Alors, voilà. Il paraît que depuis le 1er juillet dernier on doit avoir par devers soi un éthylotest dès lors qu'on est au volant d'une caisse ou au guidon d'une bécane de plus de 50 cm3. C'est dingue tout ce qu'on fait pour la sécurité routière dans ce pays, quand on y pense. J'en suis tout ébaudi, parole !

Mes pensées émues et admiratives vont vers les auteurs de cette initiative si géniale, n'ayons pas peur des mots. Fallait oser, non ? Allez, ne dites pas le contraire. Vous n'y auriez pas pensé. Sauf, évidemment, si vous êtes VRP en éthylotests ou si vous pédégez une entreprise qui en fabrique. Mais à part ces cas extrêmes, que dalle ! Personne d'un peu sensé n'y aurait pensé. Et c'est là qu'on voit affleurer tout le génie de nos technocrates. C'est payé combien avec nos impôts un (haut) fonctionnaire de la DSCR ? Un max, non ? Sûrement. Il doit y en avoir eu une belle palanquée qui de réunions de service en réunions de secouement de neurones, avec l'aide des pédégés cités précédemment, en est arrivé à cette évidence : "pour lutter contre l'alcoolisme - surtout au volant - chaque citoyen de ce pays devrait posséder un éthylotest. Allez, zou ! Ça s'arrose, tiens !" C'est dire si un truc de rien du tout qui est censé être vendu entre 1 et 2 €, nous a déjà coûté bonbon, rien que là !

Mais c'est ici que l'émotion m'étreint. Ça va être le double effet "kiss cool" car vu le nombre d'éthylotrucs qui va être vendu, ce sera le jackpot pour les fabricants et les importateurs. Génial, non ? Et pour tout dire, on peut même parler de triple effet puisque ces anodines petites choses sont périssables. Si ! Dingue, non ? Du coup, on va être un paquet à se prendre des prunes à 11 € pour non détention d'un accessoire de sécurité obligatoire valide. Ben si ! Comme on est heureusement assez nombreux à ne pas boire d'alcool quand on conduit, on ne va pas trop s'en soucier, nous, du machin. Et c'est là que le piège machiavélique va se refermer sur notre innocent civisme : on se croit exemplaire alors qu'on est désormais un délinquant de la pire espèce. Ne me dites pas que ce n'est pas du génie ! Ça tient quasiment du divin, en fait.

On comprend la mine réjouie des cadors de la DSCR. C'était touchant. Leurs yeux brillaient comme ceux d'une poule qui vient de trouver une fourchette. Pour certains, on croirait à l'aboutissement d'une vie. C'est peut-être le cas, d'ailleurs. Alors, l'image d'un bonheur simple comme celui-là, faut pas y toucher. C'est trop beau. Ce serait trop cruel de leur dire que, une fois de plus, car ça arrive souvent, ils sont à côté de la plaque. Surtout pas ! Ils sont toujours contents d'eux, ces gens-là et, finalement, leur bonheur est un rayon de soleil dans nos jours si gris...

Nan, je rigole !

A moins qu'on me l'offre, auquel cas il serait impoli de le refuser - et ce d'autant plus qu'il sera de toute façon payé avec nos impôts - je ne ferai pas l'acquisition d'un éthylotest. Ni pour la caisse ni pour la moto. Je sais, ce n'est pas très civique comme comportement. J'assume. Car, voyez-vous, je commence à être très fatigué des idées géniales des gens de la DSCR et de leurs copains, toujours satisfaits d'eux-mêmes et toujours sourds aux propositions de qui n'a pas le privilège d'appartenir à ce gotha. Ce sont des clowns sans talent qui ne font rire (mais jaune) que par leur incompétence et l'imbécilité de leurs décisions.

Alors, pas d'éthylotest. Pas de brassard jaune. Je conserve sur un appareil les emplacements des radars que j'ai collectés et je continue de relever ceux des nouveaux que je croise sur ma route. Personne ne peut me l'interdire quand bien même une loi scélérate prétendrait m'enlever cette liberté. De même que personne ne peut m'interdire d'en parler avec mes amis. C'est ma façon à moi de résister à cette politique répressive et liberticide ainsi qu'à cette bande de rigolos incapables et de leur dire que je les emmerde.

Sans ostentation mais avec conviction !