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ISDE 2008 en Grèce

À compter du dimanche 31 août, suivez au jour le jour le déroulement des International Six Days Enduro (ISDE) qui se déroulent cette année à Serres, au nord-est de la Grèce. Six jours d'une course d'enduro par équipe unique en son genre, où la France affiche de sérieuses chances de victoire ! Par Didier Bouard

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mardi 9 septembre 2008

L'album photo : retour en images sur quelques moments forts de la course

ISDE2062mini.jpg Le vainqueur officieux de ces ISDE, c'est lui. Même s'il a profité de l'improbable incident mécanique survenu à Juha Salminen (câble d'accélérateur cassé dans l'ultime spéciale), l'Espagnol Ivan Cervantes avait sorti l'attaque des grands jours. Il méritait bien ce petit coup de pouce du destin...



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Retenez bien ce nom : Ricky Dietrich. Un jeune Américain au pilotage toxique, qui place sa 250 Kawasaki à la seconde place du classement scratch. Si la délégation étasunienne manquait d'homogénéité, elle comptait dans ses rangs quelques pilotes sacrément performants... dont Kurt Caselli, qui a lui fini à l'hôpital avec une mâchoire abîmée et un bon "pet au casque" !










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Sébastien Guillaume a tenu à merveille son rôle de capitaine de l'Équipe de France Trophée. Mieux, il est désormais le seul enduriste hexagonal a avoir remporté deux fois les ISDE ! Le titre provocateur du premier article de ce blog "La revanche des seconds couteaux ?" (le point d'interrogation avait toute son importance) a nourri la polémique sur l'Internet. Il n'empêche. Sans la défection de trois de nos meilleurs pilotes du moment, l'équipe n'aurait pas été celle-ci. Quant à savoir si elle aurait connu le même succès, une seule vérité s'impose : tous les compétiteurs qui ont su saisir l'opportunité qui leur était offerte de participer à ces ISDE étaient sur-motivés. Et ils ont prouvé, si besoin était, que le niveau général des pilotes français est excellent !

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Sur les 5 à 6 spéciales chronométrées courues chaque jour, deux l'étaient sur le terrain de cross de Serres. L'un des rares défauts d'une épreuve par ailleurs très bien organisée par les Grecs.












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La véritable vedette de ces ISDE c'était elle : la poussière. De là à dire qu'elle était à l'origine de toutes les sorties de piste...






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En matière de sortie de piste, voilà justement un Américain qui a fait très fort. Couper les deux côtés dans une même spéciale, ça sent le mauvais repère de freinage !





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Poussière toujours. Chacun y luttait à sa façon, y compris les mécaniciens de l'assistance.







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Les Six Jours, ça use, ça use... Il n'y a qu'à compter le nombre de bleus et autres contusions que porte Christophe Nambotin au soir de la 5e journée pour s'en convaincre. Vivement demain.





ISDE0561mini.jpg Le médecin des Équipes de France, Dominique Savelli (à droite), a suggéré à ses poulains une méthode déjà employée par les rugbymans : le bain de glace après l'effort. Faute de baignoire, on s'est contenté d'une poubelle. 30 secondes dedans, 30 secondes dehors, trois fois de suite. Effet décongestionnant et anti-inflammatoire garanti !

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Tension maximale au moment du cross final, où même les pilotes vont encourager leurs pairs. L'Équipe de France Trophée mène depuis le début des ISDE, mais tout reste encore possible.





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Ultime manche du cross-test final, celle des E1. À trop vouloir en faire, l'Italien Simone Albergoni chute et reste quelques minutes KO. Les Français remportent ces ISDE avec moins de 54 secondes d'avance sur un total de plus de 14 h et 50 mn de spéciales chronométrées !


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Plutôt que de vous montrez la traditionnelle remise des prix (donnée au bord d'une piscine : mauvaise idée...), voilà plutôt ce qui s'est passé après. Les Français sont tous passés à la baille... avant d'y envoyer leurs proches et ceux qui traînaient dans les parages !


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Bien qu'un peu humide, la nuit a ensuit été chaude !

samedi 6 septembre 2008

Un doublé historique !


Si la victoire de nos Féminines semblait déjà acquise, celle de l’Équipe de France Trophée s’est jouée dans l’ultime manche du cross-test de samedi. Jamais encore les Français n’avaient gagné les ISDE à l’étranger : c’est désormais chose faite !

ISDE.Puy.Rossat.jpgAvec une avance de plus de 18 mn sur les Américaines, la victoire semblait d’ores et déjà promise aux Françaises. D’autant que l’ultime spéciale chronométrée de ces ISDE se résumait à 7 tours du circuit de cross de Serres, avec un départ groupé. Sans forcer son talent, Ludivine Puy a pourtant tenu à surclasser une dernière fois ses rivales en franchissant largement en tête la ligne d’arrivée, où bientôt rejointe par ses deux coéquipières elle laissait éclater sa joie.

L’euphorie du clan français allait être de courte durée. Alors que les meilleurs pilotes de la catégorie E3 en étaient au second tour de leur propre manche, Nicolas Deparrois chute dans un virage excessivement arrosé. Il se relève tant bien que mal et tente désespérément de redémarrer sa moto, avant de se rendre compte que la sortie de son pot d’échappement est bouchée. Le temps de sortir ses outils et de repartir, Christophe finit bon dernier et s’écroule en franchissant l’arrivée… dans un état d’épuisement total, avec une côte et une dent cassée !

ISDE.Thain2.jpgDès lors, les Français ont joué leur joker et n’ont plus aucun droit à l’erreur. Rodrig Thain le sait et n’en commettra aucune. Seul Français engagé en E2 et confronté à trois pilotes italiens, il mènera un temps la danse avant de prudemment céder aux attaques d’Alessandro Belometti.



Les consignes données à Jordan Curvalle et Julien Gauthier sont alors des plus simples : ISDE.Curvalle.Gauthier.jpgrestez sur vos roues mais ne laissez pas les pilotes italiens vous distancer excessivement. Des Italiens qui jouent justement leur va-tout sur cette manche E1 et lui impriment un rythme extrêmement élevé. Au point que Simone Albergoni finira par aller à la faute et rester un moment étendu à terre. Jordan et Julien, eux, n’ont pas failli : l’Équipe de France Trophée remporte ces ISDE !

Leur exploit en passerait presque inaperçu, mais nos Juniors finissent eux aussi sur le podium. Et ce en dépit de leur totale inexpérience de cette course si particulière, dont ils se souviendront désormais à vie.

ISDE.Victoire.jpgClassement final

Trophée 1e France, 2e Italie (à 53 s. 59), 3e USA (à 8 mn 20 s. 04)

Juniors 1e Italie, 2e Australie (à 12 mn 13 s. 00), 3e France (à 14 mn 58 s. 31)

Féminines 1e France, 2e USA (à 20 mn 07 s. 67), 3e Suède (à 1h 36 mn 31 s. 32)

vendredi 5 septembre 2008

A 7 tours du but


Les organisateurs grecs avaient clairement annoncé la couleur : cette dernière journée de roulage avant le cross final allait être éprouvante. Elle l’a effectivement été pour l’Équipe de France Trophée, mais plus à cause de la malchance que d’un parcours inédit de 247 km très technique.

DSC_1020mini.jpgDès la première spéciale, Sébastien Guillaume sort un peu trop à l’extérieur d’une courbe et accroche une banderole publicitaire, qui s’enroule dans sa roue arrière. Temps perdu à la débloquer : 1 mn et 40 secondes. Jordan Curvalle s’élance alors à son tour, chute, remonte immédiatement en selle… pour retomber quelques mètres plus loin. Une scène surréaliste qui se reproduira plusieurs fois de suite, jusqu’à ce que son frein avant, probablement bloqué par une pierre, finisse par s’en libérer. Bilan : à nouveau 1 mn et 10 secondes de perdus. Dans le clan Italien, ce coup du sort crée l’euphorie.

DSC_0943mini.jpgMais c’était sans compter sur des Français sur-motivés, qui vont dès lors se livrer à une véritable démonstration de force. Notamment dans la 3e spéciale en ligne, où ils reprennent sans coup férir 40 secondes à leurs adversaires, pourtant spécialistes du genre. Au final, l’Équipe de France, décidément homogène et régulière, finit pour la 5e journée consécutive en tête du classement provisoire. Du jamais vu !

DSC_0940mini.jpgLa mésaventure de Sébastien Guillaume lui coûte toutefois cher au classement scratch, puisqu’il dégringole de la 2e à la 6e place, juste devant Christophe Nambotin. En tête, Juha Salminen, qui a remporté 4 des 6 spéciales de ce vendredi, semble désormais intouchable malgré les assauts répétés d’Ivan Cervantes. À la troisième place apparaît désormais l’Américain Dietrich, dont l’équipe a toutefois perdu une place au classement Trophée, délogée de peu par les Finlandais.

Tout peut encore arriver demain lors des 7 tours de circuit du cross final, où l’on sait notamment les Italiens capables de manœuvres douteuses. C’est dire si dans le clan hexagonal, chacun se garde bien de chanter victoire. N’empêche qu’on voit mal, désormais, comment elle pourrait échapper à Ludivine Puy, Alice Geneste et Audrey Rossat. Si cette dernière à souffert toute la journée d’une tendinite au poignet gauche, elle n’en a pas moins bouclé cette difficile journée dans les temps.

DSC_1056mini.jpgLes Juniors, enfin, se verraient bien sur cette troisième marche du podium à laquelle ils se sont aujourd’hui accrochés avec une remarquable détermination. Après un début de semaine prudent, ils terminent ces ISDE à leur meilleur niveau, sans plus lâcher une once de terrain aux Australiens, toujours seconds. Seulement voilà, Yannick Bossi a bien failli être contraint à l’abandon après avoir constaté la casse du moyeu de sa roue arrière. Sur les six pattes qui tiennent le disque de frein, deux sont déjà cassées et les quatre autres fêlées. Les techniciens prédisaient qu’elles ne termineraient pas la journée, mais la mécanique est parfois pleine de mystères… En attendant, la pièce étant marquée et non-remplaçable, Yannick devra rouler demain avec la plus extrême prudence.

Décidément, tout le monde attend ce 6e et dernier jour comme une libération.

DSC_0481.jpg Classement provisoire*

Trophée 1e France, 2e Italie (à 1 mn 21 s. 95), 3e Finlande (à 8 mn 00 s. 93)

Juniors 1e Italie, 2e Australie (à 10 mn 17 s. 23), 3e France (à 13 mn 06 s. 72)

Féminines 1e France, 2e USA (à 18 mn 30 s. 36), 3e Suède (à 1h 35 mn 23 s. 44)

(* sous réserve de validation par le jury)

jeudi 4 septembre 2008

Poussière et coups de chaleur


Le 4e jour des ISDE est traditionnellement celui de tous les dangers. La moto a déjà bien souffert et sa visserie se desserre, alors même que le pilote accuse la fatigue et manque parfois de lucidité. S’ensuivent alors des incidents plus ou moins lourds de conséquence, comme ceux arrivés à Alice Geneste et Benoît Fortunato lors de la séance mécanique du matin.

DSC_2303mini.jpgLa première est repartie sans contrôler la tension de ses rayons et, pire encore, en oubliant de remonter le clip de l’attache rapide de sa chaîne, qu’elle venait de remplacer. Celle-ci a miraculeusement tenu jusqu’au premier CH tandis que la roue arrière, elle, a fini la journée bien mal en point. De son côté, Ludivine Puy a manqué de perdre son disque de frein arrière en liaison. Mais les féminines françaises dominent tellement leur sujet qu’elles restent plus que jamais en tête de leur catégorie, portant même leur avance sur les Américaines à plus de 14 mn !

DSC_2661mini.jpgBenoît Fortunato, lui, a bien failli ne pas pointer à l’heure au départ pour avoir voulu remplacer son pot d’échappement. Lequel, plus récalcitrant que prévu, l’a obligé à emporter dans sa banane les quelques vis qu’il n’avait pas eu le temps de remonter. Résultat : le Junior a perdu sa selle en spéciale, avant de frôler la panne à cause d’une durite pincée. L’équipe, pourtant, a réalisé une très bonne journée, ponctuée de chronos encourageants et de rares chutes. De quoi conforter une troisième place d’autant plus méritoire qu’à la différence des Italiens et des Australiens qui les précédent au classement provisoire, les jeunes Français n’ont aucune expérience des ISDE, qu’ils courent pour la première fois.

DSC_0699mini.jpgL’équipe de France Trophée, enfin, n’a pas été épargnée par les sueurs froides. À commencer par Sébastien Guillaume, qui a carrément frôlé un tracteur en liaison ! La moto de Nicolas Deparrois reste sujette à des problèmes de carburation, tandis que Rodrig Thain a souffert de son bras amoché la veille. De quoi expliquer un mauvais début de journée, que tous les pilotes se sont ensuite appliqués à faire oublier. Au final, leur homogénéité et leur régularité continuent à payer puisqu’ils concèdent moins d’une minute aux Italiens, toujours seconds.

Ces derniers prennent désormais tous les risques pour tenter de reprendre l'avantage. Dans le clan italien, on commence à s'agacer... et à multiplier les gestes et autres tactiques inélégantes. Aujourd'hui, on a ainsi vu le pilote joker de la Squadra tenter de s'imposer devant un Français à l'entrée d'une spéciale, avec l'intention évidente de lui faire manger sa poussière et de le gêner le plus possible. Sans commentaire.


DSC_0858mini.jpgJuha Salminen, lui, n'a pas besoin de ce genre de procédés pour s'installer fermement en tête du classement scratch. Il remporte quatre des six spéciales du jour et compte plus d'une minute d'avance sur... Ivan Cervantes. Littéralement déchaîné aujourd'hui, l'Espagnol a repris la main sur Sébastien Guillaume, désormais troisième à 17 secondes de lui. À noter une nouvelle fois les excellents chronos de l'Américain Nathan Woods, qui remporte les deux autres spéciales de ce jeudi.

À l’évidence, la journée de demain sera d’autant plus déterminante pour nos pilotes que les Grecs annoncent un parcours usant et sélectif.

Classement provisoire*

Trophée 1e France, 2e Italie (à 1 mn 34 s. 78), 3e USA (à 5 mn 02 s. 80)

Juniors 1e Italie, 2e Australie (à 7 mn 35 s. 07), 3e France (à 10 mn 33 s. 33)

Féminines 1e France, 2e USA (à 14 mn 08 s. 44), 3e Suède (à 56 mn 10 s. 18)

(* sous réserve de validation par le jury)

mercredi 3 septembre 2008

Les Français tiennent le choc


Cette troisième journée de course inaugurait une nouvelle boucle de 124 km à parcourir deux fois. Toujours un point culminant à 1 600 m et beaucoup de poussière, mais un parcours de liaison moins usant que la veille. Les chutes en spéciales ont cependant été nombreuses : l'Espagnol Cristobal Guerrero et l'Américain Kurt Caselli ont tous les deux finis à l'hôpital (jambe cassé pour le premier et mâchoire amochée pour le second). Ce qui a bien fait l'affaire de Juha Salminen, qui s'installe en tête du classement au scratch.

DSC_0327mini.jpgTalonnés de bien trop près par les Italiens pour se permettre de relâcher leur effort, les pilotes de l’équipe Trophée ont sorti le grand jeu et aligné d’excellents temps. À commencer par Rodrig Thain, passé de la 10e à la 5e place au scratch à l’issu de l’avant-dernière spéciale. Malheureusement, le pilote TM allait violemment chuter lors de l’ultime chronométrage. « Dans une grande courbe rapide prise à fond de quatre, ma moto est partie en dérive avant de violemment raccrocher. J’ai été éjecté à plusieurs mètres et honnêtement, je me suis fait peur » avouait-il lors de son retour au paddock. Malgré un avant-bras très douloureux, il est tout de même parvenu à remplacer son pneu arrière avant de rentrer sa machine au parc fermé. Celle-ci a finalement moins souffert que Rodrig, qui n’a toutefois rien de cassé et ni perdu trop de temps dans cette mésaventure.DSC_0591mini.jpg





Au final, non seulement les Français restent installés en tête du classement provisoire, mais ils font plus que doubler l’écart qui les sépare des Italiens. La régularité de Sébastien Guillaume, elle, s’avère payante puisque le pilote Husqvarna occupe désormais la 2e place au scratch, à moins d’une minute du multiple champion du monde Juha Salminen.

DSC_0447mini.jpgSi l’équipe Junior italienne apparaît de plus en plus intouchable, les jeunes Français n’ont pas non plus démérité aujourd’hui. Restés au contact d’Australiens pourtant habitués à de telles conditions de roulage, ils conservent leur troisième place et relèguent désormais leurs poursuivants Espagnols et Finlandais à plus d’une minute trente.

Que dire enfin de nos féminines, hormis qu’elles poursuivent leur course en tête et comptent maintenant près de 12 mn d’avance sur les Américaines ? Leur prestation s’assimile à une véritable démonstration de force, qui aujourd’hui permet de commencer à rêver d’une victoire largement méritée.

Classement provisoire*

Trophée 1e France, 2e Italie (à 2 mn 28 s. 84), 3e USA (à 4 mn 48 s. 00)

Juniors 1e Italie, 2e Australie (à 4 mn 53 s. 05), 3e France (à 7 mn 23 s. 34)

Féminines 1e France, 2e USA (à 11 mn 57 s. 02), 3e Suède (à 48 mn 53 s. 69)

(* sous réserve de validation par le jury)

mardi 2 septembre 2008

Des ambitions confirmées

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420 pilotes ont pris le départ de cette deuxième journée de course, qui empruntait exactement le même parcours que la veille. En plus de la chaleur et de la poussière, toujours aussi envahissante, il fallait donc composer avec un terrain de plus en plus défoncé et des ornières parfois vicieuses. Sorte de conditions idéales pour assister au retour du roi Salminen.


DSC_2326mini.jpg Déchaîné par sa contre-performance d’hier, le Finlandais a sorti le grand jeu : sur 6 spéciales, il s’en adjuge une (la 5e) et aligne quatre seconds temps. Qu’on se le dise, le multiple champion du monde reste un sérieux candidat à l’officieuse victoire au scratch, où il se classe désormais en seconde position. Mais le team finlandais, lui, manque de régularité et d’homogénéité pour remonter sur des Américains surprenants d’efficacité.

DSC_0014mini.jpgAprès la démonstration de force de Kurt Caselli hier, ce mardi fut le jour de gloire de Nathan Woods. Ses deux victoires dans les spéciales 1 et 4 confortent son équipe à une troisième place méritée. Et dire que ces mêmes Américains ont failli être privés d’ISDE, le container transportant leurs motos étant arrivé l’avant-veille de la course, après la fermeture des contrôles techniques et administratifs !


DSC_0025mini.jpgAux coups d’éclat, les Français et les Italiens, eux, préfèrent la régularité. Une tactique qui les conforte respectivement aux première et deuxième places du classement Trophée. Mieux, les pilotes hexagonaux ont su augmenter leur avance sur les Transalpins, qui accusent désormais un peu plus d’une minute et six secondes de retard. En grande forme, Sébastien Guillaume occupe désormais la 3e place au scratch, désormais mené par l’Espagnol Cristobal Guerrero (meilleur temps des 3e et 6e spéciales du jour).


Par ailleurs, on ne voit pas qui pourrait venir contester la suprématie des Féminines françaises, qui surclassent littéralement leurs adversaires.DSC_0237mini.jpg Entre les excellents chronos de Ludivine Puy (195e place au scratch), la belle régularité d’Alice Geneste et la pugnacité d’Audrey Rossat – un peu en retrait au chrono mais faisant preuve d’une belle motivation –, ça roule pour les filles. Lesquelles possèdent à présent plus de 6 mn d’avance sur les Américaines, et plus de 41 (!) sur les Suédoises.



DSC_2529mini.jpgLe bilan, enfin, est plus mitigé s’agissant des Juniors français, qui peinent à retrouver leur meilleur niveau et n’ont jamais été en mesure de contester la suprématie italienne. S’ils conservent leur troisième place au classement provisoire, nos pilotes sont à présent sérieusement menacés par les Finlandais, qui ont délogé les Espagnols de la quatrième place.

La faute à la fougue d’Adrien Metge, qui a perdu un temps précieux en chutant violemment lors de la 3e spéciale. Sans trop de mal heureusement, hormis pour sa moto relevée avec quelques dégâts. Si le sabot-moteur, partiellement arraché, a fini par tomber en liaison, la durit de frein arrière desserrée a pu être rapidement réparée. Ce qui n’est pas le cas du phare, dont il faudra impérativement s’occuper mercredi matin lors des 10 mn réglementaires de mécanique précédant le départ.

Fred Lambert, l’entraîneur national adjoint en charge de « coatcher » nos p’tits jeunes, peut néanmoins se rassurer de les voir respecter leurs machines et conserver un excellent état de fraîcheur physique. Car n’oublions pas que les ISDE restent avant tout une course d’usure, où rien n’est encore joué.

DSC_2572mini.jpgL’anecdote de la journée de mardi, enfin, est à mettre au crédit de Frédéric Weill, l’entraîneur national des bleus. Voyant un des pilotes de l’équipe Trophée belge complètement dépité face à son réservoir fendu, Fred a pudiquement tourné le dos après l’avoir autorisé à prélever celui de sa propre Husqvarna. Un échange théoriquement interdit par le règlement (bien que ce genre de tricherie soit des plus courants...), qui a permis à notre Belge de pointer pile à l’heure. Fred, lui, s’est du coup retrouvé en panne à plus d'une dizaine de kilomètres du paddock : plus généreux tu meurs !



Classement provisoire*

Trophée : 1e France, 2e Italie (à 1 mn 06 s. 31), 3e USA (à 2 mn 35 s. 89)

Juniors : 1e Italie, 2e Australie (à 3 mn 15 s. 71), 3e France (à 5 mn 29 s. 32)

Féminines : 1e France, 2e USA (à 6 mn 03 s. 34), 3e Suède (à 41 mn 31 s. 68)

(* sous réserve de validation par le jury)

lundi 1 septembre 2008

Un lundi au soleil


DB20080090114mini.jpgLa journée d’ouverture de ces 83e ISDE a tenu toutes ses promesses. À ceci près qu’en plus de la chaleur et de la poussière, il a fallu composer avec… la fraîcheur en altitude. De quoi éprouver encore plus durement les organismes des pilotes et poser, comme prévu, quelques soucis de carburation à leurs motos.



DSC_0075mini.jpgLes membres de l’équipe de France Trophée, eux, n’ont pourtant pas flanché puisqu’ils terminent cette première journée en tête, reléguant les seconds, les Italiens, à près de 20 secondes. Avec un Julien Gauthier qui s’adjuge le meilleur temps de l’ultime spéciale, un Sébastien Guillaume qui finit troisième au scratch final et un Rodrig Thain qui y aurait figuré en meilleure position encore (7e) si une branche ne s’était pas coincée dans son frein arrière, l’équipe fait preuve d’une belle homogénéité. Demain, en vertu du nouveau règlement, elle partira en tête et imposera sa poussière aux poursuivants.

Deux surprises du côté des autres nations, avec le meilleur temps scratch réalisé par l’Américain Kurt Caselli et la relative contre-performance du Finlandais Juha Salminen. Si l’on savait le premier très à l’aise dans la poussière et le fesh-fesh, le 9e chrono du multiple champion du monde ne lui ressemble guère…



DSC_2307mini.jpgAutre satisfaction chez les Féminines françaises, qui dominent outrageusement leur affaire. Derrière, les Américaines accusent déjà un retard de plus de 3 mn. Sorte d’exploit en partie dû aux excellents chronos de Ludivine Puy (189e temps scratch sur 419 pilotes classés !), mais aussi à la pugnacité d’Alice Geneste et l’endurance d’Audrey Rossat. Laquelle est parvenue a ramener sa moto au parc fermé malgré d’énormes ampoules aux mains.

Les Juniors, enfin, se classent en troisième position derrière les inévitables Italiens et de plus surprenants Australiens. Cette place leur échoit suite à quelques petites chutes sans gravité. Des erreurs de jeunesse qu’ils ont d’ores et déjà à cœur de corriger demain, mais il leur faudra toutefois se méfier des Espagnols qui les talonnent à moins d’une seconde.

Classement provisoire*

Trophée : 1e France, 2e Italie (à 19 s. 92), 3e USA (à 59 s. 04)

Juniors : 1e Italie, 2e Australie (à 58 s. 12), 3e France (à 2 mn 04 s. 47)

Féminines : 1e France, 2e USA (à 3 mn 07 s. 56), 3e Suède (à 13 mn 55 s. 59)

(* sous réserve de validation)

dimanche 31 août 2008

Sous le soleil exactement

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La ville de Serres a accueilli l’ouverture des ISDE 2008 avec une ferveur toute méditerranéenne. Des milliers de spectateurs sont venus rappeler que si la Grèce n’apparaît pas comme une nation forte de l’enduro, la moto compte ici de nombreux adeptes. Lesquels ne manqueront pas de se déplacer à nouveau en masse, ces six prochains jours, pour assister aux exploits de 459 pilotes venus de 33 pays.

La course, en prime, s’annonce aussi palpitante qu’éprouvante. Dans cette région montagneuse située à quelques kilomètres à peine de la frontière bulgare, il n’est plus tombé une goutte d’eau depuis des semaines. À moins d’un miracle, le parcours ne sera que poussière et chemins cassants. Et il faudra également compter avec une chaleur frisant les 40° en plaine sur le coup de midi...

DSC_0043mini.jpgSur place depuis le début de la semaine, les équipes de France sont désormais fin prêtes. En plus des traditionnelles séances de repérage, pilotes et mécanos ont particulièrement dû travailler la carburation des machines, la première spéciale de la journée se disputant à une altitude de 60 m à peine tandis que la dernière est tracée à près de 1 600 m. C’est dire le dénivelé de chacune des deux boucles quotidiennes, dont la longueur varie 118 et 123 km.

Pour Frédéric Weill, l’entraîneur national de la FFM, la bonne gestion des mécaniques et des organismes sera l’une des clés du succès. La stratégie de course définit pour l’équipe Trophée se résume pourtant en une phrase : terminer la première journée en tête. Une modification du règlement prévoit en effet que le leader partira premier le lendemain. Ce qui revient à imposer aux poursuivants un handicap supplémentaire : la poussière.

mercredi 20 août 2008

Joly out !


Après la défection de Marc Bourgeois, Jérémy Joly, de l'équipe Junior, est à son tour contraint de jeter l'éponge après s'être cassé un doigt. Le pilote Sherco sera remplacé par l'un des sociétaires de l'EEAT (Équipe d'enduro de l'armée de terre) : Adrien Metge, sur Husqvarna.

La fin d'une série noire ?

samedi 2 août 2008

Bourgeois out !


Victime d'une blessure au scaphoïde contractée à l'entraînement, Marc Bourgeois a déclaré forfait pour les prochains ISDE. Pire, le pilote Husqvarna, récemment opéré, voit s'éloigner ses chances d'être titré en championnat du monde junior !

Il sera remplacé au pied levé par l'ancien crossman Rodrig Thain, au guidon d'une 450 TM. Ce qui porte à trois le nombre de pilotes officiels de cette petite marque italienne, décidément en vogue.

vendredi 18 juillet 2008

La revanche des seconds couteaux ?


La composition des équipes de France engagées aux prochains ISDE est désormais connue. Et certains ne cachent pas leur déception de ne pas y retrouver trois de nos meilleurs pilotes du moment : à savoir Johnny Aubert, Marc Germain et Fabien Planet.

Le premier avance la meilleure des excuses. En tête du WEC en catégorie E2 (250 cm3 2T-450 cm3 4T), il mise tout sur ce titre de champion du monde qu'il ne veut pas prendre le risque d'abandonner une nouvelle fois au Finlandais Salminen. Se repose alors la question de la date à laquelle vont être organisés ces fameux ISDE, équivalents d'un mondial par équipe alors même que l'autre championnat, individuel celui-là, n'est pas encore terminé. Sachant qu'en Grèce en fin d'été, des températures caniculaires et un terrain cassant ne manqueront pas non plus d'éprouver durement les organismes...

Tréfle lozérien 2005L'excuse de Marc Germain est elle beaucoup plus confuse. Cette année, l'homme souffre quelque peu en WEC catégorie E1 (125 cm3 2T-250 cm3 4T), alors même qu'il a fait des pieds et des mains pour participer à l'intégralité de ce championnat. Les ISDE auraient pu être pour lui une occasion en or de rattraper une saison en demi-teinte, seulement voilà : aussi brillant soit-il, Marco est un individualiste forcené qui n'aime guère ce format de course. Et puisqu'aucune clause de son contrat chez Yamaha ne l'oblige à y participer...

Tréfle lozérien 2005La défection d'un Germain qui, avouons-le, aurait constitué un leader de poids, a sans doute fini de convaincre KTM France de ne pas envoyer Fabien Planet en Grèce. "Puisque les chances de victoire s'amenuisent, ne perdons pas notre temps" semble-t-on s'être dit. Sachant que KTM commercialise tous les ans une version dite "ISDE" de ses motos d'enduro, il n'est pas interdit de penser qu'il y a comme un décalage entre leur stratégie commerciale et leurs ambitions sportives...

Alors, devra-t-on se contenter d'une équipe de France "Trophée" composée de seconds couteaux ? À mieux y regarder, ce n'est peut-être pas un mal. D'abord parce que les pilotes sélectionnés n'en restent pas moins des pointures dans leurs catégories respectives, capables d'une belle régularité et de sérieux coups d'éclats. Ensuite parce qu'il vaut mieux un jeune pilote motivé, n'ayant rien à perdre et prêt à jouer la carte de l'entraide, plutôt qu'un vieux briscard calculateur et venu à contre-cœur.

Notons enfin que chez les Juniors et les Féminines, tous les pilotes pressentis ont répondu présent, laissant présager des sérieuses chances de victoires dans ces catégories !


Composition officielle des équipes de France

Équipe Trophée
Marc Bourgeois (125 Husqvarna), Jordan Curvalle (250 Suzuki), Nicolas Deparrois (250 Gas Gas), Julien Gauthier (250 HM-Honda), Sébastien Guillaume (300 Husqvarna) et Christophe Nambotin (300 Gas Gas)

Équipe Junior
Yannick Bossi (250 TM), Benoît Fortunato (300 Husqvarna), Jérémy Joly (250 Sherco) et Sylvain Lebrun (125 KTM)

Équipe Féminine
Alice Geneste (125 TM), Ludivine Puy (300 Gas Gas) et Audrey Rossat (125 KTM)