IMG_1203_004_mosquee_Bleue.jpgChris a pris l’avion très tôt ce matin, et je quitte trop vite la Syrie pour aller affronter l’hiver en Turquie. Une nouvelle frontière passée, voilà la Méditerranée qui surgit au passage d’un col. Pas très loin, les sommets sont blancs et contrastent avec le bleu intense de la mer. Ces sommets, il va me falloir les franchir pour traverser ensuite le plateau de l’Anatolie centrale. Le froid devient intense. Je profite d’un arrêt ravitaillement en carburant pour remettre la doublure de la veste et enfiler tous les vêtements à disposition. Le pompiste a dû se tromper en m’annonçant le prix du plein !? Pourtant non ; c’est bien le tarif qu’affiche la pompe. Exorbitant ! Ce sera le pays de notre voyage où le carburant est le plus cher. Comme pour adoucir la note (rien à voir, il s’agit bien là d’hospitalité), à chaque arrêt dans une station, un employé se précipite pour vous servir, un autre accourt pour vous offrir un verre de thé. Les charmes de l’Orient…

Il fait froid, mais en contrepartie j’évolue au milieu de paysages somptueux, avec ces pairies hérissées de peupliers ivoirins et bordées de montagnes blanches sous un ciel bleu foncé. Le soleil couchant ne fait que rajouter de l’ampleur au panorama. Mais une nuit suffit à ternir les images de la veille. Ce matin, je longe un lac que les nuages gris recouvrent. Les peupliers, hier blanc, paraissent aujourd’hui fantomatiques. Il fait froid et voilà la pluie qui s’en mêle. Comme quoi, en douze heures d’écart, on peut avoir deux visions complètement opposées du même paysage. Question de circonstances.

IMG_2046_005_tradition_turque.jpgLa route à deux fois deux voies permet de traverser la Turquie dans les meilleures conditions. Il est agréable de redescendre en altitude à l’approche de la mer de Marmara. Il y a quelques kilomètres, au passage d’un col à 1580 m, la neige commençait à tomber. Drue.

Byzance, Constantinople, Istanbul. Je rentre dans cette ville historique engluée dans un flot de véhicules avec lesquels je vais franchir le Bosphore par un des ponts qui relient l’Asie à l’Europe. Porte de l’Orient, ce passage est pour moi la porte du retour en Europe.

Bien entendu, je ne suis pas arrivé par le bon pont. Cela m’oblige à traverser une bonne partie de la ville pour arriver à son cœur historique et y trouver un hébergement. Pas facile ! Et ne parlons même pas des prix ! Tout ça pour juste une nuit de sommeil… Va falloir faire avec, car, depuis Windhoek, en Namibie, la moto n’a plus eu d’entretien sérieux. Même si je touche au but, il serait dommage de subir une panne pour cause de négligence. C’est donc la concession locale qui fait l’objet de ma première visite istanbuliote. Pas très culturel, comme visite. Encore que… Cela permet de vérifier encore, si besoin en était, l’extraordinaire gentillesse des Turcs et leur efficacité. Je n’ai plus qu’à m’accorder, demain, un jour de balade. Pour peu que le soleil veuille bien percer cette épaisse couche de nuage afin de redonner le brillant qui caractérise cette ville unique.

Mosquée Bleue, mosquée Sainte-Sophie devenue un musée, palais de Topkapi qui renferme des trésors considérables, Grand bazar, véritable labyrinthe où il est si bon de se perdre, la Corne d’Or, la tour de Galata et le pont du même nom avec tous ces pêcheurs qui en occupent chaque mètre…

IMG_1400_006_policiers_Istanbul.jpgQuartiers de commerçants regroupés par corporation, comme celui des marchands d’outillage qui a ma préférence, restaurateurs qui exposent dans les vitrines des restaurants leurs meilleurs plats de légumes farcis, les vendeurs ambulants (marrons grillés, thé, condiments, épis de maïs grillés ou bouillis et j’en oublie…), bateaux amarrés au quai où l’on vous prépare des sandwiches au poisson, les files de taxis à la peinture jaune, le balais incessant des bateaux-bus qui parcourent sans arrêt chaque espace navigable, les cargos qui s’engagent dans le Bosphore et font penser à des immeubles s’étant détachés de la ville tels des icebergs ayant quitté la banquise… Ambiance exceptionnelle d’une ville elle-même exceptionnelle et, ô combien attachante !