Un article de Der Spiegel, repris par Courier International, évoque un souci de plus en plus prégnant dans les villes du nord de l’Europe qui ont tout misé sur le développement du vélo : l’overdose de petites reines ! Bah oui, le vélo, c’est comme absolument tout : quand y’en a trop plus que pas assez, y’en a plus que si y’en avait moins. Du coup, les vélos deviennent envahissants à leur tour. On ne sait plus où les garer, ils font des bouchons, et les autorités en sont à chercher des modes de transport alternatif. Par exemple se dire qu’un véhicule individuel permettant d’aller de façon autonome d’un point A à un point B distant désengorgerait un peu les parvis des gares et les pistes cyclables saturées. Au Pays-Bas, ils commencent par endroit à interdire et verbaliser le stationnement des vélos, et songent même à le rendre payant ! Au Danemark, il peut y avoir tellement de vélos au carrefour qu’il faut attendre plusieurs feux avant de pouvoir passer. Sans compter que la cohabitation des modes même « doux » n’est pas sans tensions : entre piétons et cyclistes, ou même entre cyclistes lents et chauffards de la pédale – surtout pour peu qu’ils soient au téléphone !

velosempiles.jpg Parking à vélo près de la gare de Copenhague

Bon, évidemment, même en nombre énorme, le vélo garde des avantages indéniables sur les autres moyens de transport, ça reste une solution intelligente pour la plupart des déplacements urbains. Reste juste à faire admettre que ce n’est pas le seul, et que peut-être que les problèmes ne viennent pas des véhicules, mais des besoins de transports eux-mêmes ? Eclatement des zones résidentielles toujours plus loin des pôles d’activité, hyper-concentration des zones de population, horaires absurdement identiques pour des millions de personne, concentrant les déplacements sur quelques pics ingérables… Il n’y a qu’à voir en Asie où les deux-roues – vélos ou scooters et motos selon le niveau de vie – sont bien plus nombreux que les quatre roues et se retrouvent confrontés exactement aux mêmes problèmes, avec une densité encore plus élevée.

a-bicycle-jam-in-shanghai-china-leaves-traffic-at-a-standstill.jpg Bouchon de vélos à Shangai

On se prend donc à rêver du deux-roues urbain idéal, qui laisserait le choix entre pédales et/ou moteur, comme un vélo à assistance électrique mais avec la puissance et la capacité d’emport d’au moins une 125 histoire de rester crédible sur les grands axes et voies rapides. Voire carrément le vélo volant, qui arrive, mine de rien !

fajb_flying_bike_03_june2013.jpg Prototype de vélo électrique volant

En attendant, j’aimerais bien me retrouver un vélo qui corresponde à mon cahier des charges : pas hors de prix, simple (pas de suspensions, de dérailleur 54 vitesses ou de plus de technologie que dans ma moto !) et surtout assez grand et robuste pour ne pas plier ou péter le pédalier au moindre démarrage en côte. Or pour répondre à ça, on a vite fait d’avoir un budget équivalent à une petite cylindrée, autrement plus versatile (le sport en moins, le besoin d’assurance et d’essence en plus). Dilemme !