Je viens, une fois encore et en totale indépendance du récent mouvement « Quit Facebook Day », de désactiver mon compte Facebook, en fait je l’ai même supprimé définitivement. Ce truc me fiche les jetons, il n’y a rien à faire… Je m’en servais très peu, juste pour garder le contact avec certains potes qui n’utilisent plus que ça, et pour soutenir symboliquement certaines organisations ou groupes thématiques, vu qu’aujourd’hui le nombre d’ « amis » en ligne est un indicateur.

Mais j’ai eu beau renseigner le minimum de champs, tout bloquer au maximum les paramètres de sécurité et de confidentialité, donner un faux nom, mettre un avatar où on ne me reconnaît pas sous mon casque, refuser la validation par numéro de téléphone… Fesse-bouc arrive encore à me proposer régulièrement des amis qui, de façon très inquiétante, sont effectivement des gens avec qui j’ai été en relation dans le passé. Collègue ponctuel le temps d’une mission, belle-sœur d’une copine, ex quasi oubliée, ami d’ami croisé dans une soirée… Tout ça à partir d’un simple E-mail, car pour des raisons pratique j’ai fait l’erreur de donner une adresse dont je me sers régulièrement au lieu d’en faire une dédiée à ça.

On a beau jeu de râler après Edvige, Base-Eleve et autres fiches croisées des RG, quand la principale faille de confidentialité vient des gens eux-mêmes. Ce n’est pas en vain que plusieurs gouvernements ont appelé leurs administrés à se méfier de Facebook, et je ne comprends pas que son succès survive aux scandales qui éclatent très régulièrement à son propos. Ce n’est pourtant pas que je sois technophobe, que j’ai peur d’Internet ou que je ne sache pas m’en servir – ce serait un comble, moi qui passe mes journées en ligne ! – mais c’est comme la moto, à utiliser sans modération mais avec retenue, discernement et bon sens. Trois choses dont Facebook manque cruellement, malgré ses dénégations outrées et ses promesses mal tenues.

Où est le temps des bons vieux groupes de discussion sur Yahoo par exemple ? On s’inscrivait ou se désabonnait en toute liberté, on échangeait avec des gens sur des sujets variés, on les retrouvait parfois en vrai (j’ai toujours de très bons potes rencontrés comme ça)… Je ne comprends pas ce que Facebook apporte de plus que ça et les blogs, et quoi qu’il en soit, ça ne justifie pas de se mettre à nu comme ça sur la toile. En tous cas moi, je n’ai aucune envie que d’autres sache qui je vois, qui je fréquente et pourquoi, etc. On est déjà suffisamment traqués et espionnés par la vie moderne physique, entre les téléphones, cartes bancaires, radars, vidéosurveillance, questionnaires etc., sans en faire autant dans le cyberspace, qui doit rester un lieu de liberté et d’indépendance. Je ne veux pas d’un mouchard avec boîte noire intégré dans ma moto, je ne veux pas plus d’un espion pour ma vie sociale virtuelle.

Le principe en soit n’est pas inintéressant, surtout bien utilisé par des entreprises ou des associations, c’est comme une loi bien intentionnée et utile dans son esprit ; mais l’application concrète n’est pas cautionnable, à mon sens. Qui peut garantir que les intentions purement marketing ne se changeront jamais en outil politique ? Ca s’est beaucoup trop vu. Si j’ai vraiment besoin de revenir sur Facebook un jour, ce sera avec une adresse créée rien que pour ça, un pseudo que personne ne connaît, et la même méfiance totale. Parano ? Oui. Mais assumé.

Cela dit, ça reste un avis très personnel, et tant mieux pour ceux qui sont satisfaits de Facebook ! Si c’est le cas, n’oubliez pas de rejoindre les groupes de la Fédé, de Motomag, de la Mut’…

Pour les autres (ça va plaire à Fred), regardez donc l’épisode 4 de la saison 14 de South Park, « You have 0 friends »…