La RATP fait en ce moment une campagne dans le métro, demandant aux gens « Devinez ce que untel ou unetelle fait avec ses 10 RTT par semaine ? », avec des photos en gros plans de loisirs diverses. La blague, c’est qu’ils parlent de « Récupération du Temps de Trajet », ah ah. N’empêche, ce n’est pas mal vu, le temps qu’on ne passe pas dans les bouchons est autant de temps pour faire autre chose. Mais tant qu’à faire, poussons le raisonnement jusqu’au bout ! Autre devinette : qu’est-ce qui est encore plus fluide et plus rapide que les transports en commun, ne coûte pas forcément plus cher (un aller simple Paris-Roissy hors abonnement coûte un plein d’essence de 125), et est diablement efficace ? Dans le contexte de ce blog, la réponse à deux-roues est évidente…

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Attention, je n’ai rien contre les transports en commun, je suis bien content d’en avoir quand j’ai besoin d’aller prendre un train par exemple, et je reconnais pour en avoir essayé pas mal un peu partout que le réseau parisien, bien que particulièrement sale, est dense et pratique. Mais je refuse qu’on me les impose dans le contexte où ils fonctionnent ! Les chantres du métro et du tram comme solution unique avancent les chiffres flatteurs d’une fréquentation optimisée, mais qui ne reflètent qu’un lissage sur l’ensemble de la journée, alors que le trafic est loin d’être homogène. Aux heures de pointe, l’ensemble du réseau est saturé, et ce façon assez insoluble : ce n’est pas tant que la RATP ne met pas assez de ressources en matériels et en hommes (encore que, c’est tendu sur ce front aussi), mais qu’il est matériellement impossible de faire circuler plus de rames sur les lignes. Du coup, celles qu’il y a sont bondées et la moindre perturbation provoque des retards à répétition (incidents voyageurs, problèmes techniques, colis suspects, rien que du très normal sur un réseau aussi dense et utilisé), et il faut vraiment ne pas avoir le choix pour circuler ainsi tous les jours. Proposer l’alternative, oui, l’imposer comme tant le souhaitent serait totalement contreproductif.

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Les exemples comparatifs ne manquent pas, rien que sur les dernières jours ; pour une raison X ou Y j’ai fait en tramway, métro ou RER un trajet fait habituellement à moto, le résultat est sans appel et ne surprendra aucun habitué, rien de nouveau sous le soleil : 2 heures en voiture / 1 heure en métro / 30 minutes à moto. Rien que ce dimanche matin encore, vraiment pas en pointe donc, la seule attente des rames sur les deux changements de mon trajet a duré le temps qu’aurait pris le trajet complet en surface à moto. Alors, c’est qui les champions des RTT ?

Quant à on ce qu’on fait de ce temps gagné, à chacun de voir. Pour ma part, je sais à quoi il est consacré en bonne partie : la défense de ce moyen de transport efficace et intelligent, justement pour que je puisse librement et longtemps encore me déplacer en deux-roues, quel qu’il soit, et que plein d’autres puissent en faire de même. Surtout que plus on sera nombreux à deux-roues, plus ça libérera de place sur les routes (1) ET dans les métros (2), tout bénef’ pour tout le monde !


(1) Rappelons l’étude belge récente montrant que si 10% des automobilistes passaient au deux-roues, les bouchons fondraient de 40%.

(2) Selon les types de polluants, c’est dans les couloirs du métro que l’air est le plus vicié, pire qu’en surface, voire que sur le périph’.