Les montagnes respirent la majesté et rappellent notre petitesse. Il fait toujours chaud 33°C mais l’air reste frais en se raréfiant au delà de 3000m. La route sur 200km m’a permis d’aller à la vitesse record de 35 km/heure. Je mange la poussière et semble avoir une barbe de trois jours, mais je profite du paysage.... et c’est le problème. Aller lentement c’est la tentation de s’arrêter tous les 10km pour faire une photo, ce qui quand on doit faire 400km n’est pas sérieux. La police s’ennuie et comme toujours aime m’arrêter. Cela me permet d’observer le manège des taxis donnant un ou 2 billets glissés plus ou moins discrètement dans le passeport à des agents gras et fatigués par leur vie de ‘dur’ labeur. Mais leurs esprits s’éveillent quand ils réalisent que je suis seule, pourquoi ne pas rester un peu, pourquoi ne pas dormir ici ? (mais il est midi…), tout ça en chuchotant et en clignant de l’œil. Ils m’expliquent aussi que c’est dangereux, qu'il y a des loups, qu'on pourrait me kidnapper (je comprends mieux leur indispensable présence..). Alors j’attends, j’attends patiemment qu’ils me rendent mon passeport en souriant juste assez pour être polie. La population est adorable, grouillante d’enfants qui me crient hello, courant au bord de la route pour que je leur shake la main (pas facile du côté droit avec la manette de gaz sur une route pourrie). Le paysage est grandiose tellement il est démesuré. Maintenant la route est un peu bitumée, avec quelques parties encore de gravier, me laissant prendre un peu de vitesse (70 km/h, youuhouuu). Mais c’est surtout la rareté de mes pneus qui me fait aller aussi prudemment, car l’angoisse de la crevaison ou de chocs simultanés me fait réfléchir à deux fois avant de rouler comme une bombe dans les trous. Il me reste encore au moins 11000km à faire.

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