Motomag.com

Les blogs de Moto magazine

Mélusine Mallender, en solo sur les routes de la liberté

Les aventures d’une motarde en solitaire sur les pistes du monde : Road for freedom Par Mélusine Mallender

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi 24 octobre 2011

Retour à Paris : fin du périple

Bonjour, Aujourd’hui est un jour particulier de mon voyage sur les Routes persanes : le dernier ! En effet, je rentre à Paris ce lundi 24 octobre 2011, exactement 4 mois après en être partis et avoir parcourus près de trente mille kilomètres dans vingt pays, dans tous les climats et tous les types de pistes… Une émotion particulière m’étreint bien sûr aujourd’hui, qui n’a fait qu’augmenter depuis que j’ai fait tourner la bride à ma moto, au bout du Kirghizstan : ce mélange si particulier de bonheur d’avoir été au bout de ce rêve, de revenir sans problème majeur, de retrouver mon monde, ma vie, mes proches ; et de tristesse profonde de savoir que je ne roulerai plus dans ces paysages fabuleux, sur les routes d’une liberté presque sans limite, rencontrant tous les jours de nouvelles personnes, de nouvelles vies, de nouveaux monde… Mon voyage se termine où il avait commencé. Le propre de tous voyage. Revenir permet de s’assurer qu’il a bien existé, qu’il avait un sens et non une fuite en avant, de savoir, surtout, que l’on pourra repartir. Alors oui, dans les jours à venir, je saurai que j’ai accomplis quelque chose, que j’ai su aller au bout de mon périple et que cela en valait la peine. Je pourrai analyser ce trajet avec recul et repenser aux moments fabuleux, à ceux plus difficiles, et mettre en place les éléments de suivi de cette expédition. Un jour même, préparer un nouveau départ… Mais pour l’heure, ce n’est que le pincement au cœur de voir les derniers kilomètres devant ma roue qui envahis mon monde, et je peine à retenir mes larmes, de peine et de bonheur. Je reviens chez moi…

De ce dernier mois, peu de nouvelle. Un paradoxe peut-être puisque je suis en Europe, où trouver Internet ne devait plus être un problème. Mais tant de choses se sont passées durant ce voyage, comme toujours, que j’ai dû oublier un peu le monde virtuel pour ne me consacrer qu’au réel des situations que je vivais… mais dans les jours à venir, une fois les bagages posés et avoir pris un peu de repos dont j’ai besoin, je reviendrai sur mon périple, ces dernières semaines et la moto Crossrunner... En attendant, à bientôt à toutes et tous… Je serai heureux de vous voir ici ou ailleurs… Mélusine. commentaire-pamir.jpg lesfillesprennentphoto.jpg Meteores-M3jpg.jpg

jeudi 29 septembre 2011

Les entretiens d'usage arrivent

Au milieu du vide Un post rapide entre deux période au milieu des grands vides de la Russie et du Kazakhstan. Les premières réparations d'usure vont bientôt arrivé. Malgré un entretient constant, la chaîne à beaucoup subit sur les pistes et routes difficiles, sur déjà plus de 20'000 km. Je la changerai aussitôt que possible, sans doute à Istanbul. Les plaquettes de freins également avec aussi les pneus qui, sans être vraiment trop usé serait très limite pour rentrer jusqu'à Paris. En dehors de ses entretiens d'usage, elle ronronne encore à la perfection, à m'en surprendre souvent. Je peux ainsi me consacrer pleinement aux paysages à perte de vue et aux rencontres... Cela fait du bien

jeudi 15 septembre 2011

Kirghizstan après le Tadjikistan

Route KirghizeTadjikistan… Un pays qui m’a laissé un fort sentiment d’intemporalité tant la vie est encore en autarcie dans la plupart des vallées. J’avais oublié le froid et mon corps peine un peu à s’y ré-acclimater. J’ai donc dû ressortir du fond des caisses les gros gants, la doublure de ma veste et de mon pantalon, même un collant tant la morsure du vent est forte lorsque je roule… Même si je ne roule pas vite sur des routes sinueuses et dans des états relatifs. Dans les passages en altitude, à bien plus de 4'000 mètres, j’ai croisé ou dépassé des véhicules qui crachotait avec peine. Ma Crossrunner avale les pentes comme au niveau de la mer. J’en suis moi-même surprise lorsque je pense à certain col avec ma Varadero l’an dernier, où j’ai eu parfois peur de devoir pousser. Il est vrai que j’avais alors un carburateur contre des injecteurs électroniques de dernière génération cette année. Si la technologie trop avancée pénalise parfois le voyageur, qui peine à réparer des systèmes électroniques, elle permet néanmoins une fiabilité exemplaire. Le bonheur de rouler dans ces montagnes n’en est que décuplé, alors que toute mon attention peu se porter sur les paysages inimaginables plutôt que sur l’écoute de chaque bruit de ma moto. Puis vient le Kirghizstan, pays où la liberté éclate partout : auprès des nomades et de leurs yourtes qui sont en train de se préparer à redescendre dans les plaines ; vers les troupeaux de chevaux qui s’ébattent sans barrière ; dans les vallées, qui sillonnent gaiment entre les monts acérés…. Enfant et chevauxJe roule par petites étapes, profitant des rencontres pour me fondre dans ce pays qui termine sa période estivale. Je suis plus qu’heureuse du moteur suffisamment silencieux qui ne perturbe pas trop ainsi l’ambiance calme des lieux. Les cavaliers d’ici me regardent passer sans le dégoût qu’ils ont parfois pour les véhicules à moteur classique. Bien que sur un cheval mécanique, je suis une cavalière et il me respecte comme telle. Ce n’est pas toujours le cas et c’est agréable. J’ai juste un peu peur lorsque je vois les enfants monter sur ma moto à l’arrêt, alors que la béquille paraît parfois fragile. Mais beaucoup d’entre eux grimpait sur des chevaux presque avant de savoir marcher, et ils le font avec agilité. Indira-et-askar.jpgMa Crossrunner devient ainsi l’attraction du soir près des yourtes où je m’arrête, et tous les regards s’allument d’envie. Le mien de monter sur leurs splendides chevaux, le leur de monter sur ma moto. Echange… Je roule jusqu’à l’extrême est du pays, proche de la frontière de la Chine qui m’est fermée, puis à la ville de Karakol, au bord du lac d’Yssy-kol, le plus grand lac de montagne du monde (salé). Une petite ville théâtre du dernier grand marché animalier du pays, tous les dimanche, qui m’impressionne par son ampleur et la quantité impressionnante de chevaux, vaches, chèvres, moutons, yacks, et même voiture, nouveau cheval-mécanique encore peu rependu malgré tout. Mais Karakol et son lac qui commence à prendre des teintes automnales est aussi la ville la plus orientale de mon expédition. D’ici, je vais tourner la bride de ma monture pour revenir vers mon Europe natale, non sans un fort pincement au cœur. Il y aurait encore tant à faire, tant à découvrir, tant de rencontre… Ainsi va le voyage. J’ai quitté Rati et sa famille qui m’ont hébergé pour deux nuits pour plonger mon regard vers l’ouest : Il me reste encore plus de dix milles kilomètres pour retrouver mon monde ! lac d'Yssy-kol

lundi 29 août 2011

Tadjikistan, la Pamir Highway

Pamir HighwayLe nom d’autoroute fait doucement sourire, mais son état globalement bon en bitume surprend. Quelques camions chinois se risquent à utiliser cette voie et l’on se sent à la fois seule et la meilleure amie de toute personne que l’on rencontre. Les montagnes dominent dans un univers pierreux et sec. Aux loin on devine les monts de plus de 6000m, la route humblement suit son chemin vers les 3500m d’altitude de moyenne avec de col à 4500m. La nuit étrangement silencieuse dès que le vent s’arrête m’absorbe complètement de sa voie lactée sans aucune pollution visuel, seul le froid (qui descend vers 0 et le vent) m’encourage à rester bien ficelée dans mon sac de couchage et à garder mon pantalon de moto. Un col La moto a très bien supporté le manque d’oxygène sur de mauvaises pistes, son chauffeur un peu moins. J’avais l’impression d’avoir 70 ans, cherchant mon souffle à chaque effort. Certaines femmes se couvrent complétement le visage pour éviter les affres du soleil (aucune ombre possible sans arbres), du vent et du froid. J’ai vu une famille au bord de la route : la grand-mère tricotait avec sa fille, le mari regardait au loin. Leur maison était séparée par une rivière avec une passerelle de bois de bois. Je m’arrêtais pour prendre en photo la passerelle et je leur demander s’ils attendaient un taxi. Non, non ! Ils regardent juste les voitures passer, car ils sont sans télé et sans électricité et que bientôt la route sera fermée. Ils ont seulement 3 mois d’été, quelques mois durant lesquelles la route est ouverte. Quelques mois sans isolement….

lundi 22 août 2011

En route vers Pamir

Les montagnes respirent la majesté et rappellent notre petitesse. Il fait toujours chaud 33°C mais l’air reste frais en se raréfiant au delà de 3000m. La route sur 200km m’a permis d’aller à la vitesse record de 35 km/heure. Je mange la poussière et semble avoir une barbe de trois jours, mais je profite du paysage.... et c’est le problème. Aller lentement c’est la tentation de s’arrêter tous les 10km pour faire une photo, ce qui quand on doit faire 400km n’est pas sérieux. La police s’ennuie et comme toujours aime m’arrêter. Cela me permet d’observer le manège des taxis donnant un ou 2 billets glissés plus ou moins discrètement dans le passeport à des agents gras et fatigués par leur vie de ‘dur’ labeur. Mais leurs esprits s’éveillent quand ils réalisent que je suis seule, pourquoi ne pas rester un peu, pourquoi ne pas dormir ici ? (mais il est midi…), tout ça en chuchotant et en clignant de l’œil. Ils m’expliquent aussi que c’est dangereux, qu'il y a des loups, qu'on pourrait me kidnapper (je comprends mieux leur indispensable présence..). Alors j’attends, j’attends patiemment qu’ils me rendent mon passeport en souriant juste assez pour être polie. La population est adorable, grouillante d’enfants qui me crient hello, courant au bord de la route pour que je leur shake la main (pas facile du côté droit avec la manette de gaz sur une route pourrie). Le paysage est grandiose tellement il est démesuré. Maintenant la route est un peu bitumée, avec quelques parties encore de gravier, me laissant prendre un peu de vitesse (70 km/h, youuhouuu). Mais c’est surtout la rareté de mes pneus qui me fait aller aussi prudemment, car l’angoisse de la crevaison ou de chocs simultanés me fait réfléchir à deux fois avant de rouler comme une bombe dans les trous. Il me reste encore au moins 11000km à faire.

Piste.jpg Station_service_tadjik.jpg Regard_de_Tadjik.jpg

lundi 15 août 2011

Frontière…!

Passer une frontière c’est toujours pour moi la même question, vaut-il mieux dormir près de la frontière et y aller le matin à la fraiche, sachant que les douaniers seront aussi frais pour prendre leurs temps, où le soir avec le risque qu’il fasse bien nuit quand enfin on arrive dans ce nouveaux pays sans argent sans vraiment bien connaitre la langue et sans savoir où dormir. Comme on a pas toujours la chance de traverser une douane au moment d’un match de coupe du monde j’ai pris la première solution. Le Tadjikistan ayant décidé de couper l’eau à l’Ouzbékistan pour pouvoir alimenter ses centrales hydroélectriques, l’Ouzbékistan tente comme elle peut d’enquiquiner son voisin. Cela se traduit par un resserrement des frontières pour les étrangers, fouille en règle comme à l’aller (à croire qu’ils n’ont rien à faire) et critiques par certains habitants de ce pays gorgé d’eau. Mais cet arrêt inopiné de 2 heures du côté ouzbek (sachant qu’il y avait seulement une jeep ouzbek et un camion Turc avant moi, question véhicule) m’a permis de rencontrer un groupe de français venu faire un treck dans les montagnes du mont Fan. Mathieux un fidèle lecteur de Moto magazine, m’a reconnu. La route étant unique nous nous sommes revu à plusieurs reprises et grâce à lui et à la gentillesse du groupe entiers j’ai été hébergé avec eux chez l’habitant dans les montagnes. Nous nous sommes ainsi suivi sur la traversé le col du Shakristan (3 378m) sur une piste de cailloux entre poussières, trous, camions et précipices à une vitesse moyenne de 20k/m. Cette route obligatoire qui tranche avec l’excellence des autres routes (payantes pour tous sauf pour les touristes à moto comme moi j’ai eu l’impression) à de quoi donner des crampes aux bras. La moto tient toujours ses promesses, le changement de pneus à Tachkent aura été indispensable, et j’ai pu danser sur les cailloux de montagnes sans soucis majeurs, mais sans trop me risquer à regarder le paysage Cela m’a permis d’aborder le 2e passage compliqué jusqu’à Douchanbé, un tunnel de 5 km, sans lumière ni aération avec un trafic très important de camions, sur une sorte de piste de grava, modelé par un important réseau de cours d’eau qui ont la fâcheuse tendance à cacher la profondeur des trous et les bosses éventuelles. J’ai suivi comme j’ai pu une jeep car le jeu est de parfois longer le côté gauche (même si on est face à un camion) et cela m’a éclairé un peu plus la route car avec la poussière, c’est à la fois dure de respirer, mais aussi de voir. Et 5 km c’est très long parfois… Mais quand la lumière revient c’est pour voir ces montagnes qui sont à couper le souffle tellement elle sont grandes et belles. Il me tarde de découvrir ce Pamir… J’attends mon autorisation GBAO pour cette zone avec impatience. Groupe de français Montagnes tadgik Panneau douchanbé

jeudi 11 août 2011

Ouzbekistan

Route Ouzbèquej'ai quitté l’Iran, par le Turkménistan puis l’Ouzbékistan. Ashgabat, la capitale, est une ville démesurée, aux bâtiments énormes et pompeux, qui reflète la mégalomanie du Président qui a du exproprier des milliers de personne pour les construire. Mais cela s’arrête à la capitale ! En dehors, les villes sont en piteux états et je ne parle même pas de la route traversant le désert du Turkménistan que nous avons empruntée. Je crois que tout fabriquant désirant tester la solidité d’un véhicule doit aller faire ces routes puis celles de l’Ouzbékistan central, où nous avons poursuivis le chemin. Des ingénieurs ont eu la bonne idée de reconstruire la route. Mais, alors que la place ne manque pas, c’est un désert, ils ont décidé de le faire sur la vieille route qu’ils ont donc entièrement rasée. Et plutôt que dfe la faire par tronçon et de le terminer avant de faire le suivant, ils ont rasés la route principale sur 200 km, alors que tout le monde, camion, bus et autres, passe par là. Résultat, Un chemin inextricable, sans piste ni vrai route, des fossé –trop profond pour la garde au sol de la moto- qui barre le passage, des endroits de sables mou et une vitesse de progression qui ne dépasse pas un moyenne de 25 km/h, en se donnant de la peine. Très, très chaotique que ces deux pays en terme de piste, et tous les dix kilomètres une voiture, un bus ou un camion en train de réparer un axe ou une suspension cassée. Heureusement malgré de beau choc lorsqu’un trou n’a pas pu être évité, la moto a tenu bon et vraiment s’est sortie avec les honneurs de ces conditions. Plus je roule avec, plus elle me surprend et démontre des qualités de grande rouleuse. Nous avons appris faire la route ensemble et maintenant que je la connais mieux et que nous avons parcouru déjà plus de 10'000 km ensemble dans bien des conditions, j’ai décidé de la baptiser. Elle se nomme dorénavant Shirine, ce qui veut dire sucrée en Farci, petit souvenir aussi de l’Iran qui m’a tellement marquée. Maintenant, après la mer d’Arral, Boukhara puis Samarcande, je suis à Tashkent, première ville d’où pouvait repartir Christian après l’Iran. Il est donc repartis et je vais donc rependre mon parcours solo, vers le Tadjikistan… le plus vite possible. Mer d'Arral

vendredi 29 juillet 2011

Désert

Route dans le Dash-e-lutNous venons de terminer la traversée des déserts d’Iran. Il a suffi de quelques minutes pour qu’avec Christian nous comprenions que ces jours allaient être malgré tout difficile : venant de Kerman, nous avions passé un petit col dans les montagnes séparant la ville du Dash-e-Lut, lorsque nous avons eu la sensation que quelqu’un venait d’allumer un sèche-cheveux géant, à pleine puissance. Souffle de dragon qui nous a pris au dépourvu, alors que nous avions fait attention d’arriver là au petit matin, aux heures les moins chaudes. La moto a aussi du rapidement comprendre que les choses ne seraient pas évidente pour elle, son moteur passant en 2 minutes de 92°C à 107°C, lançant ses ventilateurs à plein régime pour ne les arrêter qu’une fois sortit de la zone désertique. Le Dash-e-Lut. Annoncé parfois comme la zone la plus chaude du monde –mais plusieurs endroit revendique ce statut- est assurément l’un des antichambres de l’enfer. La température à cette saison oscille entre +35°C le matin et +58°C au moment le plus chaud, à l’ombre… Sans ombre ! Rester immobile, cacher derrière un monticule, semble être la solution la plus raisonnable. Rouler –avec l’espoir que cela nous rafraichira- n’apporte que la sensation d’être brûlé par l’air. Mais cette environnement extrême est aussi, comme souvent, d’une splendeur étonnante, fascinante, avec en particulier le fameux Kalut, des formations de sables et de roches improbables et artistiques, encore inexpliquées. C’était l’un des buts de ce voyage en Iran et nous sommes extrêmement heureux d’avoir traversé ces milieux, avec une moto qui s’est comportée sous cette chaleur de manière exemplaire. La consommation qui a largement baissé depuis deux semaines, environ 5,3 litres/100km est à peine remontée pour affronter le demande supplémentaire en énergie dans cette chaleur avant de retrouver sa normale dès la sortie des zones les plus chaudes. Les pneus ont de leurs côtés un peu souffert sur des terrains très abrasifs et avec la chaleur, mais sans poser de problème important. Après déjà 10'000 km sur bien des types de routes et de pistes, ils continuent de faire bon usage en attendant un changement prévu à Tashkent, en Ouzbékistan. .… Nous voici à Mashad, où la fraîcheur nous fait du bien avant de repartir en direction du Turkménistan et de nouveaux déserts, dans le centre de ce pays. Encore sans doute plusieurs jours sans Internet… A bientôt. Apres la moto, les chameaux...

vendredi 22 juillet 2011

D’Ispahan à Shiraz, par les montagnes de Zagros

RTP-IMG_8013-Iran_montagne-.jpgAprès Ispahan et ses mosquées sublimes, j’ai pris avec Christian qui m’accompagne en Iran le chemin des montagnes de Zagros. Ces montagnes culminant à plus de 4'000 mètres de hauteur sont extrêmement sèches en été et très enneigée en hiver. Les routes sont souvent bonnes mais les chemins de terres sont aussi beaucoup utilisés, et nous éprouvons rudement la moto sur des chemins chaotiques. Mais c’est un bon test pour la suite, entre autre les déserts à venir et le Kirghizstan, ou les routes sont souvent absentes. Ces montagnes sont le domaine de nombreux groupes nomades qui s’installe ici l’été qui cohabite avec une population rurale dont les rizières sont la principale activité. Quel changement que cette verdure au fond des vallées alors que l’ensemble du paysages est si aride en Iran. Ici comme ailleurs, l’accueil est chaleureux et s’arrêter pour prendre un thé au bord de la route se termine toujours en invitation à la maison pour un dîner, une discussion et de nombreuses photographies… Mais ici les traditions sont plus ancrées et les discussions se terminent souvent en proposition plus ou moins voilée de nous convertir à l’Islam, avec la possibilité pour moi de me faire expliquer les rôles d’une bonne épouse… ce que nous déclinons gentiment, mais malgré tout fermement en fin de compte. Cela n’empêche pas de très bon contact. Voici déjà Shiraz, si proche de la ville mythique de Persepolis, cœur de la Perse qu’Alexandre le Grand détruisit presque entièrement, mais dont les vestiges restent une splendeur. Classé au Patrimoine de l’Unesco, j’ai rêvé de ce lieu depuis des années et y arriver finalement après ces milliers de kilomètres, avec ma moto est un sentiment très intense que j’apprécie à sa juste valeur… Le sens même de ce trajet sur les Routes persanes. Je profite d’un Internet pour envoyer ces quelques mots, je ne sais encore lorsque j’en retrouverai un, mais me voilà partie vers la « dernière » de ces villes merveilleuses de la Perse, Yazd, avant d’entrer cette fois pleinement dans les déserts. Après la relative fraicheur des montagnes cela risque de faire drôle, on y annonce ces jours jusqu’à 65°C… Et dire que je dois continuer à porter foulard et cache-épaule par-dessus mes équipements de protection moto. Il faudra que je demande à Bering un nouveau concept de vêtement spécial Iran et Arabie pour femme, car la chaleur avec toutes ces couches est très éprouvante. Un genre de tchador-casque-épaulière, avec protection et aération… Heureusement encore que mes équipements sont très modulables et aptes à passer plutôt bien du chaud au froid…Route de montagne

samedi 16 juillet 2011

Iran, apres le Kurdistan

Sur les routes KurdesDes news un peu rare, mais me voila en Iran depuis quelques temps et Internet est souvent tres complique dans ce pays. Et malheureusement, le system d'ajout des photos ne fonctionne pas... Depuis une dizaine de jour, je suis pleinement plongée dans le Moyen-Orient. Après la Cappadocce, j’ai longé la frontière Syrienne, puis la frontière Irakienne. Beaucoup de militaire, d’armes et de contrôles, souvent assez long, le long de cette route au fond d’une vallée. Ici, les habitants me le rappellent tous les jours, c’est le Kurdistan, et les militaires sont, pour eux, une force d’occupation. Mais c’est aussi l’un des berceaux de nos civilisations. En témoigne les nombreux sites archéologiques d’exceptions de ces régions comme le site de GöbekliTepe perdu dans les champs et peu évident d’accès qui présente des cercles formés d’énormes pierres taillées remontant à plus de 12'000 ans. Puis la frontière Iranienne où Christian m’a rejoint. Grâce à l’aide de Mohamed, un homme qui l’a passetout le deux jour et qui nous a conduit de personne en personne pour avoir toutes les signatures, les papiers et autres tampons. En deux heures, à peine, tout était fait… Et nous roulions en Iran. En Iran, Mer de sel d'Oroumieh Depuis une semaine, c’est donc ce pays royaume de la Perse que nous parcourons. Quel sentiments mitigés face aux nombreuses situations que nous vivons. Il n’est pas encore temps de tout écrire, mais il est certain que rien ici ne laisse indifférent. Il va falloir un peu de temps pour tout appréhender. Mais une chose est déjà certaine, comme prévu, les iraniens sont des personnes particulièrement accueillantes. Prévoir quelque chose ici est un peu comme attendre l’eau dans le désert. Cela viendra peut-être mais on ne sait jamais quand. Prévoir 30 minutes pour aller d’un point à une autre peut devenir 2 heures, ou plus, tant nous sommes souvent arrêter pour parler, pour boire un thé, pour aller manger. Tous veulent savoir quoi nous sommes et nous parler de leur pays. Je reviendrai plus tard, dans quelques semaines, sur ce point. Le résultat est alors que nous pensions passer 1 jour et demi à Isfahan, nous y sommes depuis 2 jours et nous ne repartirons que demain, tant l’accueil est riche et les soirées chargées, avec à chaque fois un nouveau repas où nous devons absolument être, selon nos hôtes. Mais quelle meilleure manière de mieux connaître l’Iran de l’intérieur ? Aussi, nous n’aurons pas roulé durant 2 jours. Quelque part, cela fait du bien et je pense que même la moto ne se plaint pas, après beaucoup de route très difficile de terre, de goudron ramolli par la chaleur… Et cette fameuse première chute de l’expédition : En roulant après des heures de conduite sur une mauvaise route de terre pour chercher un camp, j’ai eu le malheur de tourner la tête pour voir un endroit peut-être plat… Mauvaise idée, je me suis faite embarqué par une ornière et l’instant d’après je fonçais contre le talus. Heureusement, je n’allais pas vite et j’ai pu limiter grandement la casse et me couchant sur le côté. Résultat, une cheville un peu douloureuse et une attache de caisse latérale cassée, un moindre mal en voyant le talus qui suivait. Tout va donc bien et nous sommes repartis, la moto et moi sans soucis… Et ma cheville est déjà en état de marche. La moto se comporte tres bien sr les differents terrains que j'ai renocntre jusque la, mais la charge est parfois un peu difficile a gerer... J'en parlerai plus lors de mon prochain post.... Je vais maintenant repartir, vers les déserts et la montagne ensuite. Donner des nouvelles ici n’est pas simple, car Internet n’est pas une évidence ici et souvent bloqué dans les régions où je veux aller. Alors patience, cela viendra bientôt… Pas toujours evident de trouver son chemin

vendredi 8 juillet 2011

Cappadocce

Je suis arrivée en Cappadocce, cette région exceptionnelle de Turquie aux nombreuses cités Troglodytes et souterraines. Des décors féeriques, une géologie fabuleuse et une histoire à l'avenant... Quant aux routes, elles sont de plus en plus mauvaises, bosselées et capricieuses… La chaleur est aussi au rendez-vous. Mais cela n’empêche pas l’expédition d’avancer… Et la prochaine étape sera l’Iran. Route de Cappadocce

mardi 5 juillet 2011

Turquie

Après un peu plus de 4700 kilomètres de route en 10 heures de conduite par jour, les premières pistes de terres en Albanie, Mélusine est arrivée en Turquie, départ des véritalbles routes perses et de la découverte du Moyen-Orient. Le rythme va encore rester unpeu élevé jusqu'en Iran en raison des dates de visa, mais va redevenir plus tranquil et pouvoir prendre le temps de découvrir en pronfondeur ces pays fascinant... Istanbul... Istanbul1-blog.jpg

samedi 2 juillet 2011

La route et les papiers

La route défile avec bonheur et les paysages de ces pays encore en guerre voilà moins de 20 ans sont magnifiques. Tout paraît paisible et je ne regrette pas que le moteur de ma Crossrunner ne soit pas des plus bruyant, tant on a envie parfois de ne perturber les lieux. Entre petites routes et cols, j’ai pu commencer à éprouver ma machine chargée dans des conditions de routes certes encore très bonne, mais déjà plus tortueuse. Et je me sens de plus en plus à l’aise. Nous nous sommes je crois déjà bien apprivoisée, elle et moi, et j’oublierais presque que cela ne fait que quelques jours que nous roulons ensemble. Cela me met en confiance pour la suite plus off road du parcours à venir. Pendant que je roule en laissant les pays derrières moi –Italie, Croatie, Bosnie, Monténégro et maintenant Albanie- les tracasseries « de coulisse » administratives se poursuivent aussi. Mais viennent enfin de se terminer, du moins pour la partie française. Il me manquait un dernier papier pour être totalement prête à affronter toute, ou presque, les douanes du monde, le carnet de passage en douane pour la moto. Un document qui permet d’effectuer des entrées provisoires d’un véhicule avec la garantie qu’il ressortira bien du pays. Il n’était pas prêt pour le jour de mon départ et retarder ce dernier aurait posé trop de problème en raison des dates des différents visas. Sébastien Pernel (Honda) a de son côté poursuivi les travaux du côté de l’automobile club qui délivre le fameux carnet et c’est Christian Clot qui l’amènera lorsqu’il me rejoindra à la frontière iranienne. Pour une expé en solo, heureusement que je suis bien secondée  ! Je suis rassurée que ce document qui aurait pu à lui seule remettre en cause beaucoup de chose soit enfin là… du moins presque, encore faut-il que nous nous retrouvions à la frontière Iranienne, ce qui n’est pas encore fait. Je dors ce soir vers Hudënisht, au bord du lac Ohrid en Albanie. Un bien bel endroit quoi qu’il en soit pour faire oublier ces quelques détails…

jeudi 30 juin 2011

Interview Video de Mélusine Mallender

Voici une courte interview vidéo de Mélusine Mallender le jour de son départ. Elle raconte son nouveau projet, ses motivations et sa dernière expédition. A voir en cliquant sur l'image ci-dessous : Mélusine, 1er jour de voyage

mercredi 29 juin 2011

Expédition « Les Routes Persanes » c’est parti !

RTP-etp1-1-web.jpgHier, Mélusine Mallender a donné les premiers tours de roue de sa nouvelle expédition à moto, sur les Routes Persanes. Une première étape comme une mise en jambe, entre Paris et la Suisse, un peu moins de 600km de route facile. « J’ai un peu l’impression d’être un lion de mer. A l’arrêt, avec tout mon matériel autour et sur ma Crossrunner, je me sens engoncée, trop lourde, incapable de me déplacer correctement et avec tellement de lenteur. Mais comme le Lion de mer lorsqu’il retrouve la mer et la grâce de sa nage, une fois que je commence à rouler, tout devient plus simple, plus évident. Je me sens alors bien et l’expédition redevient une évidence. Malgré la charge d’équipements que je dois transporter - entre matériel de camp, d’entretien, d’images, effet personnel, les pneus de rechange- l’équilibre de la moto est bon est la route défile sans soucis. Quel agréable sensation de retrouver la progression, de voir les paysages évoluer, de sentir le vent. Certes, ce n’est pas encore des pistes, le bitum est bon, mais c’est une excellente mise en jambe pour prendre toute la mesure de l’engin et apprendre à en maîtriser les moindres mouvements. Je serai alors prête pour le Moyen-Orient et l’Asie Centrale, cette fois vraiment livrée à moi-même sur des chemins souvent mauvais… »

Maintenant, l’expédition va se dérouler en 4 sections inégales en distance et en temps : - Un premier tronçon un peu comme une liaison : en effet, le jeu des visas et des autorisations diverses oblige Mélusine à se rendre rapidement jusqu’à la frontière iranienne. Aussi, de Suisse où elle se trouve actuellement jusqu’à l’est de la Turquie, Mélusine n’aura qu’une dizaine de jours. Elle va devoir rouler assez vite, sans prendre beaucoup de temps pour découvrir et visiter ces régions dans lesquelles elle prendre plus de temps au retour. - Un second tronçon principalement constitué de l’Iran et des pays limitrophe, ou pour une partie en raison des obligations légales elle sera rejoint pour un mois par Christian Clot (elle n’a pas le droit de conduire une moto en Iran par exemple). Ce sera la visite de ces lieux trop méconnus et pourtant magique, où tout sera à découvrir. - Un troisième tronçon d’Asie Centrale, pour part dans des pays que Mélusine a déjà parcouru et dans de nouveaux secteurs, à nouveau en solo. La partie la plus longue en distance et en temps de l’expédition, qui l’a fera petit à petit revenir vers la Turquie par la Géorgie. - Enfin, le dernier tronçon, le retour en France, en repassant par certain pays traversé lors du premier secteur, comme la Grèce, l’Italie, et autre, cette fois en prenant le temps qu’elle n’aura pas eu au départ de l’expédition. Vous trouverez bien entendu régulièrement ici et sur le site Internet de Mélusine Mallender des nouvelles de l’aventure et de ces étapes très différentes, et vous pouvez suivre le trajet régulièrement mis à jour grâce à Spot ici.

lundi 20 juin 2011

Premier essai de la Crossrunner

Ce week-end, j’ai pu pour la première fois essayer la Honda Crossrunner avec laquelle je partirai à la fin du mois en expédition. Ce modèle qui arrive tout juste chez les concessionnaires n’a pas encore eu l’occasion de réaliser des voyages au long cours, et « Les routes persanes » sera sa première expédition !

Premier essai Crossrunner Pour un modèle que peu de monde à encore eu l’occasion d’essayer, j’entends beaucoup de commentaires quant à sa capacité et son adéquation à réaliser une expédition de plus de 25'000 kilomètres sur tous les types de pistes et chemins. Il est vrai que ce n’est pas le trail parfait à l’image d’une BMW1200GS, d’une Honda Transalp et j’en passe. Ses 4 cylindres peuvent aussi en surprendre plus d’un et j’ai souvent lu que les bas régimes –indispensables en terrain meuble- lui convenait peu. Mais la corssrunner n’a pas dû lire ou entendre tous ces commentaires… Comme ma bonne vieille Varadero 125 n’avait pas du entendre ce que tout le monde m’avait pronostiqué, à savoir une impossibilité totale de rallier Vladivostok depuis Paris avec une telle moto déjà passablement usée. Car elle l’a fait, certes en peinant parfois un peu, mais avec les honneurs. Et mes premiers kilomètres passés sur la Crossrunner m’ont convaincu qu’elle sera la digne compagne de ma nouvelle expédition. Passé la surprise d’une position peu habituelle pour moi, j’ai trouvé son utilisation agréable à tous les régimes et sa souplesse très agréable. Elle est assez basse de selle et bien équilibrée pour se sortir de bien des situations, avec un moteur suffisamment relevé pour ne pas paniquer face à la première surélévation de la piste. Seul ses pneus m’inquiètes un peu, avec un choix large, pas toujours évident sur sol instable, et dont les pneus manquent encore un peu chez les fabricants. Mais comme toujours, une fois partie, tous ces points ne seront que des détails. C’est ensemble que nous irons au bout de l’expédition et je n’ai pas de crainte que nous y parvenions ! Reste maintenant à l’équiper complètement…. Avant de pouvoir partir sereinement… dans une semaine maintenant !

vendredi 17 juin 2011

Lancement de l'expédition et Pique-nique de départ

Le grand départ de l’expédition Les routes persanes est pour très bientôt. Les derniers préparatifs sont en plein rush et les équipements commencent à arriver.

Afin de lancer dignement cette expédition, comme lors de Back to Japan, nous vous invitons tous à un « pique-nique à la bonne franquette » à la Villette (voir ci-dessous le lieu exact), le samedi 25 juin, entre 12h00 et 16h00. Métro Porte de Pantin. L’occasion de rencontrer Mélusine qui nous racontera ce nouveau périple et de voir la fameuse moto Crossrunner déjà toute équipée, prête pour les 25’000 kilomètres qui l’attendent. Bienvenue à tous !

Le départ réel de l’expédition se fera le lendemain. L’expédition sera alors à suivre en ligne, via les cartes et le site Internet www.melusinemallender.fr... et bien sur ici, sur Moto Magazine ! www.melusinemallender.fr

samedi 11 juin 2011

Bientôt le départ de l'expédition "Les routes persanes"

Durant l'expédition Back To Japan 2010Bonjour, dans quelques jours, je donnerai les premiers tours de roues de ma prochaine expédition à moto : durant 4 mois en boucle de Paris à Paris, je vais effectué environ 25'000 kilomètres en passant par le Moyen-Orient (Iran, Turkménistan, Pakistan, Turquie), l’Asie centrale (Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizstan, Kazakhstan…) et bien entendu l'Europe. Cette expédition "Les routes Persanes", est le deuxième volet d’une autre expédition que j'ai menée l’an dernier de Paris à Vladivostok, également en solo avec une moto Honda Varadero 125cc (voir cette expé ici.) Le but, outre une superbe aventure à moto sur des routes, pistes et chemins très variés, est d'aller me rendre compte sur le terrain de la réalité de ces pays et des conditions de vie, en particulier pour les femmes. La moto, symbole de liberté, est en effet une manière fabuleuse de rencontrer des gens sur place, souvent intrigué par l'arrivée d'une fille seule à moto. Je pars cette année avec le dernier modèle de Honda, le V4 Crossrunner, qui sort à peine des usines, Ce sera ainsi le premier voyage au long cours pour ce nouveau modèle. Vous pourrez suivre cette aventure sur ce blog de Moto Magazine, et sur mon site Internet www.melusinemallender.fr.