Les copains partis de Lamoura en même temps que moi lundi dernier ont eu la chance de partager une pluie intense et glacée peu digne de la saison. Je peux maintenant témoigner qu’il n’y avait pas qu’en France que le temps était pourri. A part un peu en Allemagne, un déluge impressionnant ne nous a pas lâchés jusqu’à la pointe nord du Danemark, je crois qu’on a battu notre record d’être trempés et transis, et pourtant on avait déjà des références. Mais bon, l’important est d’être enfin arrivés ! Après deux heures de ferry, nous posons les roues en territoire inconnu : la Norvège. Pour rejoindre notre premier hôte isolé dans la forêt, le GPS annonce la couleur : « Attention, cet itinéraire emprunte des chemins ». Les chiffres me reviennent en tête, 60% des routes de Scandinavie sont en fait de simples pistes, mais probablement plus au nord que ce que nous aurons le temps de visiter, là il ne s’agit que de quelques kilomètres pour se mettre en jambes et goûter notre première nuit nordique... pour ce qu’il en reste, le soleil ne daignant disparaître qu’à près de minuit, pour revenir dès quatre heures.

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Le lendemain, nous longeons la côte sud, avec un détour vraiment pas indispensable par le phare de Lindesnes, puis en suivant la superbe route 44. Etroit ruban de bitume en bon état, serpentant entre mer et forêt, circulation faible, ce serait un super pied… si la pluie n’avait à son tour traversé pour nous poursuivre ! Au point qu’on zappe plusieurs villages prévus, ne s’arrêtant que pour se réchauffer un peu avec un chocolat. Heureusement qu’au dernier moment avant de partir on a remis la doublure des blousons et pris les tours de cou, mais les gants d’été et les bottes légères sont bien limites pour les 6 malheureux degrés que nous avons, loin sous les moyennes saisonnières.

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Enfin, hallelujah, le soleil se montre tandis que nous arrivons sur Stavanger, il est chaud et doux, ça fait un bien fou, même si le vent descendu de l’Arctique reste bien frisquet. Ville colorée et sympathique, où le pétrole est la principale activité et les prix atteignent des records, même pour la Norvège. Les plats des restos n’hésitent pas à s’afficher à 50 Euros, et tout est à l’avenant. Heureusement que la merveilleuse entraide des voyageurs nous permet de nous balader en minimisant sérieusement les frais, logés-nourris chez l’habitant très sympa de surcroît, ce qui nous laisse de quoi faire face au reste, par exemple l’essence à plus de deux euros le litre (heureusement qu’on roule cool !).

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Le jour d’après se fait sportif : on s’enfonce un peu dans les fjords avant de se lancer à l’assaut du Preikestolen, une grosse demi-journée de marche aller-retour pour aller voir un impressionnant rocher aux arrêtes régulières tombant tout droit à pic dans l’eau glacée, 600 mètres plus bas. La grimpette n’est pas toujours évidente avec quelques escaliers pour tout entraînement, mais les vues sont magnifiques tout au long du chemin.

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Le retour se fait comme d’hab par une succession de ponts, de tunnels en V plongeant sous les fjords et de ferries, hallucinant à quel point le territoire est découpé et entremêlé d’eau et de rocs. Et encore, la moto a de nombreux avantages : déjà, on est exemptés des nombreux péages, mais en plus on peut très officiellement remonter les parfois interminables files d’attente aux embarquements des ferries, et on est aussi les premiers à débarquer pour prendre la route sans être gênés par les camions et camping cars, sympa…

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Nous sommes ce soir dans la très jolie ville de Bergen, ancienne capitale du pays et ville majeure de la ligue hanséatique, avec tout un quartier de maisons en bois et des ruelles grimpant les collines autour du port. Le soleil était caché ce matin mais il a eu la très bonne idée d’éclairer toutes ces couleurs pimpantes, pourvu que ça dure.

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La suite au prochain numéro…