Le Frédéblog

Motomag.com

Pratique et défense du deux-roues par un passionné, mais aussi balades et voyages, anecdotes insolites, quelques réflexions en vrac, bref, un blog motard !

Pensées plus ou moins profondes

Fil des billets - Fil des commentaires

mardi 31 janvier 2012

Réflexion sur la cryptonique de masse

Quelque chose de « cryptique » (à part les contes de la crypte) est fait pour réserver un certain savoir à un cercle restreint d’initiés, qui peuvent ainsi contrôler – voire asservir – le reste de la plèbe. Au cours des siècles, cela a été largement utilisé dans de nombreux domaines, de la religion à l’alchimie. Aujourd’hui, le terme a surtout survécu pour la protection des données informatiques, mais on retrouve le principe un peu partout : finance, lois… même billets de trains comme je l’ai encore constaté récemment.

Parking.jpg

Cas très bête, je réserve en ligne un ticket pour Bruxelles en m’assurant qu’il soit modifiable, c’est bien marqué dessus, « échangeable une fois sans frais ». Mon planning change, je modifie donc le billet… et me vois retenir 50% du prix ! Contactée la SNCF me répond comme si j’étais débile que, voyons, il fallait le faire en gare pour bénéficier de l’échange gratuit ! Si si, c’était bien marqué en tout petit dans les conditions de vente. Suffisait de le savoir. Mais comment ? Des fois c’est le contraire, un billet acheté en agence ne peut être modifié qu’en ligne, des fois tout en ligne, des fois que en gare… et je ne parle pas de l’absurde complexité des tarifs eux-mêmes. C’est un exemple banal et mesquin, mais flagrant : l’information est soigneusement cachée, techniquement présente on ne peut pas accuser du contraire, mais dévoilée de telle façon que seuls les initiés puissent vraiment s’en servir. Les autres pauvres couillons n’ont qu’à payer et se taire, après tout c’est leur faute s’ils n’ont pas su lire au bon moment, au bon endroit.

A plus grande échelle, comment ne pas faire le rapport avec les impôts, les lois, toute l’administration et la société actuelle. Certes, l’équilibre est fort délicat à trouver : une loi qui serait trop simple, trop identique pour tous, en deviendrait injuste ; où placer la limite entre le traitement différent de ce qui est fondamentalement semblable, et le traitement semblable de ce qui est fondamentalement différent ? Mais aujourd’hui, le degré de complexité semble avoir pris vie, il évolue de lui-même, déconnecté du monde et des besoins réels. Et ce, dans tous les domaines il semble… Dont ceux qui nous concernent, défenseurs des deux-roues motorisés : avez-vous vu par exemple les projets de réforme des catégories de permis ? Ubuesque. 50 sous-catégories, des exceptions, des retours en arrière, des incohérences énormes.

78gng1ovhd.jpg

Je le dis souvent, on a l’impression qu’on pourrait (qu’on devrait !) arrêter pendant 10 ans de faire de nouvelles lois et réglementations. Il serait tellement plus simple et efficace souvent de simplement laisser les gens tranquilles, au lieu de chercher constamment de nouveaux problèmes à résoudre là où un peu de bon sens et d’humain suffit largement à fonctionner. Les technocrates et juristes ne seraient pas au chômage pour autant : trier, simplifier, moderniser, simplifier, ajuster, simplifier, l’écrasant mille-feuilles législatif hérité parfois de décennies, voire de siècles, et qui plus est avec l’Europe à unifier entre divers pays. Et ce n'est pas gagné avec la manie actuelle de pondre une nouvelle loi dans l'urgence au moindre fait divers, sans aucun regard pour ce qui existe déjà, surtout sans jamais évaluer les résultats de ce qu'on fait, tout dans la com', dans le paraître. Sauf que les shows médiatiques s'envolent, les textes de lois restent, et pourrissent la vie des citoyens pendant des décennies...

Remarquez, ils le font des fois. Comme quand pour mieux expulser des familles entières Guéant rétablit des lois que Charles de Gaule s’était empressé de supprimer à la libération, mais c’est un autre sujet.

jeudi 22 décembre 2011

Eugène et la moto normale

En ces temps de fêtes et d’enfance, mais aussi de lois diverses et de recherches pour imposer aux motos tout un tas de gadgets et d’assistance électronique, je vous propose une petite adaptation mignonette d’une chanson d’Anne Sylvestre, dont les Fabulettes ont bercé mon enfance – en les faisant écouter à mes nièces aujourd’hui, je réalise qu’elles sont gravées mot à mot dans ma mémoire ! Conte de Noël motard :

Eugène et la moto normale

C’est une petite histoire de rien du tout. Eugène, jeune homme, avait une sœur, un frère et une moto. Sa sœur avait une passion pour tout ce qui était communication. Elle ne lisait que des magazines de technologie, possédait un tas de gadgets tous plus communicants les uns que les autres, et accomplissait des tours véritablement stupéfiants. Quand c’était l’heure d’aller quelque part, elle mettait son GPS et hop ! les routes, les rues, les radars s’affichaient devant ses yeux ; quand elle rentrait de quelque part, l’état du trafic et la météo se montraient tous seuls, bref, elle était parfaitement connectée !

Son frère, lui, n’aimait qu’une chose : la technologie. Tout ce qu’il possédait était savant : son téléphone surfait sur Internet, son véhicule était bardé d’électronique, son freinage était assisté, jusqu’à ses amis qui étaient virtuel via les réseaux sociaux, bref, il était tout à fait tendance.

Eugène, lui, n’avait que sa moto, mais attention, une belle moto, et soignée, toujours bien gonflée, confortable et tout. Sa sœur, la communicante, lui disait parfois : « Mais tu n’as qu’à l’équiper, et ta moto sera branchée ! tu t’assiéras sur la selle, et elle t’emmènera partout, tu auras plein d’infos, même ! tu iras en Amérique, en Chine, à… à Tonnerre, partout ! » Et son frère, le technophile, lui répétait : « Mais équipe-la, ta moto, mets lui un freinage ABS, un anti-patinage, un capteur de distance de sécurité, et tout le monde t’admirera, on t’enviera au feu rouge ! ».

Mais Eugène répondait : « Quoi, ma moto ? Est-ce que j’ai besoin d’une moto communicante, moi ? Est-ce que j’ai besoin d’une moto assistée ? Une moto cabocharde qui va m’emmener ou je ne veux pas aller, une fanfaronne, qui va refuser de freiner quand que je serai sur du gravier, et qui me fera tomber ? Pas question, ma moto est une moto normale, quand je l’enfourche elle attend sagement que je décide, quand je tourne la poignée elle avance, quand je pousse le guidon, elle m’obéit, elle est parfaite, ma moto normale ! » Et Eugène, sagement, obstinément, garda longtemps sa moto normale. Ce qui prouve qu’on peut avoir une technologie comme ci, une assistance comme ça et que… ce qui ne prouve absolument rien après tout, c’est… c’est normal, quoi, comme la moto d’Eugène !

TrainingWheels.jpg

L’original : Eugène et le vélo normal (Anne Sylvestre)

C’est une petite histoire de rien du tout. Eugène, petit garçon, avait une sœur, un frère et un vélo. Sa sœur avait une passion pour tout ce qui était magique. Elle ne lisait que des contes de fées, possédait un tas de baguettes toutes plus magiques les unes que les autres, et accomplissait des tours véritablement stupéfiants. Quand c’était l’heure de mettre le couvert, elle levait le petit doigt et hop ! les assiettes, les couteaux, les fourchettes se mettaient en place, quand elle rapportait de l’école son livret, les bonnes notes s’y rangeaient toutes seules, bref, elle était parfaitement décourageante ! Son frère, lui, n’aimait qu’une chose : le cirque. Tout ce qu’il possédait était savant : son chat marchait sur les pattes de devant, sa moto sur la roue arrière, son lit était dressé pour se faire tout seul, jusqu’à ses professeurs qui savaient ne pas l’interroger quand il n’avait pas appris ses leçons, bref, il était tout à fait démoralisant. Eugène, lui, n’avait que son vélo, mais attention, un beau vélo, et soigné, toujours bien gonflé, rapide et tout. Sa sœur, la magicienne, lui disait parfois : « Mais tu n’as qu’à le vouloir, et ton vélo sera magique ! tu t’assiéras sur la selle, et il t’emmènera partout, il volera, même ! tu iras en Amérique, en Chine, à … à Tonnerre, partout ! »Et son frère, le dompteur, lui répétait : « Mais dresse-le, ton vélo, apprends lui des tours, fais le sauter sur son guidon, danser sur une roue, et tout le monde t’admirera, on te jettera des sous ! ». Mais Eugène répondait : « Quoi, mon vélo ? Est-ce que j’ai besoin d’un vélo magique, moi ? Est-ce que j’ai besoin d’un vélo savant ? Un vélo cabochard qui va m’emmener ou je ne veux pas aller, un fanfaron, qui va se dresser pendant que je lèverai la main pour me gratter la tête, et qui me fera tomber ? Pas question, mon vélo est un vélo normal, quand je l’enfourche il attend sagement que je décide, quand j’appuie sur les pédales il avance, quand je tourne le guidon, il m’obéit, il est parfait, mon vélo normal ! » Et Eugène, sagement, obstinément, garda longtemps son vélo normal. Ce qui prouve qu’on peut avoir un frère comme ci, une sœur comme ça et que… ce qui ne prouve absolument rien après tout, c’est… c’est normal, quoi, comme le vélo d’Eugène !

mercredi 9 novembre 2011

Les étapes du changement

Un changement trop brusque, une interdiction trop directe, ça fait des remous. On proteste, on s’indigne, enfin, pas tout le monde, mais assez pour que ça fasse désordre. Du coup deux méthodes sont bien rodées :

  • L’une consiste à proposer des trucs énormes, sachant qu’ils ne seront pas acceptés, mais qui peuvent être magnanimement rejetés pour quelque chose de plus convenable – proportionnellement. En fait, ça reste bien pire que ce qu’on aurait accepté d’emblée, mais ouf, on a échappé à encore bien pire alors bon, ça ne semble plus si grave. Naïfs…
  • L’autre méthode, elle aussi régulièrement mise en œuvre, consiste à avancer par petites touches sous des prétextes difficile contestables individuellement, mais qui s’assemblent petit à petit comme les pièces d’un puzzle menant, à terme, à une autre vision de la société.

Parfois, cela va dans le bon sens dans certains pays : accès à l’information, pressions vers plus de liberté, ouverture d’Internet. Mais souvent, on le constate en ce moment-même en occident en général et en France en particulier, c’est tout le contraire. Restriction de libertés, contrôle toujours plus étroit des populations et des informations… Deux exemples parmi tant d’autres qui se bousculent plus dans les textes de loi que dans les médias qui, comme le public, se laissent prendre aux mauvaises excuses et justifications de surface :



Parmi le fatras de la loi Loppsi2, une disposition permet de bloquer l’accès à certains sites Internet. Bien entendu, aucun rapport avec la liberté de la presse ou le contrôle des associations, c’est uniquement pour couper les sites pédophiles. Big-Brother-Loppsi.jpg Qui va contester ça, au risque de sembler défendre les pédophiles ? Et pourtant, creusons un peu la question. L’une des fondations d’Internet est la neutralité du réseau. Tout filtrage la remet en cause. La solution pour un site illégal (pédopornographie, terrorisme, révisionnisme…) est de s’en prendre à la source, mais je conviens très bien qu’il est utopique d’agir sur un hébergeur pirate en Russie ou en Chine. Mais que signifie bloquer un site sans cela ? C’est que l’état demande aux fournisseurs d’accès (Free, Orange…) d’empêcher leurs clients d’atteindre une adresse spécifique. Efficacité ? Modérée pour le grand public ou le surf au hasard, Zéro pour les réels délinquants. Il existe tellement de façon de contourner cette disposition qu’un blog ne suffit pas à tout décrire. Alors pourquoi faire voter ça ? Pour le comprendre, il faut observer de plus près la loi proposée : la liste de sites interdits est secrète, elle ne dépend pas d’un juge, ne sera soumise à aucun audit. En d’autres termes, inutile d’être particulièrement paranoïaque pour comprendre que c’est la porte grande ouverte à toutes les dérives. En l’absence de toute transparence et du moindre contrôle, l’infrastructure ainsi mise en place permet donc au gouvernement de couper l’accès à un site Internet, quel qu’il soit, d’un claquement de doigts. Et le filtrage peut être subtil : un article précis, une vidéo en particulier… à la seule discrétion du pouvoir. Alors, faut-il renoncer à lutter contre la pédophilie ? Non bien sûr, mais pas en en faisant un prétexte aussi dangereux, pas à ce prix, d’autant que ce sera sans effet pour l’objectif affiché.



Autre exemple, qui concerne plus spécifiquement les usagers de la route, les projets de ZAPA, avec restrictions d’accès à certains centres urbains pour diverses catégories de véhicules. L’objectif prétexte ici est l’environnement et la qualité de l’air. Pareil, comment contester ça, comment protester sans passer pour un affreux pollueur égoïste ?

Mais comme toujours, il faut voir au-delà des apparences, creuser sous la surface. L’impact sur la pollution ? Voyons voir, la pollution directe est surtout liée aux particules fines, qui ne sont pas émises par les deux-roues, pourtant concernés au premier plan, alors qu'ils pèsent très favorablement dans le bilan en fluidifiant et réduisant les déplacements. La pollution indirecte, c’est surtout l’ozone ; issue d’un processus de transformation chimique, elle n’est pas créée sur place, et ne dépend donc en rien d’une restriction locale. Les gens qui conçoivent ces lois le savent pourtant, alors… pourquoi ? La réponse est à chercher dans le dispositif nécessaire à l’application de ces lois. En effet, il serait peu coûteux à mettre en place mais peu rentable d’en confier la vérification à du personnel de police ou municipal : on les retire déjà de toutes les missions prioritaires ! Non, après investissement, la seule solution crédible est le contrôle informatisé. Caméras, analyse des plaques, suivi et archivage des déplacements… En gros, toute l’infrastructure nécessaire à l’instauration d’un péage urbain et au tracking du moindre trajet motorisé. Sans compter le tri social que ça représente : déjà chassées des villes par le prix des loyers, les classes modestes et moyenne s’y verront même refuser l’accès au prétexte qu’elles n’ont pas non plus les moyens d’acheter un véhicule neuf. L’alternative transports en commun ? On voit que ceux qui prétendent tout faire reposer dessus ne s’en servent guère. Entre la saturation des réseaux, les difficultés de fonctionnement, le manque d’adaptation aux transports d’enfants, de personnes âgées ou handicapées, aux charges à transporter personnellement ou professionnellement (qui va rentrer d’Ikea en bus ?), c’est un bon début mais pas une réponse universelle ! Il faudrait commencer par aménager de vastes parkings gratuits près des interconnexions de transports en communs, et baisser significativement le prix de ces derniers (souvent plus chers que le transport individuel, un comble !).



Ces exemples peuvent hélas se multiplier. Seules alternatives : la vigilance, la réflexion, la mobilisation. Ne vous contentez pas des infos des médias traditionnels, sensationnalistes et soumis. Creusez un peu les choses. N’acceptez pas l’inacceptable sous prétexte que c’est emballé dans de bons sentiments – le pire a toujours commencé ainsi. Pour éviter de devoir prochainement agir par petites touches pour revenir à plus de libertés et de respect de l’humain, il faut surtout lutter contre les petites touches qui nous en éloignent insinueusement au quotidien. Agir contre les dérives et la pollution, oui, mais pas à n’importe quel prix, et pas en détournant le véritable but de l’action. L’enjeu, ce n’est pas la coupure d’un site ou l’accès libre à un centre ville, c’est un projet de société dans son ensemble, une vision de la vie en commun, rien moins.

lundi 1 août 2011

Quelques réflexions d’informatique…

Oui c’est un blog moto, mais je voudrais quand même partager avec vous quelques réflexions sur des dérives de l’informatique qui se font de façon très vicieuses, au sens où elles sont au su et vu de tout le monde mais bien emballées et présentées de façon à ce que l’opinion les accepte et même les réclame. Un peu comme les radars automatiques dont une communication habile a défaut d’être honnête a persuadé les braves gens que c’était la panacée pour les sauver des dangereux délinquants routiers.

Commençons par Facebook, qui me sort décidemment de plus en plus par les yeux : ils viennent d’ajouter une option permettant d’avoir en contact… les enfants à naître. Alors que certains parents n’osent même pas choisir définitivement le prénom avant la naissance (notamment pour limiter les dégâts affectifs en cas de problème qu’on ne peut jamais exclure), les bambins seront déjà exposés, référencés en ligne, enregistrés à vie de façon totalement opaque et incontrôlée par Facebook. Vous serez « ami » avec un fœtus, c’est pas beau la technologie ? Déjà qu’on trouve sur la toile les échographies de cette génération qui grandira sans le concept d’intimité ou de respect des informations confidentielles… Autre exemple, l’autre jour en réservant un billet de train, le site SNCF me propose de le publier directement sur Facebook. A part signaler à des cambrioleurs que je ne serai pas chez moi à telles dates, à quoi bon ? Si je veux faire le voyage avec un pote, ou être attendu à l’arrivée, je peux envoyer les infos à LA personne concernée, pourquoi le partager avec la terre entière ? Ca me dépasse. D’ici vingt ans, notre volonté de garder pour nous ce qui ne concerne pas les autres apparaîtra-t-elle comme terriblement archaïque et rétrograde, ou au contraire précurseur de la chute d’une brève ère de folie communicante dont Facebook sera l’emblème ?

Autre chose, petite note à l’attention des fans d’Apple, des chantres de l’iPhone et l’iPad, que d’aucun prétendent tellement plus ouverts et sympathiques que l’affreux Microsoft… Avez-vous jeté un œil aux conditions de diffusion des fameuses « apps » ? Il se trouve que j’ai dû creuser un peu la question, car quasi-monopole aidant, quiconque souhaite proposer des services mobiles n’a plus guère d’autre choix que d’être compatible avec l’iPhone. Et ça fait mal… Pour simplifier, si quelqu’un veut faire un programme pour PC ou toute plateforme sous Windows ou logiciel libre, il le fait en toute liberté, inclut les fonctions qu’il veut, le vend au prix qu’il souhaite (ou gratuit), partage le code source ou pas… bref, il est maître de son travail et de ses fruits, limité par sa seule créativité et ses compétences. Chez Apple, et ça tend à déteindre sur d’autres plateformes mobiles, c’est une autre histoire : les programmes doivent impérativement passer par l’appStore, après une validation (payante), ils peuvent en être supprimés après coup sans préavis ni raison (par exemple, prenant les devants sur de potentielles réglementations à venir, Apple a viré les apps signalant la position des radars), les fonctionnalités sont limitées, et si on souhaite faire du commerce au sein de l’app, pas de solution de contournement que verser 30% des recettes à Apple. Des moyens détournés existent, mais en limitant fortement les possibilités techniques. Pour faire une boîte à meuh virtuelle, pas de soucis, mais si on veut un peu plus de puissance, de vrais services pros, on est soumis au bon vouloir du roi Pomme. Et malgré ça, tout le monde achète les iTrucs, parce que c’est joli et bien emballé, et que les gens ne se posent pas la question sur le fonctionnement. Légitimement d’ailleurs, c’est complexe, ça n’empêche pas de téléphoner ou d’installer des petits jeux à la con... Mais n’a-t-on pas une certaine responsabilité ? Sans oublier que les iPhones enregistrent tous vos déplacements (sauvegardés à votre insu même en changeant de téléphone), etc. Et avec ça, on vient de l’apprendre, avec une capitalisation boursière de 362 milliards et une trésorerie de 75,8 milliards de dollars, Apple a plus de liquidités que les Etats-Unis… Il est loin le temps de la petite société sympathique et rebelle. Aujourd’hui, c’est elle qui bride et limite les possibilités de l’Internet mobile, un comble après l’avoir autant popularisé !

jeudi 7 avril 2011

Le scandale des gaz de schiste

Qu’on soit bien clairs sur un point : moto et écologie ne sont pas des concepts incompatibles. Oui nous avons un moteur qui généralement encore fonctionne à l’essence, et oui il nous arrive de rouler pour le simple plaisir de se balader au guidon. Gaspillage ? Dans l’absolu, peut-être un peu, mais qui n’empêche pas un comportement très responsable par ailleurs, et est tellement moins nocif que tant d’autres pratiques et approches, y compris certaines qui se disent vertes ou vertueuses...
Un simple exemple avec la mesure brillante proposée ces jours-ci par la ministre de l’environnement : interdire les centres-villes aux véhicules âgés de quelques années… Sans rentrer dans le détail, la FFMC ayant déjà réagi sur le sujet, je pose une simple question : sur le bilan carbone total, qui pollue plus ? Le citoyen conscient qui essaie notamment d’écoconduire et de faire durer son véhicule (qu’importe le nombre de roues), ou l’hyperconsommateur friqué qui se fiche de sa consommation et change de bagnole tous les deux ans, avec le mode de vie que cela implique ?
Et n’oublions pas que pendant ce temps, le gouvernement si soudainement préoccupé par l’écologie (entre deux vols en avions privés) commence chez nous aussi l’exploitation du gaz de schiste. Le principe : pour récupérer ces hydrocarbures prisonniers loin sous terre, on injecte des quantités faramineuses d’eau assortie d’une tétrachiée de produits chimiques particulièrement nocifs, pour briser la roche et faire remonter le gaz.
 
L’impact sur l’environnement et les réserves d’eau potable est cataclysmique. Aux Etats-Unis où la pratique a eu le temps de se répandre, des villes entières sont contaminées au point que des habitants peuvent enflammer l’eau théoriquement potable qui coule des robinets !
 
Le documentaire que je vous propose ci-dessous récapitule ce dossier effrayant. Il fait une quarantaine de minutes, mais prenez le temps de le regarder et de faire passer le message. Une chose de plus à ajouter à la longue liste des exactions inacceptables que notre gouvernement corrompu essaie de passer, à la faveur de l’assourdissant silence du public. Ne le laissez pas faire, sérieux. Regardez ça et on en reparle.


GASLAND par latelelibre
http://www.dailymotion.com/video/xhfvhy_gasland_news

lundi 4 avril 2011

Film militant ; We want sex equality

Vu au cinéma le sympathique film « We want sex equality » (Titre original “Made in Dageham”) de Nigel Cole. En 1968, les ouvrières d’une usine Ford en Angleterre réalisent que non seulement il n’est pas normal qu’elles soient moins payées que les hommes, mais aussi qu’elles ont le pouvoir de faire changer ça. Actrices et acteurs super (Bob Hoskins, j’adore ce gars), bonne réalisation, ce n’est pas le film de l’année mais il se regarde avec plaisir. Je l’ai surtout trouvé motivant car ce qu’il montre s’applique à tous les combats que l’on peut croire perdus d’avance.

Faire plier le premier constructeur de voitures de l’époque, aller contre les préjugés de toute la société, se mettre à dos jusqu’aux syndicats eux-mêmes qui, eux aussi dirigés par des hommes, ont sous-estimé la détermination des femmes… On trouve des échos des autres luttes, y compris celle que mènent les motards pour obtenir leur « respect equality » sur la route. Nous sommes aussi une minorité un peu méprisée, regardée comme frivole par les bien-pensants habituels, etc. Bien entendu, je ne compare pas ici l’importance du combat lui-même, mais il est intéressant de voir que ce qui a fait la différence dans cette histoire vraie, c’est la solidarité et la persévérance des protagonistes. Certes ce n’est pas facile tous les jours de s’engager pour des idées, de tenir tête à tous y compris à ses proches, de faire parfois des sacrifices financiers ou sociaux… mais c’est le prix de la victoire.

Cela dit, si on regarde leur cas avec un peu de recul, 40 ans plus tard les salaires des femmes ne sont toujours pas égaux à ceux des hommes, les constructeurs ont délocalisé dans les pays à bas coûts (et où les femmes sont encore moins payées que les hommes dont le salaire n’est déjà pas brillant), et on pourrait se dire que tout a été vain ou est à refaire. Sauf que les ouvrières d’alors ont défendu ce qui est le plus cher : leur respect. Même si au final la victoire est en demi-teinte, leur lutte n’a absolument pas été vaine. Il en va de même pour tous les engagements militants, ce n’est pas tant le but final qui compte, mais le fait de s’unir, de s’affirmer, de résister.

C’est en ce sens que je prescris ce film aux militants de toutes les associations et syndicats, comme un petit coup de boost au moral.

vendredi 11 mars 2011

Economies de bouts de bougies

A l’heure où l’on parle beaucoup d’économies d’énergie, de pollution, de bilan carbone, où le prix du carburant crève le plafond (alors que le prix du baril brut a déjà été plus haut, merci les taxes françaises…) et où la consommation des motos est examinée de plus près, je me pose diverses questions.

  • On a échappé de justesse et grâce aux multiples actions des Motards en Colère à l’allumage systématique des feux de jour pour tous les véhicules. Sachant que cela aurait entraîné environ 1% de consommation supplémentaire pour alimenter l’alternateur, ce qui, multiplié par le nombre de voitures concernées, aurait représenté des centaines de milliers de litres par an. Aujourd’hui, les nouveaux véhicules comportent des feux dédiés. Souvent à diodes, uniquement à l’avant et de faible intensité, ils limitent les dégâts. Cependant, le problème de sécurité qu’ils posent reste comparable, et cela fait tout de même un peu d’énergie gaspillée. N’est-on pas censé faire des économies à tous les niveaux ?

ReservoirPasCher.jpg

  • On présente souvent la limitation de la vitesse comme réduisant la consommation. L’impact est réel, je ne le nie pas, mais la différence est-elle sensible au point de justifier, comme c’est parfois le cas, de faire tourner des heures un hélicoptère pour surveiller que de vilains contrevenants ne dépassent pas la limite de quelques pourcents ? Et que dire du bridage à l’arrache des grosses cylindrées modifiées pour rester sous les 100 chevaux, et qui consomment jusqu’à un litre de plus que les versions d’origine ?
  • A Montréal, il y a quelques années, il était question d’appliquer la pratique de certaines provinces (comme de certains états US) permettant de tourner à droite au feu rouge, en cédant la priorité, plutôt que marquer inutilement l’arrêt. Des estimations disaient alors que ce simple détail économiserait des milliers de litres d’essence à l’échelle de la ville.

ManyTrafficLights.jpg

  • On veut nous forcer à passer aux agrocarburants, avec en France l’E10 pour ne pas le citer. Or en plus d’entraîner une surconsommation qui compense sa teneur en alcool, annulant tout avantage de ce côté-là, il consomme aussi beaucoup de pétrole pour sa production : récolte, transport, etc. Sans compter l’impact des engrais, les ravages de l’agriculture intensive et la concurrence avec les terres arables pour la production alimentaire. Les agrocarburants ont un avenir, mais ce n’est pas dans la génération actuelle. En attendant l’exploitation plus complète des déchets agricoles ou des algues, on ferait des économies d’essence en arrêtant cette absurdité aussi nocive pour les moteurs que pour l’environnement.
  • Réparer les points de gonflage dans les stations services, souvent à l’abandon ou dépourvus de tuyaux, aiderait à maintenir une bonne pression des pneus pour réduire la conso et augmenter la sécurité.
  • Et puisque les ralentissements et réaccélérations sont ce qui consomment le plus, bien plus que conserver une vitesse stabilisée (même plus élevée que la limitation stricte), qui saurait calculer l’économie énorme que la France réaliserait, sur une année :

- en utilisant plus judicieusement les dos d’ânes, au lieu de les disperser à tous va et hors normes, imposant parfois un quasi-arrêt et une réaccélération complète ;

- en renonçant aux radars automatiques dangereux qui provoquent des coups de freins injustifiés, empêchant notamment de prendre de l’élan pour limiter la consommation en côte ;

- en remplaçant nombre de feux rouges par des oranges clignotants ou des cédez-le-passage, en tous cas hors période de pointe ;

- en facilitant la circulation et le stationnement au lieu de les entraver volontairement, pour limiter le terrible gâchis de temps et de carburant des bouchons et des rotations à la recherche d’une place ;

- en laissant les deux-roues prendre la place qu’ils méritent dans l’optimisation des transports, notamment urbains.

Bien sûr, il y a l’éco-conduite, l’optimisation des transports, le bon réglage des véhicules, etc. Mais c’est un tout, c’est l’ensemble de toutes les petites économies d’énergie qui peuvent faire une différence bien plus importante que des grosses actions médiatiques ponctuelles.

En attendant, je vous abandonne quelques jours pour une petite balade en méditerranée (ouch le bilan carbone avec l’avion…). A bientôt !

mercredi 23 février 2011

Prix du train et prise d’angle

Raté, je ne vais pas parler du prix du train de pneus qu’on bouffe en prenant trop d’angle, mais séparément de la SNCF et… vous verrez ensuite.

Avec les pressions sur l’environnement, la raréfaction du pétrole, la congestion du réseau routier, etc., on n’arrête pas de dire qu’il faut prendre le train plutôt que la route. Bon OK, très bien, après tout c’est vrai qu’on a un plutôt bon réseau et des TGV très confortables, et pour avoir essayé des tortillards vraiment très « roots » ailleurs (par exemple au sud de l’Inde), je peux vous dire qu’on n’a pas à s’en plaindre – du moins sur les grandes lignes. Cependant, là comme ailleurs, les tarifs deviennent délirants ! Même seul, on a vite fait de payer aussi cher qu’un trajet en véhicule individuel par l’autoroute. Dès qu’on est deux ou plus, il n’y a pas photo. Est-ce logique ? Une des façons de réduire l’accidentalité est de diminuer le nombre de gens sur les routes en leur faisant privilégier le train, et malgré le gain de temps et de confort, ça devient difficile…

Train au nord de l’Inde


Par exemple je pars le mois prochain pour une petite balade en Méditerranée, j’en reparlerai, et je trouve complètement délirant de payer aussi cher pour prendre le TER jusqu’à l’aéroport à 70 kilomètres de chez moi, que pour prendre l’avion et aller 1000 bornes plus loin. Ou encore de raquer pour un rendez-vous à Lyon au départ de Paris trois fois ce que coûterait l’A6… et cela alors que ce n’est même pas un billet dernière minute ou 1ere classe ni rien du tout de spécial.

On nous vante les miracles des futures voitures et motos électriques, et en attendant, les véhicules électriques les plus efficaces qu’on a aujourd’hui, capables d’emmener 545 personnes à l’autre bout de la France en moins de trois heures, deviennent carrément dissuasifs, c’est un comble. A eux de nous faire préférer le train ? Nous ne demandons pas mieux ! Mais y’a du boulot…

 

Dans un tout autre registre, cette conclusion de message s’adresse à tous ceux qui pensent prendre beaucoup d’angle. Vous posez le genou, le coude ? La belle affaire… y’en a, c’est la bécane qu’ils posent (quitte à se rouler dessus eux-mêmes d’ailleurs) :

vendredi 14 janvier 2011

Hadopi, le délire continue

L’Hadopi a un an, bon anniversaire ! Elle annonce avoir déjà envoyé 70.000 E-mails d’avertissement, et s’apprêter à passer la seconde, avec toujours plus de mails et les lettres recommandées…

Le délire incompétent sur fonds publics continue. Déjà, combien de personnes ont reçu les E-mails, sachant qu’ils sont envoyés à l’adresse du fournisseur d’accès qui est loin d’être toujours utilisée ? Du coup, dès la première phase, ils envoient aussi une lettre recommandée. Des dizaines de milliers de courriers chers, aberrants, sans but, sans preuve. Les modes de téléchargement ont déjà évolué, le streaming se développe, une technologie chasse l’autre bien plus rapidement que les législateurs (qui en sont encore à l’époque de la VHS) peuvent suivre. Résultat, gaspillage insensé d’argent, esbroufe, vent. Et pendant qu’on parle de ça et qu’on met du fric dedans, on n’investi ni intérêt ni budget dans des choses pourtant beaucoup plus importantes.

En attendant, confortés dans leur mainmise du marché, les abus continuent. Les tarifs du cinéma continuent consciencieusement d’augmenter : 10,50 Euros la séance dans les grandes salles, encore plus si on cède au chantage de la 3D (la place a plus que doublée en 20 ans), autrement dit un seul ticket de cinéma vaut un DVD neuf. Y aller en famille et acheter du popcorn sur place paye même le lecteur qui va avec…

Les DVD, parlons-en : sorties très tardives par rapport à d’autres pays, prix souvent exagérés, qualité moyenne, pas de sous-titres en VO, parfois même pas de VO tout court, et de plus en plus intégration de bandes-annonces voire de pubs au début, qu’on ne peut pas passer et qu’on doit donc se fader avant d’accéder au menu – à chaque fois qu’on insère le disque ! – pas de bonus, le même film qui sort en plusieurs fois avant d’arriver enfin à un coffret complet en version longue avec des suppléments, particulièrement frustrant pour celui qui a acheté au même prix deux mois avant la version basique… Ajoutons à cela des dispositifs anticopie même privée qui empêchent par exemple de visionner ses propres films sur les ordinateurs sans lecteur DVD (comme les Netbooks si pratiques pour les voyages…).

Quand aux offres légales en ligne ou dématérialisées, elles restent soumises à trop de contraintes et blocages techniques pour être intéressantes, à part les initiatives louables des cinémas Utopia mais qui concernent pour le moment un catalogue très limité (Vidéo en poche).

Moralité, avec tout ça et l’aide complaisante des lobbies et de l’Hadopi, les majors, les producteurs, les éditeurs, ne font aucun effort pour améliorer leurs produits et les rendre attractifs et concurrentiels face aux offres « alternatives » disponibles sur Internet. Tellement plus simple de se plaindre et de sanctionner les utilisateurs non avertis… Les « vrais » pirates, eux, ne sont absolument pas concernés par cette loi. Les consommateurs lambdas, eux, ont tout à perdre de cette non-concurrence faussée.

C’est curieux comme cela rappelle bien d’autres sujets actuels, je pense notamment au contrôle technique des deux-roues : ceux qui roulent sur des poubelles volées s’en fichent complètement ; les utilisateurs consciencieux qui entretiennent leur machine paieront encore un peu plus. Pendant ce temps, les constructeurs ne font pas d’effort sur la longévité ou le prix des pièces, les parents et les conducteurs ne sont toujours pas responsabilisés à la vérification de bon sens du véhicule, bien au contraire… Grrr !

mardi 11 janvier 2011

La folie des armes à feu

Mon premier post de l’année ne parle pas de moto, mais ne vous inquiétez pas, ça va revenir ! Je voulais juste pousser un bon coup de gueule contre certains articles des catalogues et des magasins de jouets, de nous jours, en France : les répliques ultra réalistes d’armes à feu pour les jeunes enfants.

Attention, je ne parle pas ici de la bonne vieille pétoire de cowboy, du pistolet de pirate ou du blaster de science-fiction, que je n’approuve pas tellement plus mais qui sont au moins associés à tout un imaginaire. Mais je n’arrive pas à admettre qu’on offre à des gamins des copies de MP5, d’AK47, de fusils d’assaut…

Certes, j’ai une profonde aversion pour les armes à feu, par principe, mais à la limite, je peux comprendre leur attrait pour un adulte. Après tout les armes de paint-ball sont réalistes et quasi fonctionnelles, et j’avoue avoir à une époque joué avec plaisir à des jeux vidéos franchement violents (Soldier of Fortune, StrikeForce…). Mais quand je vois les catalogues de noël annoncer en gros des armes de guerre, presque grandeur nature, avec bruitages itou, recommandées à partir de… 5 ans ! je me pose de graves questions sur l’aptitude parentale de ceux qui offrent ça à leur minots. Comme celle de ce père l’autre jour, qui disait à son mioche de 4 ans qu’ils allaient regarder ensemble Blade 3. Et pourquoi pas Seven ou la série Saw pendant qu’il y est ?

mp5jouet.jpg MP5, à partir de 5 ans

Quelle image du monde et des relations leur offrent-ils ? Quelle approche de la société ? Il y a toujours eu, je sais bien, cette fascination des petits garçons (moi y compris) pour les armes de toutes sortes. Le « Pan t’es mort ! » est universel et pas bien méchant, ça reste un simple jeu, et je ne prétends évidemment pas que tous les gosses à qui on offrira une Kalachnikov en plastique vont devenir des psychopathes. J’aimerais simplement, naïvement, qu’on commence à évoluer au-delà de ça, et je préfère offrir des kits de médecin, d’observation des étoiles ou de la nature…

fusiljouet.jpg Fusil à lunette, à partir de 6 ans

Des gamins qui jouent avec des armes à feu, il y en a plein l’Afrique, le Moyen Orient, certains coins de Russie. Mais eux, ils n’ont pas le choix, et leurs flingues sont lourds et mortels, leurs vies saccagées d’origine. Oui je sais, pas très gai comme premier post de l’année, mais c’est tout le dégoût que m’inspirent ces objets.

D’ailleurs, avez-vous eu l’occasion de remarquer à quel point il devient difficile de trouver des dessins animés pour les jeunes enfants qui soient vraiment positifs et gentils ? J’ai été très déçu ces derniers mois en montrant à mes nièces sans les avoir visionné avant les remakes modernes des Bisounours ou du Manège Enchanté, a priori pas des clones de Rambo ! Et pourtant même là, bagarres, explosions, coups… Après tout, pas pire que les Tex Avery ou les Tom & Jerry, tous plus sadiques les uns que les autres. Est-ce vraiment utopique et absurde de vouloir préserver au mieux et aussi longtemps que possible l’innocence des enfants ?

Sur ce, bonne année quand même…

lundi 27 décembre 2010

Conduite sur neige et réflexion sur la gratuité des autoroutes

Avec le climat de ces jours-ci, j’ai roulé de deux façons relativement inhabituelles pour un motard acharné, à savoir en voiture et sur l’autoroute. Un choix très simplement dicté par la sécurité… J’ai déjà roulé sur la neige et la glace y compris en gros cube, mais déjà il y a une marge entre un trajet péri-urbain et partir en pleine campagne, une différence entre un peu de neige fraîche et plusieurs dizaines de centimètres bien tassés et durcis par deux semaines de gel continu, et surtout les autres conducteurs me font flipper ! Ce n’est pas tant l’adhérence réduite ou la perspective d’une chute qui me font le plus peur, mais le fait que la majorité des automobilistes n’a aucune espèce d’idée du comportement à adopter sur chaussée glissante.

Verglas1.jpgDR

Passe encore qu’ils ne sachent ni anticiper ni rattraper un dérapage, encore moins conduire en drift, la formation basique à la conduite ne les y prédispose pas. Admettons qu’ils n’aient pas les bases logiques et mécaniques dictant de limiter l’usage des freins, de jouer sur le couple, et d’éviter de démarrer comme des brutes en première. Mais rien n’excuse un tel mépris pour les distances de sécurité ! Là, il y a un sacré « gisement de sécurité routière ». Déjà sur le sec les gens roulent trop près, sous la pluie ce n’est pas mieux, et quand on les voit toujours nez à cul, à moins d’un mètre les uns des autres sur de la neige fondue ou du verglas, j’avoue que ça me laisse pantois.

Hier encore, sur une petite route déserte de forêt, en quatre-roues donc, j’étais moi-même en léger drift, bonne visibilité, allure moyenne, bon compromis entre avancer quand même mais sans prendre de risques inutiles. Et v’la-t-y pas qu’un abruti, sans doute dopé par des chaînes ou des pneus neiges (qu’il devait croire vachement utiles sur le verglas) me colle au train, privé de toute marge de réaction et limitant aussi fortement mes options en cas de soucis. Entre ces gugusses et les paniqués qui roulent à 10 km/h en plein milieu et qui sont presque aussi dangereux, grrrr.

Verglas2.jpgDR

Reste une option, pratique dans ces cas-là. Un grand axe bien dégagé, qui contourne les routes noyées de glace, objectivement bien plus sécurisé : l’autoroute. Le choix de la raison. D’ailleurs, ne rappelle-t-on pas régulièrement que c’est de loin le réseau le plus sûr ? L’occasion de se demander une fois de plus pourquoi (si le gouvernement souhaitait réellement améliorer la sécurité routière au lieu de céder aux pressions d’actionnaires) les autoroutes ne deviendraient pas gratuites ou beaucoup plus abordables - comme elles étaient censé le devenir au lieu d’être bradées à des groupes privés. Au moins lorsque les conditions météo se dégradent à ce point ! On n’a pas toujours d’autre choix que se déplacer en voiture individuelle, ni toujours les moyens de raquer pour le simple droit de se déplacer.

Ne faut-il pas encourager les pratiques et les réseaux les plus sûrs ? L’incitation financière n’est-elle pas un levier efficace, dans un sens (bonus, crédit d’impôts…) comme dans l’autre (taxes, PV…) ? En étant un peu logique, la conclusion s’impose d’elle-même : la gratuité des autoroutes est une évidence de service public, surtout par conditions météo difficiles.

PS : cela rappelle aussi un certain tunnel de l’A86, nettement plus sûr que les routes de surfaces, et présenté comme tel, auquel même en payant les deux-roues n’ont toujours pas accès…

dimanche 3 octobre 2010

Le vivre-ensemble, ça se mérite.

Voilà, je suis de retour en France, avec une passagère un peu patraque mais moi intact ainsi que la moto, même si sa chaîne fait un peu la gueule et qu’elle est crade comme jamais (la moto, pas la passagère). Les billets vont donc reprendre sous peu, généralistes ou comme promis reprenant en détail les étapes de ma balade marocaine qui ont un intérêt motard (laissez-moi juste un peu de temps pour trier les photos !).

Pour commencer et retrouver les hélas vieilles habitudes, un petit coup de gueule. J’écris ces lignes dans le TGV qui me ramène à la maison après un premier RV dans le nord aussitôt après mon retour. Il y a quelques minutes, arrivé un peu en retard à la gare de Lyon, je me suis néanmoins interposé auprès de jeunes, après que l’un d’eux a frappé une demoiselle dans l’indifférence générale. Forcément, dans ces cas, la tension monte vite, et seul contre plusieurs gars pas tibulaires du tout, on ne fait pas trop le malin, même en glissant discrètement de la simple position debout à une garde prête à parer et riposter le cas échéant. On n’a heureusement pas dépassé le cap des bousculades, mais surtout parce que j’ai lâché l’affaire. Non par peur de prendre des coups ou de rater mon train, mais parce que la nana, loin d’en profiter pour s’éloigner ou attirer l’attention d’agents de surveillance fort occupés à regarder ailleurs, restait là, tout à la fois niant qu’elle connaissait son agresseur et l’appelant par son nom ! Quand le mec a fini par s’éloigner elle l’a suivi, sans le moindre remerciement, sans un regard, continuant leur conversation comme si de rien n’était, tandis que je me faisais copieusement insulter par les copains du gars, de moins en moins assurés à mesure qu’ils se dispersaient. Avec des variantes, ce n’est pas la première fois que ce genre de situations se présente.

Et là, on se pose des questions. Là, il y a de quoi être tenté de sombrer dans l’indifférence généralisée (laquelle est un autre sujet, je n’admets pas que cent personnes passent à côté de ce genre de scène sans qu'aucune réagisse). De même qu’après m’être plusieurs fois fait chasser comme un importun en m’arrêtant auprès d’un deux-roues arrêté sur le bas côté pour voir s’il avait besoin d’aide, car le conducteur était juste au téléphone, j’en arrive à moins proposer spontanément un coup de main (sauf si le conducteur fait vraiment de grands gestes désespérés). Ou à moins tenir les portes après m’en être pris plusieurs dans la tête en retour. Etc. Pour autant je résiste à cette tentation de l’abrutissement généralisé, de l’individualisme forcené qui caractérise de plus en plus notre société. Mais avouez que nombre de jeunes filles en « détresse », de motards, de citadins, de gens en général, ne font pas grand-chose pour inciter à se dévouer, prendre du temps, voire des risques ou donner de l’argent, afin de partager la vie comme on voudrait partager la route, attentif au bien-être commun comme si c’était – utopie ? – une des composantes du bien-être personnel.

Je continuerai, malgré tout et pour encore longtemps j’espère, à intervenir quand quelqu’un se fait agresser, à essayer de dépanner un usager de la route en rade, à tenir les portes aux parfaits inconnus, à m’engager pour des causes qui ne me concernent pas directement mais me semblent importantes et justifiées. Des fois c’est apprécié, sans rien de plus en échange qu’un regard ou un sourire qui suffit largement. Si tout le monde renonce à ça, ça n’ira pas forcément plus mal, mais ça n’ira sûrement pas mieux. Mais je pense que je vais me mettre à sermonner les gens qui non seulement sont incapables de la plus élémentaire reconnaissance ou civilité, mais surtout finissent par décourager les meilleures volontés et vont finir par transformer le plus altruiste en un affreux misanthrope – les deux n’étant d’ailleurs bizarrement pas incompatible, je le constate de plus en plus.

Le vivre ensemble n’est déjà pas facile, alors si chacun y mettait un peu du sien, un tout petit peu, ce ne serait franchement pas plus mal. Chacun dans son coin, ne défendant que ses intérêts propres et directs, ça n’a pas d’avenir, quel que soit le domaine.

vendredi 27 août 2010

Panneaux mensongers

J’ai fait en début de mois un vaste tour autoroutier en voiture. Double-aïe, mais bon, j’ai des excuses : je n’allais pas prendre la moto avec ma nièce de presque trois ans, et à défaut d’être fun, les autoroutes sont tout de même bien pratique quand on a plusieurs milliers de kilomètres à faire dans la semaine. N’ayant toujours pas de GPS (même si je pense finalement que ça viendra bientôt), je me contente d’une bonne vieille carte en papier, et ait donc logiquement tendance à suivre les panneaux indicateurs sur la route. Erreur !

Quelqu’un aurait-il ou elle l’amabilité de m’expliquer pourquoi, au nom de Saint Piston, les responsables de la signalisation s’acharnent-ils à enduire les usagers d’erreur, en faisant quitter l’autoroute soixante kilomètres trop tôt, pour finir par des petites nationales à deux fois une voie derrière les camions et les tracteurs ? Est-ce un deal avec les maires des petits villages moribonds qui retrouvent du coup un sursaut de trafic ? Est-ce une manigance des nostalgiques du vieux temps qui veulent nous montrer comment c’était avant ? Une tentative absurde pour répartir le trafic sur le réseau secondaire et limiter les bouchons sur les grands axes en en créant sur les petits ?

toutesdirections1.jpg

On perd des heures à se traîner, à se taper les feux et les ralentisseurs innombrables dans les villages, à se risquer sur un réseau plus accidentogène, à se paumer au gré des panneaux erratiques et incomplets, pour finalement rejoindre à deux kilomètres de sa destination l’autoroute qui arrivait bien jusque là. Ils pourraient au moins indiquer « par la nationale », ou « itinéraire bis », ou ce qu’ils veulent, mais préciser que la l’efficacité demande de rester sur la quatre voies, fût-elle payante !

Tout le monde n’a pas encore un GPS, et quand bien même, je suis convaincu qu’avoir une signalisation vraiment complète, claire et lisible, serait un véritable gain de sécurité routière. Le temps qu’on passe à chercher une direction ou un nom de rue est autant d’attention en moins sur la route, et les demi-tours hasardeux ou marches arrière risquées seraient largement dispensables. Ça, c’est un vrai gisement de sécurité routière, au lieu de multiplier ces saletés de radars flashant à 90 sur une route que seul le nom différencie d’une infrastructure où on roule en sécurité à 130…

toutesdirections2.jpg

vendredi 23 juillet 2010

De la gradation médiatique

« La gradation (substantif féminin) est une figure de style consistant en une succession d'expressions énumérées allant par progression croissante (…) Elle est proche de l'hyperbole dans son mode ascendant. » (Wikipedia)

Cette technique si bien maîtrisée par exemple par Victor Hugo, est aussi très en vogue chez les journalistes de la presse généraliste, ou plutôt les « journaleux ». Dernier exemple flagrant en date : le coup de la gamine verbalisée pour un pipi à Lyon, vous avez dû en entendre parler. En soi cette affaire est ahurissante, et j’y crois d’autant plus que moi ou mes proches avons été victimes de PV tout aussi absurdes, véritables petits cacas nerveux de policiers nationaux ou municipaux en manque de reconnaissance de leur autorité ultime et incontestable (usage intempestif de l’avertisseur sonore en klaxonnant une voiture de police banalisée qui pile en pleine rue - mettant tout le monde en danger à commencer par moi qui suivait à moto et ne l’ai esquivée que de justesse, absence de contrôle technique en voiture pour une date dépassée de quelques jours suite à un voyage et en allant le faire, ceinture de sécurité non conforme à une place inutilisée où un enfant s’était amusé à faire un nœud avec, permis de conduire un peu trop usé par les intempéries dans une poche de motard, défaut de casque pour une jugulaire à peine desserrée, etc. etc.). Dans le même genre, on a aussi entendu parler d’une dame âgée verbalisée pour avoir traversé trop lentement un passage piéton après une opération de hanche, et on peut hélas multiplier les exemples à volonté.

On peut aussi, tout simplement, mentionner les milliers de prunes quotidiennes qui s’abattent sur les deux-roues qui circulent ou stationnent sans causer de tort à personne, notamment en région parisienne. Pourtant ces cas ne font pas la une des journaux. Qu’est-ce qui a changé dans « l’affaire de la fillette » ? La lâcheté des municipaux à s’en prendre au père momentanément handicapé d’une enfant de trois ans ne me semble pas pire que s’attaquer à une moto garée dans un petit recoin, dans les deux cas c’est tellement plus facile et sûr que faire quelque chose d’utile ou de s’occuper des véritables délinquants !

Mais ce dont je veux parler aujourd’hui, c’est la réaction des médias. Reprenant à tour de rôle cette info absolument centrale et essentielle pour la vie de notre pays, à leur grande habitude on assiste au concours de gros titres. Le dernier que j’ai vu vient de La Dépêche : « Une enfant écope de 450€ d'amende pour un pipi près d'un arbre ! ». Toujours cette quête débile du sensationnel, du plus gros chiffre, au mépris de toute forme de crédibilité et d’objectivité. Non seulement ce montant est le maximum de la classe d’amende, qu’un juge aurait éventuellement mais heureusement peu probablement pu décider, mais en plus cette affaire a rapidement été étouffée par la mairie qui a fait sauter cet excès de zèle. A quoi bon rapporter ça à un truc énorme et erroné, quand le véritable sujet est ailleurs ?

Il aurait été, de la part de La Dépêche comme de tous les autres journaux, beaucoup plus juste et utile de dénoncer un nouvel exemple parmi tant d’autres des abus de pouvoir quotidiens auxquels sont soumis la population face aux milices assermentées et collecteurs d’impôts à képi. Remarquez, là aussi je fais dans l’hyperbole, quand on sait ce que peuvent être les vraies milices, qui dégainent un flingue avec autant de vitesse et aussi peu de justification que nos cow-boys de centre-ville sortent le carnet à souche. Mais justement, on est déjà tellement tenté de le faire, inutile d’en rajouter. Tout cela me rappelle à chaque fois un sketch des excellents Inconnus. Côte à côte, les journalistes de deux chaînes rapportent une catastrophe, chaque dépêche alourdissant le bilan, et cela tourne à la course à qui annoncera le plus gros chiffre, le plus de victimes, de dégâts, avant de finir en combat de chiffonniers entre les présentateurs. Dérision à part, c’est encore et toujours ce qu’on constate. Et franchement, la presse a mieux à faire, il y a tellement de choses à dire, à dénoncer, mais aussi à célébrer. De grâce Messieurs Mesdames de la presse générale, faites votre boulot correctement, il est trop important !

De même, on a encore constaté ces jours-ci, comme à chaque fois, qu’un braqueur à moto est avant tout un motard : « Un motard a braqué une banque ». S’il s’était enfuit en voiture, il n’aurait été qu’un malfaiteur générique. Cherchez l’erreur… Est-ce Desproges qui disait qu’un sportif français qui gagne est un Français, un sportif français qui perd est un sportif ?

disney04.jpg

Allez, une petite blague pour finir : Lassés des querelles entre la France et les États-Unis, Nicolas Sarkozy et Barack Obama décident de régler leur différend en faisant une course de vélo. Et surprise : C'est Sarkozy qui gagne ! Le soir même, Fox News, la très patriotique télé américaine, annonce les résultats comme suit : 'Les USA arrachent une spectaculaire deuxième place. La France se classe avant-dernière.' (http://blague.dumatin.fr/)

mardi 8 juin 2010

J’ai peur de Facebook

Je viens, une fois encore et en totale indépendance du récent mouvement « Quit Facebook Day », de désactiver mon compte Facebook, en fait je l’ai même supprimé définitivement. Ce truc me fiche les jetons, il n’y a rien à faire… Je m’en servais très peu, juste pour garder le contact avec certains potes qui n’utilisent plus que ça, et pour soutenir symboliquement certaines organisations ou groupes thématiques, vu qu’aujourd’hui le nombre d’ « amis » en ligne est un indicateur.

Mais j’ai eu beau renseigner le minimum de champs, tout bloquer au maximum les paramètres de sécurité et de confidentialité, donner un faux nom, mettre un avatar où on ne me reconnaît pas sous mon casque, refuser la validation par numéro de téléphone… Fesse-bouc arrive encore à me proposer régulièrement des amis qui, de façon très inquiétante, sont effectivement des gens avec qui j’ai été en relation dans le passé. Collègue ponctuel le temps d’une mission, belle-sœur d’une copine, ex quasi oubliée, ami d’ami croisé dans une soirée… Tout ça à partir d’un simple E-mail, car pour des raisons pratique j’ai fait l’erreur de donner une adresse dont je me sers régulièrement au lieu d’en faire une dédiée à ça.

On a beau jeu de râler après Edvige, Base-Eleve et autres fiches croisées des RG, quand la principale faille de confidentialité vient des gens eux-mêmes. Ce n’est pas en vain que plusieurs gouvernements ont appelé leurs administrés à se méfier de Facebook, et je ne comprends pas que son succès survive aux scandales qui éclatent très régulièrement à son propos. Ce n’est pourtant pas que je sois technophobe, que j’ai peur d’Internet ou que je ne sache pas m’en servir – ce serait un comble, moi qui passe mes journées en ligne ! – mais c’est comme la moto, à utiliser sans modération mais avec retenue, discernement et bon sens. Trois choses dont Facebook manque cruellement, malgré ses dénégations outrées et ses promesses mal tenues.

Où est le temps des bons vieux groupes de discussion sur Yahoo par exemple ? On s’inscrivait ou se désabonnait en toute liberté, on échangeait avec des gens sur des sujets variés, on les retrouvait parfois en vrai (j’ai toujours de très bons potes rencontrés comme ça)… Je ne comprends pas ce que Facebook apporte de plus que ça et les blogs, et quoi qu’il en soit, ça ne justifie pas de se mettre à nu comme ça sur la toile. En tous cas moi, je n’ai aucune envie que d’autres sache qui je vois, qui je fréquente et pourquoi, etc. On est déjà suffisamment traqués et espionnés par la vie moderne physique, entre les téléphones, cartes bancaires, radars, vidéosurveillance, questionnaires etc., sans en faire autant dans le cyberspace, qui doit rester un lieu de liberté et d’indépendance. Je ne veux pas d’un mouchard avec boîte noire intégré dans ma moto, je ne veux pas plus d’un espion pour ma vie sociale virtuelle.

Le principe en soit n’est pas inintéressant, surtout bien utilisé par des entreprises ou des associations, c’est comme une loi bien intentionnée et utile dans son esprit ; mais l’application concrète n’est pas cautionnable, à mon sens. Qui peut garantir que les intentions purement marketing ne se changeront jamais en outil politique ? Ca s’est beaucoup trop vu. Si j’ai vraiment besoin de revenir sur Facebook un jour, ce sera avec une adresse créée rien que pour ça, un pseudo que personne ne connaît, et la même méfiance totale. Parano ? Oui. Mais assumé.

Cela dit, ça reste un avis très personnel, et tant mieux pour ceux qui sont satisfaits de Facebook ! Si c’est le cas, n’oubliez pas de rejoindre les groupes de la Fédé, de Motomag, de la Mut’…

Pour les autres (ça va plaire à Fred), regardez donc l’épisode 4 de la saison 14 de South Park, « You have 0 friends »…

dimanche 9 mai 2010

De retour + Un chef d’œuvre… de cliché !

Snif.

Je suis rentré.

Il va falloir quelques jours pour reprendre le rythme, atterrir vraiment, et ce n’est pas une question de décalage horaire. C’est toujours un peu le cas en rentrant de voyage, mais après la Nouvelle-Zélande qui frôle l’idyllique, le choc est particulièrement rude. Ne serait-ce que parce que la météo de début d’hiver là-bas était meilleure que celle de ce mois de mai en France !

La maison est remise en route, j’ai commencé à trier le demi-millier d’Emails qui a passé le rapide écrémage des cybercafés, et je vais aller débâcher la moto. Faire un tour avec me remontera un peu le moral, ça et revoir mes nièces dès demain.

De ce séjour aux antipodes et de son escale à Singapour j’ai raporté – outre évidement un carnet de voyage qui sera bientôt disponible sur mon site – un peu de matière pour mon blog. Le temps de fignoler un peu et je vous distillerai ça dans les jours qui viennent. On y parlera notamment de la pratique de la moto à Singapour, de la politique de sécurité routière cohérente en Nouvelle-Zélande, de Burt Munroe… Stay tuned !

En attendant, une première bafouille en coup de gueule, ça fait longtemps :

Le système de divertissement à bord de certains Boeings 777 et des nouveaux Airbus A380 est très bien foutu, chaque siège dispose d’un véritable ordinateur avec très vaste choix de films, séries, documentaires, des jeux, des programmes éducatifs… on peut même y brancher sa clé USB pour profiter de ses propres documents et médias sur l’écran. Cela dit, en 48 heures de vol aller/retour sans compter les escales, on a un peu de temps entre les plateaux-repas. Pour essayer en vain de m’endormir, je suis allé jusqu’à regarder un bout de Twilight 2. Je passe sur le film, dont je n’attendais heureusement rien d’autre qu’être soporifique. La moto y apparaît dans plusieurs scènes, mais à chaque fois en symbole d’une activité stupide et dangereuse. Quand la nana est quasi-suicidaire et cherche à faire une connerie, ça se concrétise par un tour de bécane. Ensuite, elle « apprend » à en faire elle-même (naturellement sans AUCUNE protection, faudrait pas cacher son joli minois), va trop vite et se plante au bout de 100 mètres, avec tout le film qui crie « on te l’avait bien dit ! » Egorger des humains, c’est cool. Se bagarrer comme des animaux dans la forêt, c’est romantique. Foncer en pleine ville avec une Porsche, c’est fun. Se torturer la tête avec des histoires de mecs trop beaux pour être vrais, ça fait rêver (euh…). Mais la moto, sûrement pas, ça ne peut qu’être un archétype de tout ce qui est mauvais et négatif. On le voit tellement partout qu’on pourrait espérer que dans un « film » pour les jeunes, l’approche soit un peu plus ouverte… M’enfin, on ne va pas se prendre la tête pour une daube pareille ! Je ne me suis pas endormi avec Twilight, du coup j’ai exploré un peu plus la banque de films et suis tombé sur des trucs très sympas, comme quoi…

A bientôt pour des billets un peu plus constructifs !

vendredi 12 mars 2010

Blague du jour : le contrôle de police

Un gendarme en moto arrête un gars pour excès de vitesse manifeste :

- Monsieur, pourrais-je voir votre permis de conduire, s'il-vous-plaît ?

- Je n'en ai plus. On me l'a retiré il y a des mois après 5 infractions graves.

- Puis-je voir les papiers du véhicule?

- Je ne sais pas. Ce n'est pas ma voiture, je l'ai volée.

- Ce véhicule est volé ??

- C'est exact. Mais maintenant que j'y pense, j'ai cru voir des papiers dans la boîte à gants, quand j'y ai rangé mon revolver.

- Il y a un revolver dans la boîte à gants ???

- Oui, Monsieur. C'est là que je l'ai mis quand j'ai tué cette femme et pris sa voiture.

- Vous... vous avez tué la propriétaire de cette voiture ??

- Oui, Monsieur. Le cadavre est d'ailleurs encore dans le coffre.

- Le... le cadavre est dans... le coffre ??!?

- Oui, Monsieur.

Le gendarme recule de deux pas, empoigne sa radio et appelle des secours, qui arrivent vite fait, encerclant la voiture. Un officier s'approche du conducteur :

- Puis-je voir vos papiers, Monsieur ?

- Voici.

Les papiers sont en ordre.

- Puis-je voir les papiers du véhicule ?

Le conducteur ouvre la boîte à gants, les 10 tireurs d'élite entourant la voiture, épaulent. Le conducteur sort les papiers. Il est bien le propriétaire de la voiture. L'officier, jetant un oeil dans la boîte :

- Vous n'avez pas d'arme ?

- Non, Monsieur.

- Voulez-vous sortir de votre voiture, sans mouvement brusque, et ouvrir votre coffre ?

Le conducteur sort. Ouvre le coffre. Qui est vide, évidemment.

L'officier : - Je ne comprends pas, Monsieur, il m'a été rapporté que vous conduisiez, sans papiers, cette voiture volée après avoir tué sa passagère au moyen d'une arme cachée dans la boîte à gants, et dont le corps se trouvait dans le coffre...

- Et je suppose que le type qui vous a raconté cela vous a dit aussi que je roulais trop vite...




Source (entre autre) : http://blague.dumatin.fr/blague-70.htm

lundi 1 mars 2010

Quelques évidences bonnes à rappeler

- Vu sur l’autoroute parmi les messages de prévention : « La somnolence est la première cause d’accidents ». Certes. Mais forcer les gens à rouler des centaines de bornes sur l’autoroute à des vitesses absurdement basses même lorsque les conditions sont bonnes, avec en prime les yeux rivés sur un compteur hypnotique, y’a pas mieux pour pousser à la somnolence…

- Le contrôle technique auto vérifie périodiquement l’état du véhicule en fonction de son âge. Sauf qu’en attaquant un peu, on peut bouffer un train de pneus en 3000 bornes de montagne. L’état des ceintures est un point de contrôle crucial, or la voiture neuve de ma mère a été livrée avec un point d’ancrage arrière cassé. Un conducteur faisant 100.000 km / an usera mécaniquement sa bagnole un peu plus vite que celui qui ne la sort que pour aller chercher les croissants le dimanche. L’état du véhicule est donc indépendant de son âge, on peut attendre plusieurs années pour le faire réparer avant la prochaine échéance officielle, ou au contraire l’entretenir et le bichonner tous les jours…

- Testé il y a quelques années : au sein d’un groupe de moto, tout le monde s’est mis à pile 140 km/h compteur sur l’autoroute. Il n’a fallu qu’un kilomètre pour que le peloton soit complètement délité tellement les vitesses réelles étaient différentes (avec la vieille Transalp que j’avais à l’époque looooiiiinnn en tête !). Mesurer au radar une vitesse absolue, indépendamment du matériel, du comportement et des conditions de circulation, ça n’a vraiment aucun sens.

- Les glissières « de sécurité » évitent aux voitures des sorties de route qui aggraveraient les accidents, très bien. Mais comment justifier qu’après trente ans de dénonciation, elles continuent sur des milliers de kilomètres à trancher en morceaux les motards qui se plantent, quelle qu’en soit la raison ?

On peut multiplier ces exemples à l’infini…

Toutes ces évidences sont forcément connues de tous, à commencer du gouvernement. Cela dit, il faut être honnête et reconnaître qu’administrer des millions de conducteurs impose forcément un minimum de standardisation chiffrée. Une vitesse, une date, une norme… C’est indéniable, indispensable. Mais c’est ce que j’appelle « l’Esprit de la loi ». Le problème actuel ne vient pas forcément de cet esprit, mais de l’application complètement dévoyée et automatisée qui en est faite.

Vouloir imposer la même loi pour tous, c’est en théorie la base de la démocratie. De la façon pratique robotisée qu’on constate, c’est un déni de justice pour tous, et une discrimination inacceptable par l’argent. Ça aussi, c’est une évidence… alors comment se fait-il que la majorité silencieuse l’accepte sans rien dire ?

dimanche 21 février 2010

Casque et voile, même combat ?

Maintenant que le gros de la vague médiatique sur le sujet est passé, je souhaite glisser à mon tour quelques mots sur la polémique autour de la candidate voilée du NPA aux régionales. Il en a pas mal été question dans la presse et sur le web, y compris dans le très intéressant blog de Marco. Il se trouve que j’ai eu l’occasion de rencontrer Ilham Moussaïd il y a quelques jours, avant que la liste soit rendue publique, et sans savoir encore qu’elle se présentait. Précisons déjà que j’ai à peine remarqué qu’elle était voilée, tant son foulard est classique. Nous avons un peu parlé, de tolérance, de politique, et rien de ce que j’ai entendu ne m’a choqué, loin s’en faut. Mais quand j’ai lu peu après le déferlement de déclarations à son sujet, là j’ai été carrément choqué, tant les commentaires étaient éloignés de la réalité. Des politiciens ne l’ayant pas rencontrée et n’en sachant certainement pas plus sur elle que le seul fait qu’elle porte un « voile » – y compris des gens de gauche ou de son propre parti – ont porté des jugements à l’emporte-pièce, génériques, racistes, épidermiques. Permettez-moi d’apporter quelques éléments de pensées personnelles à ce sujet après y avoir réfléchi à froid et en avoir discuté avec des copines féministes et/ou musulmanes (non voilées).

- Sur l’engagement de la représentante d’une minorité « visible »en politique : il est temps ! Dans les milieux associatifs que je fréquente, on se plaint souvent que les principaux concernés ne se bougent pas suffisamment. C’est valable pour les motards (dont seule une minorité s’engage pour défendre les libertés et la sécurité de tous les autres), comme par exemple pour les associations de défense des sans-papiers ou luttant contre le racisme (la grande majorité des membres est en effet « bien blanche et ben d’chez nous »). Alors moi je trouve ça très bien quand quelqu’un en a assez d’être stigmatisé et montré du doigt, et prend le risque de s’exposer en s’engageant politiquement, surtout dans ce cas avec le contexte ambiant. On demande à ce que les minorités s'intègrent, et quel meilleur exemple que les voir participer à la vie citoyenne ?

- Sur le port du voile lui-même : il ne faut pas tout mélanger. Il y a le symbole, il y a la tradition, il y a ce qui est choisi et ce qui n’est pas. Prenez du recul sur le sujet ! Pour toutes celles qui font le choix conscient et volontaire de porter le voile, on ne peut pas parler de domination de la femme, surtout si elles sont assez libres physiquement et mentalement pour militer dans un parti et se présenter à des élections. Les motards en colère ne cessent de réclamer du discernement aux autorités, de ne pas mélanger les kékés en scoot’ trafiqués ou les abrutis qui foncent à 200 entre les files avec un échappement libre en pleine nuit, et les motards citoyens, responsables et respectueux des autres. Le minimum est d’accorder le même discernement aux autres.

Imaginez-vous à leur place, avec tout un bagage culturel auquel vous ne voulez pas renoncer et n’avez aucune raison de le faire. D’un côté, les motards d’un pays extrémiste où personne n’a le droit de monter sur sa machine sans une combinaison cuir intégrale, bottes de piste, gilet airbag et tout le toutim. De l’autre, un pays tellement libertaire qu’on veut non seulement INTERDIRE la combinaison intégrale (même si vous avez ENVIE de la porter) parce qu’elle rappelle ce pays, mais va jusqu’à vous empêcher de rouler avec un simple casque, auquel pourtant vous tenez pour sa protection et son symbole, sous prétexte que ça « rappelle » les contraintes extrêmes que subissent certains ailleurs. La limite est impossible à trouver, la frontière utopique à tracer, entre ce qui est imposé, ce qui devrait l’être, ce qui ne doit pas. Pourquoi ne pas laisser simplement chacun libre et responsable de choisir ? La seule contrainte doit être de ne pas accepter que quelque chose soit imposé à quelqu’un. Certes, la comparaison entre le voile et le casque trouve ses limites dans le rôle physiquement protecteur du casque, tandis que le voile n’offre qu’une protection morale, mais après tout, n’est-ce pas tout aussi important ?

Variante de ce parallèle, si vous allez vivre en Afrique ou en Amazonie dans une société où les femmes sont torse nu, où les hommes ne portent qu’un étui pénien, n’auriez-vous pas un peu de mal, au moins au début, voire pendant toute une génération, à vous balader vous aussi les seins ou la quéquette à l’air, quand – indépendamment de toute religion – toute une éducation et une civilisation vous auront habitués à les couvrir ? Certains franchiront le cap sans hésiter, d’autres garderont cette pudeur même après toute une vie - et n'apprécieraient vraiment pas de se voir INTERDIRE les vêtements. Qui peut dire si c’est bien ou mal ? Je l’ai constaté moi-même dans les bains publics au Japon ou en Corée, où j’ai toujours gardé un maillot de bain, ne pouvant me résoudre à être nu au milieu d’inconnus, même si eux l’étaient et s’en fichaient royalement.

Enfin, n’oubliez pas trop vite que le fait d’avoir les cheveux couverts n’est pas une exclusivité de certaines Musulmanes. Les autres religions monothéistes aussi le demandent en théorie. Même en France où l’on affiche aujourd’hui des filles complètement à poil (fort jolies au demeurant) à la vue de tous (même des enfants) sur les couvertures magazines de santé, il y a ne serait-ce que 50 ans, une femme bien éduquée ne sortait pas sans chapeau. Tous les costumes régionaux incluent une forme ou l’autre de coiffe, sans parler des religieuses.

corses.png

Nous sommes bien d’accord, la religion est une affaire strictement privée et n’a pas à se mêler à la politique. Mais justement ! C’est précisément parce que ça ne doit pas se mélanger qu’on ne peut reprocher à une candidate de respecter une coutume de sa communauté, de même qu’on ne peut interdire à un candidat de porter une kippa, d’être black, homo, femelle, moche, gros, de mauvais goût vestimentaire… Sinon à ce rythme, plus personne ne peut se présenter. C’est le programme et surtout les actions qui comptent. Le reste, rien à battre. Alors qu’on arrête de se prendre la tête et de dénigrer les autres sur ce genre de points, et que, pour une fois, la politique se base sur du concret plutôt que des personnes. Tous ceux qui se prétendent d’opposition mais se dressent contre cet état de fait ne font que se laisser avoir par la politique habituelle de ce gouvernement, basée sur la division, la peur de l’autre et la volonté de TOUT réglementer et contrôler.

motogirly.jpg

vendredi 12 février 2010

Impunité des élus et comparaison assumée

 « Tolérance zéro », ah la belle expression qui revient sans cesse. Fermeté, conséquence, sanctions ! Ils n’ont que ça à la bouche et au carnet de PV depuis quelques années. Je viens encore de recevoir un avis d’huissiers pour un flash dont je n’avais rien reçu jusqu’à présent. Je n’ai donc pas de recours ni moyen de contester quoi que ce soit, passez directement par la case racket, ne passez pas par la case départ, perdez encore 250 Euros. Le pire c’est que d’après la date, c’était lors de mon déménagement, vous imaginez donc la vitesse faramineuse que je devais atteindre sur ma moto… en suivant le camion chargé de mes meubles ! J’ai dû dépasser la limite d’au moins 3 ou 4 km/h sur l’autoroute, quelle horreur. Avec l’imparable tolérance zéro automatisée, je vais encore me faire piller mon compte en banque qui se maintient déjà de justesse en positif… ça fait plaisir, y’a pas à dire.

J’ai envie d’opposer à cette expression cette autre bien connue : « Charité bien ordonnée commence par soi-même. » Vous imaginez si on appliquait aux élus, même et surtout aux plus hauts placés, la même rigueur ? Si leurs démonstrations publiques d’incompétence crasse (oui je pense à Albanel, Morano, Besson, Dati, Lefebvre, entre beaucoup d’autres), leurs dérapages verbaux (les vrais, pas juste les locutions mal choisies), leurs erreurs grossières, les énormes dépenses inutiles qu’ils engendrent par des décisions foireuses, etc., étaient suivis d’un minimum de conséquence ?

Leurs actions affectent des dizaines de millions d’administrés, vont parfois jusqu’à mettre en péril les fondements même de notre société, et ils peuvent faire les pires conneries, dire les pires âneries, prendre les pires décisions… sans devoir répondre de rien. Tout au plus ils sont remisés dans un poste un peu moins en vue, pour mettre un copain pas mieux à la place. Proportionnellement à mes revenus, je suis lourdement sanctionné pour… rien. Eux continuent leurs carrières et accumulent des retraites et des avantages faramineux sans remise en cause, sans conséquence, sans responsabilité. Comment espérer que les choses s’arrangent ? Comment respecter un milieu politique aussi déconnecté ? Comment se sentir concerné par leurs règles, et surtout comment y voir autre chose que toujours plus de taxes ?

  

J’ai assisté hier à une projection-débat du documentaire « Un Spécialiste », montage d’images d’archives filmées pendant le procès Eichmann en Israël en 1961. Cet homme a été le coordinateur logistique de l’Holocauste, c’est notamment lui qui a organisé avec une telle efficacité méthodique les déportations vers les camps. Sans avoir agi seul bien entendu, il est directement impliqué dans plusieurs millions de morts. Sa principale ligne de défense était qu’il ne faisait qu’obéir aux ordres. Il avait des quotas, des horaires à respecter, il n’était qu’un exécutant d’ordres venus de plus haut, sans pouvoir décisionnaire et il le répète à l’envie, sous toutes les formes, comme un M. Jourdain morbide, au grand agacement des juges d’ailleurs.

On a tendance à comparer ces temps-ci des membres de notre gouvernement à ceux du régime hitlérien. On entend parfois appeler le président « Sarkonazy », Besson comparé à ses traîtres, Hortefeux n’en parlons même pas, on voit la tête de Pétain hissée à leurs côtés… et encore tout récemment les jeunes UMP comparés à la jeunesse allemande d’alors. Tout cela est exagéré, personne ici ne parle de solution finale ou d’extermination, ni même de guerre ouverte, bien heureusement. Cependant je trouve de nombreux détails très troublants, et c’est aussi ce qu’il est ressorti du débat ayant suivi la projection. Car bien que le contexte global et l’objectif final soient différents, les méthodes et l’orientation générale en sont de moins en moins éloignées. Par exemple :


- Stigmatisation d’une communauté désignée comme fauteuse de tous les troubles (étrangers et surtout musulmans à la place des juifs, pour varier)

- Asservissement total de la police, toute réflexion ou initiative étant sacrifiées aux quotas, à la rentabilité, etc.

- Déresponsabilisation de toute la chaîne décisionnaire, le gros leitmotiv d’Eichmann. Aujourd’hui cela va même encore plus loin puisqu’on confie à des machines et des sociétés privées anonymes une bonne part du sale boulot, étouffant d’autant plus toute velléité de contestation.

- Légalisation progressive et officialisation décomplexée de méthodes et de moyens contraires à la constitution et aux droits de l’homme, ce qui permet de justifier les pires exactions sous prétexte que maintenant, c’est la loi.

- Abrutissement servile des masses par un chantage permanent exercé sur leurs ressources (emploi précaire), leur vie privée (surveillance généralisée), leur légitimité (gare aux étrangers !), leur liberté de se déplacer (lutte acharnée et complètement disproportionnée concernant la « sécurité routière », biométrie et scanners intrusifs), etc. etc.

- Presse aux ordres, diffusant dans sa majorité la propagande officielle sans vérification ni recul, relayant complaisamment les orientations et opinions du pouvoir jusque chez les opposants qui ne parlent plus que de ces sujets eux aussi.

- Contrôle accru des associations, avec fichages (Edvige entre autre), guerre juridique (procès abusifs), sanctions dissuasives (« aidants » de sans-papiers, passagers protestataires dans les vols de reconduite), relevé d’empreintes pour des broutilles (génétiques de nos jours)…

- Formatage de la jeunesse préparant une génération suivante encore plus docile, en augmentant sa précarité et sa dépendance, réduisant son instruction, favorisant sa radicalisation dans un sens ou dans l’autre, sachant que ce n’est bon dans aucun cas.

 

On pourrait continuer longtemps comme ça, plus qu’un billet de blog c’est un bouquin entier qu’il faudrait, un de plus, mais je n’ai ni le temps ni surtout les connaissances historiques suffisantes pour m’y atteler. Pour résumer l’essentiel de ce que je veux dire, on parlait hier de l’incompréhensible passivité des peuples tandis que tous les éléments du génocide se mettaient en place, y compris celle des premiers concernés. Certains participants ont apporté de très intéressants points de vue sur la difficulté à résister, le risque de perdre travail, famille, vie… Mais plus on résiste tôt, moins les oppresseurs ont de pouvoir, plus la résistance est possible.

Simple exemple : les pays où la déportation massive a été la plus efficace étaient ceux où l’état civil était le mieux maintenu, le plus complet. Quelle meilleure raison de lutter systématiquement et sans concession contre Edvige, Loppsi, Hadopi, le CSA, la vidéosurveillance généralisée, etc. ? Les gendarmes qui en 1942 ont raflé et livré à la mort des milliers de civils, de femmes et d’enfants, sont-ils si différents de ceux ayant ce matin encore vidé un squat de Bagnolet, sans laisser aux occupants le temps de prendre leurs affaires (ne serait-ce que parce que beaucoup étaient au boulot !), leur ont ensuite confisqué leurs tentes d’urgence et leurs braséros, alors qu’ils vivaient là depuis quinze ans – quelle urgence soudaine ! – et que la région est frappée par une rare vague de froid ? Ceux qui expulsent des jeunes gens vers des pays en guerre, ou tout comme, se comportent-ils mieux qu’Eichmann au début, qui voulait que le train parte à 8H04, qu’il soit chargé de patates, de colis ou de Juifs ? Lui aussi ne faisait qu’obéir aux ordres.

Si ce n'avait été lui, ç'aurait été un autre. Si les CRS évacuant les squats refusaient de le faire, d'autres prendraient leur place. Même à un niveau basique et mesquin, si une société refusait d'installer les radars, une autre prendrait le marché. Certes. Est-ce une raison pour continuer ? A partir de quand la désobéissance civile s’impose-t-elle ? Que faut-il aux gens pour qu’enfin ils se réveillent et refusent ? Qu’un billet de blog qui commence comme un coup de gueule contre un minable racket gouvernemental de plus se finisse sur une comparaison avec l’origine du troisième Reich, une fois de plus et toutes proportions gardées, n’est pas pour me rassurer.

Merci à ceux qui m’ont lu jusqu’ici, et bonne journée quand même…

- page 2 de 4 -