La semaine dernière, j’ai été « interviewé » dans le cadre de l’étude 2-BE-SAFE, un vaste projet international impliquant de très nombreux acteurs, dont la FEMA (Fédération Européenne des Associations Motocyclistes, dont la FFMC est membre fondateur) et l’INRETS (Institut National de Recherche sur les Transports et leur Sécurité). Cette étude, initialement conçue pour analyser le comportement et les mécanismes de prise de décision chez les pilotes de chasse et de ligne, avait déjà été déclinée en direction des automobilistes, mais c’est la toute première du genre à s’intéresser aux motards.

Ces entretiens en anglais, menés en binômes par de très sympathiques chercheurs australiens et leurs homologues français, ont cherché à comprendre, outre les raisons poussant les motards à choisir ce mode de transport malgré ses risques, ce qui se passe dans nos têtes en conduisant : quels sont les sens que l’on utilise, les critères de décision avant un dépassement par exemple, les libertés que l’on s’octroie (ou pas) par rapport à la conduite d’une voiture, les éléments distrayants ou perturbateurs, notre perception des comportements des autres véhicules…

Ils nous ont aussi demandé quels seraient nos souhaits et recommandations en matière d’aménagements, d’infrastructures, de formation… Ca tombe bien, ce sont des sujets sur lesquels j’ai de la matière à dire, entre mes réflexions personnelles et la masse d’expériences partagées et travaillées depuis 30 ans par la Fédé.

Tout ceci reste bien entendu théorique, et il y a un monde avant que tout cela soit décortiqué, compilé, analysé, et finisse par se traduire en recommandations concrètes à destination des décideurs et gouvernements, surtout en France vu la mentalité des soi-disant responsables et leur respect des décisions et des normes européennes quand elles ne les arrangent pas. Cela dit, après quelques années à s’acharner à sensibiliser des politiciens aveuglés par leurs préconçus, leurs idéologies et leur démagogie, ou à des techniciens plutôt de bonne volonté mais dénués de tout pouvoir de décision, ça fait du bien d’être un peu écoutés. Vous imaginez, des gens qui demandent leur avis aux intéressés avant de parler en leur nom ? Une révolution !