Le Frédéblog

Motomag.com

Pratique et défense du deux-roues par un passionné, mais aussi balades et voyages, anecdotes insolites, quelques réflexions en vrac, bref, un blog motard !

Pratique et défense de la moto

Fil des billets - Fil des commentaires

samedi 9 mai 2015

Retour du blog et baptême de gamelle

Après bientôt un an de silence, le Fredeblog sort de sa léthargie. Une combinaison de chamboulements personnels, professionnels et associatifs, ainsi que des déceptions parfois amères, à la hauteur de l’investissement après presque dix ans d’énorme implication quotidienne, ont conduit à une prise de distance avec tout ce qui touche à la moto (à part ma bécane elle-même, évidemment, et un peu des actions de mon antenne locale FFMC, notamment ERJ). Si je reprends le clavier aujourd’hui, c’est pour ne pas laisser la réflexion tourner à la bouderie ; pour ne pas me couper d’un sujet qui me passionne et d’un Mouvement qui, malgré sa complexité, ses contradictions, son hypocrisie parfois, reste très attachant et intéressant ; et surtout pour ne pas perdre le contact avec l’énorme réseau de motards que j’ai tissé au cours des années, que ce soit dans ma ville ou à travers toute l’Europe, et qui pour quelques Tartuffe compte quand même un paquet de mecs et de nanas vraiment super.

L’élément déclencheur de ce début de retour, qui murissait depuis un moment déjà, est une nouvelle expérience qui manquait encore à ma carrière de motard : le gadin.

Et oui, en 15 ans de pratique et pas mal de dizaines de milliers de kilomètres sur plusieurs continents et des machines très variées, de l’autoroute à la piste infâme en passant par le Périph’ parisien, je n’avais jamais fait pire que coucher la moto dans le sable ou me faire cogner par une voiture sans chuter pour autant. J’étais d’ailleurs a priori le seul motard de ma connaissance dans ce cas… et je commençais à penser qu’en restant prudent ça pourrait tenir jusqu’à la retraite motarde. Faux. Bon on ne s’emballe pas, ce n’était qu’une chute sans gravité ; s’il n’y avait pas eu le choix j’aurais peut-être même pu repartir en roulant, mais j’ai un peu abîmé la bécane et, plus grave, la passagère – même si la victime la plus meurtrie reste ma dignité.

La journée avait déjà commencé par une erreur grossière que je n’aurais jamais cru faire. Arrivé un peu en retard au point de rendez-vous, je croise le groupe avec qui on allait rouler qui venait sur la file en face. Je m’arrête sur le côté pour faire demi-tour et prendre la suite, en regardant consciencieusement derrière, personne. Mais au lieu de tourner immédiatement, j’ai reconnu une moto, content de voir ce copain en particulier, et ensuite seulement j’ai démarré. Une demi-seconde d’écart ? Quelques degrés de champ de vision ? C’était suffisant pour qu’une voiture arrive et que je manque lui couper la route. Un coup de klaxon pas content, rien de pire, mais un rappel : j’ai beau connaître particulièrement bien les enjeux, les causes, les chiffres, les paramètres de la sécurité routière, surtout moto, je ne suis pas à l’abri des erreurs les plus basiques.

Une pleine matinée de roulage enchaîne sur les routes magnifiques du Vaucluse et de la Drôme, beau temps, chouette roadbook, excellente moto, une bande de potes, et le plaisir longtemps mis de côté (pour cause de maternité) d’avoir mon épouse sur la selle arrière, que demander de plus ? Nous roulons « en tiroir » de telle façon que chacun enroule à son rythme, sans pression, avec une rotation aux carrefours pour indiquer la direction aux autres, ce qui fait que je double régulièrement la plupart des membres du groupe. Sauf à plusieurs reprises quand la route devient trop sinueuse pour le faire en sécurité. D’où mon erreur après quelques heures : je me suis stupidement laissé gagner par l’envie de rouler quand même à mon propre rythme, lassé de prendre les freins en déphasage avec mes besoins, et j’ai doublé avec moins de marge de manœuvre que la normale. Et quand je dis « moins », c’est trop peu ! J’avais cru voir la route continuer en face après un petit creux, en fait elle fait un crochet autour d’un champ et la courbe se referme… Ça ne passera pas, d’autant que – autre erreur pourtant parfaitement connue et maintes fois expliquée – mon regard reste fixé sur le gravier et l’herbe du rebord qui se rapproche au lieu de chercher un point de fuite. Tant qu’à faire, je redresse et plante les freins, bras verrouillés. A posteriori, bien que ça semble impossible, je crois avoir tant serré que j’ai arraché le levier de frein à la main, puisqu’il est cassé au niveau de la molette de réglage sans que la moto ait touché à droite ni que rien d’autre n’ait pris de ce côté. Malgré l’ABS, j’ai laissé une petite trace de gomme sur le bitume. Toujours est-il que la bécane est presque arrêtée quand elle atteint l’herbe pentue, mais pas complètement, et qu’elle saute le talus sur son reste d’élan.

A partir de là… difficile de dire exactement ce qui se passe. La sensation de ne plus avoir de sol sous les roues, puis plus de moto sous soi non plus tout en continuant le vol plané, et j’ouvre les yeux allongé dans l’herbe. Je vous passe l’instant de panique en arrachant mon casque sans même le détacher (c’est d’ailleurs là que je me suis fait le plus mal !) pour voir comment va ma femme – rien de très grave, heureusement : un bel hématome à la hanche, quelques griffures superficielles, un genou bien tapé, et des courbatures à venir. Pour ma part, une griffure et un bleu au genou, des courbatures aux épaules et c’est tout. A part l’amour-propre. Même l’équipement n’a rien, sauf une de mes bottes (il va sans dire que nous étions entièrement protégés). Côté moto, on verra les détails de l’expertise, mais en gros ce qui a pris est tout ce qui dépasse à gauche : cligno, rétro, levier, valise, sélecteur, un peu la tête de fourche. Et top-case ! Cette bonne vieille boîte que je traîne depuis ma première 125, snif… A priori rien à la mécanique, j’espère que ce sera confirmé. Les copains ont aidé à démêler la moto du grillage à brebis qui l’a arrêtée ; peut-être que sans cette barrière, j’aurais pu continuer dans le champ jusqu’à l’arrêt vertical ? Difficile à dire. L’assistance de la Mutuelle des Motards est intervenue rapidement et efficacement, on verra maintenant la suite. Retour sur les conditions de l’accident lui-même : ce qui est particulièrement frustrant c’est que j’ai passé des années à démontrer aux autorités à tous les niveaux que la majorité des accidents de deux-roues est liée à des inattentions d’automobilistes, à expliquer aux motards que « j’y vois pas = j’y vais pas », etc., pour quand vient mon tour me planter tout seul comme un grand en entrant trop fort dans un virage sous-estimé. Rien à voir avec les limitations de vitesse qui sont sans objet sur petite route, juste une bête erreur de débutant, heureusement sans réelle gravité.

explorerapreschute.jpg

Comme disent les copains, « les motards sont soit déjà tombés, soit ils tomberont un jour ». Je suis donc enfin passé d’une catégorie à l’autre, au moins d’une façon pas trop violente. C’aurait pu être bien pire, mais ça fait réfléchir. Avec un petit bout de 3 mois qui attend à la maison, on commence à voir les choses différemment. Un grand nombre de motards arrête le deux-roues à l’arrivée des enfants, pour au mieux le reprendre quand ils sont grands et que la retraite arrive. Je n’imagine pas en faire autant, après tout je n’avais même pas de voiture avant de devoir transporter une poussette, mais je comprends mieux cette tendance. En attendant, j’ai hâte que la moto soit réparée, je roule déjà beaucoup moins qu’avant, il ne faudrait pas que l’abstinence dure trop. Louée soit mon épouse, elle partage cette impatience malgré cette mauvaise expérience.

Que celui qui n’a jamais chuté me jette la première tige de sélecteur arrachée. J’ai échoué dans mon ambition d’être LE motard qui ferait toute sa route sans toucher terre. Je vais d’autant plus m’appliquer pour que cette leçon serve et que cette chute soit à la fois la première et la dernière… du moins en ce qui relève de ma propre responsabilité !

jeudi 26 décembre 2013

Station service d’autoroute Carrefour : une bonne surprise

L’autoroute à moto est parfois une forme de punition. Quand en plus il faut y faire le plein, c’est la double peine. Or hier, lors d’une pause inévitable au hasard dans la station Carrefour proche d’Aix-en-Provence, c’était plutôt une double bonne surprise. Déjà, il y a – en plus de l’incontournable merde d’E10 – du bon vieux Sans plomb 95. Ca devient fort rare sur l’autoroute, on apprécie. Autre détail que je n’avais jamais vu : proche de la boutique, des box à moto fermés permettent de mettre une bécane à l’abri de la pluie et des mains indiscrètes, en y laissant casques et blousons le temps d’une pause tranquille.

boxmoto.jpg

Etant en voiture (heureusement, pour une fois, vue la tempête qui s’est abattue sur nous vers la fin, allant jusqu’à la fermeture de l’aéroport de Nice), je n’ai pas pu les essayer en personne, mais l’idée est très bonne et à généraliser ! Avec ces deux éléments, si je n’ai d’autre choix que faire une pause autoroutière dans le coin, ça vaudra le coup de viser celle-ci.

samedi 21 décembre 2013

Idée cadeau moto aventure : le calendrier Overland

Le superbe magazine anglais Overland dont je vous parle régulièrement propose son calendrier. Au format A3, il reprend quelques-unes des plus belles photos des derniers numéros, pour rêver de voyage à moto tout au long de l'année ! Vous pouvez le commander en ligne sur le site d'Overland pour seulement 6£ (7,15 €). Une très chouette idée cadeau, dont j'ai l'honneur (bénévole, je précise) d'illustrer la page de mars.

samedi 14 décembre 2013

Test perso détaillé : Triumph Tiger Explorer

La Triumph Tiger Explorer 1200 a été amplement testée professionnellement, notamment par Motomag, en remettre une couche peut sembler superflu. Cependant, après 16.000 kilomètres en quelques mois, dont près de 10.000 d’une traite, j’ai compilé une petite liste de souhaits et de remarques, pour que ceux qui seraient tentés par cette moto aient tous les éléments en mains, voire pourquoi pas que M. Triumph s’en inspire pour les prochaines moutures et en fasse une bécane encore plus parfaite. Car oui, disons-le d’emblée, c’est une excellente machine dont je suis pour l’essentiel pleinement satisfait. Si ce qui est suit contient surtout quelques griefs, c’est parce que le reste n’appelle pas de commentaire, et quand on cherche avant tout une moto fiable, sans prise de tête et capable de tout faire, c’est bon signe ! Précisions aussi, ce qui suit est 100% subjectif, c’est assumé, d’autres auront peut-être (sans doute) des réactions différentes… parlons-en dans les commentaires.

ATTENTION, ceci est un billet détaillé qui n’intéressera sans doute que les propriétaires de Tiger Explorer ou ceux qui souhaitent le devenir ;-)


baltic-pb-moto.jpg

Autonomie et consommation

En mode voyage, c’est-à-dire chargé à bloc mais avec un rythme très tranquille, souvent stabilisé en 6eme à 95-100 km/h, la conso instantanée tombe à peine à 4 litres aux 100, ça fait plaisir à voir et au moment de passer à la pompe, surtout dans les pays où l’essence passe les 2€ / litre. J’ai ainsi vu l’autonomie affichée accrocher les 450 km avant réserve, mais bon, en pratique dès qu’on fait un peu de ville ou de route plus soutenue, c’est plutôt autour de 6 litres. Ce qui reste raisonnable, et sensiblement moins dans toutes les configurations que ma V-Strom 1000 précédente, même si on aimerait toujours moins. Cependant, la 6ème est calée trop bas. On peut la passer dès 70 km/h ce qui n’est pas indispensable, et le moteur pourrait largement supporter une démultiplication encore plus grande, ce qui baisserait le régime sur autoroute et donc la conso. Il y a de quoi tenir bien 1000 tours de moins à 130 km/h, là, la nuance entre 5 et 6eme est faible, dommage. Ou alors mettre une septième, qu’il m’arrive inconsciemment de chercher.

Sur une moto de voyage, plus c’qu’il y a d’essence, mieux c’que c’est. Et là, un peu déçu de n’avoir que 20 litres. 4 de moins que la V-Strom, 13 de moins que la GS Adventure, ça se sent ! 350 bornes avant réserve c’est déjà bien me direz-vous, mais il y a bien des cas ou en avoir plutôt 500 serait bienvenu. C’est sans doute pour limiter le poids en hauteur, déjà assez présent, mais on n’est plus à ça près. Les formes torturées sur les côtés du réservoir ne sont en fait que des caches en plastique (même pas droit à un vide-poches), visuellement ça ne changerait donc rien de caler 5 litres en plus de chaque côté, et on gagnerait 50% d’autonomie, toujours bon à prendre sur une moto faite pour « explorer ».

Dernier point, déjà maintes fois mentionné, la petite barre horripilante qui empêche d’introduire correctement le pistolet dans le réservoir. On s’y fait, mais si elle pouvait disparaître, personne ne s’en plaindrait.

baltic-no-bergen.jpg

Selle et assise

Premier gros regret, l’espace sous la selle est beaucoup trop limité ! J’avais pris l’habitude de ranger un paquet de trucs là-dessous sur la Strom, et là je ne peux que caser un seul pantalon de pluie (certes en 4XL), un mini-gilet d’urgence et la trousse à outils. De plus, cet espace n’est pas isolé, ce qu’on met dedans est plein de poussière grasse, y ai même trouvé des insectes.

Niveau confort de la selle elle-même, si la forme et la hauteur sont proches de la perfection pour moi, et meilleures que bien d’autres motos, j’ai mal aux fesses plus vite qu’avec l’ancienne, où on tenait bien 5-6 heures d’affilées, quand là au bout de 2-3 on se tortille pour retrouver un peu de sang dans l’arrière-train. Une selle confort sera à envisager à l’occasion, mais ça devrait être de série. Petit soucis de vieillissement prématuré sur ma bécane, la couture à l’arrière de la selle conducteur a lâché, ça fait désordre, mais remplacement sous garantie sans discuter. J’espère juste que la nouvelle tiendra jusqu’au bout !

Beaucoup d’éléments sont réglables : selle, guidon, leviers… c’est pratique, mais dans les faits, une fois adaptés à sa morphologie le tout premier jour, on n’a plus à y toucher. Les poignées passager sont parfaites, idem pour les repose-pied. Leur absence d’ergot au bout fait gagner un peu de garde au sol en courbe, sachant qu’on pourrait toujours en avoir plus, et ils ne vibrent pas du tout, tout en étant confortables et pile positionnés, vraiment du tout bon. Idem pour les commandes au pied, idéalement placées. La selle arrière est profonde et le top-case assez reculé, ce qui laisse beaucoup de place au sac de sable. Ca fait plus de turbulences, mais c’est plus confortable et permet d’emmener un passager plus conséquent sans devoir déborder sur le réservoir quand on est soit même un peu encombrant.
baltic-no-motoglace.jpg

Tableau de bord et commandes

D’aucun le trouvent compliqué, ce n’est pas faux mais je m’y suis habitué (même si je tâtonne encore pour trouver certaines fonctions peu courantes). Coup de cœur pour le régulateur de vitesse de série, je pensais que c’était un gadget que je n’aurais certainement pas pris en option, en fait de l’avoir je m’en sers beaucoup sur autoroute et même routes secondaires quand elles sont dégagées. Idéal pour ne pas dépasser un seuil donné, plus pour des questions de conso que de vitesse, encore que ça sert aussi. La tentation est bien grande d’avoir la main lourde sur les gaz, là on n’a pas du tout la main dessus, et dans certaines situations c’est pas mal finalement, à condition bien sûr de ne jamais hésiter à le couper dès que les conditions le demandent. Niveau programmation, la mise en route et surtout la coupure pourraient être plus douces et progressives, au lieu de faire des cassures nettes. Du coup il faut jouer de la poignée de gaz pour deviner manuellement le même régime avant de couper, alors qu’il suffirait d’une légère temporisation pour que l’usage soit plus doux, sans compromettre la sécurité.

Autre gadget auquel on s’habitue bien, le TPMS, l’affichage de la pression des pneus au tableau de bord. Je n’aurais pas pris si ça n’avait pas été de série, et bien que ça reste vraiment pas indispensable, maintenant qu’il y est pourquoi pas (juste un truc très bête : on ne peut pas changer la pile ! Quand elle est morte, c’est le capteur qu’on change. Normalement elle dure très longtemps, mais j’ai déjà perdu l’avant une fois, pris sous garantie). L’afficheur de rapport engagé aussi, ça c’est classique mais je n’avais pas avant et je m’y suis tant habitué que maintenant je le cherche quand il n’y a pas sur une moto de prêt. C’est fou et assez inquiétant comme on s’habitue vite, presque jusqu’à la dépendance, aux béquilles technologiques. Idem d’ailleurs pour l’ABS et le Traction Control, auxquels je fais maintenant confiance au point d’oser des freinages sur terrain traitre que je n’aurais pas tenté sans – généralement sans déclencher les aides pour autant, prouvant qu’il y a de la marge en fait. Au rang des petits soucis, le joint qui étanchéise le tableau de bord s’est un peu barré, trop de jeu entre le plastiques. Il n’y a pas eu d’infiltration d’eau et ça a été réparé sous garantie, mais ça mérite mieux… Je regrette aussi que la prise accessoire 12V, bien placée devant le T de fourche, soit au format miniature comme sur les BM ; c’est censé être un standard, mais en pratique presque tous les accessoires utilisent le format allume-cigare, du coup il faut mettre un adaptateur et la prise dépasse en hauteur. Le contraire aurait été mieux, même s’il avait fallu mettre un adaptateur vers le petit format ça restait compact. Le guidon est vraiment très large, moi j’aime. Les rétros sont peut-être les meilleurs que j’ai rencontré, je vois jusqu’aux côtés du top-case sans avoir à bouger et donc les véhicules derrière moi, aucune vibration, réglage précis… J’ai essayé sa petite sœur la Tiger Sport 1050, et c’est le point qui me choque le plus en comparaison, l’impression de très mal voir derrière. Bon, c’est quand même pas une RT ou une sportive qui ne montre que les coudes et les genoux, mais la nuance est sensible. Dommage que les poignées chauffantes ne soient pas montées de série, tant qu’à faire, je vais voir à me les offrir à l’occasion, bien qu’elles soient assez chères par rapport à des pièces génériques, certes moins discrètement intégrées. En tous cas l’énorme alternateur de 950W sera suffisant pour tout alimenter sans soucis.

Un mot sur la bulle, j’ai la version haute avec l’Explorer Launch et elle n’appelle vraiment aucun reproche, la protection est très bonne. Il faut certes s’arrêter pour changer sa hauteur, ou plutôt son orientation, mais j’y touche rarement donc ce n’est pas gênant. Tant qu’à faire, un système à une main comme certains concurrents serait aussi bien – mais pas besoin d’électrique !
roulerame13-piste.jpg

Arrière de la moto

Oui je sais, ce n’est pas très pro comme classification des remarques, mais justement, je ne le suis pas ! Alors à l’arrière, en vrac, regret que la serrure de la selle soit comme souvent située sous le feu arrière, endroit très exposé qui s’encrasse au point de rendre hésitante sa manipulation. Si elle doit rester là, un petit capuchon de protection serait bienvenu.

Le bâti donne plein de possibilité d'ancrage de tendeurs, c'est bien vu.

A gauche, le cardan est un régal. C’est ma première moto avec arbre et je l’attendais depuis longtemps, je ne regrette pas. 15000 bornes sans se mettre les mains dans la graisse, s’occuper de la tension ou – échaudé comme je l’étais – craindre à tout moment un problème avec la transmission, quel pied ! En plus il est vraiment idéal, d’une discrétion totale.

A droite le pot ne pose qu’un seul souci, c’est son angle qui, s’il est esthétique et dans les codes de la catégorie, bouffe la moitié de la place de la valise, dommage pour une moto de voyage. Motomag m’a appris qu’une nouvelle bécane avait inauguré le pot à angle variable, permettant soit de le relever pour le look et le protéger en off-road, soit de le descendre pour les longs trajets routiers avec valoches ; c’est une idée brillante qu’il ne faudrait pas hésiter à pomper ! Sur la Triumph du coup ça impose un ergot bizarre qui dépasse pas mal à droite pour maintenir la valise, comme signalé dans mon billet sur les valises, j’appréhende un peu ce que ça va donner en roulant à vide, on verra. De plus cet ergot ne supporte pas le poids de la moto, un garage me l’a déjà tordu une fois (et j'ai attendu de de longs mois et pas mal de relances qu’ils m’en envoient un autre), et si on couche la moto à droite, il sera flingué à coup sûr. Je vais le démonter quand il ne sert pas, contraignant mais plus prudent. D'autant plus dommage qu'il aurait été parfaitement possible de le garder dans le prolongement du repose-pied comme à gauche.

A propos de valises de la marque, maintenant qu’elles ont servi sur la route, je peux en dire qu’elles sont plutôt pas mal, malgré les réserves exprimées précédemment. Jamais ressenti leur mouvement latéral, ni en bien ni en mal. Dommage quand même qu’elles soient si chères et ne s’ouvrent pas plutôt vers le haut.
roulerame13-flaque.jpg

Avant et dessous de la moto

Bah oui tant qu’à faire après l’arrière… En vrac aussi, le sabot métal des versions Launch et XC est bienvenu, il a déjà servi plusieurs fois. Les pare-carters sont bien intégrés et efficaces, ils ont déjà servi une fois en TT et m’ont sauvé la jambe sur un accrochage sans chute. La béquille centrale est facile à lever et assez relevée pour ne pas trop nuire à la garde au sol quand elle est pliée, j’aurais juste apprécié que ses pieds soient un peu plus larges et écartés… surtout que je devais très souvent y faire appel vu le gros problème de béquille latérale que j’avais. En fait c’était un défaut de l’amortisseur qui jouait sur l’assiette et gardait la moto beaucoup trop droite, c’est maintenant réparé, remplacement de l’amorto sous garantie. Quand l’assiette est bonne, la béquille latérale est super, à la fois belle, bien placée et assez large pour la plupart des terrains meubles. Les feux longue portée / antibrouillard (les interprétations sur leur but divergent) sont très efficaces, ils viennent utilement compléter les feux de base qui sont très corrects mais sans plus (la Strom était d’origine impressionnante niveau éclairage, au point malheureusement d’éblouir même en codes). Leur bouton pourrait cependant être un peu plus pratique, là même avec mes grandes paluches j’ai du mal à les actionner sans lâcher le guidon, et comme ils sont très éblouissants il faut le faire rapidement en croisant quelqu’un.

Avec tous ces équipements, la version Launch est très similaire à l’Explorer XC sortie depuis (bulle plus haute en prime et roues à rayon en moins). Du coup je conseille aux futurs acquéreurs de ne pas hésiter à choisir la XC !

Un petit truc qui manque même, c'est une protection de l'amorto arrière, très exposé, alors qu'une petite plaque de pastique montée devant suffirait, c'est trois fois rien (pas besoin d'un lèche roue ou un truc design !).
baltic-pl-motofin.jpg

Moteur

Tout a été dit sur cet excellent moulin, je ne reviendrai pas dessus si ce n’est pour dire que j’apprécie énormément sa souplesse, sa tolérance pour les très bas régimes, et son couple super bas qui permet de partir en lâchant l’embrayage presque sans accélérer (depuis, j’ai calé plusieurs fois avec d’autres bécanes, faute de ne pas mettre assez de gaz au départ). Ayant essentiellement roulé en duo et mode tranquille pour l’instant, pas tellement tapé dans le haut du compte-tour, mais je cherchais justement une machine bien coupleuse, ce qui m’intéresse plus que la puissance, et là je suis comblé, compromis parfait. Cela dit, quand on le chatouille, le tigre bondit de façon assez jouissive, bien assez pour ce genre de moto et d’usage, et de toute façon largement de quoi déposer à peu près tout ce qui roule. Il faut même se méfier sur les reprises franches, l’avant ne rechignant pas à se délester.

Si tout n’a pas été idéal pendant de longs mois, c’était à cause d’un cliquetis moteur très présent en permanence, au point de prendre la tête à basse vitesse visière ouverte. Après un remplacement en vain des godets de soupapes, ils ont carrément changé la culasse. Une grosse opération, que j’ai d’ailleurs eu un peu de mal à obtenir ( mais je comprends aussi les contraintes des concessions), pour un problème dont ils assurent qu’il n’était que de confort auditif (diagnostic pas partagé par tout le monde d’ailleurs), mais franchement désagréable. J’ai aussi eu des petites coupures d’injection, le capteur de rampe a été changé. Inévitables risques avec la toute première génération d’un moteur, mais qui donne tellement satisfaction par ailleurs que je lui pardonne, d’autant que tout est à présent rectifié. J'aurais juste apprécié que le réseau des concessionnaires se synchronise plus en direct au lieu de m’obliger à faire l’intermédiaire..

Le bridage est très bien fait, il conserve tout le couple et il faut vraiment la chercher pour sentir les 40 chevaux qui manquent, perchés en haut du compte-tour et objectivement pas indispensables... si ce n'est pour le principe et l'arsouille, on verra à l'occasion.

J’apprécie aussi que les révisions soient si espacées, tous les 16.000 km, je préfère avoir à payer une seule révision par an que deux ou trois comme avant, ou devoir trouver le temps et la concession adaptée au beau milieu d’un voyage.
baltic-se-route.jpg

Conduite

Le plus important pour la fin, la conduite elle-même, qui n’appelle aucun reproche. La machine est stable, saine, forcément pas un modèle d’agilité avec son gabarit et son poids haut perché, mais qui me suffit et convient parfaitement. Pour la partie tout-terrain, le peu que j’ai testé pour le moment avec toute la charge et des pistes sableuses pas évidentes montre mes limites bien avant les siennes ; mais j’ai eu l’honneur de voir ma moto depuis la selle passager, emmenée à bon train par Jean-Pierre Goy au guidon, sur un petit chemin de forêt humide, et je peux témoigner que oui, la bécane passe sans problème quand la technique lui permet de s’exprimer ! Elle est assez fine pour rester très confortable en roulant debout. Fait aussi quelques tours de circuit, elle s’en sort honorablement, là encore bien plus limitée par mon expérience réduite de cet exercice que par ses capacités, et bien sûr sa garde au sol mais logique, c’est pas une Gex non plus.

Précisons que si certains se plaignent de son poids élevé, ce n’est pas mon cas. Déjà, elle est à peine deux fois plus lourde que moi, ce n’est donc pas un handicap même à basse vitesse, mais attention, le poids est en hauteur, il faut quand même un minimum de vigilance. Et dès qu’on roule, tout est oublié, elle est neutre et légère à souhait.


Au final une super bécane, peut-être pas aussi ultime que la nouvelle GS liquide mais ne PAS être une énième BMW est pratiquement une qualité en soit, même si la Tiger en pompe ouvertement bien des codes. J’avais juste hâte que ses petits défauts de jeunesse soient enfin résolus (ayant l’un des tous premiers modèles, il fallait d’y attendre), et tout autant hâte de reprendre la route à son guidon ! En moto de voyage sur les routes correctes d’Europe, elle est révélée une compagnonne parfaite pour mon gabarit et mon usage, confortable et sans soucis. Sa haute technologie, sa fiabilité qui reste à prouver sur le long terme et le réseau limité de la marque n’en font peut-être pas la meilleure des machines pour un tour du monde, mais pour ce que j’en ai vu jusqu’à présent, ce ne serait pas absurde pour autant. A suivre maintenant sur le long terme.

lundi 11 novembre 2013

Les clichés ne manquent pas d’air, eux

J’ai rempli hier soir le premier constat d’accident de ma carrière de conducteur. Fort heureusement, c’était pour un accrochage vraiment mineur, mais ce qui m’agace au plus haut point est que je m'estime plutôt en tort, et c’est une situation tellement cliché, tellement évidente et connue, que j’ai du mal à croire que je m’y sois laissé prendre comme un bleu.

constatamiable.jpg

L’origine, comme souvent, est d’avoir eu l’attention focalisée sur un détail perturbant, en l’occurrence une crevaison lente à l’arrière que je pensais réparée mais qui continue de faire perdre de la pression. Le capteur TPMS s’allumant et le comportement de la moto commençant à s’en ressentir, je cherchais une station où faire un peu d’air, ça semble facile et évident dit comme ça… Sauf que la logique économique et la tentation de facilité ont clairement pris le pas sur la sécurité routière et la notion de service. Neuf stations que j’essayais en vain. Beaucoup n’ont tout simplement pas de gonfleur, dans celles qui en ont encore il faut demander le tuyau à la caisse… sauf qu’il n’y a plus de caisse, c’est le royaume des automates, surtout en soirée au milieu d’un long week-end. Et quand enfin je trouve un garage avec un gonfleur extérieur et le tuyau dessus, je le connecte (perdant encore quelques millibars) et réalise alors qu’il faut un jeton… à demander en caisse, fermée ! Je trouve ça inadmissible, les problèmes de pneumatiques sont de loin les défauts techniques qui ont l’impact le plus direct sur la sécurité. A quoi bon vouloir imposer un contrôle technique, si on a autant de mal à simplement remettre 0,5 bar dans un pneu quand on est conscient de ce manque ? Voilà une action à proposer à la DSCR : imposer à toutes les stations-service de mettre en libre-service 24/7 un gonfleur en bon état.

En attendant, il faut croire que ça me perturbait assez pour que je ne sois pas à 100% à ma conduite, surtout avec passagère de nuit sur une route inconnue et presque déserte… une grosse voiture devant qui n’avance pas, sans pour autant que ses freins soient allumés, visibilité sur des kilomètres, personne en face ni derrière, je clignote, déboîte, continue sur ma lancée sans accélérer… et me fais couper la route par le classique des classiques, un tourne-à-gauche. Une petite voiture, cachée par celle que je doublais, qui clignotait et n’était objectivement pas à blâmer même si sa jeune conductrice aurait toujours pu jeter un œil de plus, se retrouve droit dans ma trajectoire. Plus le temps de freiner, je n’ai même pas essayé, mais grâce soit rendue à mon stage AFDM, je l’ai évitée de justesse. Enfin, presque. Quelques centimètres de plus et je plongeais dans le fossé, j’ai donc redressé un poil plus tôt et accroché le bouclier avant. Je me suis arrêté quelques mètres plus loin, la passagère n’avait rien, la moto non plus à part une trace de peinture sur les protections du moteur. La voiture a fini de rentrer dans son chemin privé (non signalé), tout allait bien à bord, mais le bouclier avant et le pare-chocs étaient arrachés. Visuellement impressionnant, mais en fait rien de méchant.

accidenttourneagauche.jpg

Ce n’était pas grave du tout, juste un peu de carrosserie et moto intacte, mais ça fait réfléchir. Je connais parfaitement cette circonstance éculée d’accident, pourtant il a suffi d’un élément perturbateur pour tomber dans le piège, malgré ma sensibilisation que je pense relativement poussée en ce domaine. Heureusement je n’allais pas vite et j’ai eu de la chance : un réflexe approprié, peut-être aussi un peu d’expérience, un gros trail avec d'épais pare-carter (sans ça, c’est ma jambe qui prenait), un gabarit ayant permis de retenir tout l’ensemble alors que sous le choc la bécane ripait sur le côté…

L’écart entre un accrochage mineur et un véritable accident aux conséquences dramatiques est faible. A quelques variables près, je m’encastrais dans la portière, passait sur le capot ou finissait dans le fossé. Mais ça n’a pas été le cas. Pourquoi ? La technique et la prévoyance qui ne m’ont pas permis de totalement éviter la situation à risque ont quand même été la différence entre ça et bien pire. Je pense aussi que sans mon stage de perfectionnement AFDM, je n’aurais peut-être pas réussi cet évitement à près de 80 km/h – ce n’est pas de la pub, mais une conviction sincère. En tous cas ce presque-accident va rejoindre dans ma tête la multitude de détails, de connaissances et d’expériences pour que ça ne reproduise pas… dans toute la mesure du possible. A part en tout-terrain à très basse vitesse, je ne suis jamais allé au tas, et j’ai bien l’intention que ça dure !

Une mini-anecdote en conclusion : quelques kilomètres plus loin, j’ai ENFIN trouvé, à la dixième tentative, une station équipée d’un gonfleur, avec une fente pour les pièces. Ca fait un peu râler de payer pour de l’air, mais bon, trop content, je glisse un euro dans la machine… ce qui déclenche l’aspirateur pour nettoyer les voitures. Le gonfleur, lui, était bien en accès libre et gratuit, comme tous devraient l’être !

PS : Je précise que j'ai généralement avec moi un kit anti-crevaison, mèches+mini bonbonnes d'air comprimé, mais ça vaut pour une urgence, pas un simple appoint qui n'est pas encore critique.

lundi 2 septembre 2013

Economies de bouts de neurones

Faites des économies de neurones : téléchargez votre cerveau dans votre smartphone !

Ca me fait complètement flipper : Honda se targue d'une nouvelle techno qui, au lieu d'utiliser de coûteux capteurs de présence, fait communiquer la voiture équipée et les smartphones des piétons et motards pour les prévenir respectivement de leurs présences.

Côté voiture, ça affiche une alerte au tableau de bord, et on peut supposer à terme faire couper les gaz, voire freiner automatiquement. Côté piéton ou assimilé. Un texto ou appel prioritaire. Admirez la logique : pour vous prévenir qu’à force d’être pendu au téléphone en traversant sans regarder, vous allez vous faire renverser par un automobiliste tellement au téléphone qu’il ne vous regarde pas non plus… on vous appelle au téléphone.

Il est déjà bien difficile ne pas avoir de téléphone, là ce sera impossible, avec comme d'hab’ toutes les dérives qu'on peut attendre : quand on n'a plus de batterie, est-on condamné à se faire rouler dessus par des conducteurs décérébrés au dernier degré ? Faudra-t-il mettre un téléphone dans chaque poussette, ballon d'enfant et sanglier ? Le pire c'est que c'est aujourd'hui technologiquement possible avec le RF-id et l'IPV6, mais doit-on vraiment en arriver là pour sécuriser la route ? C’est le même genre de risque que les feux de jour : finir par se reposer sur la technique ou l’assistance pour déterminer la présence d’un tiers. Avec le risque très net de faire oublier que l’absence de signal ne signifie pas pour autant l’absence de tiers ! Ras le bol de ces décérébrations systématiques et encouragées des conducteurs ! Les constructeurs automobiles, paniqués par le déclin de leur marché saturé, rivalisent de ce qu’ils considèrent l’inventivité pour continuer à vendre leurs boîtes à roues. Franchement, ils feraient mieux de se concentrer sur réduire vraiment la consommation et, par exemple, améliorer la visibilité, au lieu de faire tout le contraire : montants de pare-brise énormes, vitres teintées d’origine, lunette arrière réduite deviennent l’absurde norme, tandis que se multiplient ses gadgets distracteurs. Certains vantent dans leurs pubs la possibilité de consulter ses E-mails au volant ! Quand on sait le rôle croissant des textos dans les accidents, c’est de la pure inconscience. Et développer d’astucieuses parades encore plus derresponsabilisantes n’est en rien la solution.

Source : http://www.detroitnews.com/article/20130828/AUTO0104/308280123/Honda-touts-technology-cut-pedestrian-motorcycle-deaths

stfuw1.jpg

A noter aussi que les chiffres de l'article indiquent 4600 tués à moto aux US en 2011, ce qui rapporté à la population et surtout aux parcs circulants fait un score pas terrible. Tentant de faire un lien avec certaines choses qui nous surprennent le plus, comme le casque pas obligatoire dans pas mal d'états, la formation extrêmement symbolique, l'état des routes... Cela dit, leurs causes majeurs d'accidents, la proportion auto/moto, le taux de responsabilité des 2RM etc. sont malgré tout étrangement similaires aux nôtres.

vendredi 3 mai 2013

Valises low-cost : quelle fiabilité ?

Sur toutes mes motos depuis mon premier gros cube, j’ai toujours eu une bagagerie Givi et un tapis Bagster, et j’en ai toujours été très satisfait. En précisant pour les bagages que ce sont les mêmes qui me suivent de bécane en bécane : le top-case E52 date de ma première 125, et les valises récupérées sur une Transalp achetée d’occas’ en rentant en France dataient de la moto soit 1991. 22 ans et toujours vaillantes ! Bon, un peu fatiguées quand même, un jour sur un piste au Maroc la serrure de l’une d’elles a sauté, mais retrouvée par miracle au fond de la valise, elle a regagné sa place et bien que toujours secondée d’un tendeur depuis par sécurité, elle a refait quelques dizaines de milliers de kilomètres.

Bref, en changeant de bécane récemment, c’est tout naturellement que j’ai gardé mes vieilles Givi et ma sacoche Bagster, juste monté le support et tapis qui vont bien. Mais voilà, tout se perd ma bonne dame ! Je suis très déçu par ces accessoires.

Côté tapis, déjà la couleur n’est pas très bien assortie au carénage, pas dramatique, mais un peu dommage. Mais surtout, le tapis n’est pas bien centré par rapport au bouchon de réservoir, c’est moche et ça laisse passer l’eau dessous. En plus deux des fixations ont lâché la première semaine. La réponse de Bagster, après deux vaines tentatives de repositionnement par des pros : ramollir le cuir au sèche-cheveux… super. En plus, la conception n’est pas optimale, la sacoche est trop basculée sur l’avant et devient assez gênante alors que la même était idéale jusqu’ici. Certes, la forme du réservoir a une influence, mais il y avait moyen de faire mieux. Rien de dramatique dans tout ça, mais c’est assez décevant pour une marque faisant référence. J’ai demandé un remplacement, à suivre.

 

Le principal problème vient du support des valises. Celle de gauche ne tenant pas bien et se décrochant à moitié en roulant, j’ai cru que c’étaient mes valises qui avaient atteint leur date de péremption, franchement on ne pouvait pas leur en vouloir. Du coup j’en rachète une paire, un poil plus grosse… et pareil, pas moyen de faire tenir ! Le truc chiant c’est que si on peut demander la prise en garantie du véhicule ou des accessoires de la marque chez n’importe quel concessionnaire (en théorie), pour les autres accessoires c’est forcément le garage qui les a monté… même s’il est loin ! Plusieurs déplacements et des centaines de kilomètres cumulés pour régler ça, tout semble enfin bon… et la valise se casse la gueule sur la voie rapide. Heureusement qu’elle était vide et n’a heurté personne. Mais du coup, la belle valise toute neuve est plus amochée que mes vieilles de 20 ans, ça fait plaisir, et plus confiance, surtout quasiment à la veille de partir pour une balade de près de 10.000 kilomètres. Ras le bol de cette situation, plus le temps de commander et tester, tant pis, je leur fait reprendre le tout et m’offre à la place les valises « officielles » de la marque. L’occasion d’un petit comparatif :

Givi E45

Valises Triumph Explorer

Avantages

- Très gros volume cumulé (90 litres !)

- 2 intégraux par valise (soit 6 en tout avec le top-case ! super utile ;-) )

- Support étroit et protégeant le pot en cas de chute

- Possibilité de mettre le top-case sur le côté pour libérer le porte-paquet en cas de besoin ponctuel

- Matière robuste, ne craint pas les chocs

- Relativement discrètes, assez pour passer pour des valises « normales » à l’hôtel

- Tout le volume est utilisable

- Prix contenu (250 € la paire)

 

Inconvénients

- Assez moche

- Largeur très importante, surtout du côté du pot

- Un peu de place perdue  entre le support et la roue à gauche

- Dissymétrique à cause du pot

- Support proportionnellement cher (250 €)

- Fixation inspire peu confiance, tout repose sur 1mm de métal au bout d’un ressort !

- SAV impose le même atelier qu’à la pose

Avantages

- Esthétique assortie à la moto, compromis entre boîte classique et cantine Touratech

- Largeur limitée, optimale par rapport au volume

- Même clé que le contact de la moto

- Fixation inspirant confiance, deux gros crochets pris directement sur le cadre + appuis en bas

- Système d’ouverture et verrouillage assez pratique

 

Inconvénients

- Très cher (800 € la paire), à ce prix-là ils pourraient au moins fournir les sacs intérieur au lieu d’essayer de les fourguer pour encore 120 € de plus, inadmissible

- Valise droite très limitée, à peine utilisable, forme biscornue (pour laisser passer le pot) et ne tient pas debout

- Beaucoup de volume perdu en haut sur les deux, même défaut que les valises et top-case BMW. Que 62 litres en tout.

- Lourdes même vides… et ne supportant officiellement que 5 kg de charge !

- Support bizarre, quand il n’y a pas les valises un ergot dépasse de part et d’autre de la moto, susceptible de s’accrocher dans les pantalons, les portières… Faudra-t-il le démonter quand il ne sert pas ? Pas génial.

- Ne permet pas le montage latéral du top-case

 

Je ne sais pas encore ce que donnera le mouvement latéral de quelques centimètres, censé améliorer la stabilité ou baisser le centre de gravité en courbe, ni comment vieilliront les couvercles en alu brossé. A suivre...

 

Avec plus de temps pour résoudre le problème, vu l’écart important de prix et de volume, je pense que j’aurais essayé de rester en Givi basique, mais plus le temps d’être sélectif, et il est important d’avoir confiance dans son matériel, surtout pour partir relativement loin. Là c’est fait, il faudra être encore plus restreints sur ce qu’on emporte (surtout que j’ai aussi perdu plusieurs litres de rangement sous la selle, la Tiger n’accueillant plus qu’un pantalon de pluie alors que la V-Strom avait en plus tous les outils, pièces de rechange, kit anti-crevaison etc) mais on devrait s’en sortir ! Le top-case Givi, lui est toujours impeccable après 14 ans de bons et loyaux services sur une demi-douzaine de machines. Avis plus complet sur les valises au retour.

jeudi 25 avril 2013

Fôret de feux

La mairie de Paris, qui se targue toujours d’être verte et vertueuse, fait du jardinage à grande échelle. Après avoir creusé des canaux d’irrigation sous forme de voies de bus censées fluidifier le trafic (quitte à embourber tout le reste du champ), monté des murets de séparation pour éviter que les mauvaises herbes (surtout celles à deux-roues) se mélangent aux belles plantes en commun, etc. Et tant pis si une simple pierre roulant en travers du sentier, par exemple des travaux mineurs ou un camion en livraison, suffise à paralyser tout un quartier tant ce système conçu pour dissuader l’usage des véhicule est fragile. Ca ne fonctionne que dans des conditions parfaites, or la gestion du trafic, tout comme la conduite, consiste justement – ou devrait consister – à éviter que l’imprévu soit problématique.

Depuis peu le tramway passe près de chez moi, ce qui a naturellement entraîné une refonte du boulevard et des axes autour. Une fois les travaux finis, ce qui était prédit se vérifie : c’est le foutoir, on n’avance plus ! Et pas tant à cause du tramway lui-même que de la façon dont c’est aménagé. Outre la réduction du nombre de voies, notamment sur un grand pont au-dessus des voies ferrées qui passe de 2x3 larges à 2x2 étroites, le choix de l’implantation est totalement absurde. Que la voie du tram prenne de la place, avec sa surface herbeuse, pourquoi pas, l’espace ne manque pas en l’occurrence. Mais quelle idée d’avoir délibérément rendu les voies de véhicule aussi étroites, rendant non seulement impossible toute remontée de files même en 125, mais empêchant même les grosses voitures de doubler un camion, alors que le trottoir fait 10 mètres de large… et qu’il n’y a jamais le moindre piéton à cet endroit ! De même, ils ont été caser un arrêt du tram en plein milieu de ce pont… sachant qu’il n’y a rien ni personne, pas un bâtiment, à presque 500 mètres en amont, et 300 en aval… où il y a déjà une station. S’il y a une logique derrière tout ça, surtout vu le coût de ces aménagements, je ne vois pas. Sans oublier la très contestable "rupture de charge" dont on a déjà parlé...

Mais le plus délirant, ce sont les feux de circulation. Est-ce la même démarche qui leur fait les multiplier jusqu’à l’absurde ? Ou peut-être une tentative de régulation du trafic en amont des carrefours embouteillés ? Ca on peut l’entendre, mais il est bien difficile d’admettre dans ce cas que leur minuterie ne soit pas modulée. Ainsi, en pleine nuit, sans personne en vue, on est censé s’arrêter tous les 100 mètres, sans même une synchronisation permettant de les enchaîner, alors qu’il n’y a… rien. Les passages piétons ne correspondent à aucun flux de déplacement, sont redondants à l’extrême, les feux n’ont pas l’ombre d’une justification, et franchement il faut prendre sur soi pour continuer de s’y arrêter. Quel est le but, pousser à la faute et, une fois l’habitude installée, planquer des flics ou, encore plus rentable, un radar automatique ? Faire perdre toute crédibilité aux règles d’implantation ? En fait tout se passe comme si la logique de ces aménagements répondait à un plan d’ensemble, à des statistiques moyennes. Une station, un passage piéton tous les tant de mètres, sans aucunement prendre en compte qu’en l’occurrence, entre le pont du chemin de fer, le périphérique, le bois et un cimetière, il eut été plus pertinent de moduler un peu, au lieu d’empoisonner la vie de ceux qui ont un moteur juste pour le principe ?

ManyTrafficLights.jpg

Je n’ai rien contre favoriser les cheminements piétons et les déplacements « doux », même si le tram ne me semble pas toujours adapté aux contraintes actuelles (ça dépend des villes), mais il n’y a pas de raison de ne pas le faire en respectant tous les modes et les besoins. En « partageant la route », selon un adage bien connu des motards militants. L’opposition et la mise en concurrence systématique, n’est-ce pas au moins autant dépassé que le culte du tout-voiture ?

mardi 23 avril 2013

Obsolescence programmée : frigos et motos, même combat ?

Il en va de l’électroménager comme des bâtiments : la durée de vie est proportionnelle à l’âge. Ainsi, sans entretien, un immeuble d’il y a 30 ans tiendra encore une trentaine d’année. Un qui a cent ans devrait passer le prochain siècle sans trop de soucis. Et un château médiéval peut voir venir sereinement le prochain millénaire. Dans la cuisine ou la maison, c’est pareil : le congélateur, robot ménager ou téléviseur d’il y a trente ans est – fonctionnalités mises à part – quasi indestructible. Prenez un appareil de maintenant, vous aurez bien de la chance s’il survit au double de sa (courte) période de garantie. Pourquoi ? Les matériaux sont-ils moins bons, la construction bâclée, la technologie défaillante ? Non, pas tant que ça ! La réponse tient en deux mots, qui se font enfin connaître du grand public, lequel commence à en avoir assez : obsolescence programmée.

Exemple tout bête, la machine à laver : traditionnellement, le tambour était en métal, les roulements à billes indépendants, les fusibles remplaçables… Ce n’est plus le cas : tambour en plastique sujet à la casse et la déformation par la chaleur, roulements soudés, fusible intégré au contrôleur… Tout est prévu spécifiquement, volontairement, pour que la moindre panne se solde par un appareil économiquement irréparable, et donc l’achat d’un neuf. Une télé (surtout à écran plat), un ordinateur, un aspirateur, sont faits de composants robustes, qui potentiellement ne tombent PAS en panne. Sauf si on leur a délibérément greffé un condensateur fragile, un plastique cassant, voire comme certaines imprimantes un compteur qui mesure leur activité et les fait défaillir après X impressions ! C’est au point que le gouvernement propose une loi pour lutter contre ce qui relève de l’escroquerie, en effet il serait temps. Non seulement d’un point de vue économique (forcer les consommateurs à dépenser pour faire fonctionner une industrie emballée n’étant pas viable à long terme), mais aussi environnemental ! J’ai récemment encore été obligé de jeter une machine à laver dont le seul et unique défaut était un petit ressort de confirmation de verrouillage du hublot cassé. 50 kilos de ferraille, de plastique et de composants à la benne, pour un recyclage incertain, rachat pour un prix certes modique d’un appareil neuf. Oui, il consommera un peu moins d’eau et de courant, mais de là à justifier un tel gâchis ! (en plus il est déjà en panne ! mais encore sous garantie). A cela il faut ajouter l’obsolescence par fonctionnalités, qui concerne surtout l’informatique et fait qu’un ordinateur ou un téléphone, bien qu’en parfait état de marche, est quand même remplacé par un modèle plus récent ; j’en avais déjà parlé dans ce billet, mais c’est différent – on ne va pas non plus refuser tout progrès.

Côté véhicules, le cycle est plus long mais c’est un peu pareil. Et comme on peut les réparer plus longtemps, il faut les pousser vers la sortie à grands coups de réglementation : ZAPA ou leur équivalent, E10, verrouillage du marché des pièces détachées, CT… Pour les deux-roues, un nouveau coup est venu de la réglementation du nouveau permis, positive sur bien des points mais absurde pour les contraintes de véhicules. En gros, des dizaines de milliers de motos d’occasion deviennent légalement inutilisables pour les débutants, alors qu’elles sont mécaniquement et pédagogiquement bien adaptées, moins puissantes que celles à quoi ils ont droit… et bien moins coûteuses que des neuves ! Or les concessionnaires refusant à présent de brider les anciennes motos, le choix qui reste est entre de trop rares modèles d’occasion limite introuvables ou du neuf. Ah si, un troisième choix : rien du tout, privant ainsi les débutants d’une formation progressive sur une moto moins puissante… ou les dissuadant à jamais de faire de la moto.

Combien de temps encore le monde ne s’occupera que de produire toujours plus, poussant au gaspillage – bien entendu en parant le tout d’atours écologiques ou sécuritaires ! Changez votre véhicule régulièrement, les nouveaux sont plus verts ! Jetez vos appareils tous les deux ans, les nouveaux consomment moins ! Il est plus que temps de prendre en compte le bilan global d’un équipement, en incluant non seulement son propre recyclage, mais aussi la mise au rebut de l’ancien, et de cesser de prendre les « consommateurs » pour des abrutis.

Edit : merci à Fred pour le lien vers cette excellente vidéo sur le sujet

jeudi 28 mars 2013

Flicage à la turque

Parmi mes projets de voyages (toujours plus nombreux que ce que le temps et les finances permettent), un road-book m’emmène faire un tour en Turquie. Soit dans la continuité d’un tour des Balkans, soit en cherchant un ferry au départ de Marseille ou d’Italie, c’est à creuser. Mais je viens de lire une news qui me dégoûte de jamais y poser les roues… bien dommage car j’ai adoré Istanbul, une ville vraiment fascinante, et que la Cappadoce, Antalya, le sud, l’est me tentent beaucoup.

Le journal Cumhuriyet, cité par le Courrier International, informe que « toutes les voitures pourraient bientôt être suivies à la trace grâce à une puce électronique. Si le projet de loi de la Direction générale de la sécurité est adopté, les 17 millions d’automobiles du pays seront dotées de nouvelles plaques d’immatriculation munies de mouchards. Un code-barres sera aussi apposé sur le pare-brise. » Evidemment, l’argument avancé est sécuritaire, on vise les « terroristes, voleurs de voitures et chauffards ». Se rendre dans le pays avec son propre véhicule ne suffira pas à être à l’abri, le Hürriyet Daily News précise que « toutes les voitures entrant en Turquie auront droit à un code-barres ». Qu’en pensent les associations ? « La Fédération automobile (Tsof) s’est déclarée en faveur du dispositif, à condition que celui-ci “ne viole pas la vie privée”. »

Je ne sais pas si ça concernera aussi les motos. Techniquement, pas plus difficile, le boîtier n’a pas besoin d’être plus gros qu’un truc de télépéage. Reste éventuellement la facilité de voler le code-barres, mais on colle bien déjà sur les motos les vignettes d’assurance ou d’autoroute le cas échéant. De cette réponse dépendra peut-être un choix : y aller avant que ce soit en place et profiter des derniers instants de relatif anonymat, ou pas du tout. Hors de question de cautionner ce flicage permanent, d’autant plus en voyage, où l’un des grands attraits est justement de se libérer pour un moment des contingences occidentales : pas de téléphone, de carte bleue, d’identification permanente, personne ne sait où on est (parfois pas même nous-mêmes) et ça fait du bien…

mercredi 13 mars 2013

Moto sur glace : spécial...

En plein "épisode neigeux" comme on dit, je suis remonté hier soir sur Paris avec l'Explorer. A part un MP3 en arrivant près du périph, pas vu un seul autre casque, mais faut dire que les conditions ne s'y prêtaient pas ! Toute la fin en interfiles sur la neige bien glissante, pas super glop, mais il fallait bien rentrer. Je n'ai pas osé couper les assistances comme j'aurais peut-être dû faire en ces circonstances, mais même avec ABS et antipatinage en full, quand y'a AUCUNE adhérence, ça glisse, logique. Seule solution, y aller hyper en douceur, résister à la tentation d'ôter les pieds des repose-pied, détendre les bras... et serrer les fesses ! Autant en bagnole ça m'éclate et c'est encore quasi marrant avec la 125 de 105 kg, autant je ne faisais pas trop le malin avec l'Explorer et son poids respectable.

Une option parmi d'autres...

Un moment, une bagnole m'a coupé la route, j'ai réussi à ne pas freiner, mais juste couper le filet de gaz a fait dériver l'arrière jusqu'à être perpendiculaire à la route et passer devant, et je me suis retrouvé en tête-à-queue, sous le nez d'un camion... ça fait bizarre ! J'ai réussi à ne pas tomber, sais pas encore trop comment. Je n'allais pas vite, évidemment, mais je me suis quand même cru au tas... et pas comme dans un champ enneigé ou ça reste assez mou, non, sur du bon bitume froid et dur avec un PL qui glisse pour s'arrêter avant de me rentrer dedans (certes, il n'avait rien à faire sur la route par ce temps). Finalement ça s'est bien fini, en se rapprochant de la ville c'était quasi fondu, et le sel glissait plus que la neige. Truc marrant, la moto entièrement gelée : bien regretté de ne pas encore avoir mis les poignées chauffantes, dû rouler visière ouverte car le pin-lock d’habitude efficace était complètement dépassé, les comodos étaient figés et il fallait forcer même pour mettre les clignotants, même eu du mal à couper le cruise-control (la commande principale, si c'est juste pour désactiver y'a tellement de solutions que pas de risque). La bulle totalement incrustée de glace était opaque, assez gênant surtout en position super haute, mais pas sûr d'avoir pu repartir en m'arrêtant, et rien pour la nettoyer de toute façon.

Forcément, on ne joue pas dans la même catégorie

Le pire dans tout ça ? Les caisseux, confortablement posés sur leurs quatre roues, au chaud, protégés, étaient comme d'hab tellement flippés que même dans ces circonstances vraiment pas optimales pour le deux-roues je doublais encore tout le monde ! C'est bien qu'ils soient prudents, mais à ce point c'était plutôt vraiment inquiétant sur leur capacité à circuler en conditions dégradées ou à réagir en situation imprévue.

En tous cas avant de me lancer dans une traversée de la Sibérie en hiver ou juste de faire la même chose en montagne, faudra que je me forme plus, que je mette des pneus plus adaptés, peut-être prévoir sous la selle des colliers pour cranter le pneu arrière, et sans doute même une troisième roue ! Quoique... en side, je serai encore à me geler dans les bouchons...

vendredi 8 mars 2013

La moto comme solution à la crise… des riches ?

Les riches ne connaissent pas la crise. C’est bien connu, quand l’économie va, les super-riches le deviennent encore plus. Et quand elle ne va pas, ben… pareil ! L’industrie du luxe résiste toujours, quitte à se déplacer. Avec les prochains salons de l’automobile, quelques constructeurs exclusifs présentent leurs nouveautés… disons, haut de gamme. Pour communiquer sur leurs joujoux dont les prix atteignent le million d’euros pièce, Ferrari, Lamborghini, McLaren, Kepler et les autres avancent les performances sportives.

La vitesse de pointe ? Ma foi, quand on en est à brider électroniquement une voiture pour ne pas qu’elle risque de dépasser par inadvertance les 350 km/h, même pour un émir en plein désert ou sur un circuit (comme si elles étaient vraiment utilisées sur circuit !) ça fait un peu beaucoup. Il reste Bonneville, mais bon… on a vite fait le tour (au sens propre comme au figuré).

L’électrique ? Pour faire bonne figure, ces nouveautés intègrent des « petits » moteurs électriques en plus de leur V12 ou V8 bi-turbo, portant la puissance totale dans les 900 chevaux. Utile… Pour les recharger, ils utilisent l’énergie du freinage, mais aussi le surplus (sans blague !) de l’énorme moteur thermique, qui crache en permanence beaucoup trop de puissance que seule une électronique de pointe permet de juguler. Ca c’est pas trop con… encore faut-il avoir de l’excès à utiliser, ce qui est rarement le cas sur une bagnole ordinaire. Avec tout ça, ils peuvent annoncer une forte réduction des émissions, à seulement 330 g. de CO2/km (le triple d’une caisse normale, à pondérer vu le nombre et le kilométrage a priori très réduit des supercars - et au moins c'est pas des diese! !).

Reste l’accélération. Et là c’est en effet très impressionnant, on est dans les 3 s. pour du 0 à 100. Comme on utilise bien plus l’accélération que la vitesse de pointe, disons que si une valeur devait être significative, autant que ce soit celle-là. A titre de comparaison, une grosse berline sportive à seulement 80.000 € met entre 5 et 6 secondes.

Tiens, pendant qu’on est dans les comparaisons à la con, en voici une autre… Une Honda CB500 d’école de conduite (prix neuf : 5500€) met 4,7 s., une grosse routière ou un maxi-trail (RT1200, Explorer…) 3,4 s., une hypersportive (dans les 15.000 €) accroche 2,5 s. Je sais, rien de nouveau dans tout ça ni de très significatif (pas les mêmes poids ni rien), il y a régulièrement des duels dans certains magazines ou sur Youtube ayant pour habitude de ridiculiser les bagnoles, mais avouez que c’est mignon de pouvoir regarder de haut – et griller ! – les kékés avec des bagnoles coûtant une vie de salaire.

automoto.jpg

Bon, faudrait quand même pas trop les chercher sur les reprises à haute vitesse ou le 0 à 300 km/h (abattu en 17s. pour la MCLaren P1). Mais moi je m’en fous. Je les laisse littéralement sur place avec ma GN125 à 500 € quand ils sont dans les bouchons !

mardi 5 mars 2013

La quête de la sainte grole

Il y a des avantages à faire un certain gabarit. On se fait peut-être un peu moins emmerder que d’autres, on relève sans problème une moto à terre… Mais à l’inverse on est sans arrêt sollicité pour les déménagements, on se cogne la tête sur les portes du métro, et c’est super galère pour trouver des fringues, pour les pompes je n’en parle même pas, faut voir la tête des vendeurs à la simple mention de la pointure, pourtant pas monstrueuse… Et pour l’équipement moto, c’est pas mieux.

Mon équipement datant pour partie de ma première 125, il commence à ne plus en pouvoir. Même en en prenant soin et en ne chutant pas, il vient un moment où il faut bien admettre que le changement, il faudrait que ce soit maintenant. Le pantalon et les bottes j’ai trouvé en Allemagne il y a quelque temps, un super bon plan : grandes tailles disponibles, beaucoup moins cher qu’en France, en l’occurrence le magasin d’usine Hein Gericke à Berlin était une vraie mine. Mon casque va devoir y passer aussi, mais là pas de soucis. Non, le truc qui devenait indispensable, c’était le blouson, mon pauvre cuir déjà fatigué ayant fort peu apprécié les vents de sable marocains et ne s’étant pas arrangé depuis… outre qu’il a toujours été trop petit. Bon allez, je me lance, les magasins de moto ne manquent pas à Paris, et puis y’a plein de motards costauds, ça doit être moins compliqué que pour trouver des chaussures ou des jeans, non ? Première étape de tout achat de matos motos, je chope le dernier Motomag qui compare les blousons textile, voilà, tel ou tel modèle, telle ou telle couleur, c’est parti.

Cinq boutiques d’affilée n’ont rien en grande taille, ou plutôt, les grandes tailles qu’ils ont n’en sont pas vraiment. Un 4XL, dit comme ça, c’est grand ; en pratique je ne peux même pas l’enfiler ! Bizarre… En fait l’explication c’est que quand les tailles classiques montent, ce n’est pas partout : il y a tout plein de place pour un ventre de biker (une poche qui pendouille devant), mais pas plus de longueur de bras ou de largeur d’épaule pour autant. Deux Dafy ont su me dire qu’il existait des gammes spéciales : Bering Fortissimo, Icon C-Sizing, etc, mais eux comme d’autres ont refusé de commander pour voir. Ils pouvaient se faire livrer un modèle King Size, mais il fallait que je l’achète, sous peine de pénalité de retour. Un peu abusé, vue l’incohérence des tailles comment savoir ? Même en renonçant au choix de la marque, du modèle, de la couleur, en se contentant du premier truc venu que je puisse fermer, encore faudrait-il être sûr de mettre la main dessus.

Ce sera finalement le magasin Speed Wear / Hein Gericke sur l’avenue de la grande armée qui fera la démarche commerciale minimale et logique : commander deux-trois exemples dans la gamme Bering King Size, me permettre de les essayer et de n’acheter que celui qui me va. J’ai même pu enfiler un truc trop grand, le pied ! Grâce leur soit rendue, et je saurais où m’adresser pour les prochaines fois… même pour les tailles standards. C’est comme les concessionnaires qui ne font pas essayer les motos et s’étonnent de ne pas faire de vente…

KingSize.jpg

Du coup j’ai un Bering AC-3, en taille W3XL (on change de classification à ce niveau), très modulable en isolation et réglable de partout, qui semble vraiment bien, on verra à l’usage, et pas comme s’il y avait du choix. En espérant que ça puisse servir à mes camarades oversized…

dimanche 23 décembre 2012

Et, vous, combien de RTT cette année ?

La RATP fait en ce moment une campagne dans le métro, demandant aux gens « Devinez ce que untel ou unetelle fait avec ses 10 RTT par semaine ? », avec des photos en gros plans de loisirs diverses. La blague, c’est qu’ils parlent de « Récupération du Temps de Trajet », ah ah. N’empêche, ce n’est pas mal vu, le temps qu’on ne passe pas dans les bouchons est autant de temps pour faire autre chose. Mais tant qu’à faire, poussons le raisonnement jusqu’au bout ! Autre devinette : qu’est-ce qui est encore plus fluide et plus rapide que les transports en commun, ne coûte pas forcément plus cher (un aller simple Paris-Roissy hors abonnement coûte un plein d’essence de 125), et est diablement efficace ? Dans le contexte de ce blog, la réponse à deux-roues est évidente…

PubRATP.jpg

Attention, je n’ai rien contre les transports en commun, je suis bien content d’en avoir quand j’ai besoin d’aller prendre un train par exemple, et je reconnais pour en avoir essayé pas mal un peu partout que le réseau parisien, bien que particulièrement sale, est dense et pratique. Mais je refuse qu’on me les impose dans le contexte où ils fonctionnent ! Les chantres du métro et du tram comme solution unique avancent les chiffres flatteurs d’une fréquentation optimisée, mais qui ne reflètent qu’un lissage sur l’ensemble de la journée, alors que le trafic est loin d’être homogène. Aux heures de pointe, l’ensemble du réseau est saturé, et ce façon assez insoluble : ce n’est pas tant que la RATP ne met pas assez de ressources en matériels et en hommes (encore que, c’est tendu sur ce front aussi), mais qu’il est matériellement impossible de faire circuler plus de rames sur les lignes. Du coup, celles qu’il y a sont bondées et la moindre perturbation provoque des retards à répétition (incidents voyageurs, problèmes techniques, colis suspects, rien que du très normal sur un réseau aussi dense et utilisé), et il faut vraiment ne pas avoir le choix pour circuler ainsi tous les jours. Proposer l’alternative, oui, l’imposer comme tant le souhaitent serait totalement contreproductif.

FouleMetro.jpg

Les exemples comparatifs ne manquent pas, rien que sur les dernières jours ; pour une raison X ou Y j’ai fait en tramway, métro ou RER un trajet fait habituellement à moto, le résultat est sans appel et ne surprendra aucun habitué, rien de nouveau sous le soleil : 2 heures en voiture / 1 heure en métro / 30 minutes à moto. Rien que ce dimanche matin encore, vraiment pas en pointe donc, la seule attente des rames sur les deux changements de mon trajet a duré le temps qu’aurait pris le trajet complet en surface à moto. Alors, c’est qui les champions des RTT ?

Quant à on ce qu’on fait de ce temps gagné, à chacun de voir. Pour ma part, je sais à quoi il est consacré en bonne partie : la défense de ce moyen de transport efficace et intelligent, justement pour que je puisse librement et longtemps encore me déplacer en deux-roues, quel qu’il soit, et que plein d’autres puissent en faire de même. Surtout que plus on sera nombreux à deux-roues, plus ça libérera de place sur les routes (1) ET dans les métros (2), tout bénef’ pour tout le monde !


(1) Rappelons l’étude belge récente montrant que si 10% des automobilistes passaient au deux-roues, les bouchons fondraient de 40%.

(2) Selon les types de polluants, c’est dans les couloirs du métro que l’air est le plus vicié, pire qu’en surface, voire que sur le périph’.

mardi 4 décembre 2012

Essais motos persos : Ninja 300 et Quadro 350

Comme toujours lorsque je vous propos des impressions sur des machines que j’ai eu l’occasion d’essayer, je ne prétends en rien le professionnalisme et l’objectivité de Motomag, justement, ce sont des ressentis persos, 100% subjectifs, en fonction de mes usages et de mon gabarit. Cela dit, en complément des tests des pros, ça peut vous servir si vous étiez intéressé par ces brêles… même si ça corrobore essentiellement leurs avis !

En premier, la mini Ninja 300. Pas mon genre, mais justement, je l’aborde en toute neutralité… et disons-le tout de suite, c’est une excellente surprise. Visuellement déjà, on dirait une « vraie » moto, petite certes, mais une routière-sportive sympa. Le vert Kawa bien pétant (moins que sur la photo quand même !), la ligne agréable et légère, le logo « Ninja » mais pas de mention visible de la cylindrée… c’est bien simple, si on ne précise pas quel est son moulin, il y a de quoi s’y tromper, même pour des motards confirmés. En regardant de plus près, c’est sûr, la taille des pneus ou de l’échappement donnent des indices, mais vraiment très valorisante pour sa gamme. Utilisée pour décorer un stand, elle a bien rempli sa fonction d’attirer les regards et de lancer les discussions.

Mais bon, pour moi, une moto c’est fait pour rouler, donc ça donne quoi quand on monte dessus ? Autre agréable surprise, je m’attendais à être complètement plié en crapaud, il n’en est rien, les commandes sont bien placées, et si ça reste une petite moto, elle est tout à fait logeable pour les grands. Mise en route du moteur, encore un bon point, un bruit à la fois très discret (toujours un plus pour moi) mais agréable, assez grave, là aussi digne d’une moto bien plus grosse. Premiers tours de roues, son poids plume la rend très maniable malgré son design de sportive, mais le guidon n’est pas « extrême », ça aide. Un peu dérouté par ce format et cette motorisation, moi qui roule soit en 125 anémique, soit en gros cube puissant, j’ai été enchanté par le 300. Vraiment très souple, déjà, utilisable en bas mais avec une plage d’utilisation s’étendant loin vers le haut, capable de reprendre de façon convaincante, sélection douce… et une fois sur autoroute, mais mazette, c’est qu’il roule ce petit truc ! Posé à 130 sans effort, je ne l’ai pas emmené au-delà (moto de prêt oblige) mais ça se sentait qu’il restait tout plein de marge derrière, en tous cas bien assez.

Au quotidien, ça reste un genre de moto qui ne m’irait pas : protection très réduite, rétros peu exploitables, aucune capacité d’emport, mais qu’importe. Ce qui est validé avec enthousiasme, c’est ce moteur de 300cc qui fait constater qu’objectivement, pas besoin de plus pour tous les usages légaux et le quotidien économique. Alors pourquoi avoir choisi quatre fois plus gros ? Eh ben, c’est parce qu’il n’y a pas que le quotidien, justement, et pour les petits trajets de tous les jours je roule déjà sur une trapanelle. Mais si je n’avais pas la GN, je regarderai très sérieusement cette nouvelle génération, comme la Suzuki Inazuma 250, bien suffisante pour la plupart des trajets et plutôt agréable en complément d’un gros cube pour se faire plaisir. L’idéal ? Ce moteur tout pareil dans un petit trail ou supermot’ simple, comme un KLX moins cher et en bi.

Le vrai test par Motomag : http://www.motomag.com/Nouveaute-2013-Kawasaki-Ninja-300.html

Autre essai, vraiment très court mais instructif, celui d’un gros scooter à trois-roues, le Quadro 350. Je n’ai pas vraiment d’expérience du scooter, mais ayant l’habitude de prendre en main des véhicules très variés, pas de soucis pour m’adapter aux deux freins aux leviers, sachant qu’en tant que L5e le Quadro a aussi une pédale sur le plancher. A test court, compte-rendu court : un engin ludique et facile, évident même, mais j’ai surtout trouvé beaucoup trop lourd pour son moteur. Même avec un 350cc automatique, ce gros truc m’a semblé balourd, mais bon, ce n’est pas fait pour des acrobaties.

Quand à la stabilité des trois roues, je n’ai rien fait avec qui m’aurait mis en difficulté avec un deux-roues classique, alors difficile d’en juger. Principal défaut à mes yeux, ou plutôt à mes jambes, malgré l’embonpoint de GT, pas moyen de rentrer les genoux derrière le tablier, à moins d’aller me poser sur la selle arrière (la différence de niveau marquée entre les deux parties empêche un ajustement précis du popotin ;-) ) ! Du coup, je dois rouler avec les genoux exagérément écartés, inconfortablement exposés. Sinon, au quotidien, je peux imaginer l’intérêt de ce véhicule pratique, avec coffre sous la selle itou, mais franchement, à mes yeux, dépourvu de toute passion et plaisir. Bref, un scooter urbain. Mais au moins ce cliché est maintenant confirmé personnellement. Reste à trouver comment sensibiliser les usagers de ces véhicules qu’ils sont autant concernés que les motards et devraient aider la FFMC à les défendre aussi !

Le vrai test par Motomag : http://www.motomag.com/Quadro-3D-350.html


PS : les invasions de SPAM sur le blog deviennent infernales… à chaque connexion, je dois nettoyer des centaines de messages indésirables, c’est très chiant. Du coup, j’ai commencé à virer la possibilité de laisser des commentaires pour les vieux messages, désolé, mais ça devient ingérable.

samedi 15 septembre 2012

Par le pouvoir de la bâche ancestrale !

Attention mesdames et messieurs, sous vos yeux ébahis, cette moto va disparaître… Afgadou, touata, pouf ! Non, plus simplement et hélas (ou heureusement ?) sans incantation magique, j’ai testé lors de mon dernier voyage une astuce toute simple que je compte bien réitérer lors des prochaines balades en Europe de l'est et au-delà. Dans certains endroits les deux-roues sont très nombreux, au point de faire partie du paysage urbain. Mais quand ils se font plus rares, et que les seuls restants sont de petite cylindrée, un gros cube chargé de bagages et immatriculé à l’étranger se remarque plus qu’on n’aimerait. D’où l’intérêt de le faire disparaître, et pour ça, il suffit de le bâcher ! J’ai fait le test avec et sans, garé au même endroit, observant discrètement la réaction des flics et des passants, c’est radical.

bache1.jpg

Motomag a testé récemment ces housses moto, piles de la bonne taille, avec anneaux d’ancrage, élastique de serrage, protection thermique au niveau des pots… Plus que dans le garage pour un hivernage que je ne fais pas, mes bécanes tournant toute l’année, j’en embarque maintenant une au fond du top-case. Bien plié ça ne prend pas tant de place, et l’effet est étonnant. Bien sûr, on voit toujours que c’est une moto, mais pas quoi, pas d’où… Outre de protéger contre les fientes, résines et autres vents de sable, ça dissuade radicalement de jouer avec les commandes, ça complique le tripotage des bagages, tout en n’empêchant pas bien sûr d’attacher la bécane à un point fixe (et j’ajoute un ou deux tendeurs autour pour limiter la prise au vent). Cette masse informe et neutre passe complètement inaperçue, et c’est bien pratique. (Oui Fred, je te vois venir, ma moto est déjà une masse informe, je sais).

bache2.jpg

Sinon il y a d’autres solutions pour faire disparaître une bécane : chrome intégral ou matériaux translucides, mais avec les bagages ça marche moins bien ;-)

ghostbike.jpg

ghostbicycle.jpg

mercredi 16 mai 2012

Je ne vous avais pas vu…

« Je ne vous avais pas vu », l’excuse la plus courante et la plus meurtrière quand on analyse les accidents des deux-roues. Mais il faut dire que les constructeurs auto n’y mettent pas toujours du leur, par exemple ce récent Range-Rover vu le mois dernier. Vitres fumées bien opaques, lunette et vitres arrière réduites à la portion congrue, 4 ou 5 écrans un peu partout à l’intérieur, dans les appuie-tête et plein le tableau de bord, forcément téléphone intégré… Ah ça oui, le toit est joliment vitré sur toute la surface, mais ce n’est pas ça qui va aider à prendre en compte l’environnement de conduite et les usagers vulnérables.

rangerover.jpg

Je n’ai rien contre les 4x4 par principe, même un des rares 4-roues qu’il m’amuse de conduire, mais dans les grandes plaines de l’Ouest américain par exemple, pas dans les villes encombrées d’Europe, où leur gros moteur, leur poids excessif, leurs protections inutiles, sont quand même une hérésie. Mais avec les ZAPA, si ça continue comme ça eux pourront circuler tranquillement, et ma vieille 125 de 105 kilos qui consomme 2 litres au 100 et ne produit pas de microparticules, non. Cherchez l’erreur…

jeudi 10 mai 2012

Les pannes opportunes

Quand un truc lâche sur sa bécane, c’est rarement très agréable, même si c’est un truc mineur. En plus, roulant en japonaise, on n’a pas l’habitude des pannes ;-) ! Soudain la fidèle monture renâcle, s’arrête, vous laisse désemparé et, pire !, piéton. L’autre jour, en région parisienne, je ralentis à l’approche d’un feu, cherche le point mort… le pied tâtonne, fouille à la recherche de la pédale qu’il connaît pourtant par cœur… Mais que se passe-t-il, mais qu’est ce qu’il se passe ? Incrédule je m’arrête débrayé et me penche… plus de sélecteur :-((

selecteur.jpg

En fait si, il pendouillait sous la moto sur sa tige, et au cas où j’en ai toujours un de secours avec le bordel sous la selle depuis que j’en ai tordu un (sans tomber, juste en franchissant un passage délicat dans la caillasse), mais le résultat était là… a marche pu la moto ! Vraiment mineur et bénin, surtout en ville : trois kilomètres en première jusqu’à un garage qui me la prend presque sur le champ, y’a franchement plus grave. Ca fait quand même deux heures de perdues, mais après coup, quel coup de bol !

Si je n’avais pas fait cette petite course à ce moment, je partais directement pour une balade de plus de 1500 kilomètres, autoroute puis montagne. Le sélecteur aurait sans doute lâché tout pareil, il était simplement desserré après 65.000 kilomètres de vibrations, de pistes diverses etc., sauf que j’aurais vraiment eu l’air fin sur la bande d’arrêt d’urgence de la A4 ou sur un col perdu dans les Vosges sans les outils pour le remettre en place. « A quelque chose malheur est bon » dit le proverbe, c’est parfois valable pour les pannes. Cette réflexion du jour était sponsorisée par Philosophie Magazine.

mardi 8 mai 2012

La cour de la bourse

J’ai récemment ajouté une carte qui manquait à ma collection d’expériences motardes. Non, ce n’est pas un voyage inédit, l’essai d’une nouvelle machine ou la découverte d’une discipline sportive, mais simplement la visite d’une bourse de motos anciennes. Personnellement, je n’y pine rien en mécanique, surtout ancestrale, ne connais pas le nom de la moitié des marques représentées sans même parler des modèles, et n’ai qu’une connaissance très superficielle bien que bienveillante des motos de collection. J’ai certes eu l’occasion de rouler sur une Jawa de 1968, une Enfield des années 50 ou quelques « young-timers », même eu une CBX 550 du début des années 1980 pendant quelques mois, mais ça reste un milieu que je connais fort peu. Raison de plus pour le découvrir car il est attachant !

BourseMoto1.jpg

Il y a quelque chose de serein et d’atemporel à voir ces passionnés chiner dans les allées, à la recherche de la pièce improbable, du bout de ressort qui va bien, marchander à un euro près le trésor insignifiant qui est peut-être tout ce qui manque pour redonner vie à une ancêtre émouvante… Il y a des motos bien sûr, entre celles des visiteurs et celles des exposants, un mini salon où le plus ordinaire côtoie le plus le rare, des machines restaurées à la perfection plus rutilantes que neuves, d’autres qui sont des tas de rouille désossés dont on se demande vraiment ce qu’on peut en faire même avec la meilleure volonté du monde, des cyclos, des solex, des sides, des ex-sportives, des pliantes, des trucs bizarres... Mais avant tout bien sûr, il y a les amateurs. Entre les exposants qui connaissent par cœur la moindre référence pour la moindre pièce de chaque modèle de machines dont la production a cessé voilà 50 ans, les chineurs aux prouesses mécaniques méconnues capable de ressusciter des légendes… Respect, les gars.

BourseMoto2.jpg

Mais tout en admirant leur passion qui fait plaisir à voir, leur retour à l’essence même de la moto, leur appréciation du simple fait de rouler, pas vite, pas loin, mais en bonne compagnie tant mécanique qu’amicale, j’avoue qu’une chose me chiffonne : quand la conversation commence à dériver de la machine elle-même vers l’utilisation qu’on en fait, et donc vers sa défense et ce qu’on fait pour préserver la passion et la liberté, il m’a semblé ressentir chez certains pas mal de défiance et de méconnaissance du monde associatif. Je ne dis pas que TOUS les motards devraient adhérer à la FFMC évidemment (encore que, pourquoi pas ?) mais que des gens aussi passionnés que les collectionneurs, qui attachent tant d’importance à préserver une certaine idée de la moto, ne soient pas plus massivement mobilisés me surprend toujours (indépendamment du fait que les anciennes n’aiment pas forcément rouler au pas dans les manifs, mais il n’y a pas que ça !).

BourseMoto3.jpg



En fait j’ai l’impression que, comme beaucoup d’autres - c’est loin d’être exclusif aux amateurs d’anciennes ou au seul domaine de la moto - les gens s’attachent plus à trouver les différences que les convergences. Certains par exemple s’appuient sur le dossier emblématique du bridage à 100 ch. pour imaginer que la FFMC ne s’intéresse pas à eux qui dépassent rarement les 50 ch. Pas les mêmes problématiques entre les anciennes et les modernes, pas les mêmes intérêts... Vraiment ? Il ne faut pourtant pas creuser bien loin pour voir que nous sommes bien plus proches que cela. Outre les dossiers concernant particulièrement les anciennes et sur lesquels la Fédé est en pointe, comme le contrôle technique ou les Zapa, tout le reste nous concerne de la même façon, bien qu’à des degrés divers : infrastructures dangereuses, verbalisations abusives, etc. Voir et défendre plus large n’empêche pas de s’occuper AUSSI des thématiques spécifiques, au contraire.

Cela se rapproche de ce qu’on entend par exemple auprès des amateurs de customs et choppers, de trikes, de petites cylindrées, de sportives etc. Pourtant, indépendamment des associations spécialisées et sans s’y substituer, la FFMC rassemble statutairement tous « les usagers des deux et trois-roues motorisés (du cyclo au gros cube) », justement pour réunir, aller au-delà des thématiques spécifiques pour prendre en compte la moto dans toute sa diversité – ce qui n’est pas peu dire (la Fédé défend autant le sauvetage du circuit Carole que la loi Vauzelle contre les câbles tendus dans les chemins, la circulation interfiles, la liberté de modifier sa bécane, d’accéder aux villes avec des motos un peu âgées, etc etc.). Je ne sais pas vous, mais quand je croise une bécane sur la route, je ne me pose pas la question de son âge, sa marque ou son style, je lève la main. Et qu'importe que l’autre réponde ou pas. Et ben pour la défense de la moto, c’est pareil…



En conclusion, une petite blague à laquelle ce genre de situations me fait penser, je vous laisse y méditer. Bonne soirée et à bientôt, quelle que soit votre monture !

L’autre jour, je me baladais. En passant sur un pont, je vois un gars sur le parapet, prêt à se lancer dans le vide. Immédiatement, je me précipite auprès de lui, et je lui crie d’arrêter, de ne pas sauter. « Et pourquoi ne devrais-je pas sauter ? me dit-il alors. - Parce qu’il y a bien trop de formidables choses à vivre, et tellement de gens intéressants avec qui vous avez des choses en commun à rencontrer ! - Comme qui par exemple ? - Eh bien, heu ... vous êtes croyant ou athée ? - Croyant. - Moi aussi ! Vous êtes chrétien ou juif ? - Chrétien. - Moi aussi ! Vous êtes catholique ou protestant ? - Protestant - Moi aussi ! Vous êtes Épiscopalien ou Baptiste ? - Baptiste. - Waow ! Moi aussi ! Vous êtes Baptiste Église de Dieu ou Baptiste Église du Seigneur ? - Baptiste Église de Dieu. - Moi aussi ! Vous êtes Baptiste Église de Dieu Originelle, ou bien Baptiste Église de Dieu Réformée ? - Baptiste Église de Dieu Réformée. - Moi aussi ! Vous êtes Baptiste Église de Dieu Réformée, réforme de 1879, ou Baptiste Église de Dieu Réformée, réforme de 1915 ? - Baptiste Église de Dieu Réformée, réforme de 1915 ! » Alors c’est là que je lui ai dit : « Crève, espèce d’ordure hérétique ! » et je l’ai poussé dans le vide.

mercredi 4 avril 2012

Me suis-je fait une vacherie ?

Je me suis fait un truc pas très sympa hier : suis allé essayer ma prochaine moto. Ce n’est pas gentil quand on n’a pas le financement ni même, en toute objectivité, le besoin de changer. Mais c’est bien aussi d’avoir une sorte « d’objectif » ou de rêve mécanique, de garder le futur ouvert. Sachant que d’ici à ce que je change vraiment, si ça se trouve, un autre modèle aura emporté mon cœur de motard. Mais d’ici là, mon choix est fait sans l’ombre d’un doute : la Triumph Tiger Explorer 1200.

2012_Tiger_Explorer_12.jpg Photo Triumph

Je savais déjà que j’aimais bien la Tiger. J’ai eu l’occasion d’essayer toutes les versions et générations sorties depuis 1993 (900, 1050, 800…) et toutes étaient sympa, mais il leur manquait un petit quelque chose, outre un cardan qui est une condition sine qua non pour ma future brêle. Avec la 1200 c’est résolu, tout ce que j’attends d’une moto est réuni : 3 cylindres, 1200cc, plus de chaîne, pas trop basse, un peu d’électronique sans excès et débrayable, une gueule plutôt sympa. Je l’avais vue au salon, étais monté dessus mais difficile de juger d’une moto fixée sur support d’exposition. Cette fois, j’ai fait quelques dizaines de kilomètres avec… la banane ! Vraiment bluffé par la souplesse du moteur. Sur voie rapide congestionnée, on monte d’une traite en 6e et on laisse ronronner à 2000 tr/min. Une ouverture ? Suffit d’envoyer du gaz et ça part de façon tout à fait décente. L’humeur est joueuse ? Pas de problème, on reste dans les premiers rapports et hop, c’est une moto différente, qui bondit avec une belle poussée réjouissante. Si le guidon est vraiment très large et ne va pas m’aider à baisser les coudes que j’ai déjà tendance à garder un peu haut, elle est étonnamment fine et très bien équilibrée, et penche avec un naturel déconcertant, même à basse vitesse, on se croirait sur sa petite soeur en 800 – la patate en plus. Bref, elle s’annonce tout aussi polyvalente et agréable que la V-Strom, en nettement plus moderne et encore plus pêchue. Et le 3 est vraiment un compromis idéal entre… le 2 et le 4 cyclindres.

MAIS… car évidemment il y a un mais, quelques petits détails un peu dommage. Pourquoi avoir fait l’économie des warnings ? Je m’en sers souvent, notamment en interfiles ou pour prévenir ceux qui me suivent d’un ralentissement ou d’un radar. Si la belle a un sabot moteur (plastique, métal en option) l’amortisseur arrière est curieusement exposé, une petite feuille de plastique pour dévier les projections n’aurait pas été de trop. OK, elle est essentiellement routière, mais si parfaite pour le voyage que dommage de ne pas le prévoir. Idem pour les équipements optionnels, c’est une moto d’exploration comme son nom l’indique, pourquoi ne proposer qu’un top-case miniature digne d’une 125 ? Et enfin le prix, pas forcément injustifié au regard des équipements et de la motorisation, mais dès qu’on lui met quelques options indispensables (bulle haute, pare-mains, protections moteur et support de bagagerie), mais qui fait quand même assez mal (pas loin de 17.000 Euros).

tiger1200-20-a7311.jpg Photo Motomag

Le coup de grâce, c’est la reprise proposée pour ma bécane… je n’en attendais pas une fortune, elle est en bon état d’ensemble mais pas toute jeune, elle a servi quoi. Mais de là à m’en donner le prix d’un lot d’accessoires, ça fait quand même un peu ch… Enfin, c’est notre sort commun ! Toujours est-il que ce dernier détail achève de me convaincre : puisque ma V-Strom ne vaut plus rien et roule impeccablement, qu’elle peut encore donner autant que ce qu’elle a déjà vécu, elle et moi feront encore un bout de chemin ensemble. Et quand j’aurai assez de sous pour m’offrir l’Explorer de mes rêves, la Strom lui tiendra peut-être encore compagnie dans le garage, à disposition pour les copains. On verra !

- page 1 de 5