En route pour le nord de l’Islande, donc. Difficile de se perdre, il n’y a en gros qu’une seule route dans le pays, la n°1, qui fait tout le tour. Cette autoroute à 2x1 voie est presque entièrement bitumée, quel luxe ! Non en fait il y a pas mal de routes secondaires, parfois en dur, le plus souvent en pistes à différents degrés de carrossabilité, dont beaucoup ne sont ouvertes qu’en été – c'est-à-dire juillet et août. Mais nous avons de la chance, la température est douce (environ 5°C) et nous ne sommes pas bloqués. De toute façon, avec notre pocket-car (ci-dessous en jaune à côté d’un véhicule local plus adapté), on ne se risque pas (trop) sur les pistes. Enfin, en théorie.

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Les routes praticables sont déjà superbes, parfois longeant les côtes, parfois plongeant dans les terres. On voit ça et là des fumerolles, mais bien qu’ici il y ait souvent de la fumée sans feu, ce n’est pas toujours le cas : nous aventurant au pif à la recherche de la source chaude qui envoie de si graphiques volutes dans le ciel presque dégagé, nous arrivons après avoir bien crapahuté… sur un feu de broussailles, c’est malin !

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Pour trouver l’hôtel de ce soir, détour de près de 100 km de l’itinéraire prévu, mais ce n’est pas comme s’il y avait un choix énorme. Sur la péninsule du nord-ouest, il n’y a en tout que 7000 habitants, dont la moitié dans la « capitale » locale. Le reste est éparpillé dans des hameaux minuscules : deux maisons, une église de poupée, une étable ou une mini-pêcherie. C’est tout. Difficile d’imaginer la vie ici, même de nos jours. Réputés amateurs de livres et de technologie, les Islandais ont dû particulièrement bénir l’arrivée d’Internet. C’est qu’il faut s’occuper après le travail, notamment pendant l’hiver où il ne fait pour ainsi dire jamais jour.

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D’ailleurs, une fois arrivés dans les fjords eux-mêmes, on ne voit plus grand monde. Hors des quelques villages, beaucoup de fermes sont abandonnées. La route longe les fjords en d’interminables boucles, c’est superbe, mais c’est long !

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Sympathique petit musée de la sorcellerie à Holmavik, avec des pratiques particulièrement délirantes, on racontera plus en détail sur le site complet du voyage. Un peu plus loin, au bord de la route, des bains chauds sont à disposition. Institution locale, les piscines alimentées directement avec l’eau chaude du sous-sol sont courantes, et souvent gratuites. Bien agréable de se réchauffer un peu en faisant trempette devant le fjord, observant la valse des oiseaux de mer… et la pluie qui ne nous quitte guère.

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Ah, au fait, on trouvait qu’il ne faisait pas très froid… et bien on a fini par trouver. Quand la piste de gravier s’enfonce dans les terres entre les bras de mer, elle monte en altitude, et dès que c’est le cas, on se retrouve dans la neige. Lacs gelés, étendues immenses où le relief disparaît, surtout écrasé par les nuages bas, pas très joyeux tout ça, mais ça reste très beau. Parfois la route (très glissante et un peu technique mais bien dégagée en cette saison, heureusement) serpente entre d’impressionnants murs de neige et de glace. L’hiver ici doit être épique… pas étonnant qu’ils soient en train de creuser des tunnels pour passer plutôt sous les montagnes, comme en Norvège.

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Arrêt aux magnifiques chutes de Dynjandi, hautes de 100 mètres, avant de gagner l’extrême pointe de la péninsule, le cap le plus à l’ouest d’Islande et donc d’Europe.

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Si on vient jusqu’ici, c’est notamment en quête d’oiseaux et autres bestioles à voir, comme des phoques ou des baleines. Malheureusement, la pluie redouble d’intensité, le temps est très couvert et sitôt arrivés, on doit rebrousser chemin, trempés et congelés. Dommage, les falaises ici font jusqu’à 450 mètres de haut ! Mais s’y aventurer par ce temps n’est vraiment pas raisonnable, surtout que le sol est bourré de nids souterrains qui peuvent s’affaisser, et une chute ne serait pas une bonne idée. En lot de consolation, deux macareux compatissants s’offrent à l’objectif, histoire de n’avoir pas fait toute cette piste pour rien, merci les gars, sympa !

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En tous cas une chose est sûr, et exceptionnelle, on ne regrette pas d'être en voiture ! Non que ce serait infaisable à bécane évidemment, mais entre la pluie glacée, le vent cinglant, l'état des pistes, la température en général et les grosses économies d'être autonomes en nourriture, la voiture étanche est bienvenue. Même pas l'excuse d'avoir du mal à se garer ! Un petit coup de ferry pour regagner le sud (enfin, proportionnellement), et nous poursuivrons notre balade par l’ouest.