Tellement courant aujourd’hui qu’il est devenu la norme et qu’il sera bientôt rare de voir un tableau de bord ou un guidon qui ne soit illuminé d’une carte dynamique, le GPS pourrait sembler comme une évidence pour ceux qui voyagent un peu à moto. Pour moi ce n’est toujours pas le cas.

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Je me suis souviens nettement de la première fois que je suis monté dans une voiture avec un GPS, c’était au Japon en 1997, le couple qui nous avait pris en stop pour nous emmener à la gare en avait un, de la pure science-fiction ! Plus tard mon père en a eu un intégré à la voiture, un truc encore basique, pas de belle carte en couleur mais des flèches monochromes, une voix synthétique… et pas mal de bugs. Qu’est-ce que j’ai pu me paumer en essayer de le suivre ! Le pire, traumatisant, a été de perdre plusieurs heures à tourner en rond dans la Corrèze complètement verglacée, à prendre des chemins forestiers, arriver dans des patelins où le GPS s’arrêtait en plein milieu, ou se voir demander en boucle "Si possible, faites demi-tour". Et sans carte pour prendre la relève, bien sûr, à quoi bon, on avait la Technologie maintenant ! Et pour découvrir le soir qu’une nouvelle autoroute que le CD ne connaissait pas arrivait à 10 kilomètres de notre destination.

Ah ça m’a vacciné pour un moment. Et même maintenant que les matériels, les logiciels et les cartographies ont beaucoup évolué, je continue de m’en méfier. C’est bien pratique, je ne dis pas le contraire, mais à chaque fois que j’en ai emprunté, j’ai été déçu. Guidage imprécis, trop tardif, itinéraire illogique – ou du moins pas dans MA logique… Du coup je suis encore en cet an de grâce 2012 un adepte convaincu de la carte Michelin avec une boussole de qualité dans la sacoche de réservoir, que ce soit en France ou en vadrouille. Et pour trouver une adresse précise, un plan préparé d’avance avec Google Maps remplace la carte générale et basta.

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En plus, quand je vois comment beaucoup de mes connaissances utilisent leur GPS avec une confiance aveugle (et légitime, dans l’ensemble ça marche plutôt bien !), ça m’inquiète. Un tel ignore les instructions précises et simples envoyées pour venir chez moi et suit son GPS… jusqu’à l’autre bout du département suite à une erreur de frappe. Un autre va presque rouler dans un champ plutôt que regarder où est réellement l’entrée du lieu souhaité dans la vraie vie. D’autres encore se plantent, en partie pour être entrés trop en confiance dans un virage aveugle… dont la réalité ne correspondait pas au plan. Et je ne parle pas de ces Américains qui sont allés jusqu’à noyer leur bagnole dans un marais à force de vouloir rouler sur une Highway pas encore construite (et qui ont attaqué l’éditeur du GPS, et je crois même gagné). Que dire aussi de tous ces coins sympas, ces découvertes, ces rencontres nées de ne pas savoir où on est, où on va, d’avoir à demander son chemin, n’équilibrent-elles pas les galères et le temps perdu ?

Mais la tentation est là, j’avoue ! Les prix baissent, la fiabilité augmente, et en voyage l’arrivée dans une ville inconnue (surtout quand on ne peut y lire les panneaux ou qu’il n’y en a pas) peut vite être galère. Même en France, les indications sont de plus en plus partielles, pas finies, pas claires, à quoi bon s’embêter en effet puisque tout le monde peut avoir un GPS ? Et puis les alertes radars peuvent avoir leur utilité. Du coup je me tâte entre trois, non, quatre solutions :

  • Prendre un vrai GPS moto, mais ils sont hors de prix par rapport aux autres et il faut que je monte une prise accessoire (pas le plus dur, OK)
  • Prendre un GPS voiture à pas cher, encore que les prix montent vite dès qu’on veut avoir des cartes pour aller un peu plus loin qu’à la boulangerie du coin (Europe 45 pays sinon rien) et le mettre dans la sacoche de réservoir, ou peut-être dans ces housses intelligentes à scratcher sur le guidon, et qui intègrent même une batterie pour tripler l’autonomie de l’appareil sans rien brancher sur la moto (So Easy Rider)
  • Trouver une appli bien pour mon smartphone… sauf que pour le mien, rien de gratuit et le logiciel qui semble bien (Navigon) coûte le prix d’un vrai GPS complet, exorbitant pour un simple logiciel qui sera perdu quand je changerai de téléphone ! Je peux aussi changer de téléphone exprès pour avoir accès aux applis Android, ça me coûte moins cher, mais pas trop convaincu par ce que j’ai vu jusqu’à présent – n’oublions pas qu’il me faut un truc totalement « on board », qui fonctionne sans accès au Net ni même au réseau GSM. Le téléphone lui-même irait dans le Bagster ou une pochette exprès.
  • Rester à l’ancienne avec mes bonnes vieilles cartes, que j’ai de toute façon déjà achetées, et imprimer avant de partir les plans des principales villes du parcours.

Depuis quelques jours je surfe, je me tâte, relis le dossier de Motomag sur la question, et je n’arrive pas à trancher, d’autant que je ne veux pas y consacrer un gros budget. Avis, suggestions ?