IMG_3896_004_route_Swaziland.jpgNous ne sommes qu’à une centaine de kilomètres du Swaziland, petit royaume coincé entre le Mozambique et l’Afrique du Sud. C’est certainement le moment où jamais d’aller y jeter un œil… La route semble avoir été posée à même les flancs des montagnes. Une belle route qui monte et monte encore en zigzagant à travers le relief et les forêts. Bizarrement, nous sommes pour ainsi dire seuls sur cette voie. Serions-nous les seuls à aller au Swaziland ? Quand arrive le poste frontière, il se confirme que pas grand monde ne passe par ici. Les policiers chargés de l’immigration ne semblent pas être surchargés de travail. Le temps de deux coups de tampon et nous passons un portail après lequel la route se transforme en chemin au revêtement fatigué, tout au long du « no mans land ». On va dire que le poste de douane côté Swaziland est « plus africain »… Il ne nous faudra pas plus de temps pour y rentrer. Goudronnée, la route a dû l’être il y a longtemps… Pour l’heure nous zigzaguons entre les trous. Un panneau annonce « fin d’on ne sait quoi ». Par chance, c’est la fin du goudron, ou supposé. Une piste prend la relève. Sommes-nous dans la bonne direction ? En guise de route, c’est une piste d’exploitation forestière qui sert de liaison jusqu’à Piggs Peak, village où nous retrouvons une voie dûment revêtue.

IMG_8825_005_enfants_Swaziland.jpgSurprise : à en croire notre guide touristique, nous nous attendions à un pays assez pauvre. Les frasques du monarque en place, Mswati III, étant prioritaires sur les besoins de ses sujets. Nous sommes finalement dans un environnement assez similaire à la grande Afrique du Sud voisine. Certes, des habitations sont plus proches de la cabane que de la villa, mais dans l’ensemble la majorité des gens semble vivre correctement. Les centres commerciaux de la capitale, Mbabane, en attestent, tout comme le parc de véhicules. Le pays est cerné de montagnes et la verdure prédomine. Nous allons vite comprendre pourquoi. La pluie nous rattrape encore ici.

Il nous faut rouler un peu. Direction le Sud-ouest avec pour point de mire presque immédiat un autre royaume, complètement enclavé celui-là : le Lesotho. Avant d’y entrer, un passage au « Golden Gate Hightland NP » s’impose. Paysage de sable fossilisé que le temps a modelé en construisant des forteresses rocheuses, recouvertes d’une verte prairie où paissent zèbres et gazelles alors que les babouins semblent faire la manche au bord de la route, des fois qu’un touriste de passage leur donnerait un bout de pain… Le ciel est rempli de nuages. Encore une fois, le passage des différents postes de douane n’est qu’une formalité de quelques minutes. Toujours impossible, en revanche, d’assurer la moto…

Le Lesotho est comme un gros paquet de montagnes posé sur un plateau, qui lui-même est déjà à une altitude moyenne de 1 700 m. Nous ne nous doutions pas qu’en Afrique, nous aurions à gravir des cols à plus de 3 000 m. Le futur proche va nous démontrer que le Lesotho est vraiment un pays de montagne. Qui en douterait, alors que plus de 80 % du territoire que l’on surnomme le « royaume dans les nuages » se trouve à plus de 1 800 m ? Pas nous en tout cas. Car bien entendu, si la météo n’était déjà pas terrible, c’est la pluie mêlée à un vent violent et froid que nous allons affronter pour franchir le Tlaeng Pass à 3 251 m, qui succède à deux autres cols presque aussi hauts.

IMG_4199_007_camping_Sani_pass.jpgC’est justement pour un col que nous sommes venus au Lesotho. Le mythique Sani Pass. 2 874 m d’altitude. Une brèche dans la gigantesque falaise qui marque la frontière entre Lesotho et Afrique du Sud, à l’Est du pays. Falaises recouvertes de pâturages et parsemées de quelques cases. A nos pieds, une mer infinie de nuage. Impressionnant ! A tel point que ce panorama trouve sa place parmi les plus grandioses de notre voyage (vous rappelez-vous de ce bout du monde majestueux dans le film Les dieux sont-ils tombés sur la tête ?). Au-dessus du col, au bord de la falaise, le Sani Top chalet. Le pub le plus haut d’Afrique, qu’ils disent. Eh bien pour nous, cela va certainement être le camping le plus haut d’Afrique. Malgré le vent, nous plantons la tente sur l’herbe verte face à la falaise. On ne vous en dira pas plus sur le bonheur que procurent de tels instants. Toutefois, et ce n’est pas un détail, le Sani Pass est une destination qui se mérite. La météo mise à part (elle nous a quand même bien gâché le paysage, pourtant sublime, en estompant les couleurs de la terre, du ciel et des cases joliment décorées), la piste, 51 km, n’est pas toujours des plus faciles. Les passages délicats se succèdent à l’approche du col alors que nous avons laissé derrière nous les derniers villages. Il n’y a plus que quelques rares bergers, enveloppés dans des couvertures et un bonnet sur la tête, pour rigoler de voir deux extra-terrestres se débattre sur un gros truc orange pour franchir quelques marches rocheuses qui entravent la piste. Mais cette laborieuse arrivée n’est rien comparée à ce qui nous attend demain…