Tandis que la Google Car arrive a maturité, ayant déjà accumulé près d’un million de kilomètres de test sur route et en plein trafic, les avocats américains, toujours sur la brèche pour défendre la veuve et l’orphelin et empocher un généreux pourcentage sur les indemnités mirobolantes des procès fleuves, se penchent déjà sur les problèmes éthiques qu’elle pourra poser. Au sens large, si une voiture-robot a un accident, ou cause un accident, qui est responsable ? Le constructeur, le propriétaire, la personne qui était dedans à ce moment même elle n’a pas touché aux commandes ? Le robot lui-même, qui serait puni d’une réinitialisation radicale ?

Le plus sensé serait sans doute de dire que c’est la personne au volant, à elle de prendre ses responsabilité et de réagir en cas d’urgence, agissant sur les commandes s’il y a besoin. Oui mais… les seuls accidents enregistrés par les Google Cars pour le moment ont été quand un humain a repris le contrôle alors que l’ordinateur avait prévu un évitement approprié. Et surtout, pour réagir à temps, encore faut-il être attentif à la route et avoir les mains sur le volant. C’est déjà apparemment un objectif bien difficile à tenir actuellement, alors comment espérer que ce soit encore possible quand justement, tout est fait pour que le véhicule soit autonome au point de permettre à ses passagers de se consacrer à autre chose ? Ou alors, il n’y a pas d’intérêt à robotiser les voitures… c’est possible aussi.

Attention, si ces prototypes sont encore loin de la commercialisation grand public, ce n’est plus tant de la science-fiction que ça. Techniquement on y est presque, c’est une question de prix, et des exemples partiels sont déjà sur le marché : écran géant qui sort du tableau de bord (en pub chez Audi en ce moment), cruise control (déjà plusieurs cas complexes avec des accidents ou simplement des verbalisations à cause d’un système refusant de se couper), stationnement ou créneau automatique, ou même les GPS quand les conducteurs les suivent aveuglément, quitte à prendre un sens unique ou à couler la bagnole parce que la cartographie indiquait d’avance une route pas encore finie (véridique ! par exemple ce cas ou encore celui-là) ou encore font 900 km au lieu de 90 sans s'inquiéter plus que ça. Et oui, ce sont des gens qui ont le permis et qui sont sur la route avec vous... Finalement, quand on voit ça, mettre un logiciel aux commandes plutôt qu'un humain ne semble plus si fou, c'est dire.

Dans le genre, l’Etat de Virginie anticipe les problèmes à venir avec les futures générations de gadgets électroniques toujours plus intégrés et omniprésents. Les montres connectées sont sans doute la prochaine fureur, l’étape suivante sera les lunettes de réalité augmentées. Là aussi, tout existe, ce n’est plus qu’une question de commercialisation. La Virginie, donc, a sagement prévu dans la loi d’interdire le port « d’ordinateur sur la tête ». Quand on voit les ravages du téléphone portable (déjà responsable d’au moins 10% des accidents), il y a de quoi se faire du souci, surtout pour nous autres usagers vulnérables, zigzagant entre les robots et les conducteurs plus dissipés que jamais. Sans oublier les motards eux-mêmes, chez qui il y aura également des inconscients pour regarder leur Facebook projeté sur la visière du casque ou le pare-brise, en plus de l’itinéraire, d’un film dans un coin et d’un peu de pub…