Vu au cinéma le sympathique film « We want sex equality » (Titre original “Made in Dageham”) de Nigel Cole. En 1968, les ouvrières d’une usine Ford en Angleterre réalisent que non seulement il n’est pas normal qu’elles soient moins payées que les hommes, mais aussi qu’elles ont le pouvoir de faire changer ça. Actrices et acteurs super (Bob Hoskins, j’adore ce gars), bonne réalisation, ce n’est pas le film de l’année mais il se regarde avec plaisir. Je l’ai surtout trouvé motivant car ce qu’il montre s’applique à tous les combats que l’on peut croire perdus d’avance.

Faire plier le premier constructeur de voitures de l’époque, aller contre les préjugés de toute la société, se mettre à dos jusqu’aux syndicats eux-mêmes qui, eux aussi dirigés par des hommes, ont sous-estimé la détermination des femmes… On trouve des échos des autres luttes, y compris celle que mènent les motards pour obtenir leur « respect equality » sur la route. Nous sommes aussi une minorité un peu méprisée, regardée comme frivole par les bien-pensants habituels, etc. Bien entendu, je ne compare pas ici l’importance du combat lui-même, mais il est intéressant de voir que ce qui a fait la différence dans cette histoire vraie, c’est la solidarité et la persévérance des protagonistes. Certes ce n’est pas facile tous les jours de s’engager pour des idées, de tenir tête à tous y compris à ses proches, de faire parfois des sacrifices financiers ou sociaux… mais c’est le prix de la victoire.

Cela dit, si on regarde leur cas avec un peu de recul, 40 ans plus tard les salaires des femmes ne sont toujours pas égaux à ceux des hommes, les constructeurs ont délocalisé dans les pays à bas coûts (et où les femmes sont encore moins payées que les hommes dont le salaire n’est déjà pas brillant), et on pourrait se dire que tout a été vain ou est à refaire. Sauf que les ouvrières d’alors ont défendu ce qui est le plus cher : leur respect. Même si au final la victoire est en demi-teinte, leur lutte n’a absolument pas été vaine. Il en va de même pour tous les engagements militants, ce n’est pas tant le but final qui compte, mais le fait de s’unir, de s’affirmer, de résister.

C’est en ce sens que je prescris ce film aux militants de toutes les associations et syndicats, comme un petit coup de boost au moral.