L’été dernier, ma moto a été victime au Danemark d’une casse de la chaîne secondaire ayant pas mal flingué le bas du moteur. Elle est restée bloquée 3 mois là-bas, ce qui a eu entre autres comme conséquences que ma prochaine bécane sera forcément à cardan (ce n’est pas la première fois que j’ai des problèmes de chaîne, même bien entretenue), et que j’ai emprunté à une amie une Suzuki GN 125 qui ne lui servait pas, histoire de pouvoir quand même me déplacer (Merci encore Manu !). En récupérant la 1000, et comme je m’étais fait piquer mon vélo, j’ai gardé la 125, et j’ai fini par presque plus m’en servir que la grosse, du moins pour les petits trajets urbains en solo, qui constituent le gros de l’utilisation d’une moto au quotidien en ville. En déménageant en province, j’ai rendu cette GN à sa propriétaire, mais je voudrais partager avec vous quelques impressions et commentaires sur cette « régression » de motard habitué des gros cubes revenant sur la cylindrée de ses débuts, car on change rarement de machine pour une moins puissante, en tous cas pas dans une telle proportion ! (hors locations ponctuelles en voyage, mais c’est trop différent pour comparer) :

ECONOMIQUE

La 125 bouffe 3 litres aux 100, soit pratiquement le tiers de la conso de la 1000 en ville, son entretien est réduit à sa plus simple expression, on ne risque pas de flash radar sur le périph (avec moi dessus elle plafonne à 80 km/h en fond de cinquième, quand l’autre passe la seconde à cette vitesse en attaquant un peu), et elle a plus de chance de rentrer dans les parcs à 2RM pour éviter les prunes de stationnement. En ces temps un peu ric-rac, cela fait donc sans surprise de substantielles économies au quotidien. Alors ça n’aurait pas forcément valu le coup s’il avait fallu acheter la machine au départ en plus de l’autre, mais c’est peut-être carrément un calcul à faire sur le long terme pour les citadins…

FUN !

Et oui, je l’ai trouvé très amusante et sympa à conduire. Pas sur les mêmes critères que la DL, évidemment, et il ne serait pas question de faire une balade ou un voyage, mais mine de rien, avec le dixième de la puissance et du couple auxquels je suis habitué, il y a encore moyen de trouver du plaisir à la conduite d’une moto. Jouer avec la boîte comme un pilote, à toujours chercher le régime optimal pour avoir une chance d’avancer plutôt que tout faire en seconde sur le couple ; prendre les virages au taquet, voire en slide, sans craindre pour la moto ; s’entraîner au dérapage sous la pluie, sachant qu’avec le poids minuscule (je suis plus lourd que la moto tous pleins faits !) et la vitesse réduite on peut toujours rattraper d’un coup de talon ou de hanche… bref, ce qu’on n’ose pas forcément faire avec un gros cube on peut se le permettre avec un petit, sans perdre de vue bien entendu ses limites intrinsèques : un freinage symbolique, pas question de la mettre par terre quand même, et en s’assurant toujours avant de faire le con qu’il n’y a personne autour.

PRATIQUE

Que demande-t-on à un 2RM en ville ? De se déplacer d’un point A à un point B, pouvoir s’y garer, en revenir. Autant de tâches pour lesquels une 125 suffit largement. Tant qu’on reste en milieu urbain, on va à peu près aussi vite qu’une « vraie » moto, voire on se faufile encore plus avec ce « vélo ». Sans que ça dissuade de l’attacher avec antivol homologué etc., on peut moins craindre de se la faire voler ou dépouiller.

PEJORATIVE ?

Une impression plus subjective mais réelle, celle d’être bien moins pris au sérieux sur une 125 qu’un gros cube. C’est pourtant le même pilote, la même conduite, le même équipement, mais par exemple en râlant après un caisseux pendu au téléphone ou faisant n’importe quoi, là où il/elle s’écrase souvent quand c’est depuis la selle de la DL, avec la petite GN il/elle ignore ou engueule en retour. Bizarre, non ? Et bien sûr, il y a les autres motards qui ne répondent plus au salut, les copains qui se foutent de sa gueule parce que, bouhou, il a une mobylette alors qu’eux sont des vrais bikers, etc. Ce serait un point négatif au tableau de la 125, à condition d’y prêter la moindre attention, ce qui n’est pas mon cas.

Pour conclure ces quelques points, dont aucun n’est une surprise ni une découverte mais qu’il n’est pas inutile de rappeler, je dirais que ça a été une expérience intéressante, que je recommande à ceux qui en ont l’occasion. On comprend mieux les autres en se mettant à leur place, et pour un militant défendant tout autant les petites cylindrées que les grosses, il n’est pas inutile de partager leur point de vue de temps en temps. Ceci dit, une fois parti de la ville ou en ne pouvant conserver qu’une seule machine, le choix ne se pose pas entre la 1000 et la 125. Qui peut le plus peut le moins, et je ne me vois pas parcourir l’Europe ou arsouiller le week-end avec la GN, tandis que le gros cube s’accommode parfaitement des trajets urbains. Mais quand même, d’une certaine façon, je vais la regretter ma petite 125 ;-)

GN125

PS : Le lien (pas très récent) de la semaine, des plaques d’immatriculation pour informaticiens