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Le blog de Guillaume Chocteau

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Militant FFMC, béhèmiste depuis toujours, militant, militant, militant... Pourquoi la moto serait elle en dehors de toute autre question sociétale telle que l'environnement, l'individualisme, le développement durable, la responsabilité individuelle et collective, le milieu associatif, l'économie sociale, ...? Bin non, ici, elle ne le sera pas !

vendredi 21 août 2015

Une vision libérale du bénévolat portée par France Inter !

Autant évacué la remarque tout de suite, oui, je suis un auditeur de France Inter. J'aime sa diversité de programmes et elle reste accessible à mon cerveau de bas niveau. Ceci étant, je ne peux qu'assister impuissant à sa droitisation depuis quelques années (Début avec les années Val) et son uniformisation philosophique. Pour moi, il y a encore quelques années, elle représentait pleinement la vision d'une radio de service public sur laquelle on allait trouver tous les points de vue à exprimer sur un sujet. On regrettera la diminution de cette volonté. Bref.

Dans la semaine du 10 au 14 août, le "zoom de la rédaction" a fait 5 reportages autour du bénévolat. Super ! Belle initiative que voilà... D'autant qu'en général, ces mini reportages sont intéressants et bien faits. J'ai été rapidement refroidi par le choix des thèmes et la vision libérale adoptée par la rédaction. Voici les sujets traités : - 10/08 : Aider les personnes âgées et isolées - 11/08 : La Croix-Rouge à cheval - 12/08 : Aider les enfants chiffonniers du Cambodge - 13/08 : Accueillir des enfants l'été et en être aussi heureux qu'eux - 14/08 : Sauver les oiseaux dans le massif du Luberon

Pourquoi ? Reprenons un peu la structure du bénévolat en France...

Tout d'abord, voyons comment les gens s'engagent... Dans le tableau ci dessous, issu des études de Recherche & Solidarité, on voit que les engagements bénévoles des Français sont multiples et diversifiés.

RepartitionEngagement.png

R&S fait une distinction entre 4 catégories "d'engagés", quatre profils de celles et ceux qui font vivre les associations : - Ils aident financièrement les associations, mais ne sont pas adhérents pour autant, - Ils adhèrent à une association, mais ne lui donnent pas de temps gratuitement, - Ils donnent du temps gratuitement à une association, mais ne sont pas dirigeants, - Ils sont dirigeants d’une association (membre d’un comité directeur ou d’un conseil d’administration). Ces personnes ont en commun un lien avec le secteur associatif, soit pour le soutenir, sans y adhérer, soit en participant à ses activités, comme adhérent, comme bénévole ou comme dirigeant.

Ce seul tableau permet d'expliquer le principal reproche aux différents "zooms" de France Inter : leur vision de personnes engagées, mais pas dirigeantes. Or, c'est bien connu, on a trop de dirigeants dans le milieu associatif ! C'est la principale difficulté à l'heure actuelle : le renouvellement des équipes dirigeantes. Principalement due à la complexification des responsabilités et des tâches, couplée à la génération Y qui a modifié profondément sa vision de l'engagement (Plus ponctuelle, moins "papa / grand papa"), les instances dirigeantes sont au mieux en effectifs restreints, au pire en équipes sclérosées par une génération refusant obstinément de rendre le pouvoir et accepter la démocratie. Entre les deux, des associations qui tentent d'avoir des gouvernances compétentes, mais qui en général, se retrouvent souvent démunies car les compétences d'un administrateur coûtent chères à faire monter ou ne se retrouvent pas totalement dans la vision "purement bénévole" des engagés. On remarquera également le poids important de l'investissement par l'internet. N'en déplaise à certains ronchons, le cyber-engagement est un vrai engagement, si tant est qu'il soit utile, intelligent et coordonné.

Les donateurs non adhérents donnent de l’argent, au moins une fois par an, à des associations. Ils ne sont pas adhérents pour autant. Ils représentent environ 22% des Français, moins de 20% des hommes et 25% des femmes, selon une proportion qui évolue en corrélation avec l’âge, de 19% chez les moins de 25 ans, jusqu’à 30% parmi les plus de 70 ans. Sans jugement de valeur, il est évident que les membres de ce groupe n’ont pas systématiquement vocation à adhérer un jour à des associations, mais leur intérêt pour elles, au travers de leurs dons d’argent, est un indice utile à prendre en compte.

Les adhérents non bénévoles adhèrent à une association et parfois à plusieurs, quelles qu’elles soient, et ils n’ont pas d’engagement bénévole dans le cadre associatif. Ils représentent environ 23% des Français, d’une manière équilibrée entre hommes et femmes, avec une proportion un peu plus faible parmi les moins de 25 ans, qui bondit entre 25 et 39 ans, se rétracte entre 40 et 59 ans, pour se situer au plus haut, à partir de 60 ans. Les bénévoles non dirigeants ont un engagement bénévole dans une association, dans des fonctions d’accueil, d’administration, d’accompagnement ou d’animation. Ils ne sont pas dirigeants élus au sein d’un bureau ou d’un conseil d’administration d’une association. Ils représentent environ 15% des Français, avec une bien plus forte représentation parmi les hommes (18% contre 13%), et une proportion qui va crescendo, depuis 9% chez les moins de 25 ans, jusqu’à 19% chez les sexagénaires, avec un léger retrait au-delà de 70 ans. Les dirigeants associatifs sont dirigeants d’une association, au sein d’un bureau ou d’un conseil d’administration. L’enquête BVA nous indique qu’ils représentent environ 7% des Français, avec de très grands écarts bien connus, mais très précisément mesurés ici : cette proportion moyenne est exactement doublée chez les hommes (10%), par rapport à ce qu’elle est chez les femmes (5%). Ce groupe est très peu représenté chez les moins de 25 ans (1%), la proportion est maximale entre 40 et 70 ans (9%), et faiblit au-delà. "La France bénévole, les mille et une façon d'agir", 12ème édition - Juin 2015

Les différences sont, sans surprise, les plus fortes sur les relations et les actions : dans le plus grand nombre de cas, elles sont d’autant plus fréquentes que l’on avance en âge. Donc, plus on vieillit, plus on s'investit. Logique ? Surtout, cela vient calmer les ardeurs de nos "jeunistes" qui veulent absolument voir des jeunes (D'ailleurs, qu'est ce qu'un jeune ? Dans le social, c'est 40 ans, dans l'éduc pop, c'est 20 ans !) prendre des responsabilités. Chercher à le faire, ouvrir la porte, mettre en place des actions pour les investir, oui, bien entendu, mais se focaliser là dessus (Bien souvent de façon hypocrite d'ailleurs), non. La tranche d'âge à privilégier pour les responsabilités, c'est plutôt 40 jusqu'à ... ans... D'autant qu'il existe une sorte de cercle vertueux (pour les associations) / vicieux (pour les individus) : Les personnes les plus actives, celles qui s’investissent sous des formes les plus nombreuses, sont par ordre décroissant celles qui participent à un collectif d'habitants, les personnes qui appartiennent ou donnent du temps à un groupe en lien avec une mairie, une école, un syndicat ou un parti politique. Viennent ensuite les dirigeants associatifs, suivis par les personnes qui pratiquent des modes d’actions qui « engagent moins » : des activités entre amis ou voisins, l’adhésion à une association, ou encore l’usage d’Internet. Les donateurs en argent ou en nature sont ceux qui pratiquent le moins de cumul d'actions engageantes (le don + une action quelconque prenant du temps). Le don serait il un moyen d'exonération du temps à passer ? J'en suis pour ma part assez convaincu, c'est un de mes arguments contre le crowdfunding.

N'oublions cependant pas que pour que la volonté d'agir rejoignent l'acte d'agir, il faut plusieurs choses (réparties selon le sexe) : La condition première pour vouloir tenter de changer les choses est d’abord de penser que l’action sera utile : 40% environ, ont tenté d’agir et ont été déçus, ou encore se disent d’avance que cela ne servira à rien. A contrario, une majorité de personnes (60%) ont le sentiment qu’elles pourraient tenter de faire évoluer les choses. Encore faut-il, et elles l’expriment, que certaines conditions soient réunies : croiser une occasion particulière, être dans une situation personnelle favorable ou encore être encouragé par un ami.

De plus, on n'attirera pas les mouches avec du vinaigre ! Il existe des mots clés pour parler aux futurs engagés. Et d'autres en perte de vitesse... SI on parle "citoyen", "engagement", "bénévolat", la représentation ressentie sera positive. Philanthropie, on peut abandonner par contre !

LesMotsMagiquesdelEngagement.png

L'âge joue, bien entendu, mais pas que... On remarquera que les arguments principaux pour s'engager sont la "volonté d'une ouverture sur les autres, des rencontres", de prendre du plaisir, le "sentiment d’accomplir un devoir, d’agir dans l’intérêt général", celui "d’être reconnu comme « capable »" (On évitera les postures paternalistes genre "je vais t'expliquer comment faire !") et des compétences utiles pour mes études ou ma vie professionnelle (D'où l'intérêt de la formation !!). A l'inverse, principalement, ce qui éloignera l'envie de s'engager, c'est des "obligations un peu contraignantes (On abandonne la réunionite, les permanences du samedi,...) et les disputes internes.

Mais ce que je reproche aussi aux émissions de France Inter sur le sujet, c'est d'avoir présenté une vision étroite de la capacité de s'investir bénévolement. Au delà de la responsabilité à prendre (Dirigeants associatifs), la vision présentée est celle de la réparation. L'engagement bénévole ne serait que pour "réparer les dégâts de la société". Vision partisane d'un milieu associatif, exclusivement proche de l'insertion et du social, alors que les secteurs d'activité de l'engagement (même "que" associatif) est plus large : Sport, loisirs, éducation populaire, santé, environnement, arts et Culture, solidarité internationale ou encore défense des droits. Là, on présente des engagements bénévoles dans le social (principalement) avec les petits frères des pauvres, la croix rouge, le secours populaire ou encore une ONG. Les activités de chacune sont essentielles, passionnantes, vitales et ne souffrent d'aucun jugement de ma part. Mais bien souvent, quand on parle de social ou de sanitaire, on touche du doigt la réparation des dégâts du capitalisme. Aurions nous besoin des "restos du coeur" si la répartition des richesses se faisait mieux ? Aurions nous besoin d'ONG pour les enfants si on exploitait pas leur pays ? Aurions nous besoin d'associations d'aide aux chômeurs si le travail était mieux réparti ?

La vision du bénévole au service de la cohésion sociale est trop souvent vue au travers de celles et ceux qui s'engagent pour aider et accompagner les plus vulnérables. Or, la cohésion sociale passe aussi par la citoyenneté, c'est à dire la capacité à exercer son pouvoir politique dans la société. Là encore, c'est à dire la volonté et l'action de faire appliquer, modifier, acquérir, faire acquérir de nouveaux droits pour que la société soit en phase avec les réalités. Cantonner l'engagement bénévole à une vision misérabiliste, c'est accepter la partition de la société : les entreprises créent de la richesse (peu importe comment), l'Etat répare les dégâts en s'appuyant sur la bonne volonté des citoyens. Voir des réussites d'entreprise gérées par des bénévoles, concevoir une autre vision de la gouvernance non pas simplement basée sur l'(a pseudo) expertise techniques, créer de la richesse sur la citoyenneté (une association est un acteur économique, le bénévolat créé de la richesse) et non pas simplement sur la destruction des richesses humaines et environnementales, c'est ce que propose aussi l'engagement bénévole, le milieu associatif et l'économie sociale en général.

Enfin, je pense !

vendredi 14 août 2015

+58 = +19% sur la route, +120 = +33% dans l'eau. Arrêtons l'hypocrisie routière !

Une mort, c'est toujours moche. Une mort par accident, c'est navrant, quelque soit la cause. Mais il semblerait que sur la route, cela soit différent. Peut être à cause des sirènes des associations de victimes. Mais je m'avance ;-)

Reprenons... En juillet, +19% de morts sur la route. Terrible ! Vous imaginez... Euh... Pas beaucoup. En vrais chiffres, cela fait combien ? +58. Ah oui. +58 morts en juillet 2015 par rapport 2014. Mois de déplacements des vacanciers, plutôt beau en plus cette année. Dramatique. Et en boucle, on a eu droit à ce pourcentage dans les médias. Imaginez, +20% !

Les premières victimes sont les conducteurs de deux roues motorisés : 105 ont perdu la vie (+ 57%), soit 30% de la mortalité du mois. S’ajoute un «phénomène nouveau» : la mortalité des plus de 65 ans, «la génération du baby-boom» selon Emmanuel Barbe, qui bondit de plus de la moitié. Les causes sont connues, a-t-il martelé : alcool, stupéfiants, vitesse, infractions au code de la route. En dépit des contrôles et des verbalisations qui n’ont jamais été aussi nombreux, selon lui. «Plusieurs facteurs ont influé sur les déplacements», a-t-il tenté d’expliquer, citant une «météo radieuse» après un juillet exécrable en 2014, les prix bas du carburant ou la «crainte des attentats» et la crise qui ont incité les Français à rester en vacances chez eux. Et au volant. Libération du 13/08/15

Oui, mais 20% de 5000, ce n'est pas la même chose que 20% de 400. Ni même de 70000. Si on compare à d'autres accidents mortels, on relativise le chiffre (Ni la souffrance, ni la perte, ni les conséquences, ....)

Les accidents de la vie courante tuent trois fois plus que la route : 20 000 décès par an en 1999 ! Des chiffres qui baissent, certes, mais lentement : moins 10 % depuis 20 ans. Numéro thématique du bulletin épidémiologique de l'institut de veille sanitaire

Si on fait une répartition (forcément mauvaise), on aurait environ 1665 morts par mois dus à des accidents de la vie domestique (Dans le tiercé perdant des trois premières causes de décès en France, si chacun sait que viennent en tête cancers et maladies cardiovasculaires, beaucoup ignorent qu’en troisième position viennent les traumatismes et accidents qui entraînent bien d’avantage d’années potentielles de vies perdues car survenant souvent chez des jeunes ou des enfants), qui je le rappelle, sont surtout autour des chutes, suffocations, intoxications, noyades ou lié au feu. Même si les chiffres baissent, si le mois de juillet avait vu une augmentation de 19%, c'est 320 personnes qui seraient décédées en plus sur le mois. Qu'aurait on fait ? Interdire les barbecues, les échelles et les chauffes eau au gaz ? Qu'aurait on entendu ? Que le Gouvernement ne fait rien, que les gens ont un comportement irresponsable ?

Si on prend les cirrhoses du foie, c'est 10000 à 15000 décès par an. Si on arrondit à 1000 décès par mois, 19%, c'est +190 personnes ! Et si on prend les noyades [très saisonnier], on sait qu'en 2015, on a sur la même période +20 morts, soit +8%. Dont 2 fois plus de moins de 20 ans. Doit on interdire les baignades ? Mettre un maître nageur derrière chaque touriste mouillé ? Doit on sanctionner les adolescents jouant dans l'eau ?

Bien entendu, mon billet est idiot. Il est idiot car il démontre par l'absurde la relativité des chiffres. D'autres l'ont fait mieux que moi avant. Alors, pourquoi tant de cris quand il s'agit de la route ? Pourquoi tant de passion quand il s'agit de sécurité routière ?

N'a t on pas atteint un seuil indépassable, provoquant à chaque mort en plus, des pourcentages déconnectés d'une réalité des chiffres ? N'est pas tant de changer le logiciel pour tenter autre chose de plus durable, basé sur l'intelligence et non la peur comme le souhaite certains ?

jeudi 28 mai 2015

La FFMC a besoin d’animer et former des cadres bénévoles...

Il est rare que je parle de la FFMC ici. Pour plusieurs raisons d'ailleurs : je n'y suis qu'un militant de base, je n'y ai plus de responsabilité, et surtout, je ne voudrais pas que mes propos soient compris comme une entrave quelconque à la ligne du bureau national Ce qui n'est bien entendu pas le cas ! Mais ce sujet, je l'ai éclusé avec tant de personnes dans le mouvement et ailleurs, que j'ai l'impression que tout le monde sait ce que je pense...

Et d'ailleurs, ce constat n'est pas propre à ce mouvement, mais à beaucoup de réseaux associatifs, syndicaux et politiques. Tout comme il y a une gestion des ressources humaines (salariées), il faut une gestion des ressources humaines bénévoles. Aie... Culturellement, cela vient heurter nos principes d'égalité entre les individus, de démocratie directe et de "génération spontanée" si chère à nos piliers trotskystes... Bah nan, cela ne marche pas comme cela...

Et cette idée, elle me trotte depuis plusieurs années, y compris quand j'avais les doigts directement dedans au quotidien. Comme quoi, je suis constant... Et tellement constant, que cette réflexion, je l'ai eu il y a plus de 10 ans, à une table de pizzeria, après un BN... La discussion avait lieu sur une question lancée par l'un des membres : "si la FFMC était sollicitée pour gérer la sécurité routière des 2 roues par le Ministère des transports, selon les idées et mesures de la FFMC, accepterions nous ?". La question était intéressante et mérite d'être régulièrement posée. De fil en aiguille de la conversation, qui, forcément, a été animée, argumentée et passionnée (Pouvons nous faire autrement ?), j'ai avancé la réflexion durant l'échange d'un soucis de formation politique des responsables.

Je ne pense pas que nous ayons besoin d'une formation technique à ce que mange le CERTU le matin, l'ADEME au goûter... Mais savoir ce que pense un élu de la République, connaître les influenceurs de la sécurité routière, l'histoire de la FFMC, comment dire sans dire tout en disant, ... Ce n'est pas tant de savoir comment parler à la radio que savoir ce qu'on doit dire et comment le dire pour ne pas être interprété, savoir comment évolue les relations de pouvoir au sein de la République, la stratégie, la tactique, ...

Car le technique, on peut aller le chercher sur des livres, des sites internet et il n'y a rien de plus simple à savoir que 2+2=4. Par contre, où trouver le 2 et le 2 pour faire 4, c'est beaucoup plus compliqué. Et savoir à quoi va servir le 4 l'est encore plus. Lors de notre AGO samedi dernier, il y a eu un début de discussion sur la proposition de Japa sur la transformation des sociétaires (Volontaires, informés, ...) de la Mutuelle en adhérents FFMC. Débat lancé il y a plus d'un an... Et qui ne trouve pas beaucoup de retombées dans les antennes réunies en assemblée. Ah, pour savoir à qui va aller la queue de cerise ou le bout de carton... Pourtant, la proposition est fondamentalement politique : veut on ou ne veut on pas devenir une organisation de masse, pouvant accueillir plusieurs dizaines de milliers de 2 et 3 roues à moteurs (Electriques ou pas) dans ses rangs. Et pour quoi faire ? Et pour les emmener où ? Et pour les brandir devant quels yeux politiques ? Avec quelle stratégie ? Quels éléments d'évaluation ? Et si on veut, qu'est ce que cela peut entraîner politiquement en interne ? En externe ? Après seulement, on se posera la question ras-des-pâquerettes de savoir qui envoie la carte et qui reçoit la cerise ! Se poser des questions sur le technique est si simple et facile, cela évite de réfléchir au delà de son propre nombril, de confronter son point de vue avec des arguments avec d'autres copains et de se projeter à quelques années ! C'est rester sur ce qu'on connaît (un peu) et maîtrise (un peu). C'est se rattacher à des éléments qu'on peut presque toucher.

Revenons sur l'animation des bénévoles...

Avant de continuer, il faut préciser que je m'appuie sur trois idées qui me sont chères dans la vie : l'évolutionnisme, le respect des motivations d'engagement et le don/contre don dans le bénévolat.

Premier élément, je DETESTE l'anthropologie évolutionniste.

L’évolutionnisme, en anthropologie, est un courant théorique qui présuppose l'existence de lois immanentes à l'œuvre dans l'histoire humaine.<br> ../.. Pour les anthropologues de cette époque, l'espèce humaine ne fait qu'une, et donc, chaque société suit la même évolution de l'état de « primitif » jusqu'au modèle de la civilisation occidentale.

Cela conduit à penser les sociétés humaines selon l'image de l'étagère. On pose des sociétés sur des étagères et selon qu'elles sont en haut (par exemple), cela induit qu'elles sont plus évoluées que celles en bas. Penser le monde selon cette réflexion conduit à penser qu'une ligne induit l'évolution des sociétés : on est primitif, puis barbare, puis civilisée, puis moderne.

Ensuite, je suis pour le respect (et donc l'analyse) des motivations d'engagement. Il est illusoire de penser que chaque individu au sein d'un collectif bénévole, même militant, s'investit pour les mêmes raisons que son voisin. Le penser, c'est bien, le dire, c'est mieux. Certains iront pour la couleur du papier peint, d'autres pour faire carrière, et d'autres encore pour qu'on les (re)connaisse. C'est humain. Et il faut apprendre à déceler les motivations de chacun à s'investir. Et les respecter ! Il est du rôle des responsables élus de penser cette motivation et de la respecter. Pousser quelqu'un à s'investir au dessus de ce qu'il souhaite, c'est irrémédiablement en faire quelqu'un en souffrance ou de détestable à moyen terme.

Enfin, penser ce qu'il peut retirer de son investissement n'est pas trahir la cause pour laquelle je m'investis. Penser retour induit qu'il y ait eu un aller ! Il faut donc penser au contre don que le bénévole aura reçu en contre partie de son don (de temps, d'argent, de matériel, ...). Non, être bénévole n'est jamais sans retour pour l'individu s'engageant, mais cela prend d'autres formes qu'un salaire. On peut penser formation, apprentissage de techniques, mais il ne faut pas oublier la reconnaissance. Oublier la reconnaissance du geste, c'est ouvrir la porte à la souffrance de l'individu (Comme dans le travail !) et à terme, sa colère...

Ceci étant posé, voici ce que j'avais exposé à mes camarades beuneu de l'époque : Nous avions 5000 adhérents, on pouvait compter 300 militants dans les antennes (les membres des bureaux de 60 antennes de l'époque), de là, on pouvait compter environ 20 cadres en capacité de tenir des organisations nationales. C'était il y a 10 ans... Et ce que le doublement de nos adhérents et (presque) de nos antennes a démultiplié le dernier rapport (On notera l'habile image mécanique !) ?. Je ne le croix pas et l'épisode de 2014 aux assises en est une preuve plutôt évidente.

Il y a nécessité impérative de repérer, identifier et gérer les futurs cadres du mouvement. Et pour cela, il faut sortir de la vision égalitaire du "chacun peut le faire". Non, tout le monde ne sera pas militant national pour plein de raisons (familiales, intellectuelles, professionnelles, ...). Dire qu'un membre du BN a des responsabilités supérieures à un responsable départemental n'est pas faire offense à ce dernier. Et d'ailleurs bon nombre de militants le disent... Sans faire la réciprocité directe de penser le membre du BN en tant que "militant supérieur". C'est d'ailleurs le propos d'une partie des membres du BN : nous sommes à votre disposition, nous sommes ce que vous souhaitez,... Bah non... D'une part, ils sont employeurs (5 salariés), d'autre part, ils sont les interlocuteurs directs des autres structures du mouvement, ils sont responsables légaux des filiales éventuelles (Editions de la FFMC en premier) et quand ils causent à quelqu'un, c'est soit le Ministre, soit le JT de TF1 (ou presque). Et quand ils posent la démocratie, c'est devant 250 personnes, pas 15 au fond d'un troquet. Et on leur pose des exigences qu'aucun responsable d'antenne n'accepterait.

Et pourtant, si je compile mes fondamentaux précédemment cités, voici où je veux en venir :

  • Il existe des cercles d'engagement, allant du "simple" cotisant qu'on ne verra jamais au coordinateur du BN. Et je pèse chaque mot, car j'introduis la différence entre les maillons. Du cotisant au "donneur de coup de main irrégulier", puis du militant occasionnel, puis du membre du CA départemental, puis du bureau éventuel, du coordinateur, du mandataire national, du membre du BN, du trésorier, du coordinateur national... Et il faut respecter les choix de chacun à vouloir, ou non, y aller !
  • Il faut respecter le cercle sur lequel chaque individu a choisi de poser son engagement. Mais lui permettre d'évoluer entre les cercles. Chacun membre du BN a été avant tout un "cotisant simple"... Et on demande à ce qu'il ait été aussi militant départemental. Cela me semble un préalable. Mais pas suffisant... Connaître la gestion d'une antenne de 100 adhérents n'équivaut pas à participer à une direction nationale ! Il faut donc accompagner la possibilité pour chacun de monter en responsabilité...
  • Si on offre la possibilité à chacun de monter dans l'organigramme du mouvement, il y a nécessité que la démocratie fonctionne, au risque d'une prise de pouvoir, ou au contraire, d'un effondrement de la vision politique. On dit souvent qu'on a les élus qu'on mérite... Trop simple, car c'est renvoyer la responsabilité sur le collectif, en s'absolvant (Pas simple ce verbe ! m'étonne pas que ce soit un truc de cureton) de sa propre responsabilité individuelle, et donc de sa capacité à ferrailler pour ses idées. S'empailler pour une idée n'a rien de sale ou dégradant, cela s'appelle la confrontation d'idées, la démocratie,... Pour que la démocratie fonctionne, pour qu'on accompagne correctement ceux qui ont envie, il faut nécessairement mettre en face des contre pouvoirs.

A l'heure actuelle, notre fédération manque de cadres en devenir, on peut le voir dans certaines instances qui peinent à produire une vision stratégique de leurs ambitions. Ce n'est ni la volonté de (bien) faire, ni la capacité à (bien) faire qui sont en cause, mais la possibilité d'emmener les autres sur le même chemin, après l'avoir expliqué, argumenté et décidé collectivement...

Aucune malice dans mes propos, juste une réflexion lancée à mes amis...

mardi 24 février 2015

Sécurité routière... Toujours les mêmes recettes, le lobby de la DSCR a encore gagné !

(Préambule : Yannick Picard m'a tiré les oreilles car je ne m'occupais plus de ce blog... Il n'a pas tort, mais je n'écris pas bcp sur la moto sur mon blog perso. Alors, je fais une copie partielle d'un article paru il y a peu, mais il manque les graphiques car c'est pénible à recoder entre les deux)


Cela fait longtemps que je n’avais pas écrit sur la sécurité routière... Il est vrai qu’ayant quitté le BN de la FFMC, je me sentais moins "concerné" publiquement pour m’exprimer ici. Et puis, l’édito de Dominique Seux sur France Inter mardi m’a fait pensé le contraire 1. En substance, il s’étonnait que les Ministres n’aient pas été plus interpellés que cela par les chiffres et annonces liées à la sécurité routière. Il disait que les grandes figues des partis n’avaient pas dit un mot, que les Ministres, hors Cazeneuve 2, n’avaient rien dit (L’éducation nationale ? Les transports ? Jeunesse et Sports ?). Il indiquait que ce sujet faisait consensus dans la classe politique mais ajoutait juste après qu’on pouvait être d’accord sur les objectifs, mais pas forcément sur les moyens.

Et ça, c’est juste la définition de la POLITIQUE ! Moi, d’habitude, je prends un autre sujet pour cette approche. Je donne l’exemple du chômage : droite et gauche veulent le réduire, mais les partis n’ont pas les mêmes moyens pour atteindre l’objectif partagé. La sécurité routière, c’est pareil !

Les chiffres 2014 ne sont pas bons : +120 morts (+3,7%) par rapport à 2013. C’est triste, c’est dramatique, mais vu la chute qui se produit depuis 50 ans, il faut relativiser car en un demi siècle, les routes ont été 15 fois plus sûres alors que le trafic routier a été multiplié par La première voiture est arrivée en France en 1894. En 1938, on estimait à 1,8 million de voitures particulières pour environ 9000 km / an (Estimation là encore).

En 1970, il y avait 13 millions de voitures. Alors que maintenant, le parc automobile en circulation est estimé à plus de 38,2 millions de véhicules au 1er janvier 2013 3 ! Entre 1938 et 2014, le nombre de véhicules a été multiplié par 21, et depuis 1970 4, multiplié par presque 3 ! Le réseau routier français regroupe plus d’un million de kilomètres de voies diverses, dont 10.950 km d’autoroutes (concédées et autoroutes non-concédées), 9.100 km de routes nationales, 377.000 km de routes départementales et 630.000 km de voies communales et communautaires. Et même si les études montrent que les Français ne privilégient plus leurs bagnoles pour les déplacements longs, les véhicules individuels sont suffisamment nombreux pour encore faire qques morts sur la route.

D’ailleurs, les statistiques de mortalité et d’accidentologie routières parlent d’elles mêmes...

En 30 ans, on a deux fois moins d’accidents, deux moins d’accidents mortels, deux fois moins de tués à 6 jours, 2 fois moins de blessés légers et 4 fois moins de blessés graves. Alors qu’en 30 ans le parc automobile a "gagné" 30% !

(Evolution du nbr de km parcourus et du nbr de tués sur la route)

En vingt ans, le nombre de tués a été divisé par plus de 2, alors que la circulation augmentait de près de 80 %. C’est dans les années 1990 que la courbe de mortalité s’infléchit. Elle correspond à plusieurs faits marquants comme un changement d’axe de communication dans les campagnes DSCR (On passe du "Boire ou conduire, il faut choisir" au "Savoir conduire, c’est savoir-vivre" ou au "Combien de temps allons-nous supporter ça ? Si chacun fait un peu, c’est la vie qui gagne"), mais aussi à la vraie prise en compte de l’usager dans les opérations avec par exemple l’introduction du continuum éducatif à l’école (Délivrance de l’ASSR 1er et 2e, attestation scolaire de sécurité routière) et des changements dans la formation à la conduite : apprentissage anticipé de la conduite, durée et le contenu de l’examen de conduite automobile. Bref, on pense "sécurité routière" et pas que "répression routière"...

Malgré tout, les effets sont principalement dus aux véhicules eux mêmes, car en 30 ans, les véhicules ont su devenir plus sûrs par l’utilisation plus forte de la science : matériaux qui se déforment, airbags, ceintures de sécurité performantes, abs, ...

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Et ceci constitue pour moi l’un des soucis majeur de l’accidentologie des jeunes : peu de moyens, on prend au moins cher, donc les petits véhicules, les plus anciens, les moins côtés,... Donc ceux qui protègent le moins en général. Et quand l’accident survient (quelque soit la raison), le véhicule protège moins que celui que le conducteur plus aisé aura pu se payer. Nous sommes donc inégaux devant l’arbre ou le poteau dans l’accident... On voit rarement le jeune se payer une grosse volvo (même pas dernier cri), mais plutôt une voiture légère... Comparez l’épaisseur des tôles et vous aurez compris l’impact du choix...

Alors, pour qu’un accident survienne, il faut des facteurs déclenchant l’accident. Si mes souvenirs sont bons, il en faut 3 minimum. C’est à dire qu’il faut 3 éléments permettant de déclencher un accident pour qu’en moyenne, un accident se mette en place. Ce n’est donc JAMAIS un seul facteur. Et surtout, il faut qu’il soit DECLENCHANT ! Par exemple, la vitesse n’est pas un facteur déclenchant mais aggravant, le facteur déclenchant sera la perte de contrôle, le nid de poule, l’alcoolémie,... En effet, si on ne roule pas (donc vitesse à 0 km/h), on peut avoir un accident, mais il sera probablement moins grave. Les pouvoirs publics n’informent jamais sur cette notion de facteurs déclenchant, aggravant, préférant parler de "causes" des accidents.

Pour eux, il y en a 4 : - Le sexe du conducteur : les hommes ont plus d’accidents, et plus mortels. En 2001, 75 % des morts étaient de sexe masculin et 65 % des 153 945 blessés étaient des hommes soit un rapport d’incidences hommes/femmes de à 3,1 pour la mortalité et de 1,7 pour la morbidité. Cela peut s’expliquer, entre autres, par des "métiers à route" plus masculins, un rapport différent à "son" véhicule, un rapport à la puissance, ... Mais bon... - L’âge du conducteur : il a une influence sur le degré de perception du risque et sur le type d’accident et le niveau de gravité pour le conducteur. Pour les jeunes, on est dans le manque d’expérience, mais aussi sur la recherche de sensation fortes ou nouvelles, ou l’alcoolisation ou la prise de drogues. Pour les plus vieux, même si ils compensent en évitant le trafic, la vulnérabilité des corps fait que les accidents sont souvent graves ou mortels. - L’état de santé du conducteur ou l’addiction à l’alcool ou à des produits stupéfiants ou encore la prise de certains médicaments : 20 % des accidents mortels en Europe pourraient être attribués à la fatigue ou à l’endormissement, lequel peut être lié à la fatigue, mais aussi à l’alcool, au cannabis et/ou à la prise de certains médicaments (sédatifs, anxiolytiques...), dont en France. Une étude publiée en 1994 a montré que dans le sang de 383 conducteurs responsables d’accidents de la route après avoir consommé de l’alcool, il a été trouvé des benzodiazépines (diazépam, nordazépam, et bromazépam...) chez 52 d’entre eux et des cannabinoïdes chez 31 d’entre eux. - Le degré de surestimation des capacités du conducteur par lui-même : Les psychologues ont montré qu’au xxe siècle en Occident, quand un individus se compare à autrui, il estime presque toujours (et généralement à tort) être plus compétent que les autres et il pense aussi faire plus d’efforts pour éviter ou ne pas provoquer les situations ou événements indésirables. Ce biais sociopsychologique nommé optimisme comparatif semble ancré dans la plupart des pays d’Amérique du Nord et d’Europe ; il s’agit d’une croyance individuelle très répandue faisant que « la majorité des automobilistes se considèrent moins exposés au risque d’accident qu’autrui ». En clair, "le danger, ce sont les autres"...

On voit bien avec les causes que seul l’individu est responsable, aidé en cela par sa perception de l’environnement et/ou de son véhicule.

Alors, les programmes de sécurité routière se bâtissent sur ses causes ! Celui du Ministre Cazeneuve d’avant hier n’y déroge pas... Exemples...

Sur France info, j’ai trouvé une liste assez claire des principales mesures 5. Prenons les...

- Tolérance zéro pour les oreillettes : Les téléphones au volant sont une vaste hypocrisie depuis des années... "Il est interdit de téléphoner sauf en utilisant un kit main libre"... Certes le fait de tenir le téléphone empêche la bonne utilisation du volant, mais c’est surtout l’inattention qui est facteur de danger : On perd 40% de son attention en téléphonant, bref, on ne voit rien ! 6. Mesure plutôt positive si ce n’est que les gros consommateurs de téléphone au volant sont passés au bluetooth et ont lâché l’oreillette depuis longtemps... ("oreillettes, casques et écouteurs seront interdits") - L’alcoolémie autorisée abaissée pour les jeunes : "Les jeunes conducteurs seront contraints à une limite d’alcool de 0,2 g/l de sang (au lieu de 0,5 g/l), soit moins d’un verre d’alcool. Cette mesure concerne les conducteurs ayant moins de trois ans de permis, ou moins de deux ans pour ceux étant passés par la conduite accompagnée". Mesure démagogique ! Pourquoi que les jeunes qui subissent déjà le "permis au rabais de points" 7 ?! Soit on ne tolère aucun alcool au volant, soit on met le même taux à tout le monde ! - Le stationnement interdit près des passages piétons : En ville, plus d’un piéton sur trois tué meurt sur un passage piéton à cause des véhicules garés à proximité et nuisant à la visibilité. Vu le nombre de passages piétons, le nbr de places de stationnement va DRASTIQUEMENT et mécaniquement diminué. Je pense qu’elle ne s’appliquera pas... - Des débits de boissons mieux contrôlés : "Les débits de boissons qui ne mettent pas d’éthylotests à disposition de leurs clients seront davantage sanctionnés" avec risque de fermeture temporaire ou définitive. Alors que la mesure existe déjà, elle n’est pas appliquée... Mesure démagogique. - Les vitres surteintées dans le collimateur : "Selon Le Parisien, 160 000 véhicules s’équipent chaque année de vitres surteintées, qui peuvent empêcher les policiers d’identifier un conducteur sans ceinture ou en train de téléphoner". Je dois vraiment commenter ? 160 000 véhicules sur 38 millions (0,42%) - De nouveaux types de radars : pour qu’ils prennent devant et derrière et ainsi éviter de ne pas prendre le conducteur. Tout droit dans la continuité de la "responsabilité financière du titulaire de la carte grise" 8, on voit bien que l’idée est de plus sanctionner plutôt que de faire ralentir. - Les obstacles dangereux supprimés : le motard que je suis ne pourrait que se satisfaire de cette mesure. Mais je ne crois ABSOLUMENT PAS à sa mise en place pour de simples questions budgétaires (de recensement, de suppression, ...)

Bref...

En fait, je suis d’accord avec Dominique Seux 9 mais le consensus existe autour de cette question. Mais c’est surtout que les politiques ne s’intéressent pas aux moyens d’arriver aux résultats, et laissent donc la réflexion et la mise en oeuvre aux techniciens de la DSCR, qui eux, fonctionnaires de l’Etat, sont là depuis 40 ans... Et leurs idées sont comme les voitures des jeunes : vieilles, moisies et sans épaisseur.

Notes

1 D’habitude j’écoute cet hyper libéral d’une oreille très distraite, mais là... 2 Ministre de l’intérieur 3 Baisse de 1% en 2014 4 La décennie des quadras ! 5 Le dossier complet est sur le site du Ministère de l’intérieur... 6 Essayez de jouer à un jeu vidéo en téléphonant à votre maman ! 7 Qui leur met un épée de Damoclès supplémentaire, et visiblement sans effet !! 8 La délation à la sauce Gayssot 9 Ca me fait mal !

"On a retrouvé la moto de Amedy Coulibaly !"... Ouais... Et alors ?

On a eu le droit en fin de semaine au (quasi) top de la non information... En effet, les journaux ont fait grand bruit du fait qu’on ait retrouvé la moto d’Amedy Coulibaly, le tueur de l’hypermarché casher de la porte de Vincennes.

La belle affaire !

On apprend que

Début février, les enquêteurs ont retrouvé la moto du tueur de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, dans les poches duquel se trouvaient les clés de contact et d’antivol d’une Suzuki GSX-R restée jusque là introuvable depuis la tuerie du 9 janvier. Le Monde

Sachant que le Monde reprend l’info du JDD.

Alors, on se dit en lisant cette information impressionnante, que la moto a joué un rôle déterminant dans la folie meurtrière de Coulibaly. Et donc, on apprend que

Amedy Coulibaly avait laissé l’engin non loin de l’avenue Pierre-Brossolette, à Montrouge, lieu de la première fusillade qui avait coûté la vie à une policière municipale le 8 janvier, Clarissa Jean-Philippe. Le Monde

S’en suit l’information que Coulibaly aurait tenté sans succès de voler un véhicule, puis qu’il aurait réussi à voler une Clio par la suite.

En fin d’article, on voit un peu plus clair sur "l’affaire" ! Amedy Coulibaly aurait demandé à un pote de son quartier d’emmener la moto se faire enlever le traceur antivol. Probablement pour ne pas se faire pister pendant son acte terroriste.

Non, mais de qui se moque t on ? Est ce cela de l’information journalistique ? Cela n’apporte rien dans l’affaire, dans la compréhension de l’acte, dans la réflexion sur le terrorisme ! Cela remplit le site web du JDD et du Monde...

A moins que cela ne soit que pour discréditer les propriétaires de moto ?

mardi 30 septembre 2014

Quand le BN FFMC rencontre le CA AMDM... Forcément...

Samedi 27, j'étais en réunion du conseil d'administration de la Mutuelle des Motards. Après l'épuisement de l'ordre du jour et des participants par le Président, nous avons rencontré le bureau national de la FFMC, comme régulièrement, pour aborder quelques points en commun dans nos réflexions et comme dirait l'autre, "se mettre raccord" !

En images...

Au premier plan, Eric Blanquart (FFMC et délégué du 60), nous regardant, Eric Fouilloux, webmaster de la mutuelle et l'un des deux administrateurs issus des salariés, en face, Antoine Stafelli, administrateur du Jura, derrière Eric, Graciella Jacob, autre administratrice issus des salariés. Debout, Jean Murat, administrateur du 82

Antoine Stafelli et Patrick Cazaux, administrateur du 69... Aussi appelé "les deux vieux du Muppets"...

Au premier plan, Nathanaël, membre du bureau national et futur chargé de mission fédéral. Casque bleu, crinière rouge, France Wolf, coordinatrice du BN, à côté de Thierry Diller, administrateur vosgien. Puis Françoise Valigny, secrétaire générale de la mutuelle et Marc Bertrand, chargé de mission Sécurité routière de la FFMC, et dessinateur de crobards à ses heures perdues (comment peut il lui en rester ?)

Alain Borie, administrateur de Gironde, Ducatiste et épicurien et Patrick Jacquot, Président du CA, Montpellierain sec (A l'heure où j'écris, Montpellier est sous l'eau)

A noter que nous étions accueillis dans les locaux de l'AFDM Pro, nouvelle structure coopérative du mouvement, dispensant des formations en milieu professionnel (d'où son nom !), partageant ses bureaux dans un même et grand bâtiment avec les Editions de la FFMC et la FFMC nationale.

vendredi 12 septembre 2014

Les automobilistes sont des crétins ?

C'est à de se demander si quand un piéton (Nous sommes plus piétons qu'automobiliste ou motard !) monte dans sa voiture, il ne laisse pas son cerveau dans le coffre, au chaud, à l'abri de la poussière et de toute sollicitation rationnelle. La sécurité routière passive des constructeurs en est une preuve, ce que j'ai vécu ce matin encore une autre.

Ce matin, comme tous les matins, je prend la voie sur berge au niveau du pont Aristide Briand, le long du quai Morice (Tout se passe à Nantes). Comme tous les matins, le trafic est soutenu, ça roule, mais c'est soutenu. C'est l'embauche, c'est le centre ville, il est 8h environ. La voie sur berge fait environ 1km et aux environs des 800m après m'être engagé, je vois un semi remorque arrêté en warning sur la file d'en face. Inutile de vous dire que derrière, un petit embouteillage se créé, chacun forçant klaxonnant et hurlant après le chauffeur et les autres automobilistes qui sont aussi coincés qu'eux mêmes. Moi, en citoyen de la route, malgré mon rendez vous dans les 10mn, je mets mes warning, m'arrête 50m avant le camion et indique aux automobilistes coincés derrière le camion de passer, pour décongestionner. 1, 2, 3, 4, puis 10, 15 voitures passent. Je comprends alors que le camion veut reculer car il ne passera pas sous le pont Haudaudine ! Ce n'est pas un petit camion, longue remorque, avec une cabine à l'avant de la remorque. Sa vue est dégagée, mais il a environ 200m à faire en marche arrière, sur une file étroite avec de chaque côté des voitures ou un terre plein réhaussé. Pourtant, il ne peut rien faire d'autres que reculer jusqu'au rond point duquel il pourra repartir dans la bonne route.

Je m'approche de la cabine et lui indique que je vais bloquer la voie et l'aider. Je remonte la voie (en faisant attention aux voitures qui continuent de s'insérer !) et je mets la moto en travers au début du quai Morice. Les voitures bloquées s'écoulent, la dernière passe, le camion recule avec prudence, mais sans obstacle. Les conducteurs sont patients mais ne comprennent pas pourquoi je le fais, cela se voit dans leurs yeux. Le camion recule, il approche du rond point, je change ma place pour aller bloquer l'arrivée des voitures provenant de la rue Gaston Michel (Devant la Gloriette). Eh oui, la remorque doit rentrer sur le rond point pour que la cabine puisse tourner. Là, le bazar est à son comble :) Les conducteurs klaxonnent,, s'impatientent, grommellent de voir un individu casqué bloquer leur trajet vers le graal professionnel... La remorque pénètre sur le rond point, arrachant au passage le garde hauteur de l'entrée de voie] recule, la cabine suit, le conducteur sort, me remercie et moi je file.

La conclusion ? 3 choses. La première est que si je n'étais pas intervenu de la sorte, certes, le trafic aurait retrouvé son calme, mais probablement au bout de bcp plus de temps ! La deuxième est que la citoyenneté sur la route se traduit aussi bien lors d'accidents que lors de panne ou d'ennui ! Nous partageons ce bout d'asphalte pour le meilleur et pour le pire. Aider une personne sur la route, c'est aider la communauté à mieux vivre ce temps bitumeux. La troisième, les taquins l'auront remarqué, est que je n'ai JAMAIS été aidé pendant ces 10 petites minutes, ni par un autre automobiliste, et encore moins par un képi.

Merci aussi aux manifs (FFMC ou non) pour l'apprentissage terrain de la gestion du trafic, le blocage des artères et le self contrôle devant les yeux énervés des bovins...

(Billet avec les photos ici)

mercredi 21 mai 2014

Selle croco pour moto ou système antivol efficace ?

Quand on n’a pas d’argent, on n’a la débrouille. En voici un qui a tout compris !

Selle en croco

J’espère qu’il est bien mort ... Et qu'en pense la rubrique "conso" de Moto Mag ?

mercredi 5 février 2014

Moto Journal tente de récupérer le mouvement des motards franciliens du 01 février ?

Les motards franciliens se sont mobilisés en masse le 1ier février pour exprimer leur mécontentement sur l'avenir du stationnement des 2 roues motorisés dans la capitale. Moment choisi puisque les élections battent leur plein pour les municipales...

Moto Mag a bien entendu largement couvert l'événement lancé par la FFMC. Moto Journal a relayé également de l'info... Et puis samedi soir, en regardant facebook, je suis tombé sur une image postée par Moto Journal qui m'a laissé perplexe sur l'initiative...

Post MJ sur manif du 01022014

Je me suis posé la question suivante "Que MJ rapporte de l'info, voire des photos, ok. Mais qu'il utilise la manif pour gonfler sa popularité sur facebook en alignant les "like", ne serait ce pas un peu manipulatoire ?"

Le seul vrai soutien au mouvement, c'est de prendre sa carte d'adhérent. Ensuite, si vous le pouvez, s'y impliquer ! Faire un "like" sur une page facebook n'est ni engageant, ni un soutien à la cause, c'est juste l'expression d'un point de vue personnel à un moment donné. Alors, en plus, quand ce n'est même pas sur la page de l'organisateur...

Qu'en pensez vous ?

mardi 5 novembre 2013

Le délire des tailles de blousons motos !

Les premières fraîcheurs de l’automne se font sentir le matin, la doublure a été installée ce matin et le pantalon de moto va remplacer le jean devenu trop fin pour les trajets du matin et du soir. Le soleil brillera faiblement dans la journée, mais pour les trajets, éclairage et vêtements spéciaux de rigueur. Et c’est là que je m’aperçois 1 que mon actuel blouson a vieilli. Je change mes blousons tous les 3 ans environ, car ils servent tous les jours, par soleil, pluie, froid et s’usent donc assez rapidement. D’autant que les blousons textile sont moins robustes qu’un cuir 2, mais ils sèchent plus vite après une averse, ce qui est un élément différenciateur fondamental pour moi !

Bref. Je commence à regarder les vestes motos. Oh, je n’ai pas grand choix vu ma corpulence. Avec mon corps en "M" (et non en "V"), la question des tailles se réduit à une simple autre question : "quel modèle entre le A et le B vais je prendre ?". Car si la mode moto est diversifiée et plutôt large, il n’y a que là qu’on apprécie la largeur. Au dessus de 2XL, point de choix, tu mettras ce qu’il y aura.

La suite par ici ...

lundi 4 novembre 2013

Furygan, nouveau symbole de la beaufitude ?

N'en déplaise à certain(e)s, ce n'est pas parce que l'entreprise est française qu'elle peut tout se permettre. Et ce n'est pas parce que c'est le monde de la moto qu'on n'a pas à faire attention à l'environnement plus large dans lequel on roule/vit. Je lis à longueur de journées les commentaires des motards sur les différents réseaux sociaux et force est de constater que cela se lâche grave... L'outil le permet, voire il l'aggrave, mais quand même...

Furygan a récemment passé les frontières de l'intelligence lors de son invitation à la presse pour venir contempler sa nouvelle collection au salon de Milan. Je ne comprends d'ailleurs pas ce qui est passé par la tête (on ne peut pas dire "cerveau") des créatifs de l'agence de publicité engagée, mais on ne peut pas comprendre non plus comment une entreprise qui fait de très bons produits a pu se fourvoyer dans cet "humour" à 2 euros !

L'invitation à la presse, non, aux "gros bourrins de la presse mooottooooo" s'appelait donc « Des meufs et du pinard » avec une photo digne des catalogues vendus en haut des rayons dans les magasins de presse !

Invitation Presse Furygan

On passera sur l'esthétique de la photo, mélange entre Mad Max et Ultra Vixen pour s'arrêter sur la symbolique... Ou les symboliques !

Invitation Presse Furygan

Déjà, je trouve que le nom de l'invitation fait (salement) écho à la rhétorique d'extrême droite du moment avec ses "apéros saucisson pinard'. Je suis absolument sûr que Furygan n'a pas voulu ce mélange, mais elle a accepté cette proximité dangereuse entre une dialectique raciste et un phrasé grivois de communication. Oui, les extrémistes de droite ont kidnappé certains mots par leur utilisation, tout comme ils ont confisqué certains symboles comme le drapeau français ou la croix celtique. Et il est du devoir des communicants de faire attention, au risque de s'en prendre une derrière l'oreille.

Ensuite, la symbolique visuelle. J'ai déjà eu l'occasion (nombreuses en fait) de crier mon indignation devant des pubs de notre univers motard qui prenait les femmes pour de simples objets sexuels, totalement à l'abandon des désirs des hommes. - Article "Les annonceurs motos se foutent de nous..." - Article "Les motards sont tous des obsédés sexuels !" C'est nier la vraie place de la femme dans le milieu de la moto, qui a dépassé depuis longtemps la simple occupante de l'éponge arrière du GSXr de Monsieur (Je n'ai rien contre les GSXr) ou la porte "sac à dos qui dépasse de 50cm au dessus de la tète et qui tire en arrière quand on dépasse 80 km/h" ! Ne serait ce qu'à voir le succès de "toutes en motos" (http://toutesenmoto.fr/).

Furygan s'est planté, je pense, dans son axe de communication. Pour moi, l'idée n'est pas d'être politiquement correct, surtout pas, mais simplement un tant soit peu responsable et respectueux de la réalité !

mardi 19 février 2013

"BMW, la moto des roule-toujours" ? Laissez moi rire !

Depuis mon permis en 1989, j’ai eu de nombreuses motos. Je les garde plusieurs années et ne subit que peu les modes. Raison évidente de mon choix de BMW comme ma marque fétiche depuis 1991 ! 22 ans de fidélité, c’est pas mal, surtout sur 23 ans de permis. Un article se prépare avec toutes mes motos à la suite... Séquence nostalgie ! Ceci dit, je trouve que la qualité des béhèmes part en quenouille... La course à l’échalotte commerciale dans laquelle la firme teutonne s’est lancée contre les anglaises, et même contre les "bols de riz" a, je trouve, été à l’encontre du maintien du haut niveau de qualité auquel nous étions habitués.

Sur la quinzaine de modèles différents que j’ai eu, il n’y a que les 3 dernières sur lesquelles j’ai eu des soucis indignes de BMW. Et que je les ai eu neuves ou en occasion, rien n’y fait, de petites pannes insignifiantes mais liées à la qualité des composants, ou pire, le cahier des charges en production.

La suite sur mon blog (trop de mise en forme à refaire)

lundi 10 décembre 2012

"There is no alternative" ? Non, T.I.A.A. !

"There is no alternative"... C’est cette anathème qu’un jour, Margaret Tatcher a asséné à la face du monde. "TINA", "il n’y a pas de solution alternative", sonnera comme le drapeau rouge pour bon nombre d’alter-quelque chose, mais surtout ceux qui pensent justement qu’à toute chose, il y a une alternative, une deuxième choix. On pourrait aisément le remplacer maintenant par "il n’y pas de plan B".

Et pourtant, pour tout démocrate, pour tout Républicain, pour tout citoyen, il doit y avoir une alternative. Je revendique mon droit à trouver une alternative et à pouvoir l’utiliser. Exemples...

Cet envie de billet, je l’ai eu en suivant la formation "Finances" de Campus, formation que j’effectue dans le cadre de mon mandat à la Mutuelle des Motards. Charles Kalfon était notre formateur sur la finance. Il nous expliquait savamment les placements que les assureurs pouvaient faire, et surtout, comment les administrateurs élus pouvaient contrôler les informations que la structure technique leur donnait. Il nous expliquait aussi les marchés à risques, les placements boursiers, les trucs et les machins du second marché...

J’ai donc posé la question de placement un peu plus éthique, moins "business", moins destructeurs pour l’économie. Le revers de manche fut cinglant en marmonnant que cela ne fonctionnait pas. Je n’avais pas la même vision des choses, mais tant pis. La Mutuelle des Motards a pourtant une partie majoritaire de son portefeuille en placement éthique et cela lui a permis d’amortir les effets de la crise. Petite mutuelle, certes, mais le résultat est là. Alternative : on peut utiliser l’argent comme un outil et non une finalité. On peut permettre à des entreprises de placer de l’argent sans pour cela cautionner ce système financier dont plus personne ne comprends comment il fonctionne et qui détruit beaucoup de personnes et de ressources.

Continuons... Cette année, j’ai eu le plaisir d’être l’un des invités de la table ronde de la soirée de lancement du Mois de l’économie sociale et solidaire ! Aux côtés de Benoit Hamon et de deux autres invités, j’ai parlé de l’emploi dans l’économie sociale et solidaire. Et ensuite, j’ai été interviewé. L’axe était que je devais expliquer pourquoi l’ESS convenait à tout le monde. Parce que c’est une ALTERNATIVE ! Alternative à un modèle économique dominant, à un mode de consommation anglo-saxon et surtout une modèle de management différent puisqu’il ne met pas en contradiction des 4 parties prenantes classiques de l’entreprise (salariés, investisseurs, fournisseurs, clients). Acheter dans une SCOP, c’est permettre le maintien d’une économie localisée et le développement d’entreprises dont les salariés sont les propriétaires. Manger bio, c’est permettre de protéger les ressources naturelles, entreprendre en coopérative d’activités et d’emploi, c’est maintenir la protection sociale collective dans une entreprise partagée !

Alternative : On peut consommer, entreprendre, produire, travailler dans l’économie sociale et solidaire, sans être un bolchevique 1. On peut partager la plus value et le pouvoir de façon égale, sans que cela ne repose sur la propriété individuelle et la finalité lucrative. On peut penser gouvernance collective des entreprises en s’appuyant sur l’intelligence des parties prenantes, au premier rang desquels les bénéficiaires. Cela s’appelle l’ECONOMIE SOCIALE !

Dans la même veine, il existe plusieurs manières pour qu’une entreprise continue d’exercer après le départ de son créateur ou après une vente par la maison mère. La transformation en SCOP, c’est à dire la reprise par les salariés eux mêmes (et pas que les cadres !!) des moyens de production, est une alternative à la disparition d’un outil de production et à la mise sur le carreau des salariés. Des exemples ? Là, là ou encore là ! Camarades salariés, vous pouvez devenir les maitres de vos destins et cesser de craindre la perte de votre emploi. Alternative : On doit faciliter la reprise d’entreprise en SCOP. et permettre que toutes les filières de formation puissent avoir une information sur ce statut. Les plombiers, les comptables, les dessinateurs industriels ou les tourneurs fraiseurs doivent savoir qu’on peut entreprendre autrement !

On peut faire du marketing intelligent ! Oui, bien souvent, cette activité est mal vue, très libérale, pour nous faire acheter n’importe quoi, ou nous vendre un truc couplé à un autre. Sauf que là encore, on peut faire intelligent... Vous avez tous vu des pubs vous expliquant que si vous venez chez la mutuelle TRUC ou l’entreprise MACHIN, vous aurez un mois gratuit, un porte clé ou un panier garni de chez Moulinot ! On peut faire autrement. Regardez la Mutuelle des Motards, encore certes. D’un argument marketing "venez chez moi", elle en a fait un argument solidaire "venez chez moi, protégez vous mieux et aidez une association !". En effet, les sociétaires de la Mutuelle des Motards peuvent parrainer un conducteur de 2-roues et la mutuelle permet, au filleul comme au parrain de bénéficier d’un gain parrainage leur permettant de mieux s’équiper. Mieux protéger donc ! Et en plus, chaque parrainage entrainera également automatiquement le versement, par la Mutuelle, de 10 euros à Handicap Motards Solidarité (HMS), association permettant à des personnes atteintes de handicap d’accéder à la pratique du 2-roues.

Alors que j’écris ce billet, bien entendu, là encore, j’exerce mon droit à l’alternative. Il est écrit sur un logiciel libre, dans un environnement libre pour un site sous logiciel libre. Concrètement, j’utilise Firefox sous Linux Ubuntu pour la plateforme de blogs gérée sous Spip. J’ai désinstallé le windows,logiciel propriétaire, que j’avais sur le PC à l’achat 2 et installé Ubuntu, qui est un environnement graphique sous GNU / Linux. La philosophie d’Ubuntu, et par extension du libre, est "la volonté que le monde entier puisse équitablement profiter du logiciel, et pour ce faire, que tout utilisateur d’ordinateur puisse être libre de télécharger, d’utiliser, de copier, de distribuer, d’étudier, de partager, de modifier et d’améliorer le logiciel pour toutes utilisations sans payer de droit de licence. Il est stipulé aussi que l’utilisateur doit pouvoir choisir la langue dans laquelle il l’utilise et avoir l’opportunité d’utiliser le logiciel même s’il est handicapé". Si vous êtes curieux, mais réservé, tentez l’aventure Ubuntu par la cohabitation de votre windows et d’Ubuntu. Simple et pratique, vous serez conquis !

J’aurais pu continuer une longue liste sur les alternatives, mais le serveur aurait saturé. En tant que citoyen avec deux neurones en connexion, nous nous devons d’exiger des alternatives à chaque situation. Et parce que je suis un militant de l’économie sociale et solidaire, je dois exiger que l’ESS réponde à ce besoin d’alternatives. Et je me dois d’en faire la promotion, car ni la RSE, ni le concept d’entreprises citoyennes ne seront en capacité de réellement changer les choses pour la population.

Même si l’ESS n’est pas le monde des bisounours, j’y crois dur comme fer, mais ce sera un autre billet !

Le même billet, avec les images et les liens, c'est par [là !]

jeudi 6 décembre 2012

Révélation "Le clignotant n’est pas une assistance au volant..." !

Je savais que j'allais provoquer une émotion, que dis je, un ras de marée de sentiments puissants et positifs en révélant cette information. J'ai longuement réfléchi en même temps car cela allait mettre à mal plusieurs décennies d'apprentissage à la conduite et un certain nombre de certitudes chez les automobilistes.

Mais oui, je l'affirme, j'en ai même des preuves, le clignotant est indépendant du volant pour sa mise en route, on peut donc le mettre avant de tourner le volant pour tourner ! On peut même le mettre sans tourner le volant ensuite, juste pour rire (Mais que à l'arrêt). Et on peut même mettre les deux en même temps, cela s'appelle les "warnings", sans pour cela que le volant se coupe en deux parties égales...

La Prétention Routière (Non, je n'ai pas fait de fautes d'orthographe) le dit elle même :

Au volant, le principal moyen pour communiquer et de vous faire comprendre des autres usagers, c’est le clignotant.

Les règles d’utilisation du clignotant sont simples : dès que vous vous apprêtez à changer de direction il faut utiliser son clignotant. Son but ? Faire savoir aux autres usagers vers où vous vous dirigez de sorte qu’ils puissent anticiper votre changement de direction.

Et il semblerait que selon une étude 2011 de la même Prétention Routière, vous seriez 44 % des conducteurs à ne pas utiliser les clignotants quand ils changent de direction.Et il semblerait que "{l'absence de clignotant est plus fréquente lors des manœuvres à un giratoire ou lors d’une bifurcation après un stop (45% des clignotants oubliés). Mais plus de 30% des conducteurs l’oublient également pour indiquer qu’ils tournent à un carrefour à feux ou géré par une priorité à droite.}"

Alors, il y a une différence entre un oubli individuel et une phénomène collectif. Pour moi, l'étude citée révèle qu'un conducteur sur deux ne pense pas à prévenir les autres de son comportement à venir sur la route.

On est bien loin du partage affirmée de la route si chère au mouvement des motards, premières victimes de changement de direction de la part des automobilistes. Rappelons nous qu'une part non négligeable des accidents de 2 roues motorisées se déroulent lors d'un changement de direction d'une automobile (Le fameux "tourne à gauche" bien connu des assureurs) et que pour les assureurs, c'est un 50/50 des torts (Sauf pour la mutuelle des motards qui étudie au cas par cas les accidents de ses sociétaires, et n'applique pas pour la moto, les conventions d'indemnisations des assureurs).

Alors, faisons l'effort de communiquer à ceux qui nous suivent nos intentions, cela évitera simplement et efficacement des tôles froissées, des blessés et des morts...

vendredi 24 août 2012

Ethylotest et gilet jaune. Je n’en porterai pas !

Je ne suis pas adhérent de la FFMC depuis 1995 et je n'ai pas participé au bureau national de cette fédération pendant 10 ans pour me coucher devant la première loi absurde, stupide, crétine, liberticide venue...

Non, je n'aurai pas d'éthylotest dans ma moto et non, je ne porterai pas de fluo sur mon blouson ! HORS DE QUESTION !

Rappels :

Automobilistes : éthylotest obligatoire dans les véhicules à partir du 1er juillet 2012. Publié le 22.06.2012 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)

À partir du 1er juillet 2012, tout conducteur de véhicule terrestre à moteur (Ndlr : Donc les motos !) est dans l’obligation d’être en possession d’un éthylotest. Par contre, les conducteurs de cyclomoteurs (véhicule à moteur à 2 ou 3 roues, dont la cylindrée ne dépasse pas 50 cm3) ne sont pas concernés par cette obligation. C’est ce qu’indique un décret publié au Journal officiel du jeudi 1er mars 2012.

Cet éthylotest doit respecter les conditions de validité prévues par le fabricant : date de péremption et marque de certification ou de conformité notamment. Il peut être chimique ou électronique. Le coût d’un éthylotest chimique est souvent compris entre 1 et 2 euros. Celui d’un éthylotest électronique portatif est d’au moins 100 euros. Ces dispositifs sont disponibles dans de très nombreux points de vente (grande distribution et commerce de détail). Le conducteur d’un véhicule équipé par un professionnel agréé ou par construction d’un dispositif d’antidémarrage par éthylotest électronique est réputé en règle. En cas de contrôle routier, le défaut de possession d’un éthylotest est sanctionné par une amende de 11 euros à compter du 1er novembre 2012.

L’éthylotest donne un indice de la présence d’alcool dans l’air expiré. Il est interdit de conduire en cas de concentration d’alcool dans l’air expiré égale ou supérieure à 0,25 milligrammes par litre. Service public

Et

Le texte aborde l'obligation pour les motards conduisant une cylindrée supérieure à une 125 cm3 de se doter d'un vêtement muni d'un équipement rétroréfléchissant. Des dispositions complétées par un arrêté du ministère des Transports qui en définit les caractéristiques. Quoi qu'il en soit, la mesure n'entrera pas en vigueur avant le 1er janvier 2013. En cas de non-respect, le contrevenant s'exposera à une amende de 68 euros avec deux points en moins. Le Figaro du 02/01/12}}

Alors ! Normalement, depuis le 01 juillet, pour être en conformité avec la loi, je devrais avoir un éthylotest dans ma moto La loi ne précise pas où on peut le mettre en moto !. Un ? Non, deux. En effet, la loi dit qu'il faut être en possession d'un éthylotest. Or, à quoi sert l'éthylotest si on ne se contrôle pas en cas de doute ? Mais si on l'utilise pour se contrôler, on n'en a plus à présenter en cas de contrôle policier ! C'est pourquoi il est préférable d'en avoir deux.



La détention d'au moins un éthylotest chimique va devenir obligatoire le 1er juillet dans tout véhicule à moteur de plus de 50 cm3. Toutefois, la Sécurité routière recommande d'en avoir toujours deux avec soi. LCI



Pour un peu que le conducteur soit très rigoureux, très prudent ou très con, cette petite histoire peut vite monter en chiffrage d'euros à 2 euros l'exemplaire non électronique.

Et pourquoi je n'en mets pas dans la moto ? Hein ? Pourquoi ? Est ce juste pour se différencier que Môssieu Guillaume, i'met pas d'éthylotest !? Non, c'est parce que Môssieu Guillaume, i'boit pas une goutte d'alcool ! Alors, forcément, cela ne lui sert à rien ! Imaginez si il fallait emmener tous les dispositifs de prévention "au cas où"...

Dans l'année, je dois boire l'équivalent de 2 verres de vin rouge, 1 bière et un verre de champagne. Seulement si je les buvais tous dans le même repas, je serais marron pour conduire.

Sauf que c'est réparti sur l'ensemble de l'année ! Et jamais quand je dois conduire ! C'est comme si il fallait que j'ai un détecteur de drogue alors que je n'en prends pas ! On ferait mieux de mettre des appareils contre le sommeil ou les médicaments  !

Donc, je me mets en dehors de la loi car je la trouve absurde, débile et injuste, et surtout "liberticide bêtement". Je suis républicain, j'accepte la loi promulguée par mes représentants élus. Mais là, c'est une pompe à fric qui ne sauvera aucune vie, car les prudents appliquaient déjà la loi et les autres non ! Sinon, la mortalité chez les jeunes dûe à l'alcool aurait baissé depuis longtemps.

D'autant qu'il semblerait que l'argument économique ne soit pas si éloigné que cela de la soit disante préoccupation de prévention routière !

Soupçons de conflits d'intérêts sur le marché des éthylotests

Accessoire obligatoire dans les boîtes à gants de toutes les voitures à partir de dimanche 1er juillet, l'éthylotest est-il au cœur d'une affaire de conflits d'intérêts? Selon Sud-Ouest , l'association I-Test, qui a convaincu le gouvernement Fillon en février dernier de la nécessité d'installer cet équipement dans les véhicules, et l'entreprise Contralco qui les fabrique ont en commun un certain Daniel Orgeval. Ce dernier a la double casquette de salarié de Contralco et président de cette association à but non lucratif.

Numéro un européen sur le marché des éthylotests, Contralco détient le quasi-monopole en France avec 90% de la production, selon lequipement.fr qui révélait l'affaire dès mars. Cette PME de l'Hérault est également le fournisseur officiel de la police et de la gendarmerie qui mobilisait jusqu'alors 35% de son activité. Quant à l'association I-Test créée en juin 2011, elle a réussi en huit mois seulement à faire transformer sa proposition en décret, publié le 1er mars dernier au Journal officiel . Le Figaro du 27/06/12

L'éthylotest est donc un impôt supplémentaire...

JE NE METTRAI DONC PAS D'ETHYLOTEST DANS LA MOTO !

Concernant le dispositif réfléchissant obligatoire à partir de 2013, itou !

Je fais de la moto depuis 1989 et je ne porte que des blousons de motos pour rouler. Outre donc les protections épaules/dos, ils portent des dispositifs réfléchissants. De plus, la moto possède des éclairages qui permettent de repérer le véhicule dans le noir. Que ce soit le gilet fluo ou le brassard fluo, je ne porterai pas de dispositif supplémentaire. Je ne suis pas un sapin de Noël ! Que les cyclistes aient acceptés cet équipement, c'est leur problème, mais je n'ai pas passé un permis pour ressembler à une guirlande de Noël.

Certains margoulins ont vu le business à se faire. Moto Magazine a interpelé le milieu motard et prévenu des arnarques !

Vente de gilets fluos : gaffe aux arnaqueurs !

Un site de vente en ligne, récemment crée à cet effet, commercialise des gilets fluos en arguant qu’ils vont bientôt devenir obligatoires à moto. Publicité mensongère ! Moto Magazine du 22/07/11

JE NE METTRAI DONC PAS DE DISPOSITIF RETRO REFLECHISSANT !

Pour conclure, j'espère que ce mouvement anti brassard fluo va être suivi et pas que par 3 clampins de la FFMC. Je l'ai déjà dit, c'est à mon avis, le même combat symbolique que la vignette moto en 1979. Un impôt déguisé, spécifiquement dédié à la moto, soit disant pour notre sécurité. La différence est que le milieu du deux roues motorisés a évolué : entre gueules sur les forums (Mais p'tites dans la rue !) et sociologie différente du conducteur...

Preuve parmi tant d'autres, les fabricants de blousons moto ont intégré le business et ont intégré du [fluo dans leurs produits. Si ils avaient eu le courage de faire sur tous leurs blousons des dispositifs rétro réfléchissants adaptés et esthétiques, jamais les pouvoirs publics n'auraient imposé ceci. Business is business ! Et certains l'ont VRAIMENT bien compris !

mardi 21 août 2012

Drame du scooteriste tué à Lyon : mauvaise foi et justice expéditive !

Il y a deux jours est arrivé un terrible accident routier urbain à Lyon. Un conducteur de scooter s'est tué en tombant au milieu de la voie de bus, qui ne l'a pas vu et lui a roulé dessus. Malgré son casque, le conducteur est décédé sur le coup. Ce qui a créé l'émotion, outre le décès du scooteriste, c'est que le conducteur du bus ne se soit pas arrêté à l'impact. Mis en garde à vue, il a expliqué qu'il n'avait rien entendu, ni rien senti.

Les enquêteurs tentent dimanche 19 août d'élucider les circonstances d'un accident qui a couté la vie samedi au conducteur d'un scooter de 19 ans, écrasé dans le centre de Lyon vraisemblablement par un bus du réseau des transports en commun lyonnais (TCL). Celui-ci ne s'est pas arrêté. Le Nouvel Observateur du 19/08/12

Selon les premiers éléments de l'enquête, les circonstances seraient les suivantes : - Le scooter remontait une file de voiture par la droite, donc entre les voitures et la délimitation de la voie à droite ; - La voie de circulation était celle de droite, et était séparée de la voie de bus par un séparateur central axial en ciment (Les bourrelets en ciment de 6 ou 7 cm) ; - En voulant éviter une voiture, le conducteur du scooter aurait fait un écart, perdu l'équilibre sur le séparateur en ciment et chuté sur la voie de bus ; - Le corps serait passé sous le bus, au milieu de la deuxième partie du bus, la partie articulée.

Pour information, le scooter roulait avec son casque. Les différents articles lus ne laissent pas percevoir une vitesse excessive ! Chose suffisamment importante à noter, puisqu'en général, que ce soit la presse ou la police, un deux roues motorisé, moto ou cyclo, est toujours en vitesse excessive.

Pour information complémentaire :

Un bus articulé ? "{(Autrement appelé bus accordéon) c'est un bus constitué de deux parties rigides reliées entre elles par un axe de pivotement. Il est généralement de conception à un étage et sa longueur varie de 17 à 20 mètres.}" (Wikipedia). La photo ci contre expose un HEULIEZ GX 187. D'une longueur de 17,86 m pour une largeur de 2,50 m, son PTAC (Poids total autorisé en charge) est de 26 tonnes. Même si ce n'est pas le bus incriminé, il s'agit à peu près du même gabarit. Un séparateur de voie ? Le mobilier urbain (bac à plantes, arbres, bancs, ...) et les infrastructures urbaines sont une zone difficile d'accès juridiquement pour les associations de consommateurs. La normalisation en France est encadrée par un décret (Décret n°84-74 du 26 janvier 1984 fixant le statut de la normalisation), mais (heureusement aussi), tout n'est pas codifié. Les séparateurs de voies sont franchissables par les véhicules d’urgence mais alertent et dissuadent l’automobiliste de franchir. Mais cette infrastructure, comme beaucoup d'autres, n'a pas été pensé pour les 2 roues, motorisés ou non.

Pour en savoir un peu plus sur les infrastructures routières et urbaines : - Plan de déplacement de la Communauté d'Agglomération Sofia Antipolis - Catalogue "Equipement de voiries" de la société ABC Equipement Collectivités (Produits dans les domaines du mobilier urbain et de l’aménagement extérieur) - Dossier "Infrastructures et réseaux routiers" de la Fédération Française des Motards en Colère

En écoutant l'information au journal télévisé, je fulminais sur mon fauteuil. Seul le conducteur du bus était visé par le reportage. On s'occupait assez peu de la CAUSE de l'accident... Ou plutôt LES CAUSES de l'accident. France 2 l'a juste abordé dans son propos, mais rapidement. En effet, il n'y a jamais un facteur déclenchant un accident, mais plusieurs. Et c'est la Sécurité Routière qui le dit (Dès fois qu'on me donnerait pour pas objectif !) :

Plusieurs de ces facteurs peuvent se combiner, il est pratiquement toujours abusif de vouloir identifier une cause unique à un accident. Site de la Sécurité Routière "L’ETUDE DES ACCIDENTS – L’ACCIDENTOLOGIE"

Cela m'a énervé ! J'ai twitté

Ce twitt a été repris une trentaine de fois dans l'heure qui a suivi, preuve que je ne pensais pas que des conneries. J'ai même eu l'honneur de me faire interpeller par Jean Daniel Flaysakier [Je dois faire partie de ses 235 ab...], le journaliste médecin de France 2.

Pourquoi j'étais en colère sur le traitement de l'accident ? 2 raisons.

1. On a massivement occulté la cause de l'accident pour ne se focaliser que sur la conséquence. Vous me direz que c'était le principal, vu que le conducteur du scooter est décédé. C'est dramatique, terrible et effroyable, sauf que le rôle d'un reportage n'est pas d'être dans le larmoyant, mais dans la compréhension. Là, en se focalisant sur la victime, on occultait les raisons. D'autant que la cause de la mort du conducteur n'est pas la "mauvaise vigilance supposée" du conducteur du bus, mais bien la chute provoquée par le séparateur, l'épisode malheureux du bus étant une conséquence de la chute. Imaginons que le scooteriste ne soit pas tombé, le bus ne l'aurait pas touché. L'intérêt d'analyser les causes permet de voir que la mort est provoquée par un enchainement de facteurs avec une forte proportion de malchance. Tout autant, avec les mêmes éléments, à une seconde près, le conducteur aurait pu s'en tirer avec juste une trouille monumentale des 20 tonnes le frôlant. Là, non. L'enchainement est le suivant : le scooter remonte la file, une voiture lui fait peur, il réagit, il heurte le séparateur, il perd l'équilibre, il chute, le bus passe. Modifier l'un de ses facteurs et l'accident prend une autre tournure. Tous les jours (ou presque), sur mes trajets quotidiens, je passe sur ces saloperies de séparateurs de voies. Non pas que je suis un inconscient et que je fais fi des voies, mais simplement parce qu'ils sont mal positionnés, mal mesurés, mal placés, et surtout PENSES pour des 4 roues, donc stables par nature. Ces séparateurs sont très bien connus des 2 roues motorisés et détestés par ces derniers pour les mêmes raisons que pour l'accident, il déstabilise, y compris des machines de 300 kg !

2. Le conducteur du bus a été jeté à la vindicte populaire. Oui, il conduisait le bus qui a "écrasé" le conducteur. Mais au vue des mensurations du véhicule (20 tonnes, je le rappelle, sur 6 essieux), on peut légitimement penser qu'il n'a pas senti cet aléa (Au sens de "événement imprévisible"). L'un des responsables de la régie de transport défend cette idée :

"Il est tout à fait possible qu'il ne s'en soit pas rendu compte", a réagi le directeur d'exploitation du réseau TCL, Laurent Senigout expliquant qu'"un bus articulé mesurait 18 mètres de long et pesait 15 tonnes".

"Il nous est déjà arrivé, malheureusement, que des conducteurs de bus ne se rendent pas compte d'un accident. Il suffit d'être focalisé sur quelqu'un qui traverse ou je ne sais quoi d'autre pour ne pas s'en apercevoir", a poursuivi le directeur d'exploitation. Le Nouvel Observateur du 20/08/12

Mais, à la limite, peu importe. Qu'aurait il pu faire ? de source policière, "{le jeune homme serait tombé sous les roues du bus, sans que le deux-roues "soit heurté" par ce véhicule}". Il n'y aurait donc pas eu choc avec le bus. Un coup de frein n'aurait pas suffit. Sauf à dire que le reproche ait été que le bus ne s'arrête pas... Vous qui avez déjà pris des bus en milieu urbain, combien de fois un bus monte sur un trottoir, un séparateur de voie, dans un trou, qui fait qu'il y a secousse ?

Le chauffeur du bus, qui a écrasé samedi 18 août le conducteur d'un scooter, âgé de 19 ans, au centre de Lyon, sans s'arrêter, a été identifié et placé en garde à vue dimanche après-midi, a-t-on appris auprès de la police.

Ce chauffeur du réseau des transports en commun lyonnais (TCL), qui "n'est pas un débutant", selon son employeur, a été placé en garde à vue vers 14 heures. Il était dimanche soir en cours d'audition dans les locaux de la police, a indiqué cette dernière.

../.. Ceux-ci ont permis d'identifier le bus en cause, a expliqué sans plus de détails, un policier en charge de l'enquête. Le Nouvel Observateur du 20/08/12

On ne cherche donc pas à trouve le responsable de l'accident, mais à savoir si le chauffeur a commis une "non assistance à personne en danger" ?

Pour conclure, je suis peiné pour la famille de l'adolescent tué. Et je suis chagriné pour le chauffeur, car le peuple a besoin d'un coupable. Penser qu'un objet puisse être mis en cause est intolérable ! Un tweet en réponse au mien m'y a fait penser.

Et pendant ce temps là, le séparateur central continue de rappeler à l'ordre sans conséquences des automobilistes et à faire attraper des suées à des conducteurs de deux roues motorisés... On vit une époque formidable !

(les images ne sont pas présentes. Pour les voir, merci de consulter l'article original !)

lundi 11 juin 2012

"Mauvaise réponse" ou "pas la réponse que j'attendais" ?

Il y a une tendance franchement énervante dans notre société à confondre "mauvaise réponse" et "réponse que je ne voulais pas".

La période est propice au cours de droit constitutionnel. Mais j'aurais une grande prétention à pouvoir en tenir un. Je vais donc juste exprimer mon point de vue sur une tendance que je vois grandir proportionnellement à la désaffection des citoyens pour les hommes politiques

Rappel : Nous vivons en France dans une démocratie représentative.

La démocratie représentative ou régime représentatif ou gouvernement représentatif est un système politique dans lequel on reconnaît à un organisme le droit de représenter une nation ou une communauté. La volonté des citoyens s’exprime par la médiation de représentants élus qui incarnent la volonté générale, votent la loi, et contrôlent éventuellement le gouvernement.

La période est ZE période pour notre démocratie représentative : élections présidentielle et législatives. Le processus électoral permet à toute personne inscrite sur les listes, et donc en âge de voter, de prendre part à la décision finale de celle ou celui qui le représentera. Et ceci représente la volonté générale ! (Le concept de volonté générale, conçu par Jean-Jacques Rousseau dans "Du contrat social", désigne ce que tout citoyen devrait vouloir pour le bien de tous y compris pour son intérêt propre.)

Que veut dire le mot "représenter" ? Le vote est un mode de désignation et pas un transfert de responsabilité. Les élus tirent leur légitimité, non par délégation de la souveraineté de leurs électeurs, mais du fait même de leur élection qui est donc un mode d'investiture dans la fonction. Le député, une fois élu, est indépendant de ses électeurs, il est irrévocable, et n'est pas tenu de suivre explicitement leur volonté. C'est la fin de mandat (relativement courte) qui permet le renouvellement éventuel si les électeurs ne sont pas satisfaits.

Cela veut dire concrètement qu'une fois élu, le député prend les décisions en son âme et conscience, selon les informations qu'il possède, qu'il collecte, qu'il entend, des philosophies qui le traversent, des cultures dont il s'abreuve et éventuellement des collègues et groupes qu'il fréquente.

J'ai (bien entendu) voté pour Hollande au deuxième tour de la Présidentielle (Le nabot, hop, dehors !. J'ai voté pour lui pour un certain nombre de valeurs et principes qui régissent le parti qu'il a dirigé (le PS) et la famille politique dont il se revendique (la Gauche). François Hollande n'était pas mon candidat de premier tour. Jamais, je n'ai voté socialiste au premier tour. Les socialistes font partie de la même histoire politique que moi, mais leur direction a pris des positions trop sociale démocrate pour moi. Soit. Pour cela, je sais pertinemment qu'une partie des décisions qu'il prendra ne sera pas en accord avec mes principes et valeurs. Que ce soit des positions économiques ou sociétales. Je le sais, c'est le principe même de cette délégation de pouvoir que je fais en votant. Si je voulais qu'il réagisse comme moi, il faut que je me présente.

Donc, pour revenir à mon titre, je trouve qu'une tendance lourde se met en place dans la contestation des décisions de nos hommes politiques. L'électeur se sent floué de plus en plus, y compris sur des sujets mineurs (qui ne le sont peut être pas pour lui !), quand son représentant ne prend pas la "bonne décision". Mais qu'est ce que la "bonne décision" ?

  • 1. Celle que l'électeur a dans la tête : il aurait pris cette décision si il avait été élu. Mais il ne l'est pas...
  • 2. Celle que le groupe social dont l'électeur fait partie aurait prise : l'électeur individuel sait trouver des congénères pour porter des revendications à ses représentants, avec moults (bons) arguments et moultes démonstrations.
  • 3. Celle du représentant qui a pris la décision : coincé entre la ligne de son parti (Qui a pu changer entre temps), ses informations, l'environnement juridique, le contexte social et économique et ses valeurs, l'élu a pris une décision. La sienne !
  • 4. Celle de l'intérêt général : AAAAhhhh... Môssieur, voici une idée qu'elle est bonne... L'élu doit voter selon l'intérêt général... Ouuhhh... C'est bon ça... Sauf que c'est lui l'intérêt général puisqu'il représente la nation (avec ses petits camarades de bancs parlementaires)

Bon... 1 partout, la balle au centre... Avec cela, on a pas beaucoup avancé... Pourtant...

La démocratie représentative induit l'abandon d'une partie de son pouvoir de citoyen. Si on n'accepte pas ce paradigme politique, on ne peut effectivement pas accepter les décisions prises à sa place (pour toutes les raisons possibles).

Et je trouve que les corps intermédiaires, surtout associatifs, jouent mal ce jeu de la démocratie. Pour rappel, les corps intermédiaires, héritiers des corps de l'Ancien Régime, sont des "groupes sociaux et humains, situés entre l’individu et l’État, indépendants et autonomes, constitués naturellement ou par accord délibéré en vue d’atteindre un objectif commun aux personnes qui les composent". Ces corps ont été mis à mal par Sarkozy ("Hollande se veut l'antithèse de Sarkozy sur les "corps intermédiaires" ou "Sarkozy contre les «corps intermédiaires»"), ils les détestaient, car ils ne correspondent pas à la vision philosophique libérale du direct entre le Roi et les sujets, entre Dieu et les croyants (Comme les protestants), entre le Président et le peuple (Ressemblant à la monarchie républicaine si chère à De Gaulle et Mitterrand).

On oublie souvent que les associations font partie des corps intermédiaires... Peut on légitimement penser qu'une FFMC, une LDH ou une APF ne sont pas des corps intermédiaires au sens de la définition ci dessus ? Ne sont ils pas des groupes sociaux organisés pour défendre une cause ? Et ces 3 exemples ne sont pas forcément ceux à qui je pensais plus haut en disant qu'ils ne faisaient par leur taf !

Ils ont un rôle à jouer en interne : expliquer à leurs adhérents et membres que les causes défendues ne sont pas toujours entendues... Ou bien entendues... Et que les intérêts des uns ne sont pas forcément les intérêts des autres... ET QU'IL FAUT L'ACCEPTER ! Je vois trop souvent des réactions à des positions de nos élus qui démontrent que le rédacteur de la réaction n'a pas compris dans quel plateau de jeu il était : celui de la politique ! Si on demande à modifier des positions, acteurs, dispositifs auprès d'élus du peuple (députés, sénateurs, maires, conseillers territoriaux, ...), on entre sur l'échiquier politique (non partisan) pour faire avancer une cause, reposant elle même sur des valeurs exprimées démocratiquement. Et donc, on fait de la politique.

Ne pas faire de politique, c'est rester chez soi, s'occuper de ses chats, regarder TF1 et "plus belle la vie"...

vendredi 8 juin 2012

Le Mouvement anti-radars: de vieilles connaissances pour une opération en eaux troubles

Les élections législatives regorgent toujours de candidatures étranges. C'est le cas du Mouvement anti-radars (MAR), étiquette nouvelle sous laquelle on repère ici ou là des candidats pour le scrutin des 10 et 17 juin prochain. Ce "label" est notamment présent dans l'Hérault, avec 6 candidats, en Haute-Garonne, dans le Nord ou encore dans l'Oise.

Le programme est simple et résumé dans le slogan : "Mort aux radars et vive la clope au bar!" Les candidats veulent, entre autres choses, le "démantèlement de tous les radars" ; la fin du permis à points ; le relèvement de toutes les limitations de vitesse ; le plafonnement du prix du carburant à 1 euro par litre ou encore la restauration du droit de produire sa propre eau de vie (manque la revendication du droit à conduire bourré, mais on n'en est pas loin...).

Mais qui se cache donc derrière le MAR ? Son président est Jean-Louis Soulié, Narbonnais de 62 ans, est un prospère agent immobilier. Cet homme de droite, qui fut proche de certains milieux barbouzards, est un habitué des campagnes électorales : il a été notamment candidat aux municipales et aux régionales. C'est aussi un proche de Christian Jeanjean, maire de Palavas-les-Flots (Hérault), qui se présente aux échéances de juin sous l'étiquette UMP. Aux cantonales de 2011, l'URP soutenait Jacques Peyrat à côté du Bloc identitaire et du FN.

En coulisses du MAR, s'agitent diverses figures de l'extrême droite radicale, comme Rodolphe Crevelle, un routier de ce milieu au passé tumultueux. Il y a aussi les anciens cadres identitaires Philippe Milliau et Richard Roudier. Lesquels voient dans cette aventure électorale la possibilité de rebondir après leur éviction du Bloc identitaire.

L'avantage de ce genre de candidature est de pouvoir, potentiellement, profiter de la loi sur le financement des partis politiques : un parti reçoit environ 1,60 euros par voix récolté s'il a dépassé 1 % des voix dans 50 circonscriptions.

Ratisser large... surtout à l'extrême droite

La philosophie du MAR a été résumé par M. Soulié dans un entretien au Lys Noir, revue d'extrême droite – "anarcho-royaliste" de M. Crevelle : "Notre démocratie est devenue un régime de lâches gouvernant des poltrons. Sous leur règne, les lois répressives deviennent légions sous prétexte de protection de l'individu."

Car M. Soulié ratisse large. Il est à la tête d'un petit parti politique, l'Union républicaine populaire qui se définit comme "gaulliste" et qui entend rassembler "de la gauche modérée jusqu'à la droite nationale". D'ailleurs, son slogan est "pas d'ennemis chez les patriotes". Le MAR est statutairement lié à l'URP.

Cet éclectisme se retrouve dans le MAR. Ainsi, le numéro 2 est Joseph-Marie Joly, ancien FNJ passé par le Bloc identitaire version normande et le Parti de la France de Carl Lang. D'autre part, il a été rédacteur en chef adjoint d'Unité normande, magazine du Mouvement normand, qui se réclame des thèses de Jean Mabire, un des piliers de la Nouvelle droite, auteur entre autres, d'ouvrages sur la Waffen-SS.

Chez les candidats, l'on croise nombre d'anciens identitaires. Comme Thomas Gueyraud, dans la 4e circonscription du Nord, qui est un ancien responsable du Bloc identitaire. Ou Pierre Fiquet qui, lui, a émargé aux Jeunesses identitaires. Ou encore David Veysseyre, en Haute-Garonne. Il est l'auteur, dans le numéro de janvier 2012 de la revue d'extrême droite Synthèse nationale, d'une contribution intitulée : "Redécouvrir la révolution conservatrice allemande". Il lui arrive également d'écrire à Rivarol, l'hebdomadaire pétainiste et antisémite. Comme en janvier 2012 où il qualifie Xavier Vallat (député connu pour ses diatribes antisémites dans les années 1930, qui occupa le premier le poste de commissaire général aux questions juives sous Vichy ) de "grand homme".


***

A remarquer aussi, l'entretien inattendu dans Minute, de Philippe Blanc, candidat du Parti Pirate. Ce dernier, qui a des relations familiales et amicales dans le milieu d'extrême droite, se présente à Boulogne-Billancourt (9e circonscription des Hauts-de-Seine). Son suppléant est Wilfried Brunet.


Source : (L'EXCELLENT) Blog "Droite(s) Extrême(s)" du Monde

mercredi 6 juin 2012

Les annonceurs motos se foutent de nous...

J’en ai marre... Ca y est ! La coupe est pleine... Mon niveau à bulle a bullé...

Il y a quelques mois, je l’avais déjà dit "Nous sommes tous des obsédés sexuels... Et en plus, les filles qui aiment la moto sont des lesbiennes !". Et je trouve que malheureusement, rien ne s’arrange en ce bas monde motard... :-|

J’ai décidé de distribuer des bonnets d’âne aux publicitaires motos qui nous prennent soit pour des gogos, soit pour des machos.

La traduction SPIP/Dotclear étant pénible, surtout avec des images virtuelles, désolé, mais je vous renvoie vers l'[article original...]

vendredi 18 mai 2012

Fichage des contrevenants au code de la route : le Conseil d'Etat saisi

L’Automobile club des avocats (ACDA) et la Ligue des droits de l’Homme (LDH) demandent au Conseil d’Etat l’annulation du fichier Ares, acronyme de « Automatisation du registre des entrées et sorties des recours en matière de contravention », destiné à recenser les données personnelles des usagers de la route contestant leurs contraventions au code de la route.

Elles ont déposé le 16 mai 2012 un recours contre l’arrêté du 20 février 2012 autorisant la création du fichier Ares.

« Par ce recours, l’Automobile club des avocats et la Ligue des droits de l’Homme entendent montrer que le fichier, qui porte sur les données à caractère personnel, ne respecte pas les exigences de la loi Informatique et libertés, telles que l’obligation de collecter des données pertinentes ou l’interdiction de ne pas conserver des informations au-delà de ce qui est nécessaire, alors même que le non-respect de ces exigences a été plusieurs fois sanctionné par le Conseil d’Etat », précise Me Romain Perray l’avocat des associations requérantes.

Dans un Etat de droit, souligne Me Rémy Josseaume, avocat et président de l’ACDA, « il ne saurait être acceptable que des automobilistes ou des motards soient ainsi fichés alors même qu’ils seraient relaxés par un tribunal ou que l’administration abandonnerait les poursuites à leur encontre ».

Au-delà de la défense des automobilistes contre des stigmatisations outrancières, il s’agit surtout par ce recours de protéger non seulement les droits et libertés fondamentaux de tous les citoyens contre des procédés indignes mais aussi la création d’un fichier d’antécédents pré-judiciaires.

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