Il est bien le slogan de campagne du nouveau président de notre république. Il a bien fonctionné puisque qu’il l’a porté à la magistrature suprême. Il est probablement le reflet d’une forte attente des citoyens. Il est assurément le reflet d’une très forte attente des citoyens motards et plus largement des usagers de la route.

« Le changement c’est maintenant. » Mais maintenant c’est quand ?

Parce que en matière de sécurité routière aussi bien sur le volet communication que sur le volet répression on l’a pas encore vu le changement.

Ces derniers jours on a eu la campagne infantilisante et primaire reprise par les médias télévisés et presse écrite autour de l’arsouille et de l’inconséquence du motard lambda qui va, solitaire, mettre fin à ses jours sur les départementales ensoleillées de nos belles provinces.
Puis on a eu la mise en place du premier radar passage à niveau. Cette merveille de technologie va prendre la photo des inconscients qui ne respecteront pas le feu rouge. On veut nous convaincre qu’un vulgaire radar de feu associé à la menace d’une contravention mettrait définitivement fin aux pratiques irresponsables ou à la fatalité qui conduisent au franchissement des signaux ou barrières.
On nous annonce aujourd’hui la mise en service du premier radar tronçon. C’est fort le radar tronçon puisqu’il ne sanctionne plus le dépassement ponctuel de la vitesse légale autorisée à l’endroit d’un danger, mais calcule votre moyenne sur une longue distance. Le côté pervers de la chose c’est qu’il se moque de votre vitesse instantanée le radar et que donc vous pouvez être deux fois dangereux sur un même tronçon. Une fois en allant bien trop vite et une fois en allant bien trop lentement pour compenser. Les moins joueurs seront quant à eux dangereux en permanence puisque le regard rivé sur le tableau de bord, parfaitement inattentifs à leur environnement.

« Le changement c’est maintenant » Mais le changement c’est quoi ?

Parce que toutes ces gâteries étaient dans les cartons, préparées par les anciennes équipes, celles d’avant le changement.
Alors les nouveaux ils n’ont pas vu ? Ils n’ont pas pu arrêter la machine ? Ou bien ils laissent faire parce qu’ils sont d’accord, que ça leur convient, que ça les arrange et qu’ils s’estiment toujours dans la période où l’on peut tout remettre sur le dos du prédécesseur sans entamer sa crédibilité? Ce qui est extraordinaire et qui laisse perplexe sur la volonté de changement c’est que le lancement de l’information est en tous points identique aux anciennes pratiques. Interview de l’indispensable présidente de la ligue contre la violence routière toujours disponible pour cracher son venin, interview du délégué interministériel à la sécurité routière, nouvelle tête mais même discours convenu … Allez hop circulez c’est vendu ! Montée en charge de l’automatisation et du flicage de masse des usagers par captage automatique des plaques d’immatriculation, toutes les plaques de tous les véhicules, même les sages et sans histoire (le fichage des gens honnêtes, ce n’est pas une idée de gauche mais maintenant que c’est là faut pas gâcher!). Discrétion du système qui ne flash pas le contrevenant. Continuité de la sanction automatisée. Montée en charge de la pression et de la répression. Invention d’un nouveau délit –vitesse moyenne excessive - et de nouvelles sanctions…

En matière de sécurité routière et de traitement du citoyen, le changement ne serait donc qu’un concept ? Ce qui compte avant tout, parce que dans l’immédiat il n’y a rien d’autre, c’est l’idée du changement.

Moi président de la république… Moi président… Moi… Je me suis endormi confiant et j’ai rêvé d’un autre monde… L’intérieur, le seul ministère où rien ne change ?… Le réveil va sonner ?