Ce weekend end je suis allé à la ‘Fête de la Bière’…

Ça faisait des années que je ne m’y étais pas rendu, contraintes familiales et obligations professionnelles ne me permettaient pas de disposer des trois ou quatre jours nécessaires à mener à bien cette immersion dans un univers tellement particulier…

Majorité très largement masculine, pas franchement de prédominance d’une tranche d’âge, toutes les générations adultes de 18 à 60 ans semblent également représentées. Dégaines et tenues vestimentaires assez semblables. Les couleurs dominantes, les matières utilisées et les coupes des vêtements font terriblement penser à une petite armée en uniforme, impression seulement contrariée par quelques énergumènes au look délibérément anachronique, arborant des tenues aux couleurs vives éventuellement parsemées d’inserts fluo histoire d’encore mieux se faire remarquer. Un observateur avisé ne pourra manquer de relever qu’une grande majorité des fêtards porte un gobelet attaché à la ceinture. Ceux pour lequel cet indispensable attribut n’est pas à la ceinture le portent alternativement de la bouteille à la bouche pour le débarrasser du breuvage qu’il contient. Vous l’aurez compris, ça picole sévère. Vous me direz que probablement on y va pour ça à la fête de la bière…Probablement vu le nombre incalculable de types ivres morts dormant à même le sol… vu la foison de gugusses grisés au-delà du raisonnable, débraillés, torses nus malgré le froid glacial de ce 15 avril, pantalons souvent en bas des jambes, hurlant des insanités en exhibant leurs fesses pour les moins saouls et leur sexe pour les plus bourrés…

Pour tenter d’animer un peu les réjouissances et intéresser les participants à d’autres choses que la bringue et la boisson, les promoteurs avaient eu la bonne idée d’organiser une course de moto. Pas n’importe quoi, pas une petite réunion d’amateurs du dimanche avec des brêles improbables bricolées dans la cuisine. Une vraie compétition avec des vrais bons pilotes de standing international, des artistes, des génies du pilotage aux guidons de bolides de rêve aux performances extraordinaires. Une course de 24 heures de renommée mondiale, le Bol d’Or ça s’appelle… Eh bien vous me croirez si vous voulez mais les tribunes étaient quasiment vides en comparaison du nombre de billets vendus. Même pour assister au départ ou au premier gros freinage à Adélaïde les gradins n’étaient pas pleins alors qu’il y avait près de quarante-cinq mille personnes sur le site… c’est à vous dégouter d’essayer d’intéresser le blaireau à autre chose qu’à l’autodestruction. Quelle image déplorable… Quels dégâts… Et même s’il s’agit d’une minorité, comment convaincre, demain, le policier que nous demandera de souffler dans le ballon, que le motard est sobre et raisonnable… Comment convaincre, demain, ses détracteurs, que le sport moto intéresse le plus grand nombre… Ils étaient plusieurs dizaine des milliers ce weekend à Magny Cours et si la course n’avait pas eu lieu, des milliers d’entre eux ne s’en seraient même pas rendu compte. Je me suis fait contrôler plusieurs fois en sortant du circuit, je suis resté silencieux. Ce weekend, je n’étais pas fier d’être motard.

Trésor.