Motards nomades

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Le blog de Alain et Marie-Christine Arnaud

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Suivez semaine après semaine les aventures d'un couple de motards français, parti faire le tour complet de la planète au guidon d'une BMW R 1150 GS.

vendredi 30 octobre 2009

En noir et blanc


IMG_3553_008_c_est_l_afrique.jpgDéjà passablement contrariés par la panne mécanique qui affecte une fois de plus notre GS, nous passons toute la nuit à écouter la pluie tomber sur notre toile de tente. Retour à Johannesburg au ralenti afin de ne pas causer plus de dégâts. Nous avions rencontré Aldo ici même lors de notre arrivée. Importateur Touratech pour l’Afrique du Sud, ce dernier nous avait dit : « Si vous avez un quelconque problème, n’hésitez pas à faire appel à moi. » Il va être servi Aldo ! Avec l’aide de ses parents, l’homme nous accueille pourtant comme des rois. Rendez-vous chez le concessionnaire BMW du coin (nous faisons un tour du monde des concessions de la marque), aides diverses… Nous sommes aux petits soins.

IMG_3974_Barbeles.jpgEn côtoyant ces gens, nous allons en apprendre beaucoup sur les Afrikaners. Descendants pour beaucoup de colons néerlandais arrivés à partir du 17ème siècle, dont ils ont gardé la langue en l’adaptant (l’afrikaans, justement), ils vivent maintenant dans des conditions assez particulières. Malgré l’espace qu’offre le pays, qui a le double de surface que la France pour seulement environ 49 millions d’habitants, l’insécurité les oblige à vivre pratiquement reclus dans des fortifications. Murs surmontés de clôtures électrifiées, caméras, détecteurs de mouvements, alarmes diverses, serrures, cadenas… On pourrait penser à de la paranoïa, mais les histoires d’agressions racontées par les uns et les autres nous convainquent facilement du besoin de telles précautions. Et il ne faut pas croire que seuls les Blancs se font agresser ! Un Noir rentrant dans une « township » peut être éjecté du train qui le transporte pour un simple téléphone portable… La coupe du monde de football qui s’annonce en juin prochain (il faudrait être aveugle et sourd en même temps pour le pas le savoir) va peut-être faire changer les choses ? Il faut l’espérer…

En deux heures, la moto a été réparée. Le fameux roulement du couple conique que nous avions fait changer par sécurité en Australie n’aura finalement tenu qu’une trentaine de milliers de kilomètres. Le lendemain, nous obtenons nos passeports en urgence, et il ne nous reste plus qu’à aller visiter le musée de l’apartheid avant de quitter, définitivement cette fois, Jo’burg. En route vers l’Est du pays, avec le parc du Kruger pour prochaine destination.

lundi 26 octobre 2009

De l’intérêt d’une voiture en Afrique…


IMG_3483_004_entree_pilanesberg.jpgEn toute logique, il est interdit de circuler à moto dans le Pilanesberg. Car qui dit réserve animalière dit herbivores, certes, mais surtout prédateurs. Genre lion par exemple, ou même pire, sa compagne la lionne. Par chance, une âme bienveillante a dû penser qu’il pourrait bien se perdre quelques individus de notre espèce dans ce coin reculé du Nord de l’Afrique du Sud (faut suivre !!!). Et voilà qu’un camping nous est accessible à proximité d’une des entrées du parc. Arrivée sympa qui nous a fait croiser un énorme babouin en balade, un groupe de phacochères et un troupeau d’impalas. Lesquels daignent à peine nous laisser passer pour nous laisser rejoindre un groupe de grivets, qui font des cabrioles sur la pelouse bien verte du camping. Ici aussi, beaucoup de contrôles pour accéder à notre emplacement. Devant l’impossibilité de louer une voiture pour visiter le parc, il nous faudrait nous rabattre sur un tour organisé à l’arrière d’un pick-up ou d’un camion. 31 euros par personne pour seulement 2h30 dans le parc, cela nous parait excessif : va falloir trouver autre chose.

IMG_8068_006_girafes.jpgLe camping est pratiquement plein car les Sud-africains, quand ils campent, ce n’est pas rien ! Caravanes tout terrain (eh oui, ça existe !) tentes qui ressemblent à des blockhaus, mais surtout des 4x4. Beaucoup de 4x4, qui pour la plupart ne roulent pas à plein. Nous allons donc faire de l’autostop, et il n’y aura pas à attendre. A peine sommes-nous prêts qu’un VW Combi passe devant notre tente. A son bord un couple de retraités avec six places libres à l’arrière. Je n’ai pas le temps de demander au chauffeur s’il peut nous prendre à bord, qu’il est déjà dehors pour nous ouvrir la portière avec un large sourire. Depuis notre arrivée en Afrique du Sud, la gentillesse des gens à notre égard, Noirs et Blancs confondus, est une constante. Il faut dire que tout le monde dans le camping a très vite repéré la moto orange des Français qui font le tour du monde. A croire que notre chauffeur avait prévu que nous lui demanderions ce service. IMG_7954_005_zebres.jpgEt en fait de service, c’est même un véritable cadeau ! Toute la matinée à arpenter les routes et pistes du parc, qu’ils connaissent comme leur poche, à la recherche des animaux. Même si cela n’a pas été facile et que les observations ne se font que de loin, nous revenons en milieu de journée comblés. Un petit repas et nous décidons d’aller boire un coup pour fêter ce bon moment. C’est alors que nos guides de la matinée réapparaissent. Nous les invitons à notre table et après un moment de discussion, ils nous disent : « Nous allons faire un petit tour, voulez-vous venir avec nous ? »

IMG_8128_007_En_balade.jpgTout en nous demandant bien où nous pouvons aller vu le nombre restreint de routes dans la région, nous acceptons quand même leur offre. Et là, surprise : nous replongeons dans le parc pour un supplément de visite. Et quel supplément ! Si ce matin nous n’avions vu les animaux que de loin, cette fois nous allons faire des rencontres impressionnantes. Girafes qui taillent les arbres au bord de la piste, groupe de rhinocéros, troupeau de zèbres qui barrent le passage… Mais le must de la balade nous attend au détour d’un virage, où nous nous trouvons face à un énorme éléphant qui se balade paisiblement au milieu de la piste en venant vers nous. Impressionnant ! Quand il frôle la voiture, on se sent tout petit… Peut-on imaginer comment nous réagirions si nous étions sur la moto à ce moment-là ? Nous allons en rester là dans l’énumération de nos rencontres qui pourrait devenir fastidieuse.

Nous allons tomber assez brutalement de notre nuage. Il nous faut faire quelques courses à la station-service toute proche pour nous nourrir. Quelques kilomètres qui nous obligent quand même à prendre la moto. Et voilà qu’un bruit accompagné de vibrations nous arrive du couple conique de la transmission. Ce n’est pas possible, elle est maudite cette foutue moto ! Si l’on ne peut plus faire 400 km sans tomber en panne, notre lent cheminement vers la France risque de prendre un temps infini ! Et voilà comment une superbe journée se termine par une nouvelle contrariété…