Ce qui suit est une histoire véridique, qui date de l’été dernier. Justement les beaux jours reviennent, alors gaffe…

23 Août 2011, milieu de matinée, plusieurs départements en alerte orange canicule. Le soleil brille sur la Haute Loire. Probablement dernière virée de l’été avant de reprendre le travail. Avec ma passagère préférée direction les gorges du Tarn pour faire trempette et se régaler des paysages toujours merveilleux de la Lozère. Fin d’après-midi, route du retour après une belle et bonne journée conforme à nos attentes. La nationale 88 entre Mende et Pradelles est superbe, ça tourne, ça serpente entre ruisseau et rochers, les motards du coin l’adorent. Il y a cependant un bon et beau bout droit après L’Habitarelle, légère montée, bon revêtement, visibilité parfaite…Quelques kilomètres plus tard, un Gendarme au milieu de la route me pointe du doigt et m’invite à me garer sur une petite route qui part à droite ??!! Formules rituelles…Gendarmerie Nationale…vitesse excessive… vous avez les papiers du véhicule ?... Questions classiques et légitimes du conducteur, je me suis fait contrôler où ? Par qui ? Nous sommes deux sur la moto et n’avons absolument rien vu, vous deviez être sacrément planqués ajoute la passagère ?… Non madame seulement cachés rétorque l’homme de loi (texto), juste après l’Habitarelle, voiture perpendiculaire à la route, jumelles… Vous reconnaissez ? Non bien évidemment, impossible de connaitre ma vitesse à cet endroit, probablement trop vite (par rapport à la vitesse ‘légale’) mais combien ? Mais pourquoi vous êtes précisément à cet endroit absolument pas dangereux ? Et pourquoi cachés ?… Pour toute réponse : ma collègue va s’occuper de vous, dirigez-vous vers son véhicule. Je patiente, 2 automobilistes avant moi. C’est mon tour je tends en paquet les documents d’usage, le permis de conduire est dans le tas, la photo n’est pas d’hier. La blonde à queue de cheval prend le tout, et tapote sur son ordinateur embarqué pendant quelques minutes. A aucun moment elle ne me regarde. Elle me pose la question rituelle : vous voulez signer ? Je réponds que non et de très mauvaise humeur lui indique de faire envoyer la note à mon adresse par le système automatique… Elle ne rajoute mot, me rend ensemble les documents comme je les lui avais remis, elle ne m’a toujours pas regardé. Je me dirige vers ma moto pour reprendre ma route, me retourne et la houspille…vous pourriez arrêter le moteur de votre véhicule, ça pue, ça pollue, vous gaspillez du carburant très cher que les contribuables payent…pas un mot, elle ne m’a toujours pas regardé.

Qui ces deux braves Gendarmes ont-ils arrêté ? Un délinquant, un voyou, un dangereux chauffard, un qui se croit plus malin que les autres ? Un jeune, un plus âgé, un brun, un blond, peut être un chauve? Impossible à préciser, aucun d’eux n’a regardé mon visage, et pour cause, pendant toute la durée de la scène je n’ai pas quitté mon casque, ni mes lunettes de soleil, ni dénoué le foulard autour de mon cou…finalement ils ne savent pas qui la conduisait cette moto !

On est tombé bien bas ! Le gendarme à peur du contrevenant ? Non pas forcément peur, plutôt honte de ce qu’on lui impose… Il se cache, il aligne dans le viseur son concitoyen comme un ennemi en temps de guerre (Je ne supporte pas l’idée que l’on puisse me mettre en joue avec un engin fusse un radar). Puis il baisse les yeux et regarde ses chaussures ou son écran d’ordinateur. Je ne supporte pas l’idée de n’être dans le pays des droits de l’homme, de la liberté, de la fraternité, finalement qu’un véhicule en infraction avec un carnet de chèque au guidon. Je veux que l’on me regarde dans les yeux en m’expliquant que j’ai commis une faute… je ne veux pas ressentir cet affreux sentiment de rage devant l’injustice et le mépris. Je veux que l’on me respecte pour avoir, sans que l’on me le demande, la prochaine fois, envie de retirer mon casque.

Trésor.