Le Frédéblog

Motomag.com

Pratique et défense du deux-roues par un passionné, mais aussi balades et voyages, anecdotes insolites, quelques réflexions en vrac, bref, un blog motard !

Pratique et défense de la moto

Fil des billets - Fil des commentaires

dimanche 14 juin 2009

Un drame de plus…

Un nouvel accident à Marseille, une femme enceinte de jumeaux et son fils tués par une moto. Sans surprise, la presse se lâche comme à chaque fois : « tués par des motards », et que je t’en remette une couche sur les fous du guidon ivres de vitesse. C’est tellement systématique que c’est lassant, et lourd ! En lisant un peu les articles, on lit quand même la précision que le conducteur n’avait ni permis moto ni assurance. C’était en pleine nuit, dans un endroit non éclairé, et la victime vêtue de noir marchait apparemment sur la chaussée (la faute à un trottoir encombré de caisses mal garées). Avant de la percuter, le motard a quand même bien planté les freins… mais trop tard. Jusqu’ici, on pourrait hélas se dire que ça pourrait arriver à n’importe lequel n’entre nous. Là où ça dérape, c’est quand le gars en question a semble-t-il abandonné sur place son passager blessé et a pris la fuite - il a depuis été retrouvé.

Evidemment, avec tout ça, les commentaires des journaleux comme des lecteurs se déchaînent. On en voit comme par exemple celui-ci sur le site du Point :

Ander  « FFMC » - dimanche 14 juin | 18:04
Pas facile de prouver que cette association ne donne pas 
des idées "aux fous de vitesse".  En effet, et régulièrement, 
les motards en colère manifestent contre les contrôles 
radars, il suffit de voir les motos en ville, c'est flagrant...

Certains d’entre nous (Fred, j’ai notamment cru reconnaître ta patte) s’acharnent à suggérer de faire la part des choses, de se demander si on peut appeler ce mec un « motard » juste parce qu’il conduisait une moto, et s’il est bien raisonnable de réagir avec une telle violence envers ceux qui restent, malgré des drames comme celui-ci, les principales victimes de la route. Je n’excuse pas le comportement de ce chauffard, mais c’est tellement facile de généraliser à ce point là !

La semaine dernière, une autre femme est morte dans les rues de Marseille, un caisseux a grillé le feu avant de prendre la fuite. C’était un « fait divers », je ne me souviens pas que ça ait fait la une des journaux ni même des flux de news. Aujourd’hui une moto est en cause, tout le monde en parle. C’est beau l’objectivité quand même.

Cliquez ici pour la dépêche AFP. Les liens vers d’autres articles en bas de la page.

PS : pendant qu’on parle de journalistes, je vous recommande cette émission pas surprenante mais édifiante de la télé suisse. On ne risque pas de la voir diffusée en France : http://www.tsr.ch/tsr/index.html?siteSect=500000&channel=#bcid=673809;vid=10784729

Note : le lien va directement vers le site de la chaîne suisse. En effet, la vidéo a mystérieusement disparu des sites habituels, Youtube, Dailymotion, Wat, comme d’hab. C’est bizarre comme la plupart des vidéos qui sont, disons, peu favorables à notre naboléon en chef, ont tendance à avoir du mal à rester en ligne. Ca promet quand il aura fini de faire passer ses lois de filtrage du net et de trackings des ordinateurs individuels…

mercredi 27 mai 2009

Nostalgie ?

"Je vous parle d'un temps que les moins de 120 ans ne peuvent pas connaîîîîtreuh." 1885, les inventeurs allemands Gottlieb Daimler et Wilhelm Maybach, près de Stuttgart, mettent au point le tout premier véhicule fonctionnant au pétrole, le "Reitwagen", un vélo motorisé. Quand on dit que le 2-roues est précurseur ! (Notons qu'il a existé des "motos" encore plus anciennes, mais à vapeur).

Depuis, la moto a suivi sa route, par exemple...

Ce n'est pas un scoop, juste une info sur laquelle je suis retombé et qui m'a fait penser à l'évolution mécanique de nos chers engins. Evolution qui semble d'ailleurs accélérer ces dernières années, comme dans tous les domaines, mais peut-être est-ce une impression que chaque génération a. Toujours est-il que pour avoir conduit des motos de plus de 40 ans, je peux témoigner que ce qui n'a pas changé en revanche, c’est le plaisir de conduire la tête dans le vent et le moteur entre les jambes.

La question qui se pose, c’est combien de temps encore pourrons-nous apprécier la liberté de la moto ? Vivons-nous ses dernières années avant de voir nos machines adorées crouler sous les taxes, les contrôles, les normes et le vol officiel du gouvernement ? A nous de voir…

lundi 18 mai 2009

Pinaillage sur pub

Bon, on va dire que je pinaille encore, mais quand même, la pub pour l’Auvergne à moto parue dans (l’excellent, évidemment) hors-série Motomag de Mai 2009 titille mon œil de motard. C’est une invitation à rouler dans cette magnifique région… avec un paillasson de bienvenue sur la chaussée, juste avant un virage. Alors bien sûr, c’est le symbole, on voit bien ce qu’ils veulent dire. Mais c’est quand même une création de publiciste non-motard, parce que moi, je vois déjà ma roue avant décoller légèrement sur cet obstacle, la roue arrière glisser avec délectation sur le truc pas fixé, le tout juste avant de balancer la bécane en courbe. Tant qu’à faire, j’aurais plutôt mis un panneau « Bienvenue », ou au pire un marquage au sol (en peinture antidérapante !). Mais si les pubs, comme la presse non-spécialisée, étaient faites par des gens qui savent de quoi ils parlent, ça se saurait.

Toujours est-il qu’une balade en Auvergne à moto, c’est quand vous voulez !

Pub Auvergne Moto

jeudi 23 avril 2009

Signe motard ostentatoire

J’entends régulièrement des copains motards dire qu’ils ne se présentent pas au travail en tenue de route, même juste un blouson et un casque en bandoulière. Certains vont jusqu’à aller bosser en voiture pour ne pas montrer leur « motarditude » peu politiquement correcte. Cette réticence est parfois volontaire, d’autres fois carrément demandée par la direction. Est-ce que ça irait jusqu’à de la discrimination à l’embauche ? Difficile à dire, il faudrait l’étudier, mais le simple fait que cela constitue un risque potentiel au niveau commercial me semble déjà étonnant, surtout que cela n’entre pas en conflit avec les codes vestimentaires en vigueur : rien n’empêche de porter un costard-cravate ou un uniforme sous une veste renforcée, et un casque dans une housse propre n’est pas absurde au côté d’un attaché-case. Alors pourquoi ce sujet est-il ne serait-ce qu’abordé ?

On peut dire que cela dépend des domaines d’activité, mais ayant effectué des missions de consulting dans des secteurs variés, du tourisme à la banque en passant par l’industrie, j’ai eu l’occasion de tester bon nombre d’environnements de travail et ai toujours refusé d’avoir honte de me déplacer à moto. Devoir changer de chaussures sur le parking n’enlève rien à mes compétences, et le blouson de cuir que je laisse au vestiaire ne diminue pas le conformisme de ma cravate, alors pourquoi craindre de montrer mon casque ?

Au contraire, j’ai même constaté que lorsque le client / collègue / employeur / intermédiaire est lui-même motard, montrer que l’on partage cela est souvent une bonne façon d’établir des relations cordiales, voire de provoquer un tutoiement dans un contexte où cela se pratique peu... Cela peut donc aider une démarche commerciale, sans nuire s’il s’agit d’un non-motard, car tout le monde n’est quand même pas motophobe. J’irai même plus loin, si quelqu’un part sur une image négative ou est de mauvaise disposition simplement parce qu’on ose conduire un deux-roues, ce n’est pas forcément quelqu’un avec qui je souhaite travailler, tant cela démontre une étroitesse d’esprit qui ne peut que se répercuter sur son approche générale des choses.

En cette période où l’on parle beaucoup des signes visibles de religion et des problèmes qu’ils posent, ou pas d’ailleurs, j’ai l’impression que le casque s’assimile parfois à un voile dont il faudrait avoir honte. Ce n’est bien sûr pas systématique, mais je regrette que l’on ait encore à se poser la question.

Et vous, vous vous affichez en débarquant au bureau en combinaison flashy de piste, vous allez jusqu’à prendre la voiture par soucis de conformisme neutre, vous vous en fichez ? Vos expériences et avis m’intéressent...

mardi 7 avril 2009

2-BE-SAFE

La semaine dernière, j’ai été « interviewé » dans le cadre de l’étude 2-BE-SAFE, un vaste projet international impliquant de très nombreux acteurs, dont la FEMA (Fédération Européenne des Associations Motocyclistes, dont la FFMC est membre fondateur) et l’INRETS (Institut National de Recherche sur les Transports et leur Sécurité). Cette étude, initialement conçue pour analyser le comportement et les mécanismes de prise de décision chez les pilotes de chasse et de ligne, avait déjà été déclinée en direction des automobilistes, mais c’est la toute première du genre à s’intéresser aux motards.

Ces entretiens en anglais, menés en binômes par de très sympathiques chercheurs australiens et leurs homologues français, ont cherché à comprendre, outre les raisons poussant les motards à choisir ce mode de transport malgré ses risques, ce qui se passe dans nos têtes en conduisant : quels sont les sens que l’on utilise, les critères de décision avant un dépassement par exemple, les libertés que l’on s’octroie (ou pas) par rapport à la conduite d’une voiture, les éléments distrayants ou perturbateurs, notre perception des comportements des autres véhicules…

Ils nous ont aussi demandé quels seraient nos souhaits et recommandations en matière d’aménagements, d’infrastructures, de formation… Ca tombe bien, ce sont des sujets sur lesquels j’ai de la matière à dire, entre mes réflexions personnelles et la masse d’expériences partagées et travaillées depuis 30 ans par la Fédé.

Tout ceci reste bien entendu théorique, et il y a un monde avant que tout cela soit décortiqué, compilé, analysé, et finisse par se traduire en recommandations concrètes à destination des décideurs et gouvernements, surtout en France vu la mentalité des soi-disant responsables et leur respect des décisions et des normes européennes quand elles ne les arrangent pas. Cela dit, après quelques années à s’acharner à sensibiliser des politiciens aveuglés par leurs préconçus, leurs idéologies et leur démagogie, ou à des techniciens plutôt de bonne volonté mais dénués de tout pouvoir de décision, ça fait du bien d’être un peu écoutés. Vous imaginez, des gens qui demandent leur avis aux intéressés avant de parler en leur nom ? Une révolution !

lundi 6 avril 2009

Accro en manque



"Bonjour, je m’appelle Frédéric, et je suis motoholique."

Drogué, accro, ce n’est pas nouveau, mais ça ne cesse de s’aggraver, malgré tous les bâtons législatifs et répressifs qu’on veut nous mettre dans les roues. Le dernier symptôme en date ? L’autre jour en faisant les courses, je me suis rendu compte qu’en poussant le caddie, j’ajoute inconsciemment une légère torsion du poignet droit sur son guidon de plastique, et qu’en ralentissant quelques doigts attrapent le cadre du siège bébé en guise de frein avant. C’est grave docteur ?

samedi 28 mars 2009

Le silence des moutons

Comme bon nombre d’entre nous l’a fait remarquer, nos manifs du 21-22 ont été un grand succès, beaucoup d’antennes battant largement leurs records d’affluence. Tout cumulé on approche des 30.000 motards mobilisés en France, ce n’est pas rien, et c’est plutôt visible et audible… du moins pour les témoins directs.

Ces mêmes témoins, le soir dans leur chaumière, ont sans doute attendu d’avoir des explications sur la présence en masse dans la rue de ces étranges énergumènes casqués au journal télévisé ou dans leur quotidien. Las, mis à part quelques papiers à faible tirage et quelques secondes sur une chaîne locale, black-out, malgré un week-end sans aucune information majeure pour occulter ça. A force, ça ne devrait même plus nous surprendre. Mais s’il faut chercher un aspect positif, « a silver lining » comme on dit en anglais, je me dis que peut-être, et avec un peu d’aide, ce genre de désinformation grossière et évidente fera prendre conscience au public d’à quel point les grands médias sont manipulés et/ou incompétents.

vendredi 20 mars 2009

Mobilisation ce week-end !

On a gagné contre la procédure VE, c’est une excellente chose que nous devons fêter dignement. Mais nos revendications ne s’arrêtent pas là : infrastructures dangereuses, bridage à 100CV, droit de rassemblement et de personnalisation de nos machines, verbalisation abusive du stationnement ou de la circulation entres les files, déficit de formation, désinformation et dénigrement récurrents dans les médias...

On nous a promis un « Grenelle de la moto », mais pour que nous soyons réellement écoutés et pris en compte, et pas seulement via une répression toujours plus intense comme le préconise la politique actuelle, il faut montrer que nous restons unis et mobilisés.

C’est pourquoi les manifestations de ce week-end ont été maintenues dans toute la France, en leur donnant un côté plus festif et informatif, et votre présence est importante ! Renseignez-vous auprès de l’antenne FFMC de votre département pour connaître les points de rassemblement, le samedi 21 ou dimanche 22. De plus, c’est une bonne occasion de rencontrer les copains et d’échanger autour de notre passion commune avec d’autres motards...

A demain ou dimanche !

samedi 7 mars 2009

Electrique-cité

Motomag nous apprend dans cet article que :

Une subvention sera désormais accordée aux parisiens pour l’achat d’un scooter électrique : elle couvrira 25% du montant total, dans la limite de 400 euros.

La mairie veut faire des dérogations spéciales pour les scoot' électriques, comme les autoriser dans les voies de bus. Problème, il n'y en a presque pas en circulation, il faut donc qu'ils en trouvent quelques-uns pour justifier. Ce qui va être plus dur, c'est de justifier qu’un véhicule soit discriminé en fonction de son mode de fonctionnement électrique ou thermique, à vitesse, masse et conducteur égaux par ailleurs. Sauf qu’en plus, le silence de fonctionnement des engins électriques les rend peut-être plus dangereux pour les piétons et les cyclistes.

Faire des incitations pour les véhicules « propres », c’est une chose, et je trouve le principe plutôt bien. Mais c’est une fois encore une vision très réductrice de la ville, à l’heure où l’on présente des projets à long terme pour un Grand Paris allant jusqu’à Caen ! C’est comme les bornes de Velib qui s’arrêtent pile au périph’, ou l’incitation à prendre les transports en commun sans rien prévoir pour se garer aux abords des gares de banlieue : de beaux projets sur le papier, pondus par des édiles parisiano-parisiennes manquant cruellement de vision d’ensemble et de réalisme technique et économique.

Enfin, vu qu’une fois garé, un scooter électrique ne se différencie pas d’un traditionnel, je pose le problème de maths suivant : sachant qu’un deux-roues parisien se fait pruner en moyenne deux fois par semaine, en combien de PV injustifiés le montant de la subvention sera-t-il amorti ?

mercredi 4 mars 2009

VE : merci qui ?

Il bien le reconnaître, le militantisme motard donne plus souvent qu’à son tour l’impression de frapper des coups d’épées dans l’eau. Promesses électorales ou engagements arrachés à la suite d’années de négociations instantanément oubliés, sensibilisations ignorées, démonstrations contestées, décisions unilatérales... au bout d’un moment, il faut s’accrocher pour ne pas perdre espoir et sombrer dans la colère silencieuse et résignée des masses amorphes. Et puis il y a des annonces comme celles-ci. La procédure VE est abandonnée pour les 2-roues et les poids lourds, et réduite à des proportions raisonnables pour les voitures. Merci qui ?

http://www.motomag.com/Victoire-de-la-FFMC-la-procedure-5605.html

En tous cas pas aux médias généralistes, qui n’ont pas fait leur travail d’alerte ni relayé le message. Pas aux politiques qui ont pondu un texte aussi débile. Pas à tous ceux qui applaudissent des deux mains (faut dire, pas évident d’applaudir d’une seule) tout ce qui au nom d’une pseudo sécurité rogne toujours plus sur nos libertés.

Mais bravo aux quelques magazines spécialisés auto et moto qui ont abordé très clairement le danger de cette procédure. Bravo à tous ceux qui nous ont soutenus en diffusant l’info, en affichant les flyers, etc. Surtout, bravo aux militants de la FFMC qui ont su lancer toute une dynamique de prise de conscience et de contestation. Et merci tout particulièrement aux salariés du mouvement et aux représentants nationaux ayant su convaincre et exposer, pédagogiquement et « citoyennement », les dérives annoncées, avec en arrière-plan la pression d’une manifestation de grande envergure en préparation, et l’union rare de toutes les catégories d’utilisateurs.

Ne nous leurrons pas, si ce recul est une victoire, c’est à mon avis pour deux raisons essentielles :

- C’était un plan ingérable, et les préfectures déjà débordées auraient été encore plus sollicitées. Notre action leur permet de retirer la procédure en ayant l’air de faire une concession, sans perdre la face, mais ça doit bien les arranger.

- L’union fait la force, et la force du public dérange toujours les gouvernements. Or ce sujet était le premier depuis longtemps qui permettait de fédérer motards, caisseux, poids-lourds, tout le monde. Trop risqué pour ceux qui se complaisent à diviser pour mieux régner.

Cependant ne boudons pas notre victoire, qui est celle de la FFMC, des militants, des citoyens. Ce qui est très important maintenant, c’est de bien communiquer, de garder cet élan établi entre les motards et les autres usagers, et de faire prendre conscience à l’énorme majorité de motards qui – au mieux ! – se contente de venir aux manifestations, que le mouvement n’existe pas sans eux. Hier le contrôle technique, aujourd’hui la procédure VE, demain sans doute un paquet d’autres sujets. Il faut absolument rester attentifs, solidaires, mobilisés, pour que la bonne nouvelle d’aujourd’hui fasse des petits. Sinon, ça n’aura été qu’un autre coup dans l’eau, un beau coup, certes, mais vain quand même.

La fédé a besoin d’adhérents pour fonctionner et de militants pour vivre. Après chacun voit selon ses disponibilités et sa conscience citoyenne, mais ce sont des nouvelles comme celle-ci qui donnent toute sa justification au geste d’envoyer chaque année le prix d’un plein d’essence pour soutenir le mouvement, et si possible d’un peu de son temps pour les activités des antennes locales. Vous aimez votre moto ? De nos jours il faut se battre pour la défendre. Et des fois, comme aujourd’hui, on gagne.


Pour les manifs de fin mars, on va en parler en antennes et avec le BN, je pense qu’il faut les maintenir, mais sur le mode festif, pour fêter ça, appeler à la vigilance et informer sur les nombreux autres sujets en cours – ne serait-ce que parce qu’on ne peut pas planter ceux qui viendraient quand même.

lundi 23 février 2009

Concession héroïque

Il y a des professionnels impliqués, d’autres moins. En l’occurrence, je tiens à féliciter la concession Harley-Davidson de Carpentras (Vaucluse). Le patron s’est rapproché de la FFMC lors des actions contre le contrôle technique 2-roues, et sa boîte est à présent adhérente de la Fédé. Ils sont particulièrement concernés par la procédure V.E. : en tant que préparateurs de choppers qui n’ont plus que le numéro de série d’origine, avec une loi pareille, ils n’ont plus qu’à fermer boutique ! Au-delà de ce sujet particulier, il nous disait avoir bien compris l’importance de la mobilisation motarde, au point que pour la manif du 21 mars, il va baisser le rideau quelques heures et faire un départ groupé pour nous rejoindre sur Avignon avec ses potes, clients, et tous ceux qui veulent (avis d’ailleurs aux motards du coin, même en japonaises, teutonnes ou italiennes !).

Et bien franchement, entre ça et les grosses concessions qui veulent à peine poser une affiche, on voit la différence entre l’esprit motard et le pur intérêt commercial. Bon, je ne dis pas que tous les acteurs de la moto doivent faire une journée morte pour venir manifester, encore que… N’empêche, quand on les informe (vu qu’en grande majorité, ils n’en n’ont pas entendu parler), ils craignent l’impact sur leur business : stockage des machines en attente d’expertise, chute des ventes d’accessoires, lourdeur de la procédure, et quand même un fond d’indignation citoyenne.

Voilà, je trouvais juste cette implication d’un professionnel digne d’être saluée – et imitée par ses confrères. Casque bas !

vendredi 20 février 2009

Les lois-bâillons

Le Monde rappelle ceci dans un article en ligne d’aujourd’hui :

« Que coûte l'intervention lors d'une expulsion ou une reconduite aux frontières ? Pour le délit d'incitation à la rébellion, l'accusé risque au maximum deux mois de prison et 7 500 euros d'amende. Pour le chef d'accusation d'inciter à faire débarquer une escorte policière ainsi que l'étranger reconduit hors des frontières françaises, il encoure cinq ans et 18 000 euros d'amende. Ces peines maximales sont détaillées dans une notice d'information distribuée systématiquement depuis 2007 à tous passagers qui monte dans un avion servant à une expulsion. »

En pratique, de telles peines sont très rarement appliquées, mais leur but n’est évidemment pas tant de punir ceux qui oseraient - humainement et légitimement - s’indigner, que de dissuader de le faire ceux qui n’osent pas encore.

Je trouve cela très proche de ce que nous prépare la procédure VE. En pratique, et ce ne serait-ce que pour de simples raisons matérielles d’engorgement des experts et des préfectures déjà saturées (et aux effectifs administratifs en baisse), le risque devrait objectivement rester assez faible de se faire réellement confisquer sa bécane pour un pot adaptable. Mais cette épée de Damoclès s’ajoute à tout un arsenal de haches, couteaux, lances et hallebardes judiciaires déjà en suspension au-dessus de la tête de chacun, surtout s’il est conducteur d’un véhicule motorisé, et même s’il n’a absolument rien à se reprocher.

Ne nous méprenons pas sur l’objectif – et le danger ! – réel de cette procédure : il s’agit avant tout de bâillonner les conducteurs et le public, d’étouffer la moindre velléité de protestation ou d’insoumission. Et ça, c’est très grave, bien plus que l’aspect mécanique. Et qu’on ne vienne pas ressortir l’argument sécurité du parc roulant, car sont exclus de la procédure les pneumatiques, les véhicules anciens et ceux dont la valeur marchande est très faible ; autrement dit les poubelles roulantes et les cyclos qui, eux, posent de réels soucis de fiabilité et de conformité.

mercredi 18 février 2009

VE : La théorie du complot ?

En diffusant ces jours-ci les affiches et des tracts pour la manif du 21 mars à propos de la procédure VE, je suis sidéré de voir à quel point les gens – même les professionnels de l’automobile et du deux-roues ! – pourtant abreuvés de TV et de médias, ne sont pas au courant. Alors d’accord, c’est un énième point de réglementation plutôt obscur, mais ses conséquences directes sont parlantes, et concernent tout le monde. Maintenant que le lièvre a été levé, essentiellement grâce à la FFMC et deux magazines auto, on pourrait croire qu’un truc pareil se répandrait comme une traînée de poudre, que les journaux toujours à la recherche d’un sujet s’en empareraient, etc. Mais loin, très loin s’en faut.

Tous les gens à qui j’en parle, particuliers, professionnels, amis, collègues, toubib, sont outrés d’une procédure aussi radicale et injuste, j’espère qu’ils se mobiliseront, mais rien n’est moins sûr.

Cela soulève plusieurs questions :

- Qui peut encore croire à l’indépendance des médias généralistes ?

- Qui peut croire à l’honnêteté d’un gouvernement gardant secret aussi longtemps que possible des dispositions dont il sait pertinemment qu’elles seront mal acceptées (en ce qui nous concerne : tunnel A86, VE…) ?

- Pourquoi les gens s’obstinent-ils à passer des chain-mails débiles (comme le canular sur la vignette d’assurance à signer sous peine de PV, pourtant démontré depuis des années), et PAS les escroqueries réelles qui nous pendent au nez comme la procédure VE ?

Qu’est-ce qui reste ? Nous, les militants, les concernés, les impliqués, les citoyens responsables. On compte sur vous, faites passer le mot partout où vous pouvez, en ligne, en live… Même si ce n’est pas pour venir à la manif, mais qu’au moins les gens soient conscients de ce qui les attend, et s’ils préfèrent ne pas agir, que ce soit en connaissance de cause. N’oublions pas que « nul n’est censé ignorer la loi »…

RV le week-end du 21-22 mars, partout en France.



PS : ça fait longtemps que je n’ai pas râlé après les flics, alors voici pour l’anecdote du jour. On a mis 10 minutes tout à l’heure à remonter en voiture une petite rue d’Avignon, parce qu’on suivait une patrouille qui faisait décaniller un par un tous les véhicules arrêtés sur les côtés, qui eux ne gênaient personne : sur des bateaux, des angles de rues, avec à chaque fois les conducteurs au volant prêts à partir si besoin, visiblement en train d’attendre quelqu’un. Ce sont des cibles tellement faciles… Et à côté de ça, jamais personne pour intervenir sur les jeunes cons qui remontent les sens interdit gaz à fond sur des mobs crachant 130 décibels, ou les mecs qui passent régulièrement en centre ville avec la sono tellement fort que ça décroche – littéralement ! – les carreaux des vieilles fenêtres des riverains. Forcément, eux risqueraient de se défendre. Ah la fierté des lâches…

Affiche VE

samedi 6 décembre 2008

Sous la selle, la plage ?

Dans les comparos de bécanes à Motomag et ailleurs, les testeurs sont toujours contents lorsqu’il y a de la place sous la selle pour caser un U. C’est vrai que c’est un plus indéniable, mais franchement, je trouve ça le minimum syndical ! Sans doute ai-je été trop gâté de ce point de vue avec la V-Strom. Voyez un peu (sachant que le U lui-même est plutôt dans le top-case, plus facile d’accès), je transporte en permanence sous la selle :

  • La trousse à outils d’origine (relativement complète il me semble, jamais utilisée)
  • Une bombe de graisse de chaîne avec des sopalins (et bien emballée, en cas de fuite)
  • Une bombe anti-crevaison
  • Un bloque-disque (à ne pas utiliser seul, mais pour compléter le U au besoin en le mettant au disque arrière)
  • Une coupelle à mettre sous la béquille pour garer la moto sur terrain meuble (à taxer à votre concessionnaire s’il est sympa. A défaut, un couvercle de confiture costaud fait l’affaire)
  • 2 tendeurs, de la ficelle, un peu de corde (pour amarrer les trucs et bagages pas prévu – récemment, c’était un vieux pupitre d’école déniché chez un antiquaire pendant une balade)
  • Parfois, un petit antivol de vélo (pour attacher les blousons au guidon le temps d’une visite)
  • Un chiffon pour la selle après la pluie
  • La liste des concessionnaires, le livret de la moto, un constat et un stylo
  • Une couverture de survie et un sifflet
  • Deux pantalons de pluie (dont un à la ma taille !)
  • Un kit de mèches
  • Un jerrican pliant comme on trouve dans la boutique Motomag + 2 mètre de tuyau pour siphoner le bidon d'un pote en cas de panne

(Astuce : virer la trousse à outils de son emplacement d’origine pour la caser tout au fond, près du feu arrière, ça gagne pas mal de place)

OK, avec tout ça c’est bien plein, mais ça ferme encore, c’est le plus important. On est certes loin de la capacité d’un scoot’ ou de certaines autres motos, mais sachant que ça vient en plus d’une bagagerie complète, c’est toujours ça. Bien entendu, je n’attends pas autant d’une sportive où la place est très limitée, mais quand je vois des GT récentes dont la selle ne s’ouvre même pas ou des machines dites « utilitaires » où on ne peut que caser un U - et encore, d’une taille spécifique - excusez-moi de trouver ça limite :-P

Par contre, comme sur beaucoup de motos, je regrette un peu que les concepteurs n’aient pas profité de la place disponible dans le carénage autour du réservoir pour mettre des vide-poches. Ce sera peut-être sur la machine de mes rêves, une DL-1200 un peu plus carénée en bas et avec un cardan ? Petit papa noël nippon, prend des notes !

jeudi 4 décembre 2008

Maîtrise technique 1 – Maîtrise de soi ?

Petite réaction à cette vidéo hallucinante de Julien Dupont postée sur Motomag :

Je l’ai envoyé à tous mes potes, ce gars a une compétence technique disons… sympa. Mais ça me chiffonne un peu de le voir faire un wheeling à deux pas d’une poussette ou en pleine circulation, même si apparemment le gaillard maîtrise "un peu" l'exercice. De même j'espère que ses potes bloquent par exemple les accès aux escaliers quand il s'amuse à les prendre en saut, en roue avant ou à l'horizontale... Sacrée performance technique, moins sûr pour la responsabilité. Mais au moins il est équipé : casque, veste coquée… Il y a des tas de vidéos hallucinantes de stunters sur le net, mais quand on les voit faire en T-shirt et sans casque, j'ai du mal à cautionner. Remarquez, les free-stylers qui sautent à 50 mètres et font un double salto avec leur bécane, protections ou pas, quand ils se loupent à l'arrivée pas sûr que ça change beaucoup.

Pour ma part, je me contente de rouler à peu près tranquillement sur la route ou des chemins faciles, en étant bien équipé et en touchant du bois ! Mais je trouve ce genre de démo, comme le pilote sous la pluie de la semaine dernière ou ce mec-là à Lyon, plutôt rassurantes en fait. Je me dis que si une moto est capable de faire *ça*, toutes proportions gardées, faut dédramatiser quand la route est un peu humide ou déformée (pas que je dramatise beaucoup d'ailleurs, mais vous voyez ce que je veux dire).

Quelqu’un saurait me dire quelle musique est utilisée dans cette vidéo ? Elle n’est pas mentionnée dans les crédits…

A bientôt et bon rétablissements aux cabossés, vous êtes pas mal autour de moi en ce moment.

dimanche 23 novembre 2008

Au revoir ma petite…

L’été dernier, ma moto a été victime au Danemark d’une casse de la chaîne secondaire ayant pas mal flingué le bas du moteur. Elle est restée bloquée 3 mois là-bas, ce qui a eu entre autres comme conséquences que ma prochaine bécane sera forcément à cardan (ce n’est pas la première fois que j’ai des problèmes de chaîne, même bien entretenue), et que j’ai emprunté à une amie une Suzuki GN 125 qui ne lui servait pas, histoire de pouvoir quand même me déplacer (Merci encore Manu !). En récupérant la 1000, et comme je m’étais fait piquer mon vélo, j’ai gardé la 125, et j’ai fini par presque plus m’en servir que la grosse, du moins pour les petits trajets urbains en solo, qui constituent le gros de l’utilisation d’une moto au quotidien en ville. En déménageant en province, j’ai rendu cette GN à sa propriétaire, mais je voudrais partager avec vous quelques impressions et commentaires sur cette « régression » de motard habitué des gros cubes revenant sur la cylindrée de ses débuts, car on change rarement de machine pour une moins puissante, en tous cas pas dans une telle proportion ! (hors locations ponctuelles en voyage, mais c’est trop différent pour comparer) :

ECONOMIQUE

La 125 bouffe 3 litres aux 100, soit pratiquement le tiers de la conso de la 1000 en ville, son entretien est réduit à sa plus simple expression, on ne risque pas de flash radar sur le périph (avec moi dessus elle plafonne à 80 km/h en fond de cinquième, quand l’autre passe la seconde à cette vitesse en attaquant un peu), et elle a plus de chance de rentrer dans les parcs à 2RM pour éviter les prunes de stationnement. En ces temps un peu ric-rac, cela fait donc sans surprise de substantielles économies au quotidien. Alors ça n’aurait pas forcément valu le coup s’il avait fallu acheter la machine au départ en plus de l’autre, mais c’est peut-être carrément un calcul à faire sur le long terme pour les citadins…

FUN !

Et oui, je l’ai trouvé très amusante et sympa à conduire. Pas sur les mêmes critères que la DL, évidemment, et il ne serait pas question de faire une balade ou un voyage, mais mine de rien, avec le dixième de la puissance et du couple auxquels je suis habitué, il y a encore moyen de trouver du plaisir à la conduite d’une moto. Jouer avec la boîte comme un pilote, à toujours chercher le régime optimal pour avoir une chance d’avancer plutôt que tout faire en seconde sur le couple ; prendre les virages au taquet, voire en slide, sans craindre pour la moto ; s’entraîner au dérapage sous la pluie, sachant qu’avec le poids minuscule (je suis plus lourd que la moto tous pleins faits !) et la vitesse réduite on peut toujours rattraper d’un coup de talon ou de hanche… bref, ce qu’on n’ose pas forcément faire avec un gros cube on peut se le permettre avec un petit, sans perdre de vue bien entendu ses limites intrinsèques : un freinage symbolique, pas question de la mettre par terre quand même, et en s’assurant toujours avant de faire le con qu’il n’y a personne autour.

PRATIQUE

Que demande-t-on à un 2RM en ville ? De se déplacer d’un point A à un point B, pouvoir s’y garer, en revenir. Autant de tâches pour lesquels une 125 suffit largement. Tant qu’on reste en milieu urbain, on va à peu près aussi vite qu’une « vraie » moto, voire on se faufile encore plus avec ce « vélo ». Sans que ça dissuade de l’attacher avec antivol homologué etc., on peut moins craindre de se la faire voler ou dépouiller.

PEJORATIVE ?

Une impression plus subjective mais réelle, celle d’être bien moins pris au sérieux sur une 125 qu’un gros cube. C’est pourtant le même pilote, la même conduite, le même équipement, mais par exemple en râlant après un caisseux pendu au téléphone ou faisant n’importe quoi, là où il/elle s’écrase souvent quand c’est depuis la selle de la DL, avec la petite GN il/elle ignore ou engueule en retour. Bizarre, non ? Et bien sûr, il y a les autres motards qui ne répondent plus au salut, les copains qui se foutent de sa gueule parce que, bouhou, il a une mobylette alors qu’eux sont des vrais bikers, etc. Ce serait un point négatif au tableau de la 125, à condition d’y prêter la moindre attention, ce qui n’est pas mon cas.

Pour conclure ces quelques points, dont aucun n’est une surprise ni une découverte mais qu’il n’est pas inutile de rappeler, je dirais que ça a été une expérience intéressante, que je recommande à ceux qui en ont l’occasion. On comprend mieux les autres en se mettant à leur place, et pour un militant défendant tout autant les petites cylindrées que les grosses, il n’est pas inutile de partager leur point de vue de temps en temps. Ceci dit, une fois parti de la ville ou en ne pouvant conserver qu’une seule machine, le choix ne se pose pas entre la 1000 et la 125. Qui peut le plus peut le moins, et je ne me vois pas parcourir l’Europe ou arsouiller le week-end avec la GN, tandis que le gros cube s’accommode parfaitement des trajets urbains. Mais quand même, d’une certaine façon, je vais la regretter ma petite 125 ;-)

GN125

PS : Le lien (pas très récent) de la semaine, des plaques d’immatriculation pour informaticiens

vendredi 7 novembre 2008

Des mauvaises idées au-delà des frontières

Par soucis d’équité, en complément de mon billet précédent je souhaite ajouter que tout ce qui se fait à l’étranger n’est pas non plus à adopter pêle-mêle, bien entendu. Et quand parmi toutes les idées qu’il y a dans le monde, notre gouvernement semble ne retenir que les plus mauvaises, ou du moins celles qui se défendent dans un certain contexte (météo, ensoleillement, conditions de trafic…) mais de façon très différente en France, ça laisse assez perplexe.
Quelques exemples :

- Feux de jour : Oui, on en parle souvent, et le dossier n’avance pas dans le bon sens. Je ne vais pas revenir en détail dessus, mais ce qui est justifié dans les pays nordique où il y a plus de nuit que de jour en hiver, une faible circulation et peu de 2-roues ne s’applique pas ici. L’Union Européenne a officialisé les feux dédiés pour la prochaine génération de véhicules neufs. Cela répond à certains des critiques des codes le jour (surconsommation, mélange d’éclairages…) mais pas aux plus importantes : les usagers fragiles que sont les 2RM ou les véhicules d’urgence seront noyés dans les lumières, et ceux qui n’ont même pas de feux comme les piétons, poussettes, etc., risquent fort d’être tout simplement occultés par les automobilistes qui ne chercheront bientôt que la lueur d’un phare pour savoir si quelqu’un arrive. Franchement, il y avait de meilleures choses à ériger en norme unique entre des pays aussi divers que le Portugal, la Suède, la Grèce, l’Ecosse ou la France…

- Au Danemark, les motos neuves sont taxées à 180%. Je n’ai pas eu d’explications claires sur la chose, mais ça fait bizarre de voir en concession là-bas une V-Strom 1000 au prix d’une LT 1200 avec options ici. D’accord, le pouvoir d’achat est bien plus élevé, mais tout de même. Du coup, les équipementiers moto font des prix en proportion, car les motards danois ont forcément de gros moyens. C’est une façon de réduire leur nombre… Ici on ne taxe pas plus ces véhicules que d’autres (même un peu moins avec la carte grise à 50%), mais le gouvernement se rattrape largement par le racket permanent quand on roule, en quelques années, ça doit finir par se valoir.

- Une association anglaise, un peu leur version de la LCVR, demande que les 2RM soient limités à 20 MPH en ville (soit 32 Km/h). Ce n’est pas appliqué, et espérons pour eux que ça ne passe pas ! Bonjour la stabilité et le fonctionnement des moteurs à 30 sur les grands axes… D’ailleurs, quelques villes de la région parisienne ont décrétées que l’ensemble de leur territoire était limité à 30. OK pour les petites rues, les abords d’écoles, etc. Mais est-ce justifié sur les grandes avenues ? Pour la rentabilité des radars, indubitablement.

- Au Etats-Unis, c’est compliqué car cela dépend pas mal des lois de chaque état, mais outre un revêtement des routes généralement déplorable, le port du casque est souvent optionnel et la formation peut être inexistante. Dans certains endroits, il suffit de faire tamponner son permis auto pour pouvoir conduire une Hayabusa full power. On n’en est pas là, mais rappelons qu’en France, depuis que l’état s’est déchargé de l’entretien des routes sans pour autant répartir les budgets en conséquence, le réseau se dégrade. Et qu’une petite astuce juridique permet maintenant de conduire un 400 cc, certes à 3-roues mais au maniement comparable à un scoot’ classique, avec un permis B sans aucune formation. On est loin d’une GSX-R, mais alors qu’on se bat depuis des années pour une meilleure formation des utilisateurs, ça laisse rêveur sur les véritables intentions des pseudo-responsables.

- En Colombie je crois, les motards doivent porter une chasuble fluo avec leur numéro d’immatriculation écrit en gros dessus. Une idée qui a bien plu à certains membres du gouvernement ici, il faut rester vigilant.

- Et dans pas mal de dictatures encore, le droit de rassemblement est limité et soumis à l’état, et la parole des policiers/militaires fait force de loi. Là aussi on en est loin, mais… vous acceptez, vous, de devoir déclarer deux mois à l’avance une balade avec quelques potes ? Pourtant on est théoriquement obligés de le faire. Et avec des flics assermentés, on n’a plus de recours si l’un d’eux, de mauvaise humeur ou n’ayant pas encore rempli son carnet de souches, décrète sans la moindre preuve qu’on roule dangereusement.

Des exemples comme ça, il y en a dans le monde entier. Le bon côté, c’est qu’on se dit que ça pourrait être pire. Le mauvais, c’est qu’on a l’impression qu’on se dirige vers ce pire à grands pas, sans que personne ou presque ne réagisse.

jeudi 6 novembre 2008

Des bonnes idées au-delà des frontières

Dans le monde interconnecté et interdépendant d’aujourd’hui, il est indispensable d’observer ce qui se passe ailleurs. On apprend toujours par essais et erreurs, et dans une société de plus en plus complexe, s’ouvrir sur l’extérieur permet de multiplier les expériences pour apprendre des erreurs et des succès des autres. C’est valable à tous les niveaux de la science et de la politique, jusqu’à la pratique du deux-roues motorisé en ville, sujet qui nous intéresse ici. La semaine dernière, deux métropoles ont pris des décisions concernant les motos et scooters qui correspondent à ce que les utilisateurs de 2-roues en général et la FFMC en particulier réclament depuis des années à Paris :

VOIES DE BUS

A Londres, le maire Boris Johnson a décidé, après 18 mois d’expérimentation, d’ouvrir la plupart des voies de bus aux 2RM. Bien sûr, cela ne va pas sans controverse, notamment – sans surprise – de la part d’associations de piétons et de cyclistes, mais les chiffres ont été suffisamment éloquents : amélioration de la fluidité dans une capitale particulièrement embouteillée, réduction significative de l’accidentologie des motos et scooters sans impacter celle des utilisateurs encore plus vulnérables… Rien de cela n’étonnera les franciliens, mais visiblement les élus parisiens ne sont pas encore convaincus, depuis des années ils opposent une fin de non-recevoir sur le sujet, refusant toute étude concrète et réprimant de plus en plus. Pour rappel, de nouvelles caméras sont installées dans les voies de bus à Paris pour verbaliser automatiquement les voitures et motos qui s’y aventureraient. Pourtant, chaque année à l’occasion des opérations « Motard d’un Jour », on démontre à des élus et responsables techniques à quel point lorsque la circulation est dense, les voies de bus sont bien plus sûres pour tout le monde, à condition bien sûr d’avoir une conduite citoyenne. Les chauffeurs de la RATP eux-mêmes nous confient que les 2RM ne les dérangent pas du tout, alors que la cohabitation avec les vélos est beaucoup plus problématique et dangereuse. Pour ma part, surtout lorsque j’ai une passagère en selle, et malgré la présence policière disproportionnée, je ne prends pas le risque de ne pas les utiliser lorsque les rues sont très bouchées, ou sur les nouveaux axes revus par les Khmers Verts de Paris pour générer un maximum de bouchons en réduisant les voies et en compartimentant la circulation. Le but avoué est de dissuader les Parisiens de prendre leur voiture, en ignorant royalement que tout le monde ne peut s’en passer (il suffit de venir de banlieue, de se déplacer avec de jeunes enfants, des personnes âgées ou du matériel, d’avoir des difficultés de locomotion…). Quand on en parle aux maires et aux élus, ils n’ont que « Métro » et « Vélo » à la bouche, et refusent de reconnaître les limites de cette politique, qui ne serait pourtant pas inintéressante si elle était appliquée avec un minimum de cohérence et en proposant des alternatives sérieuses. Le maire de Londres a justifié en partie sa décision d’ouvrir les voies de bus aux 2RM en cas de bouchons par l’exemple de nombreuses villes en Europe qui appliquent avec succès ce partage logique de la rue. La capitale anglaise s’ajoute donc à cette liste de villes éclairées en la matière, est-ce que Paris s’y mettra enfin au lieu de se battre pour nous exclure toujours plus, au prix d’un déni de sécurité et de praticité flagrant ? Un ami de la Fédé dit souvent que l’avenir nous donnera forcément raison sur ce point. OK, mais pas trop tard alors, parce qu’en attendant, c’est autant de 2-roues à terre ou écrasés entre deux voitures à côté d’une voie protégée vide, mais interdite et verbalisée.

STATIONNEMENT ET INCITATIONS

Cette fois la nouvelle vient de plus loin. A Sydney, en proie comme le reste du monde à de plus en plus d’embouteillages et à un prix croissant des carburants, la mairie met en place une politique incitative pour développer l’usage des deux-roues motorisés : réduction des péages routiers (que la FFMC a obtenu en France il y a déjà deux décennies, mais qui est remise en cause), stationnement gratuit en ville, infrastructures adaptées, formations… Ils partent du principe que les 2RM consomment moins de carburant qu’une grosse berline ou un 4x4 (qui représentent le gros du parc en Australie), réduisent la pollution, utilisent moins d’espace sur la route et donc réduisent les bouchons, et se garent bien plus facilement. Une étude dit que 7 personnes sur 10 là-bas pensent que les 2-roues sont amenés à se développer encore plus et soutiennent leur intégration. Cela laisse rêveur dans nos contrées où depuis quelques temps, la mode semble être de tout faire pour décourager la croissance inévitable du parc de motos et scooters. Les 2-roues sont une solution pour les villes, mais Paris les prend vraiment à reculons et refuse d’admettre qu’ils peuvent avoir un rôle positif. Les milliers d’automobilistes qui rejoignent nos rangs chaque année (en tous cas les rangs des conducteurs de 2RM, on attend toujours que ça se répercute dans le nombre des militants !) l’ont bien compris, eux.

ET AILLEURS ?

Campagnes de préventions intelligentes, notamment en Belgique, pour que les caisseux fassent plus attention aux motos, ouverture des pistes cyclables aux 50cc et doublement des rails de sécurité dans une partie de l’Europe, nulle part on ne parle de bridage de puissance… Ce ne sont pas les bonnes idées et les avancées positives qui manquent. Messieurs les politiques et les décideurs, sortez un peu le nez de vos préjugés, des lobbies pseudo-écolos, de la pensée unique. Renseignez-vous vraiment sur la pratique de ceux que vous prétendez légiférer, écoutez les avis de personnes compétentes (si si, ça existe) et regardez au-delà des frontières. Aucun pays n’est parfait, mais en glanant le meilleur d’un peu partout, on doit pouvoir arriver à quelque chose de pas trop mal, ne pensez-vous pas ?



Quelques références :

http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/england/london/7692540.stm

http://www.smh.com.au/news/national/easy-riders-taking-the-fast-lane/2008/10/25/1224351608046.html

http://www.canberratimes.com.au/news/national/national/general/easy-riders-taking-the-fast-lane/1343450.aspx

http://news.smh.com.au/national/motorcyclists-to-park-free-in-sydney-cbd-20081104-5h8m.html

lundi 3 novembre 2008

Copie de ma lettre au site mortelscooter.fr

Ecoeuré par le site http://mortelscooter.fr dont Motomag a parlé dans une dépêche la semaine dernière, j'ai pris le temps de l'explorer en détail et de faire part de mon indignation à ses responsables (à titre perso, pas en tant qu'élu local FFMC). Je pense que nous devrions ainsi réagir en masse, certes sans espoir de faire évoluer les mentalités de la PR, soyons réalistes, mais au moins pour qu'ils soient bien conscient que nous ne saurions cautionner ce genre de communication complètement à côté de la plaque. A titre d'info, voici une copie du mail que je viens de leur envoyer :

Monsieur,

Je viens de découvrir le site "Mortel Scooter" et je tenais à vous faire part de ma profonde indignation devant son concept et sa présentation. Par exemple :

- Au niveau de la cohérence, vous parlez de scooter, mais des vidéos présentent des motos de grosse cylindrée, qui n’ont pas toujours les mêmes contraintes et risques. Comment toucher votre cible si elle n’est même pas définie ?

- Les vidéos sont visiblement glanées un peu partout dans le monde, et s’il est vrai que le risque est le même, les comportements et réglementations sont très différentes, notamment en Asie qui semble être une de vos sources.

- Où est le message de prévention ? Vous montrez des accidents graves et sanglants pêle-mêle, sans le moindre recul, la moindre mise en perspective. Parfois le 2-roues a une conduite à risque sanctionnée par une chute, d’autres fois il respecte les règles et porte un équipement adapté, mais est victime d’un accident par la faute d’un tiers (comme plus de 70% des accidents de 2RM d’ailleurs). Que voulez-vous montrer, que c’est le scooter ou la moto en soit qui est dangereux, indépendamment du comportement du conducteur ?

- Les interviews aussi sont mélangées, généralement peu claires, hors contexte, leur message n’a aucun poids. A quoi bon faire intervenir des handicapés s’ils ne donnent aucune indication ni analyse sur ce qui les a amenés à cette situation ? Seul le jeune mécanicien donne des informations concrètes, mais trop confuses pour être efficaces.

- Visiblement, les personnes en charge de ce site n’ont pas la moindre notion de psychologie de l’ado. Je ne vais pas m’attarder sur le sujet, mais je ne peux que leur conseiller de se documenter un peu sur leur rapport au risque, etc. D’ailleurs, très malin de faire un site de prévention jeunesse interdit au moins de 14 ans !

- Au final, quel est le but de ce site ? Dégoûter les jeunes de faire du 2-roues ? Je doute que ça les affecte beaucoup, surtout ceux ayant déjà tendance à avoir un comportement à risque, au contraire. En revanche, leurs parents vont être encore plus inquiets et opposés à l’idée, ce qui mènera encore plus d’ados à rouler sans équipement ni assurance sur des véhicules prêtés ou volés, et contribue à monter les catégories d’usagers les unes contre les autres. A quand une véritable prévention, prônant le partage citoyen de la route, donnant de véritables informations sur la perception, le temps de réaction, les distances de freinage, l’importance de l’équipement, et ce pour TOUS les véhicules et les catégories d’utilisateurs ?

Sans nier bien sûr certains comportements injustifiables, n’oubliez pas que les 2-roues sont avant tout les VICTIMES de la route, et pour faire baisser leur accidentologie, il faudrait déjà s’attaquer au fléau du téléphone au volant (au lieu de faire croire que l’oreillette est une solution de sécurité), de la formation très insuffisante des conducteurs, des infrastructures inadaptées et dangereuses (par exemple ça fait 30 ans que l’on demande le doublement des glissières d’« insécurité », mais le chantier n’avance que très timidement), d’incitation au port d’un véritable équipement (comme une baisse de la TVA), etc.

Je participe dans un cadre associatif à des interventions de sécurité routière en milieu scolaire, et on nous a sollicité plus d’une fois pour, je cite, « rattraper les dégâts de la Prévention Routière », dont le message est flou, inadapté et très mal perçu. Cela devrait vous faire réfléchir sur votre façon de communiquer… Tout axer sur la peur et répression plutôt que la formation et la responsabilisation n’est pas positif, et ce n’est pas une méthode pour faire évoluer les comportements en profondeur. J’espère que vous finirez par prendre cela en compte.

Frédéric J.

Piéton, cycliste, motard et automobiliste citoyen.

lundi 6 octobre 2008

D’une antenne à l’autre les PVs s’envolent, les problèmes restent.

Ce samedi, j’ai eu l’occasion que j’attendais avec impatience de rencontrer les copains de ma nouvelle fédé locale. De cette réunion instructive, il ressort surtout que les problèmes que nous rencontrons en région parisienne sont exactement les mêmes en province. Je ne parle pas ici des problèmes contre lesquels nous nous positionnons en tant que FFMC, répression, insécurité, abus des pouvoirs publics, etc., mais du problème fondamental de la mobilisation des motards eux-mêmes. La fédé n’est rien sans eux, mais où sont-ils ?

On avance nombre de théories pour expliquer cela, mais chacune a son contraire démontrable ailleurs en France. Quelques exemples :

- Le nombre de motards : Dans les départements peu peuplés, c’est sûr qu’il y a moins de monde à mobiliser. Mais à Paris, avec un bon quart des 2RM de France, si on a bien un peu plus d’adhérents, en proportion ce serait plutôt le contraire.

- Le manque de sujets locaux : Heureusement, il semble qu’en dehors des grandes villes, les flics sont un peu moins sur le dos des motards, donc moins de lutte quotidienne pour pouvoir rouler en liberté. Les sujets nationaux (comme les feux de jours, le décret sur les rassemblements, le bridage à 100CV) ou de principe (comme le tunnel de l’A86) sont plus difficiles à expliquer et moins fédérateurs pour qui n’est pas déjà militant. Mais à Paris, pourtant, on ne peut pas dire que les sujets de contestation très concrets manquent, entre le stationnement, les voies de bus, la circulation entre les files…

- La « concurrence » des moto-clubs : Justement, la fédé n’est pas un moto-club ! On constate des désaffections dans les antennes purement « politiques » comme dans celles qui se cassent à organiser des balades ou des activités plus festives. On est complémentaires, pourquoi se voir en opposition ?

En fait, je pense que le principal souci est beaucoup plus large, générationnel, civilisationnel. Les gens ne se bougent pas, ne se mobilisent pas, ne se révoltent pas. Surtout ne pas faire de vagues, ne pas se faire remarquer. On a déjà assez de problèmes, restons dans notre coin de peur d’en avoir plus, au risque de laisser dégénérer ceux que l’on a déjà. Bien entendu, cela ne concerne pas que la moto, il n’y a qu’à voir l’affolante apathie du pays entier face à ce qui s’y passe, mais c’est un tout. A vous mes potes, que je tanne depuis des années, en vous parlant des lois qui nous pendent au nez puis au portefeuille faute de s’être suffisamment bougés à temps, en vous invitant en vain aux manifs et aux réunions fédé, je ne sais pas quoi dire de plus. C’est comme en politique, il y a une limite à ce qu’on peut faire pour inciter les gens à aller voter. Je ne vais pas vous entraîner de force dans le militantisme, c’est à vous de prendre vos responsabilités. Mais quand vous venez râler que vous avez pris une prune particulièrement injuste, une nouvelle taxe, une restriction de plus dans la liberté de s’exprimer et de circuler, je vous dis que c’est avant qu’il fallait réagir. A tous ceux qui se contentent de balades avec leur moto-club, en ignorant la FFMC voire en la dénigrant au lieu de travailler ensemble, je dis « très bien, profitez-en ». Mais ne venez pas vous plaindre quand vous vous mettez au tas sur une infrastructure absurde, quand vous serez ponctionné de centaines d’euros pour n’avoir pas déclaré vos parcours. A ceux qui se servent de leur moto tous les jours pour aller au boulot, en vous ruinant en essence et en pneus, mais qui ne trouvent pas quelques euros pour faire survivre le mouvement, je dis « OK, c’est vous qui voyez ». Mais ne venez pas vous plaindre quand vous serez obligé de redevenir caisseux à force de vous faire serrer entre les files et flasher pour 2 km/h de dépassement.

Je pourrais continuer longtemps comme ça, mais ça ne sert à rien. C’est juste que ça m’écœure de voir la FFMC en difficulté et l’enthousiasme des militants sapé par le manque d’implication des motards. Nous sommes l’un des pays où nous devons le plus nous défendre la moto, où l’on est censé avoir une grande gueule. Alors montrons-le, faisons-le ! A force de se reposer sur les autres, il n’y aura bientôt plus personne.

Allez aux réunions de votre antenne, participez aux manifs, relayez les messages, adhérez et faites adhérer vos potes. Ce n’est pas incompatible avec votre moto-club, vos conjoints, vos gosses, la fête des mères, la niche du chien à retaper. Mais c’est le prix à payer pour garder une fédération efficace, capable de vous représenter et de vous défendre.

- page 4 de 5 -