Quelque chose de « cryptique » (à part les contes de la crypte) est fait pour réserver un certain savoir à un cercle restreint d’initiés, qui peuvent ainsi contrôler – voire asservir – le reste de la plèbe. Au cours des siècles, cela a été largement utilisé dans de nombreux domaines, de la religion à l’alchimie. Aujourd’hui, le terme a surtout survécu pour la protection des données informatiques, mais on retrouve le principe un peu partout : finance, lois… même billets de trains comme je l’ai encore constaté récemment.

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Cas très bête, je réserve en ligne un ticket pour Bruxelles en m’assurant qu’il soit modifiable, c’est bien marqué dessus, « échangeable une fois sans frais ». Mon planning change, je modifie donc le billet… et me vois retenir 50% du prix ! Contactée la SNCF me répond comme si j’étais débile que, voyons, il fallait le faire en gare pour bénéficier de l’échange gratuit ! Si si, c’était bien marqué en tout petit dans les conditions de vente. Suffisait de le savoir. Mais comment ? Des fois c’est le contraire, un billet acheté en agence ne peut être modifié qu’en ligne, des fois tout en ligne, des fois que en gare… et je ne parle pas de l’absurde complexité des tarifs eux-mêmes. C’est un exemple banal et mesquin, mais flagrant : l’information est soigneusement cachée, techniquement présente on ne peut pas accuser du contraire, mais dévoilée de telle façon que seuls les initiés puissent vraiment s’en servir. Les autres pauvres couillons n’ont qu’à payer et se taire, après tout c’est leur faute s’ils n’ont pas su lire au bon moment, au bon endroit.

A plus grande échelle, comment ne pas faire le rapport avec les impôts, les lois, toute l’administration et la société actuelle. Certes, l’équilibre est fort délicat à trouver : une loi qui serait trop simple, trop identique pour tous, en deviendrait injuste ; où placer la limite entre le traitement différent de ce qui est fondamentalement semblable, et le traitement semblable de ce qui est fondamentalement différent ? Mais aujourd’hui, le degré de complexité semble avoir pris vie, il évolue de lui-même, déconnecté du monde et des besoins réels. Et ce, dans tous les domaines il semble… Dont ceux qui nous concernent, défenseurs des deux-roues motorisés : avez-vous vu par exemple les projets de réforme des catégories de permis ? Ubuesque. 50 sous-catégories, des exceptions, des retours en arrière, des incohérences énormes.

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Je le dis souvent, on a l’impression qu’on pourrait (qu’on devrait !) arrêter pendant 10 ans de faire de nouvelles lois et réglementations. Il serait tellement plus simple et efficace souvent de simplement laisser les gens tranquilles, au lieu de chercher constamment de nouveaux problèmes à résoudre là où un peu de bon sens et d’humain suffit largement à fonctionner. Les technocrates et juristes ne seraient pas au chômage pour autant : trier, simplifier, moderniser, simplifier, ajuster, simplifier, l’écrasant mille-feuilles législatif hérité parfois de décennies, voire de siècles, et qui plus est avec l’Europe à unifier entre divers pays. Et ce n'est pas gagné avec la manie actuelle de pondre une nouvelle loi dans l'urgence au moindre fait divers, sans aucun regard pour ce qui existe déjà, surtout sans jamais évaluer les résultats de ce qu'on fait, tout dans la com', dans le paraître. Sauf que les shows médiatiques s'envolent, les textes de lois restent, et pourrissent la vie des citoyens pendant des décennies...

Remarquez, ils le font des fois. Comme quand pour mieux expulser des familles entières Guéant rétablit des lois que Charles de Gaule s’était empressé de supprimer à la libération, mais c’est un autre sujet.