IMG_5675_bac2.jpgC’est sous une pluie battante que nous arrivons sur la rive Sud du Zambèze, qui sépare Botswana et Zambie. A ce point, deux autres frontières convergent : celles de la Namibie et du Zimbabwe. Cette zone n’est pas sans rappeler celle de Rosso, entre Sénégal et Mauritanie. Là non plus il n’y a pas de pont et il faut emprunter un bac hors d’âge pour atteindre l’autre rive. Par contre, ici, tout est plus serein. IMG_5668_bac1.jpgNous pouvons accomplir les formalités et payer une multitude de taxes sans être importunés. Une heure et demie après, nous franchissons le portail qui nous ouvre les routes de la Zambie avec même une assurance pour la moto en poche ! Il n’y a plus que 70 km à parcourir pour arriver à la ville de Livingstone. La route traverse de grandes forêts vertes avec quelques villages constitués de cases par-ci par là. En quelque 700 km parcourus en une paire de jours, nous avons changé complètement de climat. Fini le désert, voilà la forêt.

C’est à partir de ce soir que nous allons avoir à faire à des animaux bien plus dangereux que les pachydermes rencontrés auparavant : les moustiques. La malaria fait des ravages ici et les sprays et autres sticks, alliés à des habits qui nous couvrent entièrement, semblent dérisoires face à la détermination des insectes à nous piquer. Il n’y a plus qu’à croiser les doigts en espérant que le traitement que nous prenons en prévention soit efficace…

IMG_5785_003_Chutes_Victoria.jpgLa statue de Livingstone trône à l’entrée du site. Le regard fixé sur ce qu’il vient de découvrir, semblant, comme ce fut certainement le cas, figé par le spectacle que la nature lui offre après un voyage on ne peut plus difficile : le fleuve Zambèze se déverse dans un canyon en d’immenses cataractes. Elles vont s’appeler Victoria falls, les Chutes Victoria. Cette fois, nous regrettons d’être ici à la fin de la saison sèche. Nous avons les inconvénients du début de la saison des pluies, mais le fleuve, lui, est à son niveau le plus bas et les chutes sont réduites au minimum. De plus, le Zambèze faisant frontière entre Zimbabwe et Zambie, le gros du spectacle se déroule… de l’autre côté de la frontière. Bien que le site soit classé au patrimoine mondial, aucun arrangement entre les deux pays n’a été conclu pour que les visiteurs puissent passer d’un côté à l’autre (et parlons même pas de la discrimination à l’entrée, au moment de payer… L’UNESCO a encore du pain sur la planche !). Décevant. Nous nous contentons donc de la partie Est des chutes. Faut pas non plus « cracher dans la soupe », c’est magnifique ! La balade est d’autant plus agréable, que malgré la chaleur ambiante, les remous provoqués par la force de l’eau nous vaporisent de fines gouttelettes rafraîchissantes. Il est midi. Le site va se transformer, pour nous, en une immense salle à manger au décor somptueux. Un banc, bien placé face au spectacle, et les quelques victuailles achetées au supermarché de la ville vont prendre une saveur toute particulière. Pas tous les jours que nous avons un tel décor en mangeant ! Les babouins nous guettent du coin de l’œil, des fois que nous oublierions un morceau de quelque chose en partant…

IMG_0086_004_Trad._Zambie.jpgLivingstone sera une ville agréable… dans quelque temps. Il faut simplement attendre un peu que les entreprises japonaises aient fini d’en remodeler le centre. On nous avait annoncé une belle route pour rejoindre la capitale, Lusaka. C’était encore une fois sans compter sur les travaux. Les chinois (cette fois) ont entrepris de refaire le revêtement de cet axe principal. Ils ont du travail ! En attendant, pour nous, en dépit de l’importance des taxes payées pour emprunter les routes du pays, c’est la piste qui se déroule devant nos roues. Pas toujours facile, en plus, la piste en question ! Tôle ondulée et trous font bon ménage. Sans parler de la poussière soulevée par les camions que nous croisons et qui roulent bien trop vite.

Des paysans labourent de grands champs à l’aide de charrues attelées à des bœufs. L’Afrique du Sud et sa débauche de moyens est déjà bien loin… De nombreux villages de cases aux toits de chaume qui reflètent la lumière du soleil font penser à des villages de bandes dessinées. Le village en champignons des « Schtroumpfs » ressurgit dans nos mémoires.

Lusaka ne sera qu’une escale ravitaillement et Internet. La route est encore longue jusqu’au Malawi, pays qui n’était pas à au programme de notre voyage. Mais beaucoup nous ont assuré d’une route excellente, de beaux paysages le long du lac Malawi et de l’absence de frais pour accéder au pays. Pourquoi pas ?

IMG_0153_006_orage_en_vue.jpgLa route est sinueuse et se faufile entre les collines boisées. C’est la saison des mangues. Il y en a de partout. Des étalages en sont remplis tout au long de la chaussée. Mais qui peut bien en acheter alors que la forêt en regorge ? A notre gauche, une prairie couverte de fleurs. Un arrêt photo de plus. Encore une fois, sans le savoir, nous avions ici un rendez-vous. Les motos étrangères sont très rares. Et en voilà deux qui arrivent : Nol et Bob (ça fait un peu dessin animé cette histoire…), père et fils. Ils sont Néerlandais et font un voyage de quatre mois entre le Cap Nord, en Norvège, et le Cap de Bonne-espérance, en Afrique du Sud. Comme à chaque fois, nous savons que la rencontre va être très brève. Ainsi qu’entre deux ordinateurs, il s’instaure un échange d’informations intensif. En plus d’une nouvelle liste d’adresses, nous avons deux nouvelles essentielles : l’une bonne et l’autre mauvaise. La bonne, c’est que la piste que nous redoutions au Nord du Soudan est désormais goudronnée du début à la fin. La mauvaise, c’est que cet enfer s’est « déplacé » au Nord du Kenya, où au moins deux jours de grosse galère nous attendent sur une vieille route redevenue piste avec beaucoup trop de sable. Nous verrons bien l’année prochaine… Pour l’heure, nous franchissons effectivement la frontière entre Zambie et Malawi en quelques minutes. Le plus long sera de remplir le formulaire de l’assurance pour la moto. C’est dire !