L’occasion d’un week-end en Grande-Bretagne, j’ai récemment expérimenté l’Eurotunnel. J’avais regardé les tarifs à tout hasard, tenté de prendre ma bécane (bah oui, pour aller à une réunion de potes motards…) et plutôt bonne surprise, à seulement 16 Euros par trajet (tarif basse saison) c’était la solution la moins chère, même en y ajoutant l’essence. A noter que c’est exactement le même prix pour une moto et un conducteur que pour une voiture avec jusqu’à neuf personnes à bord. Premier indice.

Un truc intéressant et pas con, c’est la flexibilité des horaires : le billet sélectionné est valable pour une heure donnée, mais tous les trains sont accessibles jusqu’à deux heures avant et après. Cela permet d’embarquer dès qu’on arrive ou de ne pas stresser en cas de retard (voire d’optimiser le prix de la traversée en prenant exprès une tranche horaire moins chère et en arrivant quand même à l’heure qui vous intéresse). En tous cas, c’est bien pratique !

On peut aussi arriver à Calais sans réservation et prendre directement son ticket aux bornes : en effet, c’est considéré et signalé comme un simple péage routier. Si on a réservé, il suffit de taper son code ou d’entrer la CB du paiement pour retirer le coupon… à accrocher au rétroviseur central. Deuxième indice. Vient ensuite le contrôle des papiers (assez précis vers l’Angleterre, beaucoup plus relax pour revenir – c’est censé être l’Europe, mais quand même pas trop), puis la queue pour embarquer. Il faisait beau sur le trajet aller, mais il flottait bien au retour… et il n’y a pas d’alternative à rester arrêté derrière les bagnoles sous le déluge, sans avoir le droit de remonter ni rien pour se mettre à l’abri. Troisième indice.

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Pour monter à bord, je pensais qu’on montait wagon par wagon, mais non : un seul est ouvert et les voitures rentrent, rentrent… bizarre ! En fait les séparations entre wagons s’ouvrent et le train devient un tunnel, avec un seul point d’accès pour se remplir sur toute la longueur et deux niveaux (un seul pour les trains prenant les camions et bus). Au moment d’entrer cependant, on me fait signe d’arrêter et on me met sur le côté le temps que tout le monde entre. Toujours sous la pluie. Ce n’est qu’en tout dernier qu’on consent à me laisser monter. Quatrième indice.

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Les consignes sont données par haut-parleur : entrouvrir les fenêtres, serrer le frein à main, engager un rapport. Et moi ? Je cherche des points d’ancrage comme dans un ferry… raté ! Mais comme il n’y a pas non plus de siège et qu’on doit simplement rester avec le véhicule pendant la traversée, ce sera 40 minutes sur la selle, à tenir la bécane à travers les secousses et ballants du train. Ce n’est pas violent, mais quand ça entre en résonance avec le mouvement des suspensions mine de rien, il ne faudrait pas laisser la moto seule, ni sur centrale ni sur latérale, surtout que le sol est souple dans sa partie centrale en tôle. Cinquième indice.

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Après une petite sieste sur le réservoir, le train émerge à nouveau à l’air libre. Le temps de sortir (de nouveau en dernier) et c’est l’autre pays au-delà de la mer. Les formalités sont déjà faites, la M20 s’ouvre devant, Folkestone est juste à côté, Londres à 1H30. On compte en miles, les motos ne paient pas les péages (!), l’interfiles est officiellement acceptée, et on ne craint même pas les radars ! Rouler à gauche ne pose aucun problème sur autoroute… vu que comme en France tout le monde est scotché au milieu de toute façon. En ville c’est un peu plus délicat, et j’ai planté à peu près toutes mes trajectoires en carrefour, à viser forcément le trottoir de droite, mais ça a été. A part une météo absolument exécrable sur quelques centaines de miles aller et retour, pluie verglaçante à en décoller la vignette d’assurance et les autocollants du top-case, et circulation dense tout du long.

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Pour la traversée elle-même via l’eurotunnel, je recommande : rapide, souple, pratique, économique. Seul point négatif, et c’est l’objet des « indices » dans le texte : rien n’est prévu pour les motards ! C’est dommage car il s’en faudrait de peu qu’on se sente mieux accueilli, mais là on a un peu l’impression de les embêter plus qu’autre chose, ils nous acceptent mais un peu du bout des doigts sans rien d’adapté pour stabiliser les motos sur le train ou pouvoir se poser. Encore un petit effort et ce sera nickel !

Le site officiel : www.eurotunnel.com