A la radio ce matin le chroniqueur commente la presse du jour.

Ecole, politique, économie, société… manifestement le gouvernement en place depuis un mois et demi à mis sa patte sur la majorité des sujets. Des positions sont prises, des mesures annoncées, ça bouge.
Puis vient le sujet classique en ce début juillet des départs en vacances avec l’incontournable prévision de Bison Futé qui nous indique la couleur du jour sur la route. Enchainement sur la sécurité routière, la vitesse, le nombre de radars toujours en augmentation…le tout validé par le très bon chiffre de la sécurité routière du mois de juin par rapport au même mois de l’année passée (Comparaison ridicule et sans aucun intérêt mais utilisée jusqu’à satiété lorsqu’elle est favorable).

Ce sont les mêmes messages, les mêmes mots, les mêmes clichés que ceux utilisés depuis des années.
Immuable, tel un mastodonte caparaçonné la Sécurité Routière avance droit devant, sourde au grondement des usagers fatigués de l’amoncellement des mesures aussi stupides qu’inutiles, aveugle aux signaux des associations de défense, insensible à la crise et à son cortège de mauvaises nouvelles qui mine le morale des citoyens et amaigrit leur portemonnaie.
L’histoire sans fin, le Père Ubu dans un roman de Kafka, Sisyphe et son rocher… Je ne sais plus quelle métaphore utiliser pour illustrer mon ressenti à l’écoute ou la lecture de ces informations.

Colère, incompréhension, trahison, frustration, mépris, dédain, dégoût… Tout ça, un peu, beaucoup, tout mélangé.
Ce n’est pas possible, ça ne peut pas continuer comme ça, où est la limite, le point de rupture ? Quel sera le catalyseur ? Combien de couches au mille-feuille avant qu’il ne s’effondre ?




Et si on se trompait, si nous, les ‘en colère’ n’avions pas raison ?

La majorité des usagers de la route accepte cette politique ou tout du moins s’en accommode. Globalement c’est une politique de merde mais individuellement on ne s’en sort pas mal, un ou deux PV dans l’année, le stock de points qui oscille entre 10 et 12. Pas spécialement convaincu que le radar est efficace mais si tout le monde le dit ça ne peut pas être complètement faux. Pour le gilet jaune et le triangle, on n’a jamais été contrôlé, l’éthylotest ce sera pareil, on va pas se mettre la rate au court-bouillon pour deux euros ! Un statu quo c’est établi, on paye sa part au racket mais on a la paix, tout en conduisant on peut téléphoner, lire ses SMS, fumer des pétards et ploter les cuisses de sa copine…Finalement on ne va pas se révolter juste pour le principe, simplement pour des valeurs dont on se moque quand on peut s’en affranchir, notre quotidien n’en étant pas affecté. Et si d’autres en souffrent qu’y pouvons-nous ?



Changement de vocabulaire, maintenant c’est lassitude, lâcheté, égoïsme, intérêt, personnel… tout ça un peu, beaucoup, tout mélangé.
Alors finalement, se révolter ou s’adapter ?

C’est l’heure du choix parce que en matière de sécurité routière, le changement c’est surement pas maintenant !

Trésor