Le calme ou la tempête ?
Par tresor le samedi 7 juillet 2012, 09:22 - Lien permanent
A la radio ce matin le chroniqueur commente la presse du jour.
Ecole, politique, économie, société… manifestement le gouvernement en place depuis un mois et demi à mis sa patte sur la majorité des sujets. Des positions sont prises, des mesures annoncées, ça bouge.
Puis vient le sujet classique en ce début juillet des départs en vacances avec l’incontournable prévision de Bison Futé qui nous indique la couleur du jour sur la route. Enchainement sur la sécurité routière, la vitesse, le nombre de radars toujours en augmentation…le tout validé par le très bon chiffre de la sécurité routière du mois de juin par rapport au même mois de l’année passée (Comparaison ridicule et sans aucun intérêt mais utilisée jusqu’à satiété lorsqu’elle est favorable).
Ce sont les mêmes messages, les mêmes mots, les mêmes clichés que ceux utilisés depuis des années.
Immuable, tel un mastodonte caparaçonné la Sécurité Routière avance droit devant, sourde au grondement des usagers fatigués de l’amoncellement des mesures aussi stupides qu’inutiles, aveugle aux signaux des associations de défense, insensible à la crise et à son cortège de mauvaises nouvelles qui mine le morale des citoyens et amaigrit leur portemonnaie.
L’histoire sans fin, le Père Ubu dans un roman de Kafka, Sisyphe et son rocher… Je ne sais plus quelle métaphore utiliser pour illustrer mon ressenti à l’écoute ou la lecture de ces informations.
Colère, incompréhension, trahison, frustration, mépris, dédain, dégoût… Tout ça, un peu, beaucoup, tout mélangé.
Ce n’est pas possible, ça ne peut pas continuer comme ça, où est la limite, le point de rupture ? Quel sera le catalyseur ? Combien de couches au mille-feuille avant qu’il ne s’effondre ?
Et si on se trompait, si nous, les ‘en colère’ n’avions pas raison ?
La majorité des usagers de la route accepte cette politique ou tout du moins s’en accommode. Globalement c’est une politique de merde mais individuellement on ne s’en sort pas mal, un ou deux PV dans l’année, le stock de points qui oscille entre 10 et 12. Pas spécialement convaincu que le radar est efficace mais si tout le monde le dit ça ne peut pas être complètement faux. Pour le gilet jaune et le triangle, on n’a jamais été contrôlé, l’éthylotest ce sera pareil, on va pas se mettre la rate au court-bouillon pour deux euros ! Un statu quo c’est établi, on paye sa part au racket mais on a la paix, tout en conduisant on peut téléphoner, lire ses SMS, fumer des pétards et ploter les cuisses de sa copine…Finalement on ne va pas se révolter juste pour le principe, simplement pour des valeurs dont on se moque quand on peut s’en affranchir, notre quotidien n’en étant pas affecté. Et si d’autres en souffrent qu’y pouvons-nous ?
Changement de vocabulaire, maintenant c’est lassitude, lâcheté, égoïsme, intérêt, personnel… tout ça un peu, beaucoup, tout mélangé.
Alors finalement, se révolter ou s’adapter ?
C’est l’heure du choix parce que en matière de sécurité routière, le changement c’est surement pas maintenant !
Trésor

Commentaires
Bien le billet. Agréable à lire et pertinent, je trouve. J'apporterais bien quelques nuances personnelles (qu'est-ce que la Sécurité routière, cet organisme qu'on a tendance à considérer comme une entité en soi et qui est pourtant composée d'êtres humains qui ne sont pas forcément tous des pro-sécurité-spectacle bornés...), mais j'ai la flemme de développer... et puis je me suis égaré devant l'ordi en pleine soirée entre amis, je vais retourner festoyer, je voudrais éviter de passer pour un gros malpoli :)
Je voudrais juste apporter une précision, à propos de la comparaison des bilans mensuels de la sécurité routière d'une année sur l'autre : elle est toujours, jusqu'ici, avec les précédents gouvernement depuis que Chirac a décrété la sécurité routière "grande cause nationale", utilisée à satiété, même quand elle est "défavorable". Quand les chiffres sont bons, la politique appliquée fonctionne, les gens ayant compris le message ; et donc il faut continuer (à poser des radars par exemple !). Quand les chiffres sont mauvais, ce n'est pas que la politique ne fonctionne pas, mais que les gens se sont relâchés, pour des raisons variables ; il faut donc renforcer la politique en question (en annonçant de nouveaux radars, par exemple). Bref, jusqu'ici, la comparaison des bilans n'est jamais défavorable. Reste à voir si, avec le nouveau gouvernement, la Sécurité routière conservera son fonctionnement, donc son type de communication, lénifiant et moralement douteux. J'oscille entre espoir et absence d'illusion.
Allez ! Ciao !
@Trésor
Je sens une certaine lassitude dans tes propos, c'est le temps des vacances, si tu pensais à autre chose? Mais comment faire, même en vacances il faut prendre ou partager la route. C'est déjà un choix "Cornélien"!
Ta légitimité c'est ta croyance et ta vérité c'est ta pratique.
Ne cherche pas à convaincre à tous prix, essaie de mettre en accord ta pratique et tes idées et si c'est incompatible évalue bien le prix de tes idées et de tes actes. Le temps des soldes et des rabais est arrivé! La vie n'est que compromis, bon choix!
Surtout bonne route.
Les révoltés ne sont pas morts... Ils bandent encore ! Et sont plus nombreux qu'avant. La ligue des conducteurs, 40 millions d'automobilistes... Courage !
Arffff.......remontes quelques 'un de tes billets et relis ce que je te disais à propos de la clique d'énarques unis pour une même cause, s'assurer (et non assumer) le pouvoir......leur sul but, et il est atteint, avec les mêmes règles du jeu depuis des décennies......alors pourquoi veux tu que cela change ?
Allez, mets toi au diapason, un zest d'égoisme, zappes ces enfoirés et passes de bonnes vacances.........hors de France si tu peux.
Je ne pense pas qu'il faille baisser les bras.
Résignation ? pas vraiment, si je regarde autour de moi coté automobilstes, quasi personne ne croit que la radarisation a à tout va n'a d'autre but qu'un but financier.
peut-être nanard. Mais si personne ne bouge, ça nous fait une belle jambe. C'est tout le principe des dictatures, et par le passé des monarchies : tout le monde est convaincu que le système n'est pas bon, mais tout le monde attend que les autres fassent le premier pas (voire l'ensemble du parcours).
@Fred
C'est qui le "dictateur" le nouveau "Gérondeau" ou le nouveau "président"?
Une dictature c'est d'abord un dictateur!
En Syrie pays bénit des dieux ils n'ont pas osés imposer la loi des 100 cv, la rustine fluo et l'éthylotest accroché à la mitrailleuse! Quel beau pays!
Quelle est ta légitimité pour oser dire que nous sommes en dictature? Déjà si tu peux l'écrire.........
toujours des problèmes de lecture cher Motosapiens. Après m'avoir attribué "la route m'appartient", voilà que j'ai écris "nous sommes en dictature". De la lecture à l'interprétation, il n'y a qu'un pas...
Tout à fait d'accord sur la comparaison de la sécurité routière avec un mastodonte, indifférent a ce qui l'entoure. Cette politique est sourde aux résultats, aux avis exterieurs, aux évidences même. Elle n'écoute que le petit groupe intérieur qui est noyauté par des extrémistes, dont le but est obscur sinon l'abolition des moyens de transport et le retour à un âge médiéval.
A mon humble avis, tout le temps qu'on passe en manifestation et contestation est inutile, on se trompe. Ces gens là seront enfermés dans leur conviction, jusque dans leur mort. Il serait temps d'user des mêmes stratagèmes et d'infiltrer la sécurité routière avec des hommes convaincus qu'une autre politique est possible. Çà fait des lustres qu'on essaye de les convaincre, au bout d'un moment, nous aussi on doit changer notre stratégie.