tiers !) avec de l’avance. J’ai quand même dû me livrer à un véritable gymkhana urbain pour pointer à l’heure. Les feux rouges sont alors extrêmement éprouvants pour les nerfs… J’ai vu quelques pilotes qui ne s’étaient pas méfiés, obligés de rouler au-delà du raisonnable pour pointer à l’heure. Avec 15 minutes de plus, tout le monde aurait pu traverser la ville prudemment. J’avais déjà connu ce problème en 2004, et manifestement rien n’a changé.

Mes pneus étaient déjà bien fatigués hier, un petit tour au Castellet, un passage par l’Espigoulier et cette liaison serrée n’ont pas arrangé l’affaire. Pour demain, ça passera tout juste, on ne fait que 37 km. Un train de pneus Metzeler Sportec M3 dure à peine plus de 2000 km sur une ER6 au rythme MotoTour ! J’imagine que les meilleurs ont dû consommer une belle collection de Metzeler Racetec depuis Val-de-Reuil.

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Cet après-midi, j'ai participé à une parade des pilotes dans Toulon. C'est la dure vie de célébrité ! Demain, il me reste à défendre ma 37e place dans la montée du mont Faron.

Cyril Guillemin

Vidéo : Interview de Cyril au Castellet

Moto-Tour-vignet.jpgAvec sa petite Kawa Er-6, Cyril était un peu à la peine sur le circuit rapide du Castellet. Heureusement, il a pu se rattraper sur les épreuves routière ou la maniabilité de la Er-6 a fait merveille.

Au final, il décroche une honorable 35ème place.

Interview express par Nicolas Grumel.

Redécouvrir le circuit du Castellet

Depuis un an, l’ancien circuit Paul Ricard s’ouvre à nouveau au public. Quand on connaît l’état de délabrement de la plupart des circuits français, la découverte des installations du HTTT - le nom officiel du Castellet - est un véritable choc. Tout n’est que luxe et volupté : loges luxueuses équipées de fauteuils en cuir, gazon impeccablement tondu, personnel en uniforme… C’est un peu irréel, comme un rêve de milliardaire. Si on ajoute l’hôtel de luxe et l’aéroport privé attenants, on se croirait plutôt à Dubai ou Abu Dhabi. Ça change de Val-de-Reuil !

Dans cet environnement où on imagine facilement un rassemblement de Ferrari, la caravane du MotoTour détonne un peu et c’est tant mieux. C’est un des grands plaisirs de cette épreuve que de rencontrer une telle diversité d’engins et de personnalités. En voilà quelques-uns rencontrés au fil de la pré-grille :

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Ronan Talbot, RG 500 Gamma

Ronan Talbot en est à son 3e Moto Tour avec sa Suzuki RG500 Gamma ! Cette année son voisin l’accompagne sur la même moto. Son avis sur cette moto mythique des années 80 : « Les performances moteur sont toujours au niveau, mais la partie-cycle est loin des standards actuels et demande quelques précautions. La préparation de la machine doit être minutieuse. L’an dernier j’ai cassé un vilebrequin, aussi cette année je pars avec un moteur refait à neuf. Mais le plus délicat reste la gestion des ravitaillements : une voiture nous suit pour refaire le plein tous les 120 km. J’ai d’autres motos dans mon garage mais celle là reste ma préférée. »

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Vincent Bretonnière, Ducati 848

Vincent Bretonnière, que nous avions vu avec sa Ducati 848 au départ de Val-de-Reuil, est toujours là. Il est très loin au classement car, avec ses potes lyonnais, ils se sont attendus pour rouler en groupe. Mais il est enchanté de l’expérience et prêt à revenir.

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On rencontre toujours quelques engins improbables comme ce side Voxan.

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La bande des 125

Comme chaque jour, la bande des 125 fait son briefing autour du Chevalier de Groland, Serge Nuques. Ils roulent en meute sur le routier et s’arsouillent en spéciales pour réaliser des performances surprenantes pour des machines de 15 chevaux. Ils ont vécu ce Moto Tour comme un grand éclat de rires.

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Barbara Collet, Honda CBR 600 RR

Barbara Collet est une des deux seules femmes engagées sur ce Moto Tour, avec sa Honda CBR 600RR elle prouve que les filles vont aussi très, très vite sur une moto. Elle pointe au 58e rang à la veille de l’arrivée. Elle a perdu beaucoup de temps sur le routier de l’étape marathon, car sur sa vitesse pure, elle figurerait bien plus haut dans le classement.

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Christian ne peut plus courir, il prête sa KTM RC8 à Marc, qui n'a plus de moto...

Christian Follope, déjà bien amoché après sa chute de lundi, a pris un coup aux vertèbres au passage d'un trou. Il a dû abandonner pour le compte mais il a prêté sa moto à Marc Detournay, un sympathique belge qui a cassé le joint de culasse de sa Triumph. Marc a été autorisé à finir l’épreuve hors classement avec la KTM RC8 de Christian… une histoire de passionnés, je vous dis.

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Dites, m'sieur d'Orgeix, elle fait 106 ch, votre Aprilia ?!

Jehan d’Orgeix finit aussi hors classement et de quelle manière : il remporte cette spéciale du Castellet avec 25 secondes d’avance sur Denis Bouan. Jehan est sans conteste le meilleur pistard de cette édition du Moto Tour, mais 5 secondes au tour, ça fait quand même beaucoup. N’aurait-il pas libéré les 180 chevaux de son Aprilia RSV4 ? Tous les pilotes du paddock le pensent très fort… parce qu’à sa place, ils auraient fait pareil !


En tête, la situation se décante

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Sans surprise, c’est donc Denis Bouan (parmi les pilotes classés) qui remporte l’épreuve du Castellet devant Manoel Delaval et Alex Busquets. Ce dernier préserve sa première place pour 5 secondes. Sur cette photo du départ, on voit bien que Denis Bouan, en vrai pistard, déhanche mieux et met beaucoup moins d’angle que les rallymen. Pas étonnant qu’il puisse mettre plus de gaz. Encore une fois, Gilles Salvador fait le spectacle en finissant 9e avec son mono de moins de 70 chevaux. A l’inverse, Marc Granié chute, heureusement sans gravité. Il peut préserver sa première place en catégorie mono

Jean Paul Faustino remporte la catégorie side avec son singe débutant. Sur un circuit aussi rapide, les 125 ont beau soigner leur trajectoires et garder la poignée dans le coin, elles restent au fond du classement.

Dans la spéciale de Sainte-Zacharie, Denis Bouan gagne encore et mène désormais ce Moto Tour de 5 secondes. Wilfried Tallone craque sous la pression : il accélère trop fort au départ de la spéciale et chute en ligne droite. La fin à suspense de cette édition met les nerfs des pilotes à rude épreuve.

Avant l’ultime spéciale du Faron, on voit mal qui pourrait battre Denis ‘’MotoTour’’ Bouan qui s’affirme définitivement comme le spécialiste de cette épreuve. Manoel Delaval peut regretter son erreur de navigation dans l’étape marathon. Il se révèle comme le plus dangereux rival de Denis en démontrant la même polyvalence route et circuit.

Benoît Lacoste


Classement

1 - Denis Bouan          Honda CBR 1000RR               
2 - Alex Busquets        Suzuki GSXR 600         à 5’’51    
3 - Manoel Delaval       Buell CR 1125           à 30’’35
4 - Cédric Parmentier    MV Agusta Brutale 1198  à 35’’52
5 - Wilfried Tallone     Ducati Hypermotard      à 1’12’’37

samedi 10 octobre 2009

6e étape : Le Cannet – Toulon


Leçon de conduite sur le mouillé

Les organisateurs ont décidé de nous faire profiter des belles routes de la région : plus de 500 km sont prévus pour rallier Toulon ! Donc j’ai encore droit à un départ aux aurores (5h26 !!)… et sous la pluie pour faire bonne mesure ! Moi qui croyais qu’on était dans le Sud.

Curieusement, les moyennes à tenir en liaison ont été abaissées à 55 km/h aujourd’hui (au lieu de 60 km/h)... peut-être n’étais-je pas le seul à m’émouvoir des conditions de roulage hier ? Ça n’a l’air de rien, 5 km/h, mais sur la moto ça change tout. Il faut toujours rouler vite mais en restant dans des limites raisonnables par rapport aux autres usagers.

Gros coup de stress avant départ, j’ai beau bidouiller mon Tripy (le lecteur de road-book électronique) dans tous les sens, le parcours du jour n’apparaît pas ! Je réalise qu’il y a dû avoir une erreur de chargement des itinéraires au départ, samedi dernier. Cet appareil marche tellement bien que je ne me donne même plus la peine de vérifier la veille l’itinéraire du lendemain. Grossière erreur, me voici à 4 minutes du pointage de départ, sans le moindre bout d’itinéraire !

Heureusement, Marc Granié (KTM 690SM), le concurrent qui me précède au classement, accepte d’attendre une minute mon pointage pour que je puisse le suivre. Non seulement il me retire une grosse épine du pied, mais en prime je vais profiter en direct « live » d’une leçon de conduite sur le mouillé, car Marc est un Monsieur du rallye.

En le suivant, je réalise que si je l’avais suivi aussi hier, je n’aurais probablement pas pris de « pion » (pénalité pour pointage en retard dans le jargon rallystique). Il est bien plus facile de rouler vite la nuit quand on a une bonne roue devant soi. C’est pour cela que de nombreux concurrents roulent en groupe pour se relayer et limiter la fatigue.

La première spéciale chronométrée, Péone-Valberg, est tracée à flanc de montagne avec un revêtement parfait. S’il n’y avait une falaise d’un côté et le vide de l’autre, on se croirait sur un circuit. En plus, la route est mouillée, ce qui n’aide pas pour se lâcher. Mon chrono est très moyen, j’ai fait deux grosses erreurs : un freinage trop tardif au deuxième virage se finit en travers pas très loin de la falaise, où j’aperçois une moto abandonnée, probablement un collègue qui a fait la même erreur…

Plus loin, je plante un gros freinage, rétrograde en seconde pour négocier une épingle à droite … qui se révèle être un petit droite bien rapide ! Les spectateurs ont du être surpris de voir un pilote piler au milieu d’une enfilade de virages ! Inutile de dire que les secondes se sont envolées par grappes. L’absence de reconnaissances peut parfois être très frustrante. On se dit qu’on irait tellement plus vite lors d’un deuxième passage.

Dans la deuxième, Bras d’Asse, l’ambiance est différente : une succession d’épingles tracées sur une toute petite route au revêtement dégradé : Une vraie spéciale de Rallye. Et là, le problème, c’est plutôt moi. Je suis toujours à l’arrêt dans les virages lents, et particulièrement dans les épingles… Même si le chrono reste moyen, je suis assez content de mon passage. J’ai bien réussi à lire la spéciale, à garder du rythme dans les enfilades sans me jeter sur les freins à tout va. Par contre les épingles, c’est encore Waterloo… Jusqu’à ce qu’au milieu de la spéciale, j’essaye de passer en première plutôt qu’en seconde ?

A la première tentative, je finis au point mort et je manque de m’en mettre une bonne, justement devant tous les photographes. J’ai encore du faire forte impression ! Persévérant, je retente le coup sur l’épingle d’après, c’est beaucoup mieux ! Ca secoue un peu au freinage, il faut un peu d’habitude au relâchement de l’embrayage, mais ça sort beaucoup plus fort. Dommage, que je n’ai pas compris ça plus tôt !
Mon côté optimiste se dit : « J’ai enfin trouvé le mode d’emploi dans les épingles ». Mais mon côté pessimiste ne voit qu’une chose : « Je n’ai trouvé le mode d’emploi que sur les deux dernières épingles de ce Moto Tour ». On est vite gagné par le virus de la compétition.

Ce soir, la fatigue commence à réclamer son dû. Les nuits trop courtes commencent à limiter la concentration. J’ai senti aujourd’hui que je n’avais pas la « gniak » habituelle au départ des spéciales. Une fois en action, on y pense plus, mais ça doit jouer sur les performances.'' Et il y a aussi la fatigue physique. Je ne parle pas seulement du postérieur maltraité et des genoux qui se coincent après les heures passées sur la moto, les gros rouleurs connaissent. Mais les mains commencent à être bien tannées à force de tordre la poignée de gaz, les muscles des avant-bras sont courbaturés par les freinages dans les descentes de cols. Plus inhabituel pour moi, les muscles du haut du dos sont complètement noués à force de pousser sur le guidon dans les virages serrés.''

Heureusement, demain, le programme est enfin plus léger avec seulement 150 km et un morceau de choix : le circuit du Castellet, anciennement Paul Ricard et aujourd’hui appelé HTTT. Je n’ai jamais roulé sur ce circuit. Je vais enfin savoir comment passe la fameuse courbe de Signes, au bout de la ligne droite du Mistral.
Grosse sensation en perspective… qui m’a poussé à la prudence pendant tout ce MotoTour pour ne pas rater ce moment mythique pour un pilote.

Cyril Guillemin

Du rififi chez les side-cars

La catégorie side-car est assez fournie sur le MotoTour et c’est un vrai bonheur tant cette catégorie est spectaculaire. Le pilotage de ces engins est assez acrobatique et attire généralement des personnalités hautes en couleurs.

10-Paddock-Side_No_380.jpg

Cette année Jean Paul Faustino est venu avec un attelage à base de Suzuki GSXR 1000 particulièrement affuté. Dès Magny-Cours, on constatait que le ramage était à la hauteur du plumage puisque Jean Paul collait plus de 50 secondes au deuxième pendant la spéciale de nuit ! Lors de l’épreuve de circuit à Alès, un concurrent sans doute un peu agacé de se faire ridiculiser a porté réclamation pour hauteur non conforme quelques minutes avant le départ. La garde au sol minimum est de 75mm pour un side routier et de 65mm pour un side de circuit, selon les règlements FIM. Jean Paul a donc doté son engin d’une garde au sol variable pour avoir une garde au sol de 65mm pour les spéciales sur circuit.
Le règlement du MotoTour, épreuve mixte mêlant route et circuit, est ambigu sur ce point : les véhicules doivent être conformes au Code de la Route mais des règlages spécifiques peuvent ils être adopté lors des épreuves sur circuit ?

Dans le doute la direction de course a demandé à Jean Paul de mettre son side en conformité avec le règlement route pour prendre le départ. Son singe (passager en jargon du side) a couru entre le paddock et la pré-grille pour chercher les outils nécessaires et modifier les suspensions. Finalement il a pris le départ complètement exténué, à tel point qu’après quelques virages il a lâché priseet s’est fait ejecté du side. Il a finit en observation à l’hôpital, heureusement pour des contusions sans gravité. Cette histoire un peu lamentable, si elle égratigne la réputation de convivialité du milieu du side, illustre surtout le manque de rigueur sportive du MotoTour. Voilà une épreuve magnifique dont le déroulement est régulièrement perturbé par des imprécisions règlementaires ou des erreurs d’organisation.

Il est très clair qu’une épreuve réunissant une aussi grande diversité de machines, de pilotes et de disciplines n’est pas facile à mettre en place. Mais est il normal qu’à 22h la direction de course ne sache pas dans quel ordre les motos vont s’élancer sur le circuit du Castellet le lendemain ! Une autre polémique du même genre que celle des sides concerne les rétroviseurs : certains concurrents démontent leurs rétroviseurs pour les spéciales sur circuit : légal ou non ?

Plus que d’attirer des célébrités ou des grands médias, la première priorité de Marc Fontan devrait être d’assurer la crédibilité sportive de son épreuve. Ce n’est pas toujours l’image que donne le MotoTour .

La course en tête

Après plus de 2500km de course, la lutte en tête n’a jamais été aussi serrée puisqu’ils sont 5 pilotes en moins de 30 secondes .

Avec l’épreuve du Castellet demain, et au vu des résultats précédents sur circuit, c’est bien Denis Bouan qui apparait désormais comme le favori pour la victoire finale.

Benoît Lacoste

1 - Alex Busquets       Suzuki GSXR 600
2 - Cédric Parmentier	MV Agusta Brutale 1098   12’’13
3 - Wilfried Tallone	Ducati Streetfighter     18’’29
4 - Denis Bouan		Honda CBR 1000RR         18’’34
5 - Manoel Delaval	Buell CR 1125            24’’54

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vendredi 9 octobre 2009

Un oubli qui aurait pu coûter cher

L’étape d’aujourd’hui mène les concurrents du Cannet à Toulon par une boucle de 500 km. Mais il n’y a que 130 km entre les deux villes étape, ce qui nous laisse le temps d’aller avec le camping-car sur un point du parcours en assistance, et de rejoindre l’arrivée à temps pour accueillir Cyril… comme une vraie équipe pro !

09-Assistance_Cyril.jpg

En réalité, quand on connaît les routes tortueuses des Alpes-Maritimes, la lenteur de notre camping-car ne nous permet pas d’aller sur tout le parcours, et certainement pas sur les spéciales. C’est pour cela que les grosses équipes disposent d’un camion pour l’arrivée, d’un véhicule rapide pour intervenir en spéciale et d’un suiveur en moto, au plus près du pilote, sur une moto exactement identique pour l’assister en cas de problème. Bien sûr, ce suiveur n’est pas vraiment une « pince » et figurerait certainement haut dans le classement s’il était classé !

Nous sommes loin de tout ça, et c’est avec précaution que je trouve un point de ravitaillement en essence facilement accessible en camping-car et compatible de l’autonomie de la Kawa ER-6 de Cyril : il s’agit du village de Roussillon, à 30 km au Nord de Nice, situé au km 210 de l’étape. Avec ce plan bien étudié, Cyril s’endort rassuré, et nous excités d’être enfin une véritable assistance. Mais le matin, le réveil est encore plus difficile que d’habitude et pour la première fois, je sens une certaine lassitude chez Cyril au moment de partir chercher sa moto. Il est d’ailleurs un peu à la bourre.

D’habitude, notre routine est d’inspecter la moto quelques minutes, le matin, entre la sortie du parc fermé et le départ de l’étape. Cette fois, Cyril se rend directement au départ. Je ne m’inquiète pas trop car ça nous arrange : il faut plier les gaules au plus vite pour se rendre au point d’assistance dans les temps.
Nous arrivons au point de rendez-vous avec une bonne marge de temps pour trouver deux autres camions d’assistance… s’ils sont là, c’est qu’on a pas trop mal choisi notre endroit ! Nous préparons les bidons d’essence, les outils. Il n’y a plus qu’à faire la sieste en l’attendant.

09-Assistance-Plan_large.jpg

A cet instant mon téléphone sonne. C’est Cyril qui m’appelle du départ de la spéciale, à 50 km de là, pour savoir si nous sommes en place. Il doit passer dans une heure environ. Je l’informe que tout est OK, et il me lâche alors, très calmement : « Vous pouvez me préparer un road-book papier comme hier, mon road-book électronique n’était pas chargé ce matin, je roule à l’aveugle. Prévoyez aussi de l’essence pour deux, je viendrai avec Marc Granié pour ravitailler. »
Je me demande comment il est arrivé à l’heure à la spéciale, mais surtout je comprends qu’il faut oublier la sieste et rouvrir l’atelier de découpage et de collage.

Quand Cyril arrive tout est en place, on installe le road-book immédiatement. Et je sens qu'il est surpris d’avoir de l’aide à cette heure de la journée, tellement il est conditionné pour être autonome pendant l’étape.

09-Assistance_Cyril-2.jpg

Il m’explique que quand il a réalisé, au départ, que son Tripy (road-book électronique) ne marchait pas, il était trop tard pour faire quoi que ce soit. Il a demandé à Marc Granié, qui le précédait dans l’ordre des départs, de l’attendre et de lui servir de poisson-pilote. Du coup, avec un tel guide il ne risquait pas grand-chose… Et il faut souligner la sportivité de Marc ; c’est cela aussi le rallye.

09-Assistance_MarcGranier.jpg

En échange, c’est bien volontiers que nous ravitaillons aussi sa moto.

Un classement général bouleversé

Ce matin, nous avons pris connaissance du classement général avec les pénalités d’hier. Inutile de dire qu’il y a du changement. Jehan d’Orgeix prend 5h, mais repart quand même pour finir l'épreuve. Belle réaction de sa part.

08-Bousquets.jpg

Alex Busquets, sympathique pilote catalan, prend les commandes comme je vous le disais hier. Cédric Parmentier (MV Agusta Brutale) prend la deuxième place et Wilfried Tallone complète le podium.
Comme le faisait justement remarquer un lecteur de ce blog, je n’ai pas du tout parlé de la performance exceptionnelle de Cédric Parmentier. C’est certainement à cause de la discrétion et la modestie de ce pilote amateur. Mais je vais réparer cet oubli impardonnable, c’est promis. Cependant attention, Denis Bouan n’est vraiment pas loin et pourrait mettre tout le monde d’accord... j’allais dire comme d’habitude.

Quant à Cyril, il prend bien 3'45" de pénalités mais il est désormais 37e, car d'autres en ont pris bien plus. Mais Marc Granié, qui était juste 20" devant Cyril hier, est désormais 11e et premier mono : il n'a pas pris de pénalité du tout. Ils sont comme ça, les extraterrestres!

Chaque journée apporte son lot d’émotions, alors vous aurez plus de détails plus tard.

Benoît Lacoste

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5e étape: Thonon les Bains – Le Cannet

Rallye ou canon ball ?!!

L’organisation voulait une étape Marathon, mission accomplie. Tout le monde est bien fatigué ce soir ! Je ne suis pas sur de tous les avoir compté, mais on a du s’avaler pas loin de 12 cols dans la journée. Les 25 derniers kilomètres m’ont paru bien long … comme une indigestion de virages. Mais une bonne nuit là-dessus et demain l’appétit reviendra !

08-Arrivee_Cyril.jpg l'arrivée du marathonien

Le tracé de la première base chrono – pour rappel, il faut tenir une moyenne horaire précise sur la distance de l’épreuve - emprunte encore une fois une spéciale du Rallye du Mont Blanc historique, juste au dessus d’Albertville. Mais la route est mouillée et ça glisse ! Dans ces conditions, la base chrono n’est plus une épreuve de régularité mais une véritable épreuve spéciale car les 60 km/h de moyenne ne me paraissent pas atteignables…à moins qu’un extra terrestre y arrive ? Je rencontre de plus en plus d’extraterrestres depuis une semaine !

Pour ma part, j’ai réussi à tenir un 58 km/h sur la première moitié, mais j’ai un peu lâché prise sur la fin. Je passe devant la cellule finale autour de 54 km/h, je sais que je suis en retard mais je suis content quand même vu les conditions. Je trouve les spéciales chronométrées toujours trop courtes, là on a eu pas loin de 10 km de routes fermées pour rouler à fond avec des passages dans la boue, des bosses où on décollait des deux roues, de la caillasse sur la route qui était tombée de la paroi durant la nuit… le pied !

Deux bases chrono bien plus intéressantes que je ne le pensais, des liaisons encore une fois magnifiques. Une étape dure comme je l’espérais pour un Moto Tour.
Il y a en revanche un gros problème à mes yeux. J’ai conscience que mon avis va à l’encontre de la philosophie du rallye pur et dur. Pourtant j’apprécie et j’admire ces rallymen passionnés, ces fameux extraterrestres dont je parle chaque jour, mais on ne peut pas toujours être d’accord sur tout.

08-Pilotes_experimentes.jpg Une belle brochette de "purs et durs": Etienne Godard, Marc Granié et Patrick Curtat

Depuis le départ, nous avons un routier très typé Championnat de France des Rallyes, avec une moyenne de 60 km/h à tenir en liaison : cette moyenne peut paraître bien modeste au lecteur non averti, mais vu les routes empruntées, c’est loin d’être une formalité. Un motard non spécialiste du Rallye aura très souvent bien peu de marge à l’arrivée des liaisons pour pointer à temps.
Ce matin nous sommes partis à 5h dans l’obscurité. Dans la nuit, un gros coup de vent avait recouvert la route de feuilles et de châtaignes, et il pleuvait. Bref, une vrai patinoire où on y voit goutte. La moyenne de cette liaison aurait déjà été « tendue » à assurer la nuit sur sol sec. Dans les conditions où nous étions, ce n’est plus du rallye mais du Canon Ball : une gigantesque spéciale de 150 km où il faut attaquer sans relâche au milieu du trafic et des habitations. Ça passe car la région est désertique mais est ce vraiment raisonnable ?

J’ai presque réussi à tenir la moyenne jusqu’à La Clusaz. Là, j’ai hésité sur une note du road book qui indiquait un panneau qui n’existait pas. Le temps de faire demi-tour pour vérifier, j’ai laissé une paire de minutes dans l’affaire. Je suis reparti sur un bon rythme, j’ai rattrapé une partie du retard dans la montée des Aravis. Mais dans la descente, j’ai vite compris que ça n’allait pas le faire !
Les épingles, très serrées, s’enchaînent sans relâche. Avec la pluie, le froid et le souffle rapide lié à ma concentration extrême, je ne voyais plus grand-chose : soit mes lunettes sont embuées si je ferme la visière du casque, soit elles se couvrent de gouttes si je la laisse ouverte. Enfin le jour s’est levé, et j’ai recommencé à mettre du rythme pour retrouver un rythme autour de 60 km/h mais j’ai atteint mes limites.

Sur un freinage autour de 90 km/h avant un léger virage à gauche en descente, je passe sur une plaque de goudron glissante comme une patinoire. Le temps que je rattrape la moto, je suis un poil court pour passer. Je mets la moto en travers comme je peux pour longer le talus qui borde la route. Je ne peux éviter de mordre le bas-côté d’une vingtaine de centimètres, et pour finir je saute un petit talus pour atterrir sur un petit chemin, cinquante centimètres en contre bas. Je suis définitivement calmé !

J’ai décidé que je ne vais pas mourir pour ça, et donc je coupe les gaz : je sais que je vais prendre des pénalités, mais tant pis. Dix ans plus tôt, j’aurais probablement insisté et ça aurait peut-être fini à l’hôpital. Tout était réuni ce matin pour se casser la figure et ils sont d’ailleurs plusieurs à être allés à la faute sur le routier.
Pour couronner le tout, j’ai été bloqué par un camion-poubelle pendant presque un kilomètre sans aucune possibilité de le dépasser ! De quoi ajouter quelques minutes dans ma besace et ruminer ces sombres pensées…

Je n’ai d’ailleurs pas bien compris l’organisation de la journée : après cette liaison « impossible », on a eu droit à une heure de rab’ sur une liaison largement plus roulante l’après midi. Les 60 km/h étaient faisables, même sur le mouillé, alors pourquoi une heure de plus ? Je suis arrivé avec 45 minutes d’avance après deux arrêts pour manger un morceau, en face de quelques uns des plus beaux paysages de Provence.

Au final, j’ai accumulé 7 minutes de retard sur la journée soit 1’45’’ de pénalité demain matin, si mes calculs sont bons.

Cette longue digression pour poser deux questions sur le principe des liaisons telles que nous les avons vécues ce matin :

- Est-il normal qu’un résultat sportif soit tributaire d’un feu rouge, d’un camion poubelle et d’une approximation du road-book ?
- Comment peut-on prôner la sécurité, nous demander un strict respect des limites de vitesses en ville et mettre en place une organisation qui pousse les pilotes à aller au-delà de leur limite ?
Vous comprenez que j’ai toujours eu un problème de principe avec les courses sur route ouverte.

08-Mecanique_Cyril.jpg
Ce soir la mécanique se faisait seul. Pas vraiment un souci pour Cyril, habitué de la débrouille.

Demain, journée classique avec 500 km et 2 spéciales routières. Le soir, nous prendrons nos quartiers définitifs à Toulon au bord de la Méditerranée. Les vacances, quoi !

Cyril Guillemin

!!!!Comme on dit dans le jargon : "Il y a eu du déchet"

Les premiers concurrents étaient attendus au Cannet vers 16h et la tension était vive dans l’aire d’arrivée. Les 2 premiers concurrents, Wilfried Tallone (Ducati Streetfighter) et Maxime Mettra (Moto Morini Corsaro), des rallymen purs et durs, sont arrivés les premiers vers 16h30 suivi par l’inévitable Denis Bouan décidément à l’aise partout !

08-Arrivee_117_136_1.jpg

Suite aux délais supplémentaires accordés dans l’après midi, ils sont en fait largement en avance. Hilares, ils sont visiblement contents de leur coup : ils ne devraient pas prendre de pénalité sur cette journée ! Seul Maxime Mettra a pris 2 minutes car il a porté secours a Jean Louis Sakellarides, tombé dans la première liaison. Ces types sont surement des fadas mais aussi des bons gars.__

08-Pilote_117.jpg Maxime Mettra

La chute de Jean Louis Skellarides, sympathique réunionais de 64 ans avec plusieurs MotoTour a son actif, illustre bien les interrogations de Cyril. Il s’en tire avec une fracture de la jambe.

delaval_depite.JPG La déception de Manoel Delaval

Manoel Delaval ne peut cacher sa déception, une erreur de navigation le relègue loin dans la première base chrono. Impardonnable pour un Champion de France des rallyes fraîchement titré qui perd là pas mal d’illusions.

Enfin Jehan d’Orgeix reste introuvable, il a pointé en retard de 40 minutes a une liaison. On ne sait pas trop si c’est un problème technique ou une erreur de navigation. Allez savoir avec les pilotes… il y a toujours une bonne raison.

Alex Busquets (Suzuki GSXR 600) a également bien négocié cette étape mais son pneu arrière est complètement mort. Il devra le changer lui-même dans le parc d’assistance sans aide extérieure à part les conseils passionnés de ses deux mécanos. Bravo à lui.

          Le pneu arrière mort d'Alex Busquets

busquets_changement_pneu2.JPG Une séance de mécanique inhabituelle pour Alex Busquets

Ce soir de nombreux amateurs du classement Promotion sont très bien placés car ils ont bénéficié de meilleures conditions de route : parti de jour, ils ont en partie éviter la pluie. C’est la règle en rallye, cette fois elle leur a été favorable.

Même si Cyril est ce soir un peu dépité, il s’est plutôt bien sorti de cette journée. 43eme de la première base chrono et 12eme de la seconde ! Il a bien pris des pénalités mais il sera loin d’être le seul. A tel point que le classement général publié ce soir n’a pas grande signification puisqu’il est hors pénalité. Ainsi d’Orgeix est toujours en tête alors qu’il est plus près de la mise hors course. D’après mes pointages, c’est Alex Busquets ou Wilfried Tallone qui pourrait être en tête demain. A suivre…

Benoît Lacoste''

Voir aussi pour le Moto tour

jeudi 8 octobre 2009

Réveil nocturne pour une très longue journée

Ce matin, le réveil a sonné à 3 h 45 et Cyril a récupéré son road book à 3h56. On s’est aussitôt mis à l’atelier de découpage et de collage pour lui assembler son rouleau de road book et l’installer sur la moto.

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Le montage du road book sur miss Kawette…

assemblage_road_book.JPG
Avant de monter le road book, il a fallu l'assembler… pas facile de rassembler ses neurones si tôt : il était à peine plus de 4h00 du mat' !

Nos têtes en disent long sur l’état comateux dans lequel nous étions ! Dans ces cas là mieux vaut savoir ce que l’on a à faire. En une heure tout était prêt.

derouleur_road_book.JPG

Cyril n’avait plus qu’à se sangler dans sa combinaison de pluie car la météo s’annonçait humide pour la journée. A 5h26, il partait pour un parcours inconnu de 635 km. J’ai juste eu le temps de voir qu’ils alignaient plusieurs col des Alpes, puis descendaient vers Castellane.

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depart_marathon.JPG

Une heure plus tard, c’est nous qui quittions le parc d’assistance de Thonon, pour rejoindre le Cannet par le tunnel du Mont-Blanc, Turin et Gênes : 600km en camping-car, pour nous aussi c’est un marathon.

Benoît Lacoste

4e étape Alès - Thonon les Bains

Du virage et du gravier


Une étape essentiellement routière aujourd’hui, après une petite course sur le circuit de vitesse d’Alès au réveil d’une nuit royale : 7 h de sommeil.
Une fois de plus, on se régale sur le routier : du virage, du virage et encore du virage. J’ai fait plus de virages en une matinée que pendant tout le reste de l’année ! Je suis persuadé que ce matin, j’ai fait plus de kilomètre sur l’angle qu’en ligne droite !

La route de la spéciale chronométrée était refaite à neuf avec la bonne vieille méthode du gravier répandu sur du goudron frais. La DDE a certes balayé après, objectivement il y avait du grip, mais les pneus arrachent les graviers à peine enchâssés dans le sol. Et moi qui ai horreur du gravier… Je ralentis dès que j’entends les graviers taper dans les garde-boues, c’est un réflexe qui me paraît sensé pour un motard normal. Mais un rallyman, c’est câblé différemment : quand il entend les graviers, il se dit que ça va être drôle…

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Jehan d'Orgeix et son Aprilia RSV4 en spéciale

Du coup, j’ai assuré le coup en gardant une bonne marge et je finis 53e. Pas si mal mais un vrai pilote de rallye comme Marc Granié, que j’ai battu ce matin sur le circuit d’Alès, me colle 9 secondeset finit 15e !
Cette spéciale était un amuse-bouche, car après 100 km de toutes petites routes gravillonnées du même style nous attendaient. Il fallait attaquer sévèrement pour tenir la moyenne imposée de la liaison. Au début c’est plutôt excitant mais on est content quand ça s’arrête…

En plus, les deux stations-service indiquées sur le road-book étaient fermées au moment de notre passage (en pleine « pause de midi »). Gros coup de stress car je ne connais pas vraiment l’autonomie de ma moto en roulant aussi fort. Finalement je trouve une station 6 km avant le contrôle horaire avec 5 minutes pour faire le plein. C’est passé juste et cela illustre bien la difficulté du rallye : il faut tout gérer en même temps, le temps, la navigation, le carburant, et même l’alimentation du pilote ! Vite, j’avale mes sandwichs.

Nous sommes passés par le Clergeon près d’Annecy, sur le tracé d’une spéciale très connue en auto, régulièrement empruntée par le Rallye du Mont Blanc Historique. C’est une route de dingue, ultra étroite, avec des épingles tous les 100 m. Je me retrouve derrière Patrick Curtat, un habitué des rallyes, c’est l’occasion de prendre sa roue. Difficile… J’ai cravaché ma pauvre Kawette autant que possible, mais il m’a quand même mis plusieurs longueurs dans la vue. C’était ma spéciale à moi, et elle a duré pas loin de 10 km, pas 2 ou 3 kilomètres comme celles du Moto Tour.

Je finis cette journée 40e au classement général. Ça progresse encore mais la fatigue s’accumule. Et demain on enchaîne sur la fameuse étape Marathon. Je viens d’apprendre que je dois retirer mon road-book demain à 3h56 du matin pour un départ à 5h26 ! Et il parait que je suis en vacances…

Cyril Guillemin

L’étape marathon

L’étape d’aujourd’hui marque une transition après une première partie dominée par les circuits et des spéciales rapides. Nous arrivons sur les routes des alpes et du Sud, sinueuses, techniques et plus cassantes. Cela commence demain avec l’étape « marathon » que nous a enfin dévoilé Marc Fontan, le directeur de l’épreuve, lors du briefing du soir.

briefing_Fontan.JPG

C’est la grande nouveauté de ce MotoTour 2009 et la philosophie annoncée de cette étape est de mettre tout les pilotes, poireaux et pros, sur un pied d’égalité : parcours secret, absence d’assistance, pas de GPS, chacun ne peut compter que sur lui-même.
A cette fin, chaque pilote ira retirer son road book (en papier) 1h30 avant le départ, le chargera sur sa machine. Sur le parcours, toute aide extérieure est interdite (en particulier le carburant). Enfin, le soir, le pilote seul pourra intervenir sur sa machine avant de la poser en parc fermé.
Formidable, mais en posant des questions, nous découvrons que pendant les1h30 avant le départ, le pilote peut être assisté librement par son équipe, qu’il y a une assistance libre le midi à Bourg-d’Oisans. Enfin comme le parcours est secret, il n’y aura pas d’épreuves chronométrées, seulement deux « bases chrono », tant honnies par les pilotes, ces fameuses épreuves de régularité ou il faut tenir une moyenne au dixième de km/h.

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La mécanique se poursuit jusque tard dans la nuit avant l'étape marathon

La philosophie originale est bien édulcorée : on a l’impression que l’on a privilégié le spectaculaire pour le public et les médias (au départ et a l’arrivée de l’étape, retrait du road-book et assistance par le pilote lui-même), mais que le reste de l’étape se déroule comme d’habitude. Pire on a renoncé aux spéciales chronométrées à parcours secret, comme pour préserver les pilotes de notoriété qui généralement ont reconnu qui pourraient être battus par un « anonyme ». On verra le résultat demain, mais il semble comme souvent par le passé que le MotoTour préfère attirer médias et sponsors, plutôt que de construire une légitimité sportive à long terme.


La colonie belge décimée

Après l’abandon de Fred Lejeune hier, c’est Fréderic Fiorentino qui abandonne aujourd’hui. Il tombe dans le dernier virage de la spéciale du jour et se brise une cheville.
C’est Manoel Delaval qui signe le scratch dans cette épreuve devant Denis Bouan et Benjamin Garniaux (Kawasaki ZX 6R). Manoel, récemment couronné champion de France des rallyes, affiche ses ambitions : « On va plus vite quand on a reconnu le parcours. Cette année, j’ai reconnu toutes les spéciales et en plus la Buell CR1125 va très bien. »
Voila un gros client pour la victoire finale, le leader, Jehan d’Orgeix, en est bien conscient : « Sur route, il va très vite alors que je suis seulement moyen. Il faut que je gère mon avance jusqu’au circuit Paul Ricard. »
Quant à Denis Bouan, il continue sa remontée, il est désormais à moins de 30 secondes du podium.

Classement général à Thonon :

1- Jehan d’Orgeix    Aprilia RSV4    
2- Manoel Delaval   Buell CR 1125		3’’28
3- Alex Busquets     Suzuki GSXR 600		47’’65

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mercredi 7 octobre 2009

Quelques tours de circuit en guise de petit déjeuner

Le circuit au saut du lit

Un petit mot en vitesse sur la Spéciale du circuit d'Alès, ce matin. Première bonne nouvelle, on se lève enfin à une heure "normale", du moins pour des citadins comme nous. Il est 7h, il fait presque jour et il fait sec : les conditions idéales pour enquiller à fond 5 tours du circuit d'Alès au saut du lit. Comme chaque matin j'avale rapidement une tartine de Nutella (indispensable pour rouler vite !) en regardant encore une fois la vidéo de la reconnaissance de la spéciale de l'après midi par Serge Nuques. Pour ce matin, je connais le circuit pour y avoir tourné cette année avec la Kawa, donc pas de problème.

A 8h00, je sors la moto du parc fermé pour aller directement en prégrille. Je pars de la 3e ligne pour finir isolé à la 8e place de ma série. Bien sur j'ai encore souffert du manque de puissance mais moins qu'à Magny-Cours. Et je finis devant Marc Granié, un pilote de référence.

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Plus de détail ce soir sur cette course, il est temps de passer à l'assistance remettre de la pression dans les pneus et faire le plein : 500km m'attendent jusqu'à Thonon.

A ce soir !

Cyril Guillemin


Belle passe d'armes en tête

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La première série prenait le départ encore dans la pénombre du matin. Denis Bouan partait comme une balle pour virer en tête devant Jehan d'Orgaix. Pendant 2 tours ce dernier allait le harceler, visiblement plus rapide il cherchait la faille pour passer. Finalement dans le dernier virage du 2e tour, à la lutte au freinage, Denis sortait un peu large et Jehan passait à l'intérieur. Teigneux, Denis se plaçait à l'intérieur au bout de la ligne droite mais Jehan gardait l'avantage à l'extérieur. C'était chaud! Comme à Magny-Cours, ils finissaient dans cet ordre, suivi par Manoel Delaval un peu plus loin, puis Alex Busquets et Fred Fiorentino qui finissaient roue dans roue.

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Ils sont encore nombreux à disputer leurs série quand nous quittons le circuit pour arriver à Thonon avant Cyril.

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A bientôt.

Benoit Lacoste

3e étape Magny-Cours - Alès : une leçon de pilotage sur route

Encore une grosse journée ... et un record personnel battu : 3 « tout droit » en 4 minutes chrono !

Mais d’abord, sur 8h00 de roulage, nous n’avons eu qu’une heure de pluie : ça change la perspective pour apprécier un parcours routier magnifique. Le passage dans les gorges de la Loire, sur des routes bien choisies, restera assurément un moment de choix du Moto Tour 2009.
L’étape précédente était centrée sur la navigation, celle-ci est placée sous le signe des virages à gros angles. Réjouissant… ça me change des remontées de file quotidiennes dans les embouteillages de la région parisienne.

Il faut un peu de temps pour prendre le rythme et cela aide bien de suivre les habitués, on apprend. Le matin, j’ai pris la roue de Michel Bonneau pendant quelques dizaines de kilomètres sur des routes minuscules, dont une portion était complètement gravillonnée. Dans ces conditions, pas d’histoire de puissance : les 70 ch de mon ER-6 sont largement suffisants pour se mettre par terre…Ce qui surprend plus, c’est qu’une Kawasaki ZX-10R, pas spécialement réputée pour sa docilité, s’en sorte aussi bien. Encore faut il savoir la manier. Première leçon de choses de la matinée.

La pluie fait son apparition plus tard dans la matinée. Autant j’ai sorti le spi dans la ligne droite à Magny-Cours, autant dans ces conditions humides je me sens bien armé avec Kawette. Je pensais donc rouler sur un bon rythme quand je me suis fait littéralement déposer par Philippe Dussaud et Remi Henrion, sur leurs Triumph Street Triple. Piqué au vif, j’ai pris leur roues. Hé bien je ne pensais pas qu’on pouvait rouler aussi fort dans ces conditions... Deuxième leçon de choses de la matinée. Et je confirme : le mouillé, c’est dans la tête ! Honnêtement, peu de motards lambda roulent à ce rythme sur le sec …

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La bonne humeur revient avec le soleil

Les spéciales du jour

La première spéciale du jour, située à Chadron, près du Puy-en-Velay, est un vrai régal pour tous les motards. Rapide mais pas trop, la route est juste assez difficile à décoder pour laisser la place à l’improvisation, mais pas au point d’être systématiquement à contre-temps... Des spéciales comme ça, c’est quand ils veulent, même sans reconnaissance. Je finis 53e au scratch avec un écart de « seulement » 4 secondes sur un pilote de référence comme Marc Granié (KTM LC4), qui découvrait aussi la spéciale.
Bien sûr je prends une valise par rapport aux premiers qui ont reconnu le parcours en détail : je perds près de 20 secondes sur le vainqueur Manoel Delaval (Buell CR1125) !

La deuxième spéciale, disputée au Pôle Mécanique d’Alès, mélangeait un bout de la piste de vitesse pris à l’envers avec la piste de rallye : ça a été l’enfer comme prévu ! Déjà, prendre un circuit à l’envers ça fait bizarre, mais le pire c’est la piste Rallye. Un truc de dingues : ça monte, ça descend, ça saute de partout, y’a du gravier, bref la totale.

Cela m’a permis de battre mon record personnel de « tout droit » : trois en moins de quatre minutes. D’un autre côté, si on freine à chaque fois qu’on ne voit pas la sortie du virage, sur un tracé pareil, on est tout le temps à l’arrêt… donc ça s’explique ! Je n’ai simplement pas osé tout balancer dans le virage quand je sentais que j’étais à la limite. Mes neurones étaient trop préoccupés à éviter la chute alors qu’il aurait fallu s’occuper à passer le virage quand même. Les vrais pilotes de rallye sont habitués à gérer ce genre de situations, ils ont les automatismes pour finir le freinage sur le pneu avant, mettre l’angle, etc.

Autre grand moment, un gros freinage pour un virage en bas d’une descente rapide. Quand j’attrape les freins, je me fais secouer comme un prunier, la moto part dans tous les sens. Je réalise que le bitume est tellement défoncé qu’il fait comme des vagues ! Cette fois j’avais un peu de marge, sinon c’était l’occasion d’un nouveau « tout droit ».
Je suis sûr qu’une bonne reconnaissance aurait permis de trouver un meilleur endroit pour freiner. Contrairement à la spéciale précédente, ici, l’absence de reconnaissance ne pardonne pas. Je finis 60e à 46,3 s. du vainqueur… mais je perds à peine une seconde sur Marc Troussard, un pilote de rallye chevronné qui partait aussi en aveugle.

Ce soir je suis 44e au classement général, à 2’46’’. Le résultat sportif de la journée est plutôt moyen, mais le plaisir de rouler compense largement. J’ai hâte de découvrir le parcours de demain

Cyril Guillemin

Une histoire (bien française) de puissance

Les motos participant au MotoTour sont limitées à 106 chevaux, conformément à la loi française. Les autres années, un contrôle de puissance avait lieu lors du contrôle technique le premier jour. D’où des suspicions de débridage non contrôlés en cours d’épreuve. Heureusement, les multiples victoires de Denis Bouan sur une Buell de moins de 100 chevaux sans bridage avaient rendue la polémique sans objet.

Mais cette année, avec le choix de sportives bridées par de nombreux favoris (Honda CBR1000, Aprilia RSV4, BMW S1000RR…), l’organisateur a pris les devants pour tuer toute polémique : des contrôles de puissance inopinés auront lieu à l’arrivée des épreuves chronométrées, en particulier sur circuit. Comme les cyclistes ne peuvent aller aux toilettes avant le contrôle, le moteur des motos ne peut être coupé entre l’arrivée de la spéciale et le contrôle de puissance… pour éviter toute tentative de « reset » du calculateur moteur.

Un tel contrôle a eu lieu la nuit dernière, à l’arrivée de la spéciale sur le circuit Magny-Cours F1. Les 3 premiers ont été contrôlés avec succès, mais le vainqueur, Jehan d’Orgeix, a coupé le moteur de son Aprilia RSV4 à l’arrivée. Il jure que c’est par inadvertance. Mais la polémique était lancée… pour retomber aussi vite tant il était clair que sa machine ne disposait d’aucun avantage notoire en ligne droite pendant l’épreuve. S’il disposait vraiment de 180 chevaux, il les avait bien cachés !

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L'Aprilia RSV4 de Jehan d'Orgeix

Saluons toutefois cet effort de rigueur de la part d’un organisateur qui en manque parfois trop souvent. J’ai appris à cette occasion que cette affaire de bridage est une des causes principales de l’échec du championnat IRC (International Rally Championship). En France, une épreuve routière ne peut légalement rassembler que des machines limitées a 106 chevaux pour les Français, mais pas pour les étrangers ! Donc par souci d’équité, seules les machines bridées sont acceptées, ce qui n’est bien évidemment pas très attractif pour les étrangers.
A l’inverse, à l’étranger les machines sont libres, donc les pilotes français doivent débrider. Bref difficile d’organiser un championnat international équitable dans ces conditions… à moins de ne pas organiser d’épreuve en France !
Voilà encore une belle illustration de la stupidité de cette loi française des 100 chevaux. Surtout que ce sont souvent des machines de moins de 100 chevaux qui gagnent ces épreuves routières, apportant une bien plus belle preuve que n’importe quelle loi de l’inutilité de disposer de plus de 100 chevaux sur route. Mais allez faire comprendre ça à un ministre !

Côté sportif, cette 3e journée a été plus calme que la précédente. Le routier s’est bien passé pour la plupart. A noter que sur un parcours plus roulant, les 125 n’avaient pas beaucoup d’avance au pointage, moins de 10 minutes pour les meilleures. Mais comme m’a dit Wilfried Brigand (Derbi) : « ouais, mais on roulait cool. » Parole de pilote !

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Le chevalier du Groland, Serge Nuques et sa Yamaha WR 125X

Les principaux favoris ont enfoncé le clou dans les spéciales chronométrées. Manoel Delaval signe son premier scratch à Chadron devant Denis Bouan. Les deux mêmes finissent en ordre inverse dans le gymkana d’Alès… mais comment font ils avec des sportives sur un parcours pareil ? Fred Fiorentino est toujours régulier et Jehan d’Orgeix assure en attendant l’épreuve sur circuit de demain matin.

Benoît Lacoste

Le classement général ce soir 6/10/09 :

1- Jehan d’Orgeix          Aprilia RSV4    
2- Manoel Delaval          Buell CR 1125          + 2"58
3- Frederic Fiorentino     KTM 990 Supermoto      + 11"58

mardi 6 octobre 2009

2e étape Val de Reuil – Magny-cours. La nuit et la pluie

Passons aux choses sérieuses…

Après la mise en bouche de dimanche on entre dans le vif du sujet et, d’entrée, l’organisation et la météo placent la barre très haut. Les traceurs se sont manifestement plaisir pour définir le parcours d’aujourd’hui. J’avais entendu dire ça et là que le routier était (trop) facile sur le Moto Tour, en comparaison du Championnat de France des rallyes routiers. Ce n’était pas vraiment le cas aujourd’hui, surtout quand la météo s’en mêle. A 5h34 du matin, le cerveau encore embrumé suite à un sommeil interrompu beaucoup trop tôt, il fait encore nuit quand je prends le départ sous une pluie diluvienne. J’ai beaucoup de mal à garder les yeux ouverts et percer le rideau d’eau qui défile pour lire la route et garder la cadence nécessaire pour tenir les 60 km/h de moyenne sur la liaison. On passe sur de très petites routes, grasses et gravillonneuses à souhait. Plusieurs sont déjà partis à la faute, sans grande gravité heureusement.

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Peu à peu je retrouve mes automatismes et commence à prendre un rythme de croisière alors que ma combinaison de pluie se remplit d’eau inexorablement… A 6h50, au milieu d’un village, j’ai la surprise de voir Denis Bouan à l’arrêt sur une place, il doit avoir un problème technique, car son assistance est en train de se garer. Je le reverrai me dépasser en trombe dans les derniers kilomètres de la liaison. Y’a pas à dire le garçon sait manier une moto dans ces conditions difficiles. Je ne pensais pas qu’on pouvait rouler comme ça avec une CBR 1000 sur des routes aussi petites et aussi mouillées !

J’arrive à l’assistance avec à peine 8 minutes d’avance sur le temps imparti, c’est peu au bout de 4 h de roulage ! Il pleut encore et c’est toujours trempé que j’avale mon sandwich au pâté : il est seulement 9h30 et la journée est encore longue. Je récupère mon carton de pointage à la sortie du parc d’assistance. Il est 10h06 et c’est reparti pour 5h de roulage sous la flotte. Soudain, j’ai comme un moment de doute … qu’est ce que je suis venu faire dans cette galère. Enfin à 12h21 la pluie s’arrête (j’ai retenu l’heure car j’ai constamment un œil sur la pendule et le chrono) et quelques kilomètres plus loin la route est sèche. Je refais le plein, il reste 100 km et je raccroche 3 gars qui roulent fort. Soudain le moral remonte en flèche et je rejoins le pointage d’arrivée sur le circuit de Magny-Cours avec près d’une heure d’avance.

A Magny-Cours, il fait grand soleil pour la spéciale chronométrée mêlant circuit de karting, terre, et le circuit-école. D’un coup, le température est montée de plusieurs degrés et même mon slip est en train de sécher, ça met en confiance avant le départ, il y aura du grip !

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Le circuit de kart est un enfer : ultra serré, glissant avec beaucoup de virages en devers. Déjà plusieurs pilotes sont partis à la faute, oubliant sans doute qu’on part quand même avec des pneus froids. Ca commence par un droite suivi d’un gauche où je pars prudemment, on enchaine sur deux long droits, dans le deuxième je sens que les pneus commencent à accrocher. J’arrive donc en confiance dans le gauche qui suit, grosse erreur. Le flanc gauche, lui n’est pas encore chaud, au point de corde je perds les deux pneus d’un coup. Gros coup d’adrénaline ! Comme j’étais sur le filet de gaz, j’ai bien entendu mes pneus riper sur le bitume, surprenant. Je n’ai touché à rien et ils ont finalement raccroché. Gros coup de chance …

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Encore quelques erreurs de trajectoire sur le circuit école, mais au final je suis content de cette spéciale. A l’inverse d’hier, j’ai pu exploiter la moto normalement et j’ai pris du plaisir à rouler. C’est confirmé par le résultat : je finis 28ème de la spéciale (au lieu de 59ème hier). Pas mal pour ma petite Kawette.

Je sors à l’instant de la spéciale de nuit : 5 tours du circuit F1. Comme on pouvait l’imaginer, j’ai souffert avec les 70 poneys de ma petite Kawa mais j’ai vécu un grand moment ! Parti en troisième ligne, j’ai gagné une ligne sur l’impulsion du départ … que j’ai aussitôt perdu dans la suite de l’accélération ! L’arrivée sur le premier gauche est chaotique, ça tasse de partout et je suis contraint de passer sur le vibreur intérieur, la moto bouge dans tout les sens mais ça passe. Je réaccélère très tôt et je continue sur ma ligne, ce qui me place à l’extérieur du long virage à droite qui commande la ligne droite. Je passe encore sur le vibreur sans couper, s’agit pas de perdre un km/h, pour sortir dans la ligne droite pas loin du paquet de tête… Mais au bout de cette interminable ligne droite je suis plutôt au milieu du paquet.

Pendant 2 tours je subis le manque de puissance avec des fusées qui me dépassent puis freinent bien trop tôt. Je ronge mon frein, au sens propre, en attendant que la situation se décante. Au passage, je constate qu’une fois en température, les Metzeler Sportec M3 tiennent plutôt bien, notamment en motricité ce qui me permet d’accélérer de plus en plus tôt en sortie de virage. A l’entame du troisième tour, je suis quatrième d’un petit groupe. Je tente un extérieur plutôt osé en entrant dans un droite très rapide qui passe sans freiner. Dans le virage, je remets de l’angle pour aller chercher la corde finale, et la moto décroche à nouveau des deux roues, mais cette fois à 160 km/h. Nouvelle poussée d’adrénaline, je ne relâche pas les gaz pour éviter un coup de raquette et les pneus raccrochent le bitume progressivement. C’est passé mais j’ai perdu tout le bénéfice de l’opération.

Au moins cette cabriole renforce ma confiance dans la moto et je suis bien chaud pour le final. Je passe trois gars dans ce tour : le premier sur un freinage très tardif, le deuxième à l’extérieur dans le gauche à 180° et le troisième à la réaccélaration de la deuxième chicane. Je me suis bien concentré sur mes trajectoires sur les deux tours suivant, mais l’écart est trop grand pour rattraper le groupe de tête. Finalement la nuit ne m’a pas gêné du tout, je connais bien le circuit, et j’ai perdu moins de temps que je ne le craignais. Je finis 45e de cette spéciale en 10’ 52’’ 72 (soit une moyenne d’environ 2’10’’ au tour) à 1’22’’ de Jehan d’Orgeix et sa terrible Aprilia RSV4.

A la fin de cette journée, en tenant compte des diverses pénalités routières (pour les autres pour l’instant), je me retrouve 41e au classement général. Ça progresse… '' Il faut surtout dormir car on repart très tôt demain.''

Cyril Guillemin


Un concurrent prévoyant

L’histoire du jour, c’est celle de Christian Follope qui illustre bien l’importance de la préparation de l’équipement du pilote. Christian est un gars prévoyant et expérimenté en rallyes, il s’est présenté au contrôle technique avec 2 casques : un Schuberth pour le froid et la pluie et un Arai à visière fumée pour le soleil dans le Sud. Problème, les commissaires ont refusé son Schuberth pour une histoire de marquage non conforme. Et voilà comment il s’est retrouvé au départ de l’étape, dans la pluie et la nuit avec un casque à visière fumée. On fait mieux dans ces conditions et l’inévitable s’est produit : Christian a loupé un virage et tiré tout droit dans un champs, sa KTM RC8 a fait 2 loopings et il s’est retrouvé au sol avec une grosse douleur a la poitrine et aux poignets… sous le regard du paysan qui labourait son champs. Mais notre homme n’est pas du genre à se démonter, il a ramené sa moto chez le fermier pour la nettoyer au jet et lui acheter de l’essence ! Il a trouvé l’assistance des frères Busquets, concurrents espagnols, qui l’ont aidé a recoller les morceaux de sa moto à grands coups de scotch. Il est reparti, il a couru les 2 spéciales et ce soir il est encore en course. Il a de la fièvre, probablement une côte cassée mais pour lui, pas question d’abandonner… solide le rallyman !


Les «hostilités» sont ouvertes !

Cette première véritable journée de course a été riche en rebondissements en tête du classement. D’abord dans la liaison du matin, c’est Denis Bouan (Honda CBR 1000RR) qui s’est laissé piéger : « Je testais un peu sur le mouillé ces pneus Metzeler que je ne connais pas. Dans un rond-point, à peine ai-je remis du gaz sur l’angle que la moto a décroché et je suis tombé. J'ai pu repartir immédiatement mais quelques minutes plus tard la moteur se bloquait plein gaz : impossible de continuer. J’ai attendu mon assistance près d’une demi-heure, ils ont vite trouvé qu’une petite rondelle de m… bloquait la rampe d’injection. Tout est rentré dans l’ordre et j’ai pu reparti rattraper le temps perdu. »

Le triple vainqueur du MotoTour montrait toute sa science du pilotage sur route en limitant son retard au pointage à seulement 7 minutes. Mais l’addition est lourde, avec une pénalité de 1’45’’ qui ne sera appliquée que demain. Le voilà condamné à attaquer dès maintenant, ce qu’il a fait immédiatement en signant largement le scratch dans la spéciale du jour avec 5’’ d’écart sur Jehan d’Orgeix (Aprilia RSV4). Un surprenant Pascal Dravily (KTM LC8), concurrent réunionnais encore convalescant après une récente chute en Monobike, accroche la 3e place à 6’’63.

La spéciale de nuit, 5 tours du circuit de Magny-Cours, partait à 21h. Coup de théâtre, la BMW S1000RR de Fred Lejeune s’immobilisait pendant le tour de formation pour ne plus repartir. La déception est énorme pour l’équipe belge qui avait reçu cette moto de pré-série directement de l’usine allemande, comme si le Père Noël était passé en avance. Mais le rêve tournait vite au cauchemar avec des problèmes électroniques impossibles à diagnostiquer avec les outils de dépannage BMW, puisqu’officiellement cette moto n’existe pas encore ! La moto est remontée dans le camion et on imagine que le constructeur bavarois restera discret sur cette participation !

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Jehan d’Orgeix faisait honneur à ses titres de champion du monde d’Endurance en remportant cette spéciale de nuit. Mais ce diable de Denis Bouan le suit à moins de 3 secondes. Manoel Delaval est 3e sur sa Buell à 14’’3, confirmant les progrès de ce rallyman sur circuit. Fred Fiorentino limite bien les dégâts en finissant 5e à 26’’.

Benoit Lacoste

Classement

Après application des pénalités routières, le classement général est le suivant :

1- Jehan d’Orgeix         Aprilia RSV4    
2- Manoel Delaval         Buell CR 1125		13’’83
3- Frederic Fiorentino    KTM 990 Supermoto	17’’29

lundi 5 octobre 2009

Première étape – Val-de-Reuil / Val-de-Reuil

Une histoire de pneus neufs...

Cette première journée était une mise en jambe avec un concentré de Moto Tour en 14 km : une liaison avec mise en place des contrôles horaires (CH) avec tapis de chronométrage (au lieu des pointages manuels), une base chrono puis une spéciale.

00Speciale-Depart_N_128.jpg Départ de la première liaison de ce DDMT 2009

La météo était de la partie malgré des prévisions pessimistes et l’arrivée de nuages lourds, dès le milieu de l’après midi, qui ont mis la pression sur le paddock ! Finalement tout le monde a pu rouler sur le sec et c’est tant mieux. Cela évite de fausser les résultats dès le départ.

Autre bonne nouvelle : la base chrono se déroulait sur une route fermée à la circulation, ce qui est particulièrement appréciable pour la sécurité (regarder le compteur, le road book et la route détourne l’attention des dangers celle-ci…). Un très bon point positif pour l’organisation. Il fallait passer à 30 km/h avec un passage dans la terre, au milieu. Je suis passé devant une cellule à 29,98 km/h de moyenne au compteur vélo, mais il y avait une deuxième cellule juste après devant laquelle je passe 20s en avance, soit pas loin de 2 s de pénalité… Encore un piège à c** on dirait. Je n’ai toujours pas compris quel pouvait être l’intérêt de ces bases chrono... ?? Le pire c’est que je ne sais même pas où était réellement cette deuxième cellule, et si j’étais en avance ou en retard, donc pas moyen de corriger mon étalonnage.

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Première étape, première erreur ! J’ai monté des pneus tout neufs avant de mettre la moto en parc fermé, sans penser à les passer à l’acétone et à la râpe pour enlever les produits de démoulage. Habituellement, il suffit de 2 tours de circuit ou de quelques dizaines de km sur route pour les nettoyer. Mais je n’ai pas qu’une liaison urbaine de quelques kilomètres pour les nettoyer. J’ai bien essayé quelques tours de rond-points mais manifestement ça n’a pas suffit et j’ai fait toute la spéciale sur la défensive. C’était comme si la route était mouillée : sur l'angle, je perdais l’avant dès que je mettais un peu d’appui et il n’y avait aucune motricité à la remise des gaz. C’est particulièrement frustrant ! En prime, malgré ma reconnaissance en vélo du matin, j’ai découvert les chicanes « en live ».

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A l’arrivée, je n’ai qu’une envie : refaire le parcours pour améliorer partout où j’ai hésité… cette fois avec des pneus correctement rodés !
Au final, je sauve les meubles en finissant 59e de la spéciale et je suis 59e au général ce soir, avec 24’’ 50 de retard sur le vainqueur du jour, Frédéric Fiorentino

Demain, départ à 5h34 du matin. Ils annoncent de la pluie sur tout le routier et des températures en baisse. Le Moto Tour va réellement commencer !

Cyril Guillemin


Le grand départ

Le départ de cette première étape est donné assez tard, à 15h30… sans doute pour laisser le temps aux gens de regarder le Grand Prix du Portugal MotoGP. C’est du moins le cas des journalistes en salle de presse !
Les concurrents partent dans l’ordre inverse des numéros et c’est donc les promotions qui partent en premier.

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Cette catégorie regroupe des habitués déjà aguerris comme des débutants encore pleins d’illusion. Comme Vincent, ce Lyonnais qui s’élance avec 3 autres potes pour fêter les 50 ans de l’un d’entre eux. Mais si les autres ont choisi de partir avec des Yamaha FZ1, Vincent chevauche carrément une Ducati 848 100 % d’origine ! Il a conscience de se lancer dans une galère et pourtant il ne réalise peut-être pas ce qui l’attend. Nous suivrons l’évolution de son moral ou, au moins, celui de ses bras et de son postérieur !

depart 266 Ducat 848

A l’arrivée, nous retrouvons l’ami François et sa FZ6 Fazer. Tout s’est bien passé, mais il est resté prudent : il finit 139e mais peu lui importe, l’important est de trouver ses marques et se préserver pour la suite. Apparemment beaucoup de concurrents ont eu le même raisonnement car il n’y a eu aucun incident à déplorer.

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Enfin, c’est au tour des experts et le rythme devient impressionnant, avec le genou par terre pour les sportives ou tout en glisse pour les supermot’. En particulier, Gilles Salvador nous a gratifié de passages en glisse impressionnants. Quel style !
Mais au chrono, c’est Frederic Fiorentino (KTM 990 Supermoto) et Denis Bouan (Honda CBR 1000 RR) qui mettent tout le monde d’accord en collant une poignée de secondes à tout le plateau. L’Espagnol Alex Busquets (Suzuki GSXR 1000) est 3e à 5’’27 devant Manoel Delaval et sa toute nouvelle Buell CR1125. Manoel m’a confirmé qu’il se sentait très à l’aise sur cette Buell, à suivre…

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Arnaud Sajoux sur moto Morini 1200 finit 9e de la spéciale


Classement :

1  Frédéric Fiorentino       KTM 990 Supermoto
2  Denis Bouan                Honda CBR 1000RR             0’’84
3  Alex Busquets             Suzuki GSXR 1000             5’’27

Benoit Lacoste

Voir aussi pour le Moto tour

dimanche 4 octobre 2009

Dernière reconnaissance

Aujourd'hui, la matinée était libre pour faire une dernière reconnaissance, en vélo, du parcours de l’étape du jour. 14 km autour de Val-de-Reuil avec une liaison, une base chrono et une spéciale. En gros, un résumé d’une journée de rallye en quelques kilomètres pour que les nouveaux puissent comprendre comment ça marche. Mais les habitués ne vont pas se priver pour mettre du gros gaz !

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Hier, nous avons révisé le parcours de la liaison avec le camping-car. Curieusement on a croisé pas mal de véhicules en tout genres : vélo, voitures, camionnette, camping-car… y en a pas mal qui ont eu la même idée. Le tracé de la liaison prévoit un aller-retour sur la même route, l’idéal pour planter le Tripy, mais pour le reste pas trop de difficultés à mémoriser.
Plus surprenant, on arrive sur un chemin de terre pour le départ de la base chrono, mieux vaut être prévenu... Les organisateurs sont parfois facétieux ! Du reste, je ne vois pas l’intérêt de cette base chrono d’à peine un kilomètre.

BRIEFING

Lors du briefing, Marc Fontan indique aux participants qu'aujourd'hui, il faudra rouler au rythme auto-école...

Ce matin, je reconnais la spéciale en vélo : le début du parcours est plutôt rapide, si ce n’est que le revêtement n’est qu’une succession de bosses, raccords de bitume et autres bandes réfléchissantes. Ça va être chaud, surtout avec les pneus qui sont passés dans la terre de la base chrono ! Et encore heureux qu’il ne pleuve pas !
Après, ça tourne dans tout les sens dans une zone industrielle avec, en prime, des ralentisseurs et des jardinières-chicanes (allez, on décerne même un « casque d’âne »). Je repère quelques points de passage rusés pour ne pas trop perdre de temps.
Avec l’ER6, que je n'ai utilisé que sur circuit jusqu'à présent, ça risque de secouer sérieusement mais ça permettra de régler les suspensions pour la suite.

Plus tard au briefing, Marc Fontan (l'organisateur, au micro) nous apprend que la moyenne de la liaison et de la base chrono est fixée à 30 km/h… c’est vraiment de la moto-école, là. Dans la spéciale, des chicanes et des barrières ont été rajoutées pour interdire certaines trajectoires trop dangereuses… mes petites ruses de passage tombent sans doute à l’eau. On verra bien.

Cyril Guillemin

Val de Reuil , morne plaine…

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On ne peut pas vraiment dire que Val-de-Reuil soit un lieu de villégiature rêvé, quoi qu’en disent les descriptions enthousiastes du dossier de presse : le paddock est situé entre des lotissements anonymes et une zone industrielle et commerciale. Clairement, nous ne sommes pas à Deauville et pour le charme normand, on repassera. Mais il y a de la place, on est au calme et, miracle, il ne pleut pas.
C’est déjà pas mal, car il n’est pas être si facile de trouver une municipalité prête à accueillir 201 motards et la caravane d’assistance qui va avec. Côté camping c’est plutôt basique : on est installé dans la rue, il n’y a pas grand-chose de prévu pour les sanitaires ou les douches.

paddock

Le camping-car (ou au moins le camion aménagé) est fortement conseillé. En ce qui nous concerne, cette année, on en a loué un et nous sommes logés comme des rois… Les traditions se perdent à Moto Mag, on ne va pas tarder à nous prendre pour des lopettes !

camping car
Cyril (en bleu) et Benoît dans leur suite quatre étoiles...

Les amateurs d’épreuves routières sont habitués a ce genre de conditions, cela fait partie de l’épreuve et participe surement à l’ambiance conviviale du paddock. Mais il y a tout intérêt à en tenir compte dans la préparation si on veut que le pilote soit encore en forme à la fin de la semaine. .

Car on n’est quand même pas là pour faire du tourisme et admirer le paysage. Après les vérifications techniques, tout le monde s’est plongé dans la révision des road-books et la préparation de l’équipement du pilote, deux points essentiels en rallye : une fois l’épreuve lancée, tout est minuté et on n’a plus trop le temps de réfléchir.

On se retrouve après la spéciale d’aujourd’hui

Benoît Lacoste

Les vérifications techniques

Cyril et son ER-6 dans la course

Le Moto Tour est une épreuve hors norme par sa longueur, son format mélangeant spéciales sur route et épreuves sur circuit de (haute) vitesse et la diversité des concurrents venant d’horizons très variés.
C’est une tranche de vie, l’occasion de rencontrer des passionnés, notamment parmi les spectateurs tout au long du parcours. C’est aussi un challenge de pilote aussi bien en vitesse qu’en endurance et toute la gestion que cela suppose. Sur une course de vitesse, on produit un effort physique et de concentration sans arrière-pensée sur une grosse demi-heure. Le Moto Tour ça dure 7 jours !

plaque numéro

La préparation d’une épreuve est toujours une période difficile pour le poireau qui doit gérer la préparation sportive, technique et logistique. La pression du délai est un filigrane permanent dans l’existence au quotidien, les problèmes techniques ne manquent pas de créer de gros moments de stress et les plan foireux du pote qui connait un pote… foirent. Pour le Moto Tour, il faut en prime mettre en place une grosse organisation logistique avec des budgets limités.

N’ayant pas le temps de faire des reconnaissances, je n’ai aucune prétention sur le résultat. Les dès sont jetés côté préparation, j’ai fait le maximum avec les moyens dont je dispose. En arrivant sur le paddock ce matin, j’ai découvert les motos des concurrents. Il y a un bel alignement d’armes de guerre dans le parc fermé ! Ma ‘tite ER-6 donne l’impression de s’être perdue dans la cour des grands. De toute manière je n’avais pas vraiment de choix, il n’y a dans mon garage que ma petite kawette de Coupe Kawa qui ait un espoir raisonnable d’arriver au bout des 3000 km sans tomber en panne …

contrôle technique

Les vérifs technique sont passées comme une lettre à la poste, sauf pour les plaques numéro autocollantes qui ne collent pas ! J’ai du faire des raboutages avec du scotch sur tout le pourtour, ça fait très « bricoleur du dimanche » et je crains de les perdre dès la première liaison.

Aux mains d’un poireau, un moteur bien rempli dès les mi-régimes ne doit pas faire une grande différence à l’improvisation par rapport à une sportive avec un moteur de 100 ch plus pointu. Par contre, je vais prendre une sacrée valise à Magny-Cours et au Castellet … J’ai beaucoup hésité sur le choix des pneus. Les pneus de piste autorisent un bon grip sur piste mais une longévité insuffisante pour garantir de finir le parcours, ce qui serait un trou de plus dans le budget. Par ailleurs, je ne devrais en toute logique pas avoir une piste libre dans le sinueux sur circuit (les gars qui tournent dans le même temps que moi au tour avec une moto de 106 ch devraient en toute logique être moins rapide en courbe et me gêner …). J’ai donc opté pour le Sportec M3, pneu sport orienté route. Le pneu est plus raide à neuf et les rainures sont nettement plus profondes, s’il pleut beaucoup, ce sera peut-être un bon calcul.

entrée parc fermé
Maintenant la moto est dans le parc fermé et il n'y a plus qu'à attendre le départ de l’étape prologue demain à 15h30. Ca se précise !

Cyril Guillemin

Dans les paddocks

Nous voila donc à pied d’œuvre pour ce 7e Moto Tour, qui s’annonce dans la continuité des éditions précédentes : une grande caravane itinérante qui traverse la France au gré des circuits et des plus belles routes du pays. Cette année, les organisateurs se sont surtout penchés sur l’épineuse question des reconnaissances : les tentatives d’interdictions ayant échouées, elles sont désormais autorisées (dans les limites du raisonnable et en particulier du Code de la route).
Mais pour aider ceux qui n’ont ni le temps ni les moyens de les faire - compter quelques semaines de roulage - l’organisation met désormais en ligne sur son site des vidéos des spéciales. Cela ne vaudra jamais une « reco » réelle mais cette initiative est appréciée par de nombreux pilotes amateurs. De même la fameuse étape « marathon » dont le parcours restera secret jusqu’au départ suscite beaucoup d’attente chez les concurrents.
Les meilleurs seront très probablement encore devant, mais cette mise à égalité correspond a la philosophie d’une épreuve qui veut rassembler poireaux et pilotes confirmés. Reste à espérer que la direction de course saura maîtriser l’organisation de cette fameuse étape qui s’annonce bien délicate…

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Parmi les pilotes engagés en promotion, on découvre toujours des sportives surpuissantes ; alors que les concurrents plus expérimentés choisissent souvent des machines moins puissantes et moins exigeantes, qu’ils estiment plus adaptées à l’épreuve et à leur niveau de pilotage.
Ainsi François, qui part sur une Yamaha FZ6, raconte : « L’an dernier j’ai fait le Moto Tour avec ma Kawa Z1000. Les ennuis ont commencé dès les vérifications techniques avec des problèmes de bridage : ma moto crachait 118 ch ! Avec un peu d’aide trouvée sur le paddock, j’ai réussi à la ramener aux 106 chevaux règlementaires. Ensuite j’ai vite compris que je n’employais pas la puissance disponible vu les routes empruntées. Enfin, plus tard, j’ai eu de gros problèmes d’autonomie : il n’y a pas beaucoup de station-service en Haute-Loire. Donc cette année je repars avec une Yamaha FZ6, que j’ai trouvée d’occasion pour pas très cher : avec son moteur docile et son réservoir de 20 litres, ça devrait aller beaucoup mieux. Le problème c’est que cela fait 20 ans que je roule en gros cube au quotidien, et l’an dernier je n’aurais même pas envisagé de m’engager sur une course avec une "petite" cylindrée. Pourtant c’est le bon choix ! ».

Dans le même esprit la catégorie 125 suscite un nouvel intérêt avec pas moins de 21 engagés, et non des moindres, puisque l’on compte parmi eux le chevalier du Groland, Serge Nuques, et notre (rapide) confrère Zef Enault.

Benoît Lacoste


La course en tête

Les amateurs de belles bécanes peuvent se rassurer. Parmi les ténors, la grosse artillerie est toujours de mise : Honda CBR 1000, KTM Supermoto, BW HP2… mieux, certains constructeurs montrent leur intérêt pour cette épreuve en confiant de vraies nouveautés à leurs pilotes. Fred Lejeune étrenne la BMW S1000 RR sur la route, Jehan d’Orgaix part pour un test routier en vrai grandeur avec la magnifique Aprilia RSV4 (même si on se doute qu’il compte bien faire la différence surtout sur les circuits) et Manoel Delaval est chargé de montrer les capacités de la Buell CR 1125.
Ce Dimanche, la météo est plutôt bonne. On en saura un peu plus dans quelques heures après la première spéciale.

Benoît Lacoste

vendredi 2 octobre 2009

Le Moto Tour de Cyril, un "presque poireau"

Après l'édition 2009 du Moto Tour belge, Cyril Guillemin, collaborateur de Moto Magazine, testeur "choc", reprend le guidon ce week-end à l'occasion du Moto Tour hexagonal. Cyril, suivi par Benoit Lacoste, se propose de vous raconter son Moto Tour. Aujourd'hui, un aperçu de la préparation.

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Le câblage des phares longue portée additionnels est toujours un moment de bonheur … Cette année, c’est le relais qui était grillé et qui nous a donné quelques maux de tête. Merci papa pour tes talents de soudeur !

Le Moto Tour est une épreuve hors norme par sa longueur, son format mélangeant spéciales sur route et épreuves sur circuit de (haute) vitesse et la diversité des concurrents venant d’horizons très variés.

C’est une tranche de vie, l’occasion de rencontrer des passionnés, y compris les spectateurs tout au long du parcours. C’est aussi un challenge de pilote aussi bien sur la vitesse que l’endurance et toute la gestion que cela suppose. Sur une course de vitesse, on produit un effort physique et de concentration sans arrière-pensée sur une grosse demi-heure, le Moto Tour ça dure 7 jours !

La préparation d’une épreuve est toujours une période difficile pour le poireau qui doit gérer la préparation sportive, technique et logistique. La pression du délai est un filigrane permanent dans l’existence au quotidien, les problèmes techniques ne manquent pas de créer de bons moments de stress et les plan foireux du pote qui connait un pote… foirent. Pour le Moto Tour, il faut en prime mettre en place une grosse organisation logistique avec des budgets limités.

N’ayant pas le temps de faire des reconnaissances, le parcours et les spéciales est un point d’interrogation supplémentaire pour moi. Je n’ai aucune prétention sur le résultat, mais je sais que je pars déjà avec un handicap par rapport aux concurrents qui ont pu reconnaître les spéciales. Ce n’est pas un état d’esprit positif, on se dit toujours en sortant de la spéciale qu’on « aurait pu mieux faire », mais voilà c’est trop tard. Objectivement, vu la taille du parcours on doit être une majorité de pilote à ne pas avoir fait de recos et de toute manière je n’avais pas la possibilité d’en faire, donc pas de regrets à avoir !

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Autre grand moment : l’installation de l’indicateur de rapport engagé. Il était au fond de mon garage depuis quelques années. On a pris notre courage à deux pieds et on s’est lancé sur l’affaire. « Installation par un professionnel recommandée » qu’ils disaient sur la boîte … Pas faux ! Sans l'aide de mon père au fer à souder et une bonne doc technique on n’y serait jamais arrivé. L’affaire d’une heure a finalement pris une journée, car il a fallu démonter l’intégralité du tableau de bord pour souder directement les fils de l’indicateur sur la carte électronique …

Finalement, on est plutôt en avance (ce qui est une première !), ce qui permet d’aborder la dernière ligne droite, plus sereinement que d’habitude. Les dès sont jetés côté préparation, j’ai fait le maximum avec les moyens dont je dispose. Ma moto est-elle vraiment adaptée avec ses 70 ch et 200 kg face à des motos de 100 ch pour le même poids? … Et de toute manière je n’avais pas vraiment de choix, il n’y a dans mon garage que ma petite kawette de Coupe Kawa qui ait un espoir raisonnable d’arriver au bout des 3000 km sans tomber en panne …

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Le poste de conduite avec le compteur vélo pour les régularités, l’indicateur de rapport engagé, les phares additionnel sur les rétros, le Xénon longue portée et son ballast (au dos de la plaque numéro). Les colliers en attente sur le guidon servent à fixer le dérouleur de road book manuel pour l’étape marathon.

J’ai commencé à rouler avec la moto cette semaine pour aller bosser. Je suis un peu rassuré sur le choix, c’est clair que ce n’est pas une foudre de guerre côté moteur mais il est très plein dans les mi-régimes ce qui pour un poireau à l’improvisation ne doit pas faire une grande différence par rapport à une sportive et un moteur de 100 ch plus pointu … Par contre à Magny-Cours et au Ricard en paquet il est peu probable que je puisse redoubler dans le sinueux ceux qui m’ont déposé en ligne droite et je vais laisser quelques paquets de secondes !

La fourche que j’ai toujours trouvée trop molle sur circuit et que j’ai durci à l’aide de cale et d’huile plus visqueuse tape un peu trop fort quand ça tabasse et je me fait secouer, pas sur que j’ai le temps de m’occuper de ça avant le départ … L’amortisseur arrière est réglé lui aussi trop dur, mais comme c’est un Ohlins, j’ai plus de chance de trouver quelque chose qui convienne. J’ai profité d’une sortie tardive du travail hier soir pour régler les phares, ça commence à être prêt.

Le grand départ est prévu pour samedi dès potron-minet. Je prévois un peu d’improvisation mais pas pire que d’habitude. On se retrouve samedi soir après les vérifs techniques !

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Voilà, miss kawette est presque prête !

Voir aussi pour le Moto tour