IMG_0435_002_Super.jpgElle est toute petite, la station-service à l’entrée de la ville. Pas de queue, pas de cônes ou d’extincteurs disposés devant les pompes pour signaler l’absence de carburant. On s’arrête devant celle de super et l’air de rien, on béquille, on enlève la sacoche-réservoir et on ouvre le bouchon. Nous, la pénurie, jamais entendu parler !? Quel soulagement et quelle joie quand le pompiste, après avoir mis en place le pistolet nous demande : « Le plein ? » Ouf ! Allez, la frontière n’est plus qu’à quelques dizaines de kilomètres. Nous avons encore eu de la chance ! Après coup, nous rigolons bien en croisant les camions-citernes venus de Tanzanie pour ravitailler le Malawi comme autant de sauveurs. Nous avons évité les prix exorbitants du marché noir…

Encore une fois, les formalités aux frontières ne sont que… formalités. Les préjugés sur des douaniers corrompus en prennent un bon coup : on ne s’en plaindra pas. En plus, cette fois-ci, l’assureur local pour la moto nous propose une carte jaune. L’équivalent de notre carte verte pour l’Afrique. Plus de souci d’assurance jusqu’en Jordanie !

C’est par une belle route posée sur les crêtes des collines que nous entrons en Tanzanie. De grandes courbes se succèdent au milieu d’une végétation exubérante. Champs de thé, bananiers, manguiers… et un bel orage pour bien arroser ce décor et les deux comiques à moto qui s’y trouvent.

Accident_camion_Tanzanie.jpgLes enfants qui jouent tout au long de la route nous adressent de joyeux « Jambo ! » (Salut), malheureusement trop souvent suivi de « Donne-moi un dollar, donne-moi un stylo… » Nous imaginions ce pays couvert d’une savane plate du Sud au Nord, et nous sommes cernés de hautes montagnes (même si nous y passons des heures, on ne regarde jamais assez les cartes). La route qui va nous conduire à Dar Es Salaam, sur la côte de l’Océan Indien, va prendre toutes les formes. Beau revêtement, de temps en temps. En travaux, souvent. Criblée de trous, parfois. Encombrée de camions plus ou moins sur leurs roues, eh oui, aussi ! Dangereuse, à cause des ornières creusées par les poids lourds et des chauffeurs d’autocars qui conduisent comme des malades. Belle, enfin, très souvent grâce aux paysages quelle traverse.

La vallée des baobabs qui aurait pu être magnifique sans les travaux et les déchets jetés par les passagers des véhicules (et qui s’entassent tout au long de la chaussée, pour le plus grand plaisir des babouins) en fait partie, tout comme le tronçon d’une cinquantaine de kilomètres qui traverse de part en part le parc national de Mikumi. Encore une bonne occasion de côtoyer la faune africaine de très près et à moto, même si nos arrêts photos ne plaisent pas vraiment aux rangers qui patrouillent en permanence tout au long de la route. Nous « profitons » de « leurs » animaux sans laisser un dollar dans la caisse du parc (pour une fois que nous pouvons profiter de la nature sans se faire plumer…). C’est pas bien, ça !

IMG_7422_008_pause_a_l__ombre.jpgL’arrivée à Dar, comme ils disent ici, sera plus pénible. Alors que nous étions la plupart du temps au-dessus de 1500 m d’altitude, bénéficiant d’une fraîcheur agréable, l’approche de l’océan nous plonge comme dans une étuve. De plus, le trafic s’intensifie et les derniers kilomètres n’en finissent pas. Camions qui fument, impossibilité de doubler et embouteillages sont autant de causes de fatigue.

Avant de nous installer dans notre chambre climatisée, ce sont une « Kilimandjaro » et une « Kilimandjaro » qui seront les bienvenues. Explication : le toit de l’Afrique donne son nom à tout. Ce doit être vendeur… Pour l’heure, ce dont il s’agit, c’est d’une bière et d’une bouteille d’eau minérale. Pour ce qui est de voir cette montagne mythique, il faudra attendre encore quelques jours. Du moins, on l’espère…

Pas terrible, Dar. Ville étape encore une fois, mais où nous allons rester un peu plus qu’à l’habitude. En cause, la proximité de l’île de Zanzibar. Pas que nous avions vraiment prévu de nous y rendre. Mais sur les conseils avisés de side-caristes français passés par là il y a quelques mois, et ayant un peu de temps devant nous, nous décidons de laisser encore une fois la moto quelques jours et d’embarquer sur un bateau qui va nous mener à Stonetown, la capitale de l’Île aux épices.