Avec le climat de ces jours-ci, j’ai roulé de deux façons relativement inhabituelles pour un motard acharné, à savoir en voiture et sur l’autoroute. Un choix très simplement dicté par la sécurité… J’ai déjà roulé sur la neige et la glace y compris en gros cube, mais déjà il y a une marge entre un trajet péri-urbain et partir en pleine campagne, une différence entre un peu de neige fraîche et plusieurs dizaines de centimètres bien tassés et durcis par deux semaines de gel continu, et surtout les autres conducteurs me font flipper ! Ce n’est pas tant l’adhérence réduite ou la perspective d’une chute qui me font le plus peur, mais le fait que la majorité des automobilistes n’a aucune espèce d’idée du comportement à adopter sur chaussée glissante.

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Passe encore qu’ils ne sachent ni anticiper ni rattraper un dérapage, encore moins conduire en drift, la formation basique à la conduite ne les y prédispose pas. Admettons qu’ils n’aient pas les bases logiques et mécaniques dictant de limiter l’usage des freins, de jouer sur le couple, et d’éviter de démarrer comme des brutes en première. Mais rien n’excuse un tel mépris pour les distances de sécurité ! Là, il y a un sacré « gisement de sécurité routière ». Déjà sur le sec les gens roulent trop près, sous la pluie ce n’est pas mieux, et quand on les voit toujours nez à cul, à moins d’un mètre les uns des autres sur de la neige fondue ou du verglas, j’avoue que ça me laisse pantois.

Hier encore, sur une petite route déserte de forêt, en quatre-roues donc, j’étais moi-même en léger drift, bonne visibilité, allure moyenne, bon compromis entre avancer quand même mais sans prendre de risques inutiles. Et v’la-t-y pas qu’un abruti, sans doute dopé par des chaînes ou des pneus neiges (qu’il devait croire vachement utiles sur le verglas) me colle au train, privé de toute marge de réaction et limitant aussi fortement mes options en cas de soucis. Entre ces gugusses et les paniqués qui roulent à 10 km/h en plein milieu et qui sont presque aussi dangereux, grrrr.

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Reste une option, pratique dans ces cas-là. Un grand axe bien dégagé, qui contourne les routes noyées de glace, objectivement bien plus sécurisé : l’autoroute. Le choix de la raison. D’ailleurs, ne rappelle-t-on pas régulièrement que c’est de loin le réseau le plus sûr ? L’occasion de se demander une fois de plus pourquoi (si le gouvernement souhaitait réellement améliorer la sécurité routière au lieu de céder aux pressions d’actionnaires) les autoroutes ne deviendraient pas gratuites ou beaucoup plus abordables - comme elles étaient censé le devenir au lieu d’être bradées à des groupes privés. Au moins lorsque les conditions météo se dégradent à ce point ! On n’a pas toujours d’autre choix que se déplacer en voiture individuelle, ni toujours les moyens de raquer pour le simple droit de se déplacer.

Ne faut-il pas encourager les pratiques et les réseaux les plus sûrs ? L’incitation financière n’est-elle pas un levier efficace, dans un sens (bonus, crédit d’impôts…) comme dans l’autre (taxes, PV…) ? En étant un peu logique, la conclusion s’impose d’elle-même : la gratuité des autoroutes est une évidence de service public, surtout par conditions météo difficiles.

PS : cela rappelle aussi un certain tunnel de l’A86, nettement plus sûr que les routes de surfaces, et présenté comme tel, auquel même en payant les deux-roues n’ont toujours pas accès…