A l’heure où l’on parle beaucoup d’économies d’énergie, de pollution, de bilan carbone, où le prix du carburant crève le plafond (alors que le prix du baril brut a déjà été plus haut, merci les taxes françaises…) et où la consommation des motos est examinée de plus près, je me pose diverses questions.

  • On a échappé de justesse et grâce aux multiples actions des Motards en Colère à l’allumage systématique des feux de jour pour tous les véhicules. Sachant que cela aurait entraîné environ 1% de consommation supplémentaire pour alimenter l’alternateur, ce qui, multiplié par le nombre de voitures concernées, aurait représenté des centaines de milliers de litres par an. Aujourd’hui, les nouveaux véhicules comportent des feux dédiés. Souvent à diodes, uniquement à l’avant et de faible intensité, ils limitent les dégâts. Cependant, le problème de sécurité qu’ils posent reste comparable, et cela fait tout de même un peu d’énergie gaspillée. N’est-on pas censé faire des économies à tous les niveaux ?

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  • On présente souvent la limitation de la vitesse comme réduisant la consommation. L’impact est réel, je ne le nie pas, mais la différence est-elle sensible au point de justifier, comme c’est parfois le cas, de faire tourner des heures un hélicoptère pour surveiller que de vilains contrevenants ne dépassent pas la limite de quelques pourcents ? Et que dire du bridage à l’arrache des grosses cylindrées modifiées pour rester sous les 100 chevaux, et qui consomment jusqu’à un litre de plus que les versions d’origine ?
  • A Montréal, il y a quelques années, il était question d’appliquer la pratique de certaines provinces (comme de certains états US) permettant de tourner à droite au feu rouge, en cédant la priorité, plutôt que marquer inutilement l’arrêt. Des estimations disaient alors que ce simple détail économiserait des milliers de litres d’essence à l’échelle de la ville.

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  • On veut nous forcer à passer aux agrocarburants, avec en France l’E10 pour ne pas le citer. Or en plus d’entraîner une surconsommation qui compense sa teneur en alcool, annulant tout avantage de ce côté-là, il consomme aussi beaucoup de pétrole pour sa production : récolte, transport, etc. Sans compter l’impact des engrais, les ravages de l’agriculture intensive et la concurrence avec les terres arables pour la production alimentaire. Les agrocarburants ont un avenir, mais ce n’est pas dans la génération actuelle. En attendant l’exploitation plus complète des déchets agricoles ou des algues, on ferait des économies d’essence en arrêtant cette absurdité aussi nocive pour les moteurs que pour l’environnement.
  • Réparer les points de gonflage dans les stations services, souvent à l’abandon ou dépourvus de tuyaux, aiderait à maintenir une bonne pression des pneus pour réduire la conso et augmenter la sécurité.
  • Et puisque les ralentissements et réaccélérations sont ce qui consomment le plus, bien plus que conserver une vitesse stabilisée (même plus élevée que la limitation stricte), qui saurait calculer l’économie énorme que la France réaliserait, sur une année :

- en utilisant plus judicieusement les dos d’ânes, au lieu de les disperser à tous va et hors normes, imposant parfois un quasi-arrêt et une réaccélération complète ;

- en renonçant aux radars automatiques dangereux qui provoquent des coups de freins injustifiés, empêchant notamment de prendre de l’élan pour limiter la consommation en côte ;

- en remplaçant nombre de feux rouges par des oranges clignotants ou des cédez-le-passage, en tous cas hors période de pointe ;

- en facilitant la circulation et le stationnement au lieu de les entraver volontairement, pour limiter le terrible gâchis de temps et de carburant des bouchons et des rotations à la recherche d’une place ;

- en laissant les deux-roues prendre la place qu’ils méritent dans l’optimisation des transports, notamment urbains.

Bien sûr, il y a l’éco-conduite, l’optimisation des transports, le bon réglage des véhicules, etc. Mais c’est un tout, c’est l’ensemble de toutes les petites économies d’énergie qui peuvent faire une différence bien plus importante que des grosses actions médiatiques ponctuelles.

En attendant, je vous abandonne quelques jours pour une petite balade en méditerranée (ouch le bilan carbone avec l’avion…). A bientôt !