- Vu sur l’autoroute parmi les messages de prévention : « La somnolence est la première cause d’accidents ». Certes. Mais forcer les gens à rouler des centaines de bornes sur l’autoroute à des vitesses absurdement basses même lorsque les conditions sont bonnes, avec en prime les yeux rivés sur un compteur hypnotique, y’a pas mieux pour pousser à la somnolence…

- Le contrôle technique auto vérifie périodiquement l’état du véhicule en fonction de son âge. Sauf qu’en attaquant un peu, on peut bouffer un train de pneus en 3000 bornes de montagne. L’état des ceintures est un point de contrôle crucial, or la voiture neuve de ma mère a été livrée avec un point d’ancrage arrière cassé. Un conducteur faisant 100.000 km / an usera mécaniquement sa bagnole un peu plus vite que celui qui ne la sort que pour aller chercher les croissants le dimanche. L’état du véhicule est donc indépendant de son âge, on peut attendre plusieurs années pour le faire réparer avant la prochaine échéance officielle, ou au contraire l’entretenir et le bichonner tous les jours…

- Testé il y a quelques années : au sein d’un groupe de moto, tout le monde s’est mis à pile 140 km/h compteur sur l’autoroute. Il n’a fallu qu’un kilomètre pour que le peloton soit complètement délité tellement les vitesses réelles étaient différentes (avec la vieille Transalp que j’avais à l’époque looooiiiinnn en tête !). Mesurer au radar une vitesse absolue, indépendamment du matériel, du comportement et des conditions de circulation, ça n’a vraiment aucun sens.

- Les glissières « de sécurité » évitent aux voitures des sorties de route qui aggraveraient les accidents, très bien. Mais comment justifier qu’après trente ans de dénonciation, elles continuent sur des milliers de kilomètres à trancher en morceaux les motards qui se plantent, quelle qu’en soit la raison ?

On peut multiplier ces exemples à l’infini…

Toutes ces évidences sont forcément connues de tous, à commencer du gouvernement. Cela dit, il faut être honnête et reconnaître qu’administrer des millions de conducteurs impose forcément un minimum de standardisation chiffrée. Une vitesse, une date, une norme… C’est indéniable, indispensable. Mais c’est ce que j’appelle « l’Esprit de la loi ». Le problème actuel ne vient pas forcément de cet esprit, mais de l’application complètement dévoyée et automatisée qui en est faite.

Vouloir imposer la même loi pour tous, c’est en théorie la base de la démocratie. De la façon pratique robotisée qu’on constate, c’est un déni de justice pour tous, et une discrimination inacceptable par l’argent. Ça aussi, c’est une évidence… alors comment se fait-il que la majorité silencieuse l’accepte sans rien dire ?