La préparation
Penchons nous d'abord sur le cas de cette brave Kawasaki ER-6 pour constater … qu’il n’y a rien à signaler !

En 2800 kilomètres menés grand train, pour ne pas dire à toc, sur des routes exigeantes, avec une machine strictement d'origine,nous n’avons rien fait d'autre que de mettre de l’essence et de graisser la chaîne. La seule intervention mécanique fut un changement de plaquettes de freins avants à mi-parcours, mais elles avaient déjà une saison de coupe Kawa dans les mâchoires! Aucun incident mécanique, excepté une perte momentanée du frein arrière dans la base chrono de 10 km de l'étape marathon. Plus exactement une descente de col boueuse et glissante à souhait parcourue au rythme d'une spéciale chronométrée: j'y ai usé et abusé du frein arrière, ce qui a provoqué l'ébullition du liquide de frein. Probablement car je ne l'avais pas purgé depuis un moment, n'étant généralement pas un adepte du frein arrière. Tout est rentré dans l’ordre 5 kilomètres plus loin. A l’usage, la position est naturelle, la moto se manie du bout des doigts. En fait le seul point gênant à l’usage est la boîte de vitesse, assez rugueuse au rétrogradage qui est fortement sollicité en montagne. Si j’avais pu avoir une assistance ravitaillement sur le parcours tous les jours, j’aurais probablement raccourci la démultiplication finale d’une dent au pignon au détriment de la consommation, mais au bénéfice des relances. J’étais souvent un peu trop haut dans les tours en 2 et trop bas en 3, et en sortie d’épingle un peu plus de relance ne m’aurait pas fait de mal …
Pour les pneus, c'était Metzeler, partenaire de l'épreuve, pour tout le monde. Le seul choix était à faire entre le Racetec (racing homologué) ou le Sportec M3 (sport route). J'ai choisi le Sportec M3 pour ne pas devoir changer de pneu en cours d'épreuve et ils ont tenu le choc, mais tout juste. Le pneu avant est au témoin d’usure sur les côtés et comme neuf sur la bande centrale. Le pneu arrière est usé plus uniformément au centre comme sur les côtés, L’usage intensif du frein arrière pour inscrire la moto en courbe y est probablement pour quelque chose ... Je m’attendais à une meilleure endurance pour un pneu « sport route » monté sur un modeste roadster de 70 chevaux. J'ai géré l’usure dans les derniers 750 km en limitant strictement l’usage du frein arrière. Ce qui m'a valu une fatigue accrue de l’avant-bras droit dans les descentes de col négociées avec le seul frein avant.
La préparation spécifique Rallye se résume essentiellement au Tripy, un GPS/lecteur de road-book électronique de fabrication belge. Il est unanimement adopté par les concurrents et on comprend vite pourquoi: il permet vraiment de se libérer des soucis de navigation. Avec un road-book papier classique, il faut en permanence calculer les distances, et si on rate un embranchement, ça devient vite la galère. Justement pour calculer vitesses et distances, j'avais un compteur de vélo qui a très bien marché. Je craignais un peu la fiabilité: l’aimant tient avec du fil de fer sur le disque de frein et le capteur, directement fixé sur le fourreau de suspension, supporte tous les chocs. Et bien, malgré la pluie, la poussière, la boue et les bosses, il a parfaitement tenu le choc. J’ai noté que tous les spécialistes du rallye ont, en plus, un chrono de secours sur la moto. Et certains ont même un trip kilométrique, pour avoir toujours l’écart exact par rapport au temps idéal. L’éclairage mérite un chapitre à lui tout seul. Malgré trois (!) phares supplémentaires dont un longue portée au Xénon, ce n’était pas suffisant. J’ai probablement pris des pénalités sur une liaison de nuit à cause de cet éclairage imparfait. En fait, il faut carrément une grosse « gamelle » avec une ampoule de 100 watt pour assurer l’affaire. C’est ce que font tous les vieux briscards. La moto était protégée par de classiques protections de carter en carbone et deux tampons de protection... qui heureusement n'ont pas servi.

Enfin, l’indicateur de rapport engagé se montre rapidement indispensable tant on le regarde fréquemment. Je ne regrette pas le temps passé pour arriver à le brancher correctement. Dommage que ce ne soit pas monté en série sur les motos... alors que certaines Suzuki des années 80 en avaient déjà un !
Pour les bagages, une sacoche de selle est indispensable pour mettre tout le bazar : combinaison pluie, outils, kit anticrevaison, eau et sandwich du midi. Ma sacoche de réservoir était un peu trop encombrante et m’a posé pas mal de problèmes d'accrochage... finalement résolus avec un tendeur autour de la colonne de direction et deux autres fixé de chaque côté du réservoir. Pas vraiment Racing, question look, mais ça marche. En fait une simple pochette pour le carnet de route serait mieux adaptée.
Cyril Guillemin
Il est temps de parler aussi gros sous
Inscription : 1100 € Essence moto + consommables (filtre, plaquettes, 1 train de pneu, huile, …) : 480 € Préparation (phares, plaques, compteur vélo, dérouleur road-book manuel, petites pièces, …) : 360 € (faite maison) Location Tripy : 270 € Location camping car : 650 € (+ 2000 € de caution) Essence camping car : 350 € Péages : 100 € (avec un passage par le tunnel du Mont Blanc pour l’étape Thonon – Le Cannet) Repas (+ boissons …) : 270 € Soit un budget total de 3580 € hors achat de la moto.
Je pense que c'est un budget minimum pour faire le MotoTour dans des conditions décentes. Bien sur ce n'est pas donné, mais ce n'est pas choquant par rapport à la durée et la longueur de l'épreuve. C'est le genre de course exceptionnelle que l'on fait une fois dans l'année. Pour moins cher, on peut participer à des rallyes de Championnat de France. Ce n'est certainement pas moins intéressant en pilotage, mais ça ne dure qu'un weekend et ça n'a pas la dimension d'une épopée comme le MotoTour.
Par contre, le concurrent qui investit (au minimum) un tel budget est en droit d'attendre une organisation de course irréprochable... et là, comme nous l'avons signalé tout au long de la semaine, on est loin du compte! Passons encore sur les défaillances techniques: absence de fléchage dans les villes-étape, sanitaires inadéquats, briefing non signalé... on dira que c'est le folklore. Mais l'amateurisme de la gestion sportive de l'épreuve est inacceptable car il atteint sa crédibilité et met parfois les concurrents en danger: liaisons en zone urbaine, moyennes à tenir changeantes, road-book imprécis et, cerise sur le gâteau, les classements fluctuants, les abandons imaginaires! On a l'impression qu'il n'y a aucune capitalisation de l'expérience d'une année sur l'autre. La bonne volonté des organisateurs n'est pas en cause non plus, chaque personne rencontrée tente de faire « au mieux » pour maintenir à flot un vaisseau qui prend l'eau de toute part faute d'organisation et de coordination.
Pour les années à venir, en même temps qu'une mise à niveau de l'organisation, nous souhaiterions un renouvellement du parcours avec de nouvelles étapes. Entendons nous bien, le parcours actuel est magnifique mais cela renouvellerait l'intérêt sportif pour les concurrents permettrait de toucher un nouveau public. On pourrait imaginer un passage à l'étranger, par exemple sur le Circuit de Barcelone, et une arrivée à Perpignan avec de beaux parcours dans les Pyrénées. Ca fait du bien de rêver
Benoît Lacoste
Voir aussi pour le Moto tour


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Avec sa petite Kawa Er-6, Cyril était un peu à la peine sur le circuit rapide du Castellet. Heureusement, il a pu se rattraper sur les épreuves routière ou la maniabilité de la Er-6 a fait merveille.













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