Les intégristes du tout répressif et de la vitesse seule responsable,
les obstinés défenseurs de la réduction des vitesses maximum sur nos routes et autoroutes utilisent à l’envie un chiffre astronomique de 25 milliards d’euros pour qualifier ce qu’il est convenu d’appeler l’insécurité routière.
Cette somme qui représente près de 1.500.000 fois le smic annuel est systématiquement opposée à la recette des radars (environ 713 millions en 2013 soit 35 fois moins!) toujours avec dédain et de manière péremptoire… genre : que sont vos 713 millions alors que l’insécurité routière coute chaque année 25 milliards au pays ?!
Argument massue s’il en est qui laisse sans voix l’interlocuteur déstabilisé par l’énormité de la comparaison.

Scandaleuse escroquerie intellectuelle d’opposer ces deux données…

D’un côté nous avons affaire à une vraie recette. L’argent des amendes liées aux radars et au contrôle sanction automatisé 713 millions d’Euros pour 2013.
Cet argent est bien soustrait de la poche de l’usager pour se retrouver dans les caisses de l’état.
Impôt volontaire comme le qualifie l’inénarrable docteur LAUWICK, membre du CNSR…

De l’autre une évaluation, réalisée chaque année par les techniciens de l’ONISR depuis 2003, ayant pour objectif de qualifier et de valoriser sur la base de statistiques et de moyennes ce que représente, en Euros, les accidents de la circulation (coût social, coût individuel, coût d’une vie, coût moyen d’une hospitalisation longue et courte, coût des dégâts matériels etc…).
S’il est correct de parler de cout de l’insécurité routière il est en revanche parfaitement malhonnête d’utiliser cette donnée comme s’il s’agissait d’une charge au budget de la nation. L’ensemble de ces coûts est réparti entre les agents économiques du pays, certains d’entre eux, bien que valorisés, ne donnent même pas lieu à un échange monétaire…

Même dans le mensonge, mesure il faut garder !

Alors la prochaine fois que Chantal P, le Professeur G, le Docteur L, le Député J ou tout autre manipulateur bien campé sur ses certitudes vous jettera cet argument à la figure, demandez-lui de préciser les principales lignes budgétaires composant cette somme rondelette et éventuellement au budget de quel ministère ces dépenses sont inscrites ?
Pour faire bonne mesure, il serait utile de leur communiquer la synthèse suivante *

En 2010, dernière statistique connue, la route a payé à l'État et aux collectivités locales environ 35 milliards d'euros de taxes spécifiques. Sur cette somme, les prélèvements sur les carburants ont représentés à eux seuls 80 % des recettes, soit pas moins de 28 milliards d'euros. Bref, une excellente affaire pour un État glouton…... À ce confortable bilan, il est bon d'ajouter 20 milliards de recettes supplémentaires venant de la TVA sur l'automobile, de la contribution territoriale sur l'achat et l'entretien des véhicules et encore des carburants.

Cette mise au point aura deux vertus majeures, la premières éclairer leur lanterne, la seconde leur faire poliment comprendre qu’il ne faut pas répéter n’importe quoi, n’importe comment et sans avoir compris !

Trésor.

*Publiée sur le point.fr le 23 08 2012 sous le titre : ‘taxes sur les carburant, l’Etat joue à qui perd gagne’