IMG_5877_005_contraste.jpgLes capitales se suivent et se ressemblent. Sans aucun charme. Juste des lieux de passage un peu forcés pour ravitailler et communiquer. Du moins en temps normal… Nous avions entendu dire : « No petrol in Malawi ! » Et nous voilà en mauvaise posture. Les citernes à sec, les stations-service sont fermées. Quand l’une d’entre elles peut encore fournir quelques litres, c’est au prix de plusieurs heures d’attente sans certitude d’être servi. Cette fois, la chance va être de notre côté. Du moins pour un temps. Au centre-ville, un camion est en train de déverser son précieux chargement dans les citernes d’une station. IMG_6102_station2.jpgIl n’y a pas encore trop de monde et comme un réflexe nous nous rangeons dans une des files d’attente (façon de parler, car c’est une pagaille indescriptible). Une heure plus tard, au milieu d’une nuée de bidons en tout genre, nous pouvons finalement remplir le réservoir de la moto. Cela ne nous permettra pas de quitter le pays, mais nous pouvons continuer notre route pendant quelques centaines de kilomètres (quel bonheur d’avoir un gros réservoir !!!).

En quelques dizaines de kilomètres, nous passons d’environ 1 000 m à moins de 500 m d’altitude. Nous arrivons dans la fameuse Rift Valley. La plus grande faille de l’écorce terrestre, qui s’étire sur près de 7 000 km et où serait apparu l’être humain il y a « quelque temps ». Que les amateurs de généalogie ne se réjouissent pas trop vite, nous n’avons pas trouvé les archives. Vous pouvez ranger vos classeurs…

IMG_6366_008_lac_Malawi.jpgNous pourrions nous croire sur la plage d’un de ces endroits idylliques que vantent les brochures des agences de voyage. Le lac Malawi étale devant nous ses flots bleus et calmes, parsemés de quelques îles rocheuses. Un village de pêcheurs borde la côte. Il règne ici une douceur de vivre contagieuse. Les eaux regorgent de poissons et assurent un revenu pour de nombreuses familles. Comme le dit Charles dans une de ses chansons : « la misère doit être moins pénible au soleil ». Il n’y a qu’à voir la joie de vivre des enfants pour en être convaincu.

La vie de pêcheur se déroule paisiblement entre réparation des filets, préparation des barques et pirogues, séchage du poisson. Les flamboyants en fleurs accentuent le côté paradisiaque de cette côte inattendue. Mais comme encore une fois rien n’est parfait, et malgré la forte chaleur qui nous fait perdre des litres d’eau sans faire aucun effort, la baignade qui serait si réconfortante et rafraîchissante est proscrite. La bilharziose est présente dans les eaux stagnantes du lac. Une saleté de ver qui s’infiltre dans l’organisme et se balade sous votre peau en créant de gros dégâts… Non merci !

IMG_0190_007_Pecheurs_Malawi.jpgNous en arrivons à nous demander comment peuvent survivre ces gens qui se lavent et nagent tous les jours dans le lac, alors que sida et malaria s’associent à la bilharziose pour les détruire… Il est vrai que nous ne rencontrons pas souvent de personnes âgées…

Le lac Malawi, comme la plupart des lacs de la « vallée », est immense. Quand nous disons immense, c’est en centaines de kilomètres qu’il faut compter. Il nous faut maintenant le longer vers le Nord pour nous diriger doucement vers la Tanzanie. Mais un problème de taille persiste. La jauge de la moto descend au fur et à mesure des kilomètres parcourus (normal), et nous ne rencontrons pas la station-service susceptible de nous fournir les quelques litres qui nous permettraient de quitter le Malawi…